[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]

[e-med] Médicaments à problèmes


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Fri, 3 Dec 2004 16:03:19 +0100

La Revue Prescrire

Communiqués de presse
Numéro 256, décembre 2004
p.824
Trimétazidine (Vastarel°) : 40 ans de remboursement sans justification
solide
Médicament très largement consommé en France, la trimétazidine (Vastarel°) a
été remboursée depuis 40 ans dans des indications les plus diverses, mais
sans démonstration d'une efficacité clinique spécifique.
La trimétazidine est commercialisée en France depuis 1963 sous le nom de
Vastarel°. Ses indications thérapeutiques officielles se sont peu à peu
étendues de la cardiologie à l'ophtalmologie et à l'ORL, tandis que le
dosage par unité de prise passait de 1 mg, à 3 mg puis 20 mg. Mais les
données d'évaluation n'ont jamais démontré une efficacité clinique de la
trimétazidine nettement différente de celle d'un placebo, dans un domaine ou
un autre. Un nouveau dosage à 35 mg a été commercialisé au moment où les
copies de Vastarel° 20 mg étaient devenues nombreuses, sans que ce soit
l'occasion d'une amélioration de l'évaluation clinique.
Dans son numéro de décembre, la revue Prescrire note que malgré la baisse de
remboursement de 65 à 35 % en 2003, la trimétazidine s'est située en 2003
encore au 61ème rang en quantité des médicaments remboursés par l'assurance
maladie, avec 58,8 millions d'euros (sans compter les copies). Pour la revue
Prescrire, il serait intéressant d'estimer plus précisément la somme globale
dépensée par l'assurance maladie pour la trimétazidine depuis 40 ans. On
pourrait aussi évaluer le temps passé par les soignants, les patients, et
les fonctionnaires des caisses d'assurance maladie à prescrire, dispenser,
prendre soigneusement et rembourser ce médicament. On pourrait alors
proposer pour l'avenir une autre utilisation de l'argent et de l'énergie
dépensées pour de tels médicaments.
©LRP

*****************

Numéro 256, décembre 2004
p.827
Antalgiques : encore trop de "soupes"
Malgré leurs nombreux inconvénients, les médicaments antalgiques composés de
plusieurs substances sont encore nombreux en France.
Au début des années 1980, bon nombre de médicaments antalgiques contenaient
encore jusqu'à 8 substances aux effets divers, d'où leur surnom de "soupes"
: anti-inflammatoires non stéroïdiens, opiacés, barbituriques,
antihistaminiques H1, etc.
Malgré des mesures officielles "anti-soupes" dans les années 1980 et 1990,
des médicaments antalgiques contiennent encore aujourd'hui en France 3,
voire 4 substances. Quelques exemples : Actron° (aspirine + paracétamol +
caféine), Polypirine° (aspirine + caféine + reine des prés), Migralgine° et
Prontalgine° (paracétamol + caféine + codéine), Propofan° (paracétamol +
caféine + dextropropoxyphène), Sédaspir° (aspirine + codéine + caféine) ou
Céphyl°, qui peut être perçu comme une spécialité homéopathique, mais
contient de l'aspirine et de la caféine à doses non homéopathiques. La
caféine, omniprésente dans ces "soupes", n'a pas d'effet antalgique
démontré, mais des effets excitants et anxiogènes.
Dans son numéro de décembre, la revue Prescrire épingle ces médicaments qui
accumulent les inconvénients : risques d'effets indésirables et
d'interactions médicamenteuses des divers composants ; risques
d'interactions avec les apports alimentaires (alcool et caféine
principalement) ; noms de marque peu évocateurs ; conditionnements souvent
peu informatifs ; notices incohérentes, etc.
L'Agence française du médicament (Afssaps) semble ignorer le problème.
©LRP

