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[e-med] Rapport ONUSIDA/OMS sur l'épidémie mondiale de SIDA 2004


  • From: "remed" <remed@remed.org>
  • Date: Tue, 23 Nov 2004 18:24:22 +0100

Communiqué de presse conjoint ONUSIDA/OMS
Le nombre de femmes vivant avec le VIH augmente dans chacune des régions du
monde
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2004/pr_unaids/fr/
Près de la moitié des 37,2 millions d?adultes vivant avec le VIH sont des
femmes, indique un nouveau rapport de l?ONUSIDA/OMS

23 NOVEMBRE 2004 | GENEVE -- Un nouveau rapport publié aujourd?hui montre
que le nombre de femmes vivant avec le VIH a augmenté dans chacune des
régions du monde au cours des deux dernières années, les augmentations les
plus fortes étant relevées en Asie de l?Est et en Europe orientale et Asie
centrale. En Asie de l?Est, l?augmentation enregistrée est de 56% au cours
des deux dernières années et de 48% en Europe orientale et Asie centrale.

Les femmes sont de plus en plus touchées et constituent aujourd?hui près de
la moitié des 37,2 millions d?adultes (entre 15 et 49 ans) vivant avec le
VIH dans le monde. En Afrique subsaharienne, région la plus durement
frappée, près de 60% des adultes vivant avec le VIH sont des femmes, soit
13,3 millions. Ces nouveaux chiffres figurent dans Le Point sur l?épidémie
mondiale de SIDA 2004, rapport annuel du Programme commun des Nations Unies
sur le VIH/SIDA (ONUSIDA) et de l?Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Ce rapport conjoint est publié aujourd?hui en avance de la Journée mondiale
SIDA, commémorée le 1er décembre.

Rapport sur l?épidémie mondiale de SIDA 2004
Texte intégral http://www.unaids.org/wad2004/report.html

Le rapport souligne qu?il n?y a pas qu?une épidémie de SIDA dans le monde.
De nombreux pays et régions connaissent des épidémies diverses, dont
certaines ne font que débuter. ?Ces dernières tendances indiquent clairement
que le SIDA constitue un problème de développement unique,? a déclaré le Dr
Peter Piot, Directeur exécutif de l?ONUSIDA. ?L?heure n?est plus aux
solutions de fortune et aux ripostes dans l?urgence. Il nous faut trouver un
équilibre entre la nature urgente de la crise et la nécessité de mettre en
place des solutions durables.?

Selon le rapport, le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde a
également atteint son niveau le plus élevé : on l?estime à 39,4 millions de
personnes environ par rapport à un total estimé de 36,6 millions en 2002.
Les plus fortes augmentations des infections à VIH au cours des deux
dernières années ont été enregistrées en Asie de l?Est, en Europe orientale,
et en Asie centrale.

En Asie de l?Est, l?augmentation de 50% des infections à VIH entre 2002 et
2004 est en grande partie imputable aux épidémies croissantes en Chine, en
Indonésie et au Viet Nam. En Europe orientale et Asie centrale, l?
augmentation de 40% est principalement due à l?augmentation de l?épidémie en
Ukraine et au nombre croissant de personnes vivant avec le VIH en Fédération
de Russie. La Russie, qui compte quelque 860 000 personnes vivant avec le
VIH à fin 2003, connaît l?épidémie la plus importante d?Europe.

En parallèle avec l?augmentation du nombre de personnes qui contractent l?
infection et vivent avec le VIH, on note un accroissement du nombre de ceux
qui ont besoin d?une thérapie antirétrovirale, ainsi que du traitement des
infections opportunistes. ?Nous ne disposons toujours pas d?un vaccin, mais
nous savons que la prévention et le traitement sont efficaces et nous avons
les moyens de les dispenser. Responsables gouvernementaux, société civile et
secteur privé, nous sommes tous touchés et nous devons tous nous mobiliser
pour sauver des vies," a affirmé le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l
?Organisation mondiale de la Santé.

Femmes et SIDA ? un problème qui s?aggrave

Les femmes sont, sur le plan physique, plus sensibles à l?infection par le
VIH que les hommes et la transmission d?un homme à une femme pendant les
rapports sexuels a deux fois plus de risque de se produire que la
transmission d?une femme à un homme.

