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[e-med] Réponse au RAME sur le rabattement du coût des ARV
- From: "MSFL-Ouaga" <msfl-ouaga@luxembourg.msf.org>
- Date: Fri, 28 May 2004 10:32:54 -0400 (EDT)
E-MED: Réponse au RAME sur le rabattement du coût des ARV
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[Modérateur: pour ceux qui ne se souviennent pas de la lettre ouverte que
Simon Kaboré du Réseau accès aux médicaments essentiels avait envoyé à
e-med, vous trouverez un article sur le sujet en bas du mail. Ci-dessous la
réponse à cettte lettre ouverte par le ministre de la santé du
Burkina-Faso.CB]
Réponse au RAME sur le rabattement du coût des ARV : le ministre de la
Santé, 1er vice-Président du CNLS-IST
Sidwaya (Ouagadougou)
DOCUMENT
6 Mai 2004
Publié sur le web le 6 Mai 2004
By Bédouma Alain Yoda Officier De L'ordre National
A
Monsieur Simon KABORE, Coordinateur du RAME
J'ai lu avec intérêt dans la presse votre réaction relative à l'annonce
faite par Son Excellence, monsieur le Premier ministre dans son discours sur
la situation de la nation le 8 mars 2004 devant les députés "de rabattre les
coûts de traitement des malades du Sida à 8 000 F CFA par personne et par
moi".
En tant que 1er vice-président du Conseil national de lutte contre le Sida,
il est de mon devoir de vous apporter quelques réponses aux inquiétudes
soulevées dans votre écrit adressé au Président de l'Assemblée national.
En effet, l'ambition du gouvernement évoquée par monsieur le Premier
ministre est fondée sur le fait que les efforts déployés par notre pays ont
motivé plusieurs partenaires bilatéraux et multilatéraux ainsi que des
responsables du secteur privé à nous appuyer pour rendre accessibles les ARV
géographiquement et financièrement au profit d'un nombre de malades bien
déterminé.
L'intervention du Fonds mondial de lutte contre le Sida, la tuberculose et
le paludisme à laquelle vous vous intéressez, est de cela. Acquise sur la
base d'une requête, elle est destinée à la prise en charge et au suivi
biologique pendant deux ans d'environ 3570 malades, au coût actuel des ARV.
La convention y relative, a été signée avec le PNUD le 30 octobre 2003 pour
un montant de 7 130 400 dollars soit 4,278 milliards de F CFA. Le PNUD
assure donc la gestion des ressources du fonds pour le compte du Burkina
Faso, sous la supervision d'un Comité de Gestion (CCM) mis en place en mars
2002 et qui comprend entre autres, des représentants des ONG/Associations de
lutte contre le Sida et des Personnes vivant avec le VIH (PVVIH).
Cette requête a été sur la base d'un dossier soumis au fonds et qui prévoit
la contribution de chaque malade bénéficiaire. Ce qui permet de constituer
un fonds de pérennisation afin qu'au terme du programme, les malades
puissent continuer à s'offrir les RAV à moindre coût. Cette démarche est
d'autant plus pertinente que le traitement par les ARV demeure encore un
traitement à vie.
EN RAPEL
1°/ La requête initiale introduit auprès du Fonds mondial en mars 2002 puis
amendée et réintroduire en septembre 2002, prévoyait une contribution des
malades de 18 000 F CFA/mois sur un coût global de 90 000 F/mois. Pour la
mise en oeuvre, et tenant compte de la baisse du coût des médicaments, la
contribution demandée est de 8 000 F CFA/mois sur un coût global estimé à 50
000 F CFA/mois.
Il est évident que cette contribution attendue des patients, qui prend en
compte les coûts des ARV et du suivi biologique, pourrait encore diminuer si
les prix des médicaments continuaient à baisser.
2°) Le Fonds mondial a approuvé la requête du Burkina Faso pour un montant
global de 19 281 548 USD pour quatre (04) ans mais n'a accordé le
financement que pour les deux premières années soit 7 130 400 USD comme
indiqué précédemment et dont répartition suit :
- 45,2% soit 3 222 000 USD (1 933 200 000 F CFA) pour les ARV et le suivi
biologique, ce qui est loin des 5 milliards que vous annoncez ;
- 37% soit 2 638 400 USD (1 583 040 000 F CFA) pour le renforcement des
capacités des formations sanitaires (équipements, réhabilitation
d'infrastructures, formations consommables et réactifs).
