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[e-med] Ve forum international pharmaceutique (5)


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 10 Jun 2004 12:44:13 -0400 (EDT)

E-MED: Ve forum international pharmaceutique (5)
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5ème conférence pharmaceutique : vers des ARV moins chers
Le Pays (Ouagadougou)

9 Juin 2004
Publié sur le web le 9 Juin 2004

Les participants à la 5ème conférence pharmaceutique internationale de
Ouagadougou recommandent aux chefs d'Etat africains de lever les taxes sur
l'importation des matières premières et sur le matériel de production des
médicaments essentiels, y compris les médicaments issus de la pharmacopée
traditionnelle et de mettre en place des mesures fiscales incitatives pour
accélérer l'implantation des industries pharmaceutiques en Afrique.

Ils leur recommandent également de faire une déclaration pour mettre fin au
marché illicite des médicaments. En ce qui les concernent, ils prennent
l'engagement d'assurer, de manière permanente, la présence effective des
pharmaciens dans les structures de dispensation des médicaments, de veiller
désormais scrupuleusement au respect strict de l'exercice personnel de la
profession de pharmacien et de collaborer avec les autres acteurs du système
de santé, conformément à la déontologie pharmaceutique. Ils recommandent
l'intégration des pharmaciens à toutes les stratégies politiques de lutte
contre la pauvreté et souhaitent que soit pris des mesures pour une
meilleure traçabilité, une meilleure transparence du coût de revient du
médicament à l'exportation dans le cadre de l'accessibilité des médicaments
au plus grand nombre. Ils réitèrent leur engagement à céder les ARV au taux
de marge 0 aux populations et prennent la résolution d'organiser une semaine
de promotion du médicament essentiel générique.

Autres recommandations du forum: que les centrales d'achat soient dotées
d'un statut d'autonomie administrative et financière et que soient confiés à
celles-ci l'approvisionnement et la distribution des ARV, des réactifs de
laboratoire et des médicaments de traitement des maladies opportunistes et
des vaccins. En procédant à la clôture des travaux, le Pr Jean-Gabriel
Ouango, secrétaire général du ministère de la Santé, qui représentait le
ministre Alain Yoda, s'est réjoui des résolutions prises dans le cadre de la
prise en charge des personnes vivant avec le VIH ainsi que des stratégies
adoptées pour la surveillance et la disposition des antipaludiques pour
éviter les résistances. "Nous sommes également attentifs, a-t-il ajouté, aux
divers résultats des recherches communiquées et promettons de les suivre et
de faire tout ce qui est possible pour leur mise en oeuvre dans la mesure où
ils sont faisables pour nos politiques" . A l'issue de la conférence, Dr
Djita Cissé Dem, présidente sortante de l'Inter Ordre des Pharmaciens
d'Afrique (IOPA), a passé le flambeau au Dr Victoire Benao, présidente du
Conseil national de l'Ordre des pharmaciens du Burkina Faso.

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Lazare Banssé, secrétaire permanent de l'ACAME : "Nous luttons pour des ARV
de qualité et à moindre coût" - Sidwaya - Burkina Faso - 08/06/2004

En marge du Ve forum international pharmaceutique, l'Association africaine
des centrales d'achat des médicaments essentiels (ACAME) a tenu du 2 au 4
juin à Ouagadougou, sa 7e assemblée générale. 17 centrales d'achat de
l'Afrique francophone ont pris part au rendez-vous de Ouagadougou. Le
secrétaire permanent de l'ACAME, M. Lazare Banssé, directeur général de la
CAMEG (Burkina) fait le point de cette rencontre qui s'est essentiellement
penchée sur le recadrage des objectifs de l'association et son apport dans
l'approvisionnement des ARV.

Sidwaya : En tant que secrétaire permanent, quelle appréciation faites-vous
des conclusions des travaux de Ouagadougou ?

Lazare Banssé : Il faut dire qu'à Ouagadougou, c'est presque un retour aux
sources puisque l'association a été créée ici en 1996. Cette 7e assemblée
générale de l'ACAME a permis de procéder à une évaluation complète des
objectifs de l'ACAME et de les recadrer pour repartir sur de nouvelles
bases. C'est ainsi que nous avons procédé à la relecture des textes :
statuts et règlement intérieur. Nous avons aussi insisté sur le rôle que
doivent jouer les centrales d'achat pour la mise à disposition
d'antirétroviraux de qualité et à des prix compatibles au pouvoir d'achat
des populations, au niveau de toute l'Afrique. Voilà en gros, ce dont nous
avons discuté. Nous nous sommes également penchés sur la fonctionnalité du
secrétariat permanent. A ce titre, la CAMEG a mis à la disposition de
l'ACAME, un local bien équipé pour le fonctionnement du secrétariat
pemanent. Nous allons très rapidement procéder au recrutement d'un assistant
qui va jouer un rôle centralisateur à partir de Ouagadougou avec les
centrales d'achat membres de notre association.