Pour de nombreuses femmes des pays en développement, ce qu?on appelle l?ABC
de la prévention (abstinence, fidélité et réduction du nombre de partenaires
sexuels, et utilisation du préservatif) est insuffisant. ?Des stratégies
sont nécessaires d?urgence pour s?attaquer aux inégalités entre les sexes si
nous voulons avoir une réelle chance d?inverser le cours de l?épidémie,? a
déclaré le Dr Piot. ?Une action concrète est essentielle pour prévenir la
violence à l?égard des femmes et assurer aux femmes comme aux filles l?accès
à la propriété et à l?héritage, à l?éducation de base et à des possibilités
d?emploi."

Selon le rapport, chaque jour des millions de jeunes deviennent sexuellement
actifs, mais ils n?ont aucun accès à des services de prévention. En Afrique
subsaharienne, trois-quarts de tous les jeunes entre 15 et 24 ans vivant
avec le VIH sont de sexe féminin. Les jeunes femmes sont trois fois plus
vulnérables à l?infection par le VIH que leurs homologues masculins. Outre
leur vulnérabilité biologique accrue à l?infection, de nombreuses femmes et
filles, notamment en Afrique australe, se retrouvent à utiliser les rapports
sexuels comme une marchandise pour échanger des biens, des services, de l?
argent ou des articles de première nécessité ? souvent avec des hommes plus
âgés. Ces rapports sexuels ?transactionnels? sont généralement associés à la
pauvreté et au désir d?une vie meilleure.

Les dernières tendances de l?épidémie de SIDA

Le rapport de l?ONUSIDA/OMS montre clairement qu?il n?y a pas une seule
épidémie ?africaine?. Les épidémies qui se déroulent sur le contient sont
extrêmement variées. L?Afrique australe reste la région la plus gravement
touchée et les taux de prévalence du VIH y dépassent 25%. Au Botswana,
Lesotho et Swaziland, les taux de prévalence parmi les femmes enceintes
dépassent toujours 30%. L?espérance de vie a chuté au-dessous de 40 ans dans
neuf pays de la région.

Malgré les baisses modestes des taux de prévalence du VIH en Afrique
orientale, notamment en Ouganda et dans certaines partie de l?Ethiopie et du
Kenya, le cours de l?épidémie est loin d?être inversé. A Addis Ababa, la
prévalence du VIH est tombée à 11% en 2003, par rapport au maximum de 24%
atteint au milieu des années 1990. Au Kenya, la prévalence du VIH a baissé
de 13,6% en 1997 à 9,4% en 2002. Les Caraïbes restent la deuxième région la
plus touchée du monde. La transmission du VIH s?y produit en grande partie
par les rapports hétérosexuels, même si les rapports sexuels entre hommes,
qui sont l?objet d?une importante stigmatisation, contribuent également à l?
épidémie. Le SIDA est devenu la principale cause de décès parmi les adultes
entre 15 et 44 ans dans la région.

En Amérique du Nord et en Europe, un nombre croissant de personnes
contractent l?infection par des rapports hétérosexuels non protégés. Aux
Etats-Unis, le SIDA frappe les femmes africaines-américaines et hispaniques
de manière disproportionnée et il figure parmi les trois principales causes
de décès pour les femmes africaines-américaines âgées de 35 à 44 ans. D?
après Le point sur l?épidémie de SIDA 2004, il y a de fortes raisons de
penser que pour de nombreuses femmes qui contractent l?infection, le
principal facteur de risque est le comportement à risque souvent non
divulgué de leurs partenaires masculins.

En Europe occidentale, les infections à VIH imputables aux rapports
hétérosexuels ont plus que doublé entre 1997 et 2002. On craint que de
nombreuses personnes infectées par le VIH ne soient toujours pas conscientes
de leur sérologie VIH. Au Royaume-Uni, l?infection à VIH est maintenant l?
affection grave à la croissance la plus rapide.

La consommation de drogues injectables est en hausse dans de nombreuses
régions et contribue, pour une part de plus en plus importante, aux
nouvelles infections à VIH, notamment dans les pays connaissant des
épidémies émergentes en Europe orientale, en Asie centrale et dans certaines
parties d?Asie.