- 7,60% soit 540 000 USD (234 000 000 F CFA) pour le suivi évaluation ;
- 5,5% soit 390 000 USD (234 000 000 F CFA) pour le suivi évaluation ;
- 4,7% soit 340 000 USD (204 000 000 F CFA) pour les frais administratifs.
3°) Je rappelle que la rédaction de la requête au Fonds mondial à laquelle
les associations ont participé à travers leurs représentants, a prévu la
contribution des malades pour permettre la pérennisation de l'accès aux ARV,
car les différents projets et initiatives y compris le Fonds mondial sont
limités dans le temps ; en effet, la question que l'on peut se poser est de
savoir ce que deviendront ces malades après la fin des différents projets.
Certes, cette contributions est faible pour assurer une prise en charge mais
il faut espérer que la baisse continuelle des prix des médicaments sera
telle que la somme ainsi cumulée permettra de rechercher plus facilement le
complément au niveau du budget de l'Etat ou au niveau des partenaires
techniques et financiers.
4°) A la date d'aujourd'hui, les ARV prévus dans la mise en oeuvre du Fonds
ne sont pas encore arrivés au Burkina. Les traitements en cours sont faits
sur d'autres initiatives (PPTE, Banque mondiale, Don TAN ALIZ, ESTHER, MSF,
etc.). A toutes fins utiles, il est bon de se souvenir que le gouvernement,
dans sa volonté de lutter contre la pandémie, s'est endetté auprès de la
Banque mondiale à travers le crédit IDA n°35570/BUR du 06 septembre 2001
pour le financement des activités de prévention et de prise en charge dont
l'accès aux ARV.
5% Je note, par ailleurs que dans votre lecture du discours de monsieur le
Premier ministre, vous semblez douter des statistiques relatives au taux de
prévalante de 4,2% enregistré dans notre pays. Je profite alors de
l'occasion pour vous signifier que ce taux, validé par l'OMS et l'ONUSIDA, a
été obtenu par les techniciens sur les mêmes bases de calcul que partout
ailleurs.
Ainsi, tout en comprenant l'esprit des préoccupations soulevées par vous, et
par bien d'autres avant vous, pour l'accès gratuit des malades du SIDA aux
ARV, je vous invite à aborder les choses avec plus de prudence en ayant
toujours à l'esprit que la gratuité est toujours payée par quelqu'un quelque
part dans un pays où les défis à relever par la santé sont multiples et
multiformes que ce soit le SIDA, le paludisme (43%) des causes de décès), la
poliomyélite, la méningite, etc.
Au regard du rôle que vous jouez à la fête du "Réseau Accès aux Médicaments
Essentiels", vous êtes mieux placé que quiconque pour savoir que ces
initiatives d'accès au traitement ne suffisent pas pour couvrir les besoins
de l'ensemble de nos malades.
Donc, pour le moment et pour conclure, nous ne pouvons que nourrir
l'ambition de rabattre les coûts de traitement par les ARV jusqu'au niveau
indiqué par le chef du gouvernement.
En effet, les appuis annoncés étant limités dans le temps, il est
indispensable d'envisager dès maintenant les voies et moyens qui permettront
à nos malades de pouvoir continuer à bénéficier de traitement à faible coût
à la fin de ces projets.
La contribution demandée aux malades n'est donc pas destinée à renflouer les
caisses de l'Etat et encore moins les poches d'un individu : il s'agit tout
simplement d'une démarche stratégique destinée à rendre plus pérenne l'accès
au traitement à moindre coût pour vos malades.
En outre, vous ne semblez pas tenir compte des spécificité des pays en
voulant que ce qui est annoncé au Sénégal, en matière de prise en charge
médicale, soit annoncé au Burkina. En effet, ni le contexte ni le taux de
prévalence dans les deux pays en questions ne permettent d'envisager des
similitudes dans le processus de prise en charge. De plus au Burkina Faso,
nous faisons tout pour faire face à nos annonces.
C'est pourquoi il me plaît de vous inviter à tenir compte des réalités de
notre pays dans vos actions afin d'éviter de cristalliser les options sur
des promesses irréalisables.