***********************

Numéro 256, décembre 2004
p.856
Diarrhée de l'enfant : réhydrater en priorité par voie orale
Chez les enfants déshydratés par une diarrhée, la réhydratation orale est
préférable dans la plupart des cas.
Au cours d'une diarrhée aiguë de l'enfant, en présence de signes cliniques
de déshydratation, la réhydratation est essentielle et prioritaire pour
obtenir une guérison plus rapide et réduire les risques de complication. La
réhydratation vise à corriger les pertes digestives en eau et en sels
minéraux.
Dans son numéro de décembre, la revue Prescrire propose une synthèse des
essais cliniques qui ont comparé la réhydratation orale à la réhydratation
intraveineuse.
Ces essais montrent que la réhydratation orale est aussi efficace que la
réhydratation intraveineuse, en termes de gain de poids et de durée
d'hospitalisation.
En pratique, à l'hôpital, ou en ambulatoire, en l'absence d'état de choc et
lorsque l'état de conscience de l'enfant le permet, la réhydratation orale
est le traitement de première ligne de la déshydratation.
©LRP

******************

Numéro 255, novembre 2004
p.724
Évaluation des médicaments : un peu plus de transparence
Le vent commence à souffler dans la bonne direction en matière d'information
sur les médicaments.
Depuis de longues années, l'opacité règne en France sur le monde du
médicament : faux-semblants, pression des firmes pharmaceutiques, complicité
des leaders d'opinion, silence des agences, etc.
Dans son numéro de novembre, la revue Prescrire se réjouit de constater
certains changements en cours. Les agences française et européenne du
médicament commencent à être un peu plus transparentes, les représentants
des citoyens parviennent à faire évoluer peu à peu la réglementation, les
revues indépendantes perdurent et gagnent peu à peu en audience, les
conflits d'intérêts et la dissimulation de données font réagir un public de
plus en plus large.
Ainsi, la dissipation des brumes autour des effets indésirables des coxibs
permet aujourd'hui aux patients de commencer à pouvoir comprendre ce que
sont réellement ces médicaments, présentés il y a 4 à 5 ans comme des
panacées. Autre exemple, dans le traitement de l'hypertension artérielle, la
"valeur thérapeutique ajoutée" par des médicaments comme le 7ème sartan
(olmésartan) ou le 11ème inhibiteur calcique (manipidine) est reconnue comme
nulle par toutes les revues indépendantes d'Europe et d'ailleurs, et aussi
par la Commission française de la transparence, dont chacun peut lire les
avis sur internet (http://www.afssaps.sante.fr).
Il reste beaucoup à faire en matière de transparence et d'accès aux données,
mais le niveau d'exigence des patients et des professionnels rigoureux ne
fait que monter. Faisons en sorte que le vent continue à souffler dans la
bonne direction.
©LRP

*************************

Numéro 254, octobre 2004
p.644
Évaluation des médicaments : comparons !
De trop nombreux médicaments bénéficient aujourd'hui d'une autorisation de
mise sur le marché sans avoir été comparés aux médicaments de référence. Une
situation à faire évoluer dès que possible.
Lorsqu'elles souhaitent obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM)
pour un nouveau médicament, les firmes pharmaceutiques ne sont pas obligées
aujourd'hui de le comparer aux médicaments de référence et peuvent donc le
comparer à un placebo ou à un médicament qui n'est pas le traitement de
référence.
En pratique, beaucoup de nouveaux médicaments obtiennent donc leur AMM sans
avoir été comparés au traitement de référence, comme le constate la revue
Prescrire dans son travail quotidien d'évaluation des nouveaux médicaments.
C'est le cas par exemple pour trois nouveaux médicaments analysés dans le
numéro d'octobre de la revue.
Lorsque ces comparaisons n'ont pas eu lieu, les professionnels de santé et
les patients n'ont pas toutes les informations nécessaires pour utiliser au
mieux l'ensemble des médicaments disponibles. Et les patients qui ont
accepté de participer aux essais réalisés sans comparaison au traitement de
référence n'ont pas été placés dans la situation la plus favorable.
L'obligation de présenter des données en comparaison directe avec le
médicament de référence, pour obtenir une nouvelle indication, et pour
bénéficier d'une année supplémentaire de monopole de commercialisation, a
été incluse dans la nouvelle Directive européenne sur le médicament.
La revue Prescrire invite chacun à faire que cette obligation soit
respectée. Et étendue dès que possible à toutes les AMM.
©LRP