?Dans de nombreux pays, nous continuons d?observer un déséquilibre entre les
priorités des dépenses de prévention et l?évolution de l?épidémie,? a noté
le Dr Piot. ?Les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes et les
consommateurs de drogues injectables sont toujours laissés pour compte. Il
faut faire davantage pour cibler ces populations et améliorer l?accès aux
programmes de prévention des personnes exposées à un risque important d?
infection par le VIH.?

Les fonds destinés au SIDA sont en hausse, mais il reste bien des défis à
relever

Les dépenses mondiales consacrées au SIDA ont triplé depuis 2001, passant de
2,1 milliards de dollars en 2001 à 6,1 milliards de dollars en 2004, et l?
accès aux services essentiels de prévention et de prise en charge s?est
considérablement amélioré. ?Il faudra bien sûr davantage de ressources à l?
avenir, mais le défi majeur actuellement consiste à faire travailler l?
argent disponible ? en faisant en sorte que les fonds existants sont
dépensés avec efficacité, là où ils sont le plus nécessaires,? a souligné le
Dr Piot.

Selon une récente enquête réalisée dans 73 pays à faible et moyen revenus
représentant près de 90% du fardeau mondial du VIH, le nombre d?élèves du
niveau secondaire qui bénéficient d?une éducation sur le SIDA a presque
triplé, le nombre annuel de clients des centres de conseil et de test
volontaires a doublé, le nombre de femmes à qui l?on propose des services de
prévention de la transmission mère-enfant s?est accru de 70% et le nombre de
personnes sous thérapie antirétrovirale a augmenté de 56% entre 2001 et
2003.

Malgré ces améliorations, la couverture de la prévention et du traitement
reste inégale dans plusieurs régions. Moins d?une personne sur cinq a accès
à des services de prévention du VIH dans les pays à faible et moyen revenus.
Entre cinq et six millions de personnes ont besoin d?un traitement du VIH.
En juin 2004, on estimait que 440 000 personnes avaient accès à un
traitement antirétroviral dans le monde en développement par rapport à 200
000 deux ans auparavant. Si le nombre de personnes sous traitement a plus
que doublé, moins de 10% des personnes qui ont besoin d?un traitement,
principalement en Afrique subsaharienne, en bénéficient.

?Le traitement du SIDA ne sera viable que si les efforts de prévention du
VIH sont renforcés, et vice versa,? a déclaré le Dr LEE Jong-Wook. ?Ce n?est
qu?en associant prévention et traitement que la propagation du SIDA dans le
monde pourra être interrompue. Nous savons que la prévention est plus
efficace lorsqu?elle est liée à une promesse de traitement. Nous savons
aussi que si nous ne prévenons pas les nouvelles infections, des millions d?
individus seront ajoutés chaque année sur les ?listes de traitements?,
rendant ces derniers impossibles à maintenir.

Le point sur l?épidémie de SIDA, publié chaque année, présente les derniers
faits nouveaux concernant l?épidémie mondiale de SIDA. Contenant des cartes
et des résumés régionaux, l?édition 2004 présente les estimations les plus
récentes concernant la portée de l?épidémie et le tribut qu?elle prélève
parmi les populations, explore les nouvelles tendances de l?évolution de l?
épidémie et comporte une section spéciale sur les femmes et le SIDA.

En janvier 2005, l?OMS publiera un rapport de situation sur les progrès
réalisés par les pays pour atteindre l?objectif ?3 millions d?ici 2005?, qui
vise à placer trois millions de personnes sous traitement d?ici la fin de
2005. Le but ultime est de parvenir à un accès universel aux traitements.

