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[e-med] (3)Recyclage des médicaments en France (suites)
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 10 Sep 2004 08:26:31 -0400 (EDT)
E-MED:(3)Recyclage des médicaments en France (suites)
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[Modératrice: encore deux articles publiés dans Libération sur le sujet; le
premier article ci-dessous profite de l'occasion pour parler de la
problèmatique des dons de médicaments vers les PED... il y a longtemps qu'on
attendait cela! CB]
Une «charité» de plus en plus critiquée
Le don de médicaments aux pays du Sud est déconseillé par l'Organisation
mondiale de la santé.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=237603
Par Eliane PATRIARCA
vendredi 10 septembre 2004 (Liberation - 06:00)
La découverte d'un détournement de médicaments non utilisés (MNU) fait
resurgir les doutes sur l'efficacité de Cyclamed, la filière de récupération
des médicaments. Cette association regroupant industriels de la pharmacie,
grossistes et pharmaciens d'officine a été créée en 1992 pour répondre aux
obligations du décret sur les déchets d'emballage. Qui impose aux
producteurs de pourvoir à l'élimination des emballages qu'ils mettent sur le
marché. Les industriels ont trois possibilités : la consigne, la cotisation
à une société agréée comme Eco-Emballages ou l'autorécupération. L'industrie
pharmaceutique a opté pour cette dernière solution, la moins onéreuse.
Cyclamed demande au grand public de ramener ses MNU aux pharmaciens qui se
chargent bénévolement de la collecte. Puis entre en jeu le volet humanitaire
dont s'est doté Cyclamed : quinze ONG, agréées par le conseil de l'Ordre,
trient en fonction de la date de péremption, des classes thérapeutiques...
Ce qui est jugé digne d'être réutilisé est envoyé vers le «quart-monde
français» et vers des pays en voie de développement (PVD). En 2003, 510
tonnes de médicaments ont été redistribuées. Tout le reste, emballages et
médicaments inutilisables, part vers 45 incinérateurs agréés par le
ministère de l'Ecologie. En 2003, sur 70 000 tonnes d'emballages mis sur le
marché, 14 717 ont été incinérées et valorisées. L'énergie est récupérée
sous forme de vapeur pour le chauffage ou d'électricité pour l'éclairage.
Des performances jugées «décevantes» au ministère de l'Ecologie. «Moins de
20 % des emballages sont récupérés, déplore de son côté Paul Deffontaine,
président du Cercle national du recyclage. 80 % des emballages restent à la
charge des collectivités et donc des contribuables ! Ce serait plus efficace
de jeter tous ces emballages à la poubelle. Ce serait aussi le seul moyen de
faire cotiser l'industrie pharmaceutique à hauteur des déchets qu'elle
produit !»
Côté humanitaire, Cyclamed ne fait pas l'unanimité non plus. Pharmaciens
sans frontières-Comité international est résolument contre la réutilisation
des médicaments. «Leur qualité ne peut être garantie, explique Ghislaine
Soulier, de PSF-CI. Une boîte, même non ouverte, a pu être exposée en pleine
chaleur, par exemple.» PSF-CI applique les principes directeurs édictés par
l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille les dons de
médicaments aux pays du Sud à cause des effets pervers : inadaptés aux
besoins des populations et inconnus du personnel local, ils alimentent le
marché noir... «Les pays africains se sont dotés d'une politique sanitaire
établie avec l'Unicef et l'OMS qui s'appuie sur la liste des médicaments
essentiels établie par l'OMS, explique Ghislaine Soulier. Il s'agit de 300
molécules qui soignent 98 % des maladies et qu'on trouve pour la plupart
sous forme de génériques. La plupart des PVD achètent ces médicaments et
disposent de personnel formé pour les utiliser. Le don des associations du
Nord perturbe ce système. Il relève d'une vision dépassée de l'aide au
développement.» ReMeD, autre ONG humanitaire, note que la meilleure manière
de recycler, «c'est d'abord d'éviter le gaspillage. Pourquoi, comme cela se
pratique dans les pays anglo-saxons, ne pas délivrer aux patients le nombre
exact de comprimés nécessaires plutôt que des boîtes ?»
********************
Médicaments récupérés et mécomptes d'apothicaires
Une dizaine de pharmaciens mis en cause par la justice pour trafic.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=237602
Par Nathalie RAULIN
vendredi 10 septembre 2004 (Liberation - 06:00)
Des pharmaciens peu scrupuleux ? En voilà certains, en tout cas, qui
revendraient des médicaments non utilisés, rapportés par leurs clients dans
le cadre du dispositif de recyclage à vocation humanitaire, Cyclamed.
Une escroquerie facile à monter : carte Vitale oblige, les malades ne
décollent plus forcément toutes les vignettes des emballages. Du coup,
certains patrons d'officine peuvent remettre en rayons, ni vu ni connu, des
boîtes rapportées ou les reconstituer à l'aide des stocks Cyclamed. Histoire
de grappiller quelques centaines d'euros sur le dos de la Sécu ou, plus
malin encore, de clients dépourvus d'assurance sociale.
Combien sont exactement ces pharmaciens indélicats ? Le ministère de la
Santé admet neuf dérives récentes. Deux pharmaciens, l'un dans l'Oise,
l'autre dans les Côtes-d'Armor, ont, en 2003 et en 2004, été condamnés par
un tribunal correctionnel. Une autre affaire est en cours d'instruction. Six
autres cas litigieux, en Champagne-Ardenne, Charente-Maritime, Rhône-Alpes
et Val-d'Oise, sont suivis de près par le conseil national de l'ordre des
pharmaciens. Lequel, en avril, a sévi et l'a fait savoir : un pharmacien qui
revendait des produits Cyclamed a écopé de 15 000 euros d'amende et de cinq
ans d'interdiction d'exercice. De quoi faire réfléchir les brebis galeuses.
Toutefois, la dispersion géographique des escroqueries laisse penser que le
phénomène dépasse les neuf cas officiellement répertoriés. Mais rien ne
permet d'étayer le chiffre d'un millier de ripoux qui circule.
Le ministre de la Santé, Philippe Douste-Blazy, a demandé, mercredi, à
l'Inspection générale des affaires sanitaires d'enquêter dans les officines.
L'ordre des pharmaciens se dit vigilant. «On ne peut laisser une douzaine de
salopards empoisonner la profession et Cyclamed», martèle le trésorier du
conseil national. Le ministère parrainera, le 14 septembre, une réunion
entre pharmaciens et grossistes. Objectif : «sécuriser Cyclamed».
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