Sidwaya : Vous êtes au centre de l'approvisionnement de ces ARV au niveau de
l'Afrique. Qu'est-ce qui est mis en place pour amoindrir les coûts et quel
serait votre rôle dans les prochaines années ?

Lazare Banssé : Nous avons décidé de mettre en commun nos différentes
capacités de négociations et de partager les différentes informations au
niveau de l'approvisionnement que ce soit en ARV ou en produits
pharmaceutiques, de sorte que les prix qui seront proposés dans les
différentes centrales d'achat soient dans la limite du possible, les mêmes
pour tous les pays. Parce que nous avons constaté que certains fournisseurs
de médicaments avaient une stratégie différenciée de prix suivant les pays
où ils intervenaient. Je pense que si nous arrivons à partager ces
différentes informations, nous pourrons également faire pression sur les
firmes pharmaceutiques qui pourraient proposer des prix encore plus bas que
ceux que nous connaissons maintenant. Mais il faut savoir que déjà, ces
derniers mois, les prix ont considérablement diminué.

Sidwaya : Quel est l'apport des différentes structures au niveau des pays,
notamment des autorités dans le combat que vous menez ?

Lazare Banssé : Vous savez que les centrales d'achat sont l'émanation des
gouvernements. Dans chaque Etat, le gouvernement veille à ce que ces
centrales d'achat fonctionnent correctement et je puis vous dire que chaque
centrale d'achat a le soutien du ministère de la Santé. Maintenant, ce qu'il
faut peut-être faire, c'est arriver à promouvoir notre association qui,
malheureusement, est encore méconnue des autorités de certains pays. Nous
avons pris une résolution dans ce sens. Nous ferons une tournée au niveau de
chaque Etat pour expliquer aux différents ministres de la Santé et
autorités, les objectifs que nous poursuivons. Nous demanderons leur appui
pour influencer les décisions qui pourraient être profitables aux
populations, dans le cadre de la mise à disposition de produits de qualité
moins chers surtout.

Sidwaya : Vous avez parlé d'une tournée au niveau de l'Afrique. On sait que
la rencontre de Ouagadougou a regroupé 19 centrales d'achat. Pourquoi ce
nombre ? Les autres pays ne sont-ils pas intéressés ?

Lazare Banssé : Actuellement, les pays membres de l'ACAME sont des pays
francophones. Il faut tenir compte des problèmes de langue et d'habitudes
relationnelles. La zone franc est une zone homogène et c'est dans le respect
de cette homogénéité existant déjà au niveau des Etats que nous nous en
tenons à là. Nous avons pris des contacts avec les pays anglophones, mais il
faut reconnaître que ce n'est pas facile, parce que les législations
pharmaceutiques ne sont pas les mêmes, selon qu'on est dans une zone
francophone ou anglophone. Et puis il y a les barrières linguistiques qui ne
nous permettent pas de développer des relations avec les pays non
francophones. Mais nous sommes conscients de ces problèmes et essayons de
voir dans quelle mesure nous aurons une ACAME beaucoup plus grande. D'ores
et déjà, nous avons la candidature d'un pays maghrébin, en l'occurrence la
Tunisie qui a demandé à intégrer notre association. Il faut dire qu'avec le
temps, nous arriverons à rassembler beaucoup de pays autour de nos
objectifs. Au début en 1996, nous n'étions que cinq (05) pays, si
actuellement nous sommes 19, j'espère que nous évoluerons par cercles
concentriques en fonction de l'intérêt que les uns et les autres auront pour
notre association.

Sidwaya : Quels sont vos rapports d'une manière générale, avec les
pharmaciens ?

Lazare Banssé : Il faut savoir que la centrale d'achat exerce dans un
domaine qui est forcément pharmaceutique. Les pharmaciens sont donc partie
prenante des actions que nous menons. Pour ce qui concerne les pharmaciens
du privé, nous avons pris des résolutions qui permettent aux centrales
d'achat de s'ouvrir aux privés et d'approvisionner les pharmacies privées en
médicaments essentiels génériques. L'idée même du forum aujourd'hui, tel
qu'il est présenté, c'est une façon pour nous aussi de nous associer aux
pharmacies du privé parce que le forum pharmaceutique regroupe non seulement
l'ACAME, mais aussi l'Ordre des pharmaciens d'Afrique et des syndicats de
pharmaciens d'Afrique. Nous avons donc voulu, dans un élan de solidarité,
travailler avec ces différentes structures, à la promotion de la fonction de
pharmacien en Afrique.

Sidwaya : Où se tiendra la prochaine rencontre ?

Lazare Banssé : Le prochain forum pharmaceutique aura lieu au Mali avec
l'ISPHARMA et l'Inter-ordre des pharmaciens d'Afrique. Naturellement,
l'ACAME également devrait tenir sa 8e Assemblée générale au Mali. Il y a eu
la candidature de la Côte d'Ivoire, mais elle a été assortie de certaines
conditions qu'elle doit pouvoir réunir à cet effet. Si non, le Mali est très
bien placé pour la prochaine rencontre.

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