SUJETS CONNEXES
- ONUSIDA
- 3 millions d'ici 2005
- Infections à VIH

Pour plus d'informations:

Annemarie Hou
ONUSIDA/Bruxelles
Téléphone: +41 22 791 4577
Tél. portable: +41 79 500 2123

Ms Dominique de Santis
ONUSIDA/Londres
Téléphone: +41 22 791 4509
Tél. portable: +41 79 254 6803
Email: desantisd@unaids.org

Jonathan Rich
ONUSIDA/New York
Téléphone: +41 22 791 4509
Tél. portable: +41 79 254 6803

Mr Iain Simpson
Bureau du Directeur général/Médias et Communications
OMS/Genève
Téléphone: +41 22 791 3215
Tél. portable: +41 79 475 5534
Email: simpsoni@who.int

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Quarante millions de personnes vivent avec le virus du sida
LE MONDE | 23.11.04 | 14h25
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-388076,0.html
Le rapport 2004 de l'Onusida fait état d'une nouvelle progression de
l'épidémie, évalue à plus de 3 millions le nombre de morts cette année et à
près de 5 millions le chiffre des nouvelles contaminations. Les femmes, en
particulier en Afrique, sont devenues les premières victimes.

A quand une bonne nouvelle, serait-on tenté de demander à la lecture du
rapport faisant "le point sur l'épidémie de sida" rendu public, mardi 23
novembre, par le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida
(Onusida) ? "Le nombre total de personnes vivant avec le virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) a grimpé en 2004 pour atteindre le plus
haut niveau jamais enregistré : on estime que 39,4 millions de personnes"
vivent avec le virus, peut-on lire dans le rapport.

On y apprend également que 4,9 millions de personnes ont contracté le virus
en 2004 et que l'épidémie a tué 3,1 millions de personnes au cours de
l'année qui se termine.

Le rapport pour l'année 2004 met l'accent sur une tendance qui se dessine
depuis quelques années : les femmes sont de plus en plus touchées par la
pandémie. "A l'échelle mondiale, un peu moins de la moitié de toutes les
personnes vivant avec le VIH sont de sexe féminin", lit-on dans le rapport.

Cette proportion diffère selon les régions. C'est dans celles où les
rapports hétérosexuels sont un mode dominant de transmission du VIH, comme
en Afrique subsaharienne et aux Caraïbes, que le sida touche le plus
gravement les femmes. Selon le rapport, "les femmes et les filles
représentent près de 57 % de toutes les personnes infectées par le VIH en
Afrique subsaharienne, où un pourcentage saisissant - 76 % - des jeunes
(entre 15 et 24 ans) qui vivent avec le VIH sont de sexe féminin". Dans
cette région, le risque pour une jeune femme de 15 à 24 ans d'être infectée
est trois fois plus élevé que pour un jeune homme du même âge.

Dans la Fédération de Russie, la proportion de femmes parmi les personnes
porteuses du VIH est passée de 24 % en 2001 à 38 % en 2003. L'ignorance
explique en partie ces chiffres. "Jusqu'à 50 % des jeunes femmes des pays à
forte prévalence ne possèdent pas les connaissances de base concernant le
sida", rapporte une récente enquête de l'Unicef. "La vulnérabilité des
femmes et des filles à l'infection au VIH n'est pas seulement due à
l'ignorance, mais aussi à leur manque chronique de pouvoir", dénonce
l'Onusida, qui ajoute : "Dans le monde, la plupart des femmes contractent
l'infection à VIH en raison de comportements à haut risque de leur
partenaire, sur lequel elles n'ont pratiquement aucun contrôle." En effet,
"choisir de s'abstenir de rapports sexuels ou de se protéger n'est pas une
option pour les millions de femmes, de par le monde, qui subissent le viol
et les violences sexuelles", affirme l'agence des Nations unies.

De la féminisation croissante de la pandémie découlent des conclusions
stratégiques : "Il est essentiel de réduire les taux d'infection chez les
femmes et les filles si l'on veut maîtriser le sida." S'ils ne peuvent, loin
s'en faut, tout résoudre, les microbicides (sous forme de gels, de crèmes,
de suppositoires et d'anneaux vaginaux) "offrent la promesse d'un outil de
prévention que les femmes pourraient contrôler", indique l'Onusida.

Le rapport analyse la situation de la pandémie dans le monde. Dans toutes
les régions, le nombre de personnes vivant avec le VIH s'est élevé par
rapport à 2002. Les augmentations les plus fortes se sont produites en Asie
de l'Est (+ 50 %), en Europe orientale et en Asie centrale (+ 40 %).