Convaincu que rien de notable ne peut se réaliser sans les personnes vivant
avec le VIH, je vous assure de la disponibilité des techniciens de mon
département, pour toute information utile pour une meilleure compréhension
de la problématique de prise en charge médicale des PVVIH dans notre pays.
Naturellement, les portes du SP/CNLS-IST vous sont grandement ouvertes pour
les précisions que vous souhaiteriez avoir sur les conditions de nos
enquêtes et de politique de concertation avec le PVVIH.
Veuillez agréer, monsieur KABORE, mes meilleurs sentiments.
*********************
Santé au Burkina : Le Réseau accès aux médicaments essentiels (RAME) entend
s'impliquer - Sidwaya - Burkina Faso - 25/05/2004
Le Réseau accès aux médicaments essentiels (RAME) a rencontré la presse,
samedi 15 mai 2004 au Centre de presse Norbert-Zongo. Objectif, présenter le
bulletin trimestriel et le site web du réseau. "Le médicament", "le site
internet du RAME", ce sont les deux produits que le Réseau accès aux
médicaments essentiels (RAME) a présentés à la presse. "Le médicament" est
le titre du bulletin trimestriel du réseau et se fixe pour objectif selon le
coordonnateur, M. Simon Kaboré, de trouver le "médicament" de l'accès aux
soins au Burkina d'où le titre de la publication. Cette appellation
poursuit-il, a un double sens. Le médicament comme remède à l'amélioration
de l'état de santé des populations et le médicament comme proposition de
remède à l'amélioration de l'accès des populations aux soins. Loin d'être,
selon M. Kaboré, un journal propagandiste, "Le médicament" veut être un
remède qui permettra de diagnostiquer le mal de l'inaccessibilité aux
médicaments, informer sur les raisons du mal ; proposer des thérapies
adaptées au mal et veiller à l'observance de ces thérapies. Il coûtera 500 F
CFA et ambitionne de vivre des fruits de ses productions. Le site internet
du RAME, lui aura trois fonctions principales. Il s'agit de rendre
disponible des informations sur la prise en charge des personnes vivant avec
le VIH (PVVIH) et favoriser l'accès aux médicaments essentiels ; permettre
un échange d'informations et d'expériences sur la prise en charge des PVVIH
et biens d'autres informations utiles. L'autre dynamique, comportera un
forum de discussion appelé "fo. rame" et un espace dénommé "appel à
signature". fo. rame se consacrera aux débats sur la problématique de la
prise en charge des PVVIH et à l'accès aux médicaments. Il est ouvert à tout
abonné qui, en retour recevra dans sa boîte électronique tous les messages
envoyés dans le forum. Les abonnés pourront ainsi participer aux discussions
animées par le site. Des modérateurs assureront le filtrage des messages
pour éviter l'utilisation du forum à d'autres fins. Quant à l'espace "appel
à signature", il permettra aux personnes intéressées de participer aux
activités d'interpellation ou de soutien des autorités nationales ou
internationales. Des lettres ouvertes pourront y être adressées à des
décideurs pour soutenir ou dénoncer des actions ou des programmes
spécifiques.
Gratuité des ARV, un des objectifs du RAME
Le Réseau accès aux médicaments essentiels s'est fixé comme premier objectif
spécifique de l'année 2004, d'obtenir des autorités nationales la gratuité
des ARV dans les programmes actuellement en cours au Burkina. Pour le
coordonnateur du RAME M. Simon Kaboré, la réalisation de cet objectif n'a
pour seule barrière que la volonté politique. Selon M. Kaboré aucun bailleur
de fonds n'exige du Burkina la contribution financière des PVVIH à leur
prise en charge anti-rétrovirale. "La contribution de 8 000 F CFA qui sera
demandée par mois à chaque malade est une décision qui a pris forme au
Burkina et se limitera au Burkina. Il n'engagera aucun partenaire au
développement et autres bailleurs de fonds. En outre dans le rapport sur la
santé dans le monde, 2004 de l'OMS intitulé "changer le cours de l'histoire"
il est exprimé la volonté manifeste de la communauté internationale
d'étendre le traitement à des millions de personnes et de les soigner
pendant le reste de leur existence. Aucun souci