Dans le premier cas, "l'augmentation est imputable en grande partie à
l'épidémie qui s'étend rapidement en Chine". Dans le second, "une bonne
partie de cette tendance est due à la réapparition de l'épidémie en Ukraine
et au nombre toujours croissant de personnes vivant avec le VIH en
Fédération de Russie" (860 000 séropositifs, dont au moins 80 % âgés de 15 à
29 ans à la fin 2003), selon le rapport.

La région la plus touchée "reste de loin" l'Afrique subsaharienne, avec 25,4
millions de séropositifs, soit un million de plus qu'en 2002. "Près des deux
tiers (64 %) de toutes les personnes vivant avec le VIH se trouvent en
Afrique subsaharienne, ainsi que plus des trois quarts (76 %) de toutes les
femmes vivant avec le VIH." A première vue, la prévalence du VIH en Afrique
subsaharienne s'est stabilisée autour de 7,4 % de la population.

Mais l'Onusida multiplie les mises en garde : "Sous la constance apparente
de ces niveaux de prévalence stables se cachent des réalités dévastatrices,
en particulier en Afrique australe, où se produisent un tiers de tous les
décès liés au sida dans le monde." Ensuite, indique le rapport, "il n'existe
pas d'épidémie "africaine" unique". Les données nationales "cachent des
niveaux d'infection beaucoup plus élevés dans certaines régions, comme on le
voit au Nigeria ".

Avec plus de 2 % de la population touchée, la prévalence de l'infection par
le VIH dans la région caraïbe est la deuxième la plus élevée au monde,
rappelle l'Onusida. Au point que "le sida est devenu la principale cause de
décès parmi les adultes entre 15 et 44 ans dans cette région". En Asie,
plusieurs pays comme l'Indonésie, le Népal et le Vietnam, ainsi que
plusieurs provinces de la Chine, ne sont qu'"au début d'une épidémie qui se
propage rapidement", indique le rapport.

Est-ce à dire que rien ne saurait endiguer la progression de la pandémie ?
L'Onusida pointe le fait que "pratiquement chaque région, y compris
l'Afrique subsaharienne, compte plusieurs pays dans lesquels l'épidémie se
déroule encore à bas bruit ou en est encore à un stade suffisamment précoce
pour être maîtrisée par une action efficace". Cela suppose des "programmes
susceptibles de contenir la propagation du VIH dans les groupes les plus
vulnérables de la population".

Cependant, s'inquiète l'agence onusienne, "dans de nombreux pays, des
ressources inadéquates, le manque de volonté et de leadership politiques
restent une entrave, en particulier là où le VIH s'est implanté dans des
groupes marginalisés ou stigmatisés de la population", en l'occurrence les
prostituées, les consommateurs de drogues injectables ou les homosexuels.

Depuis 2001, le financement à l'échelle mondiale de la lutte contre le sida
est passé de 2,1 à 6,1 milliards de dollars. Cet effort s'est accompagné
d'une amélioration de l'accès aux "services essentiels de prévention et de
prise en charge". Néanmoins, l'accès à la prévention et aux traitements
demeure encore un objectif loin d'être atteint. "Environ 440 000 personnes,
dans les pays à faible et moyen revenus, étaient sous traitement
antirétroviral en juin 2004", précise le rapport.

Ce qui signifie que "neuf personnes sur dix qui ont besoin d'un tel
traitement - dont la majorité se trouvent en Afrique subsaharienne - n'en
bénéficient pas". L'Onusida s'alarme. A un tel rythme, "cinq à six millions
de personnes mourront du sida au cours des deux prochaines années".

Quant à la prévention, ce n'est pas mieux. "Moins de 1 % des adultes de 15 à
49 ans ont accès à des services de conseil et de test volontaires dans les
73 pays à faible et moyen revenus les plus affectés par le sida". Moins de
10 % des femmes enceintes bénéficient des services permettant d'éviter la
transmission au cours de la grossesse ou de l'accouchement. Sans des
stratégies vigoureuses "qui prennent également en compte les impératifs plus
larges de justice sociale et d'égalité, il est improbable qu'à long terme le
monde parvienne à vaincre le sida", indique le rapport. Un pessimisme que
l'Onusida résume par la formule : "L'immobilisme précipite le désastre."

Paul Benkimoun
? ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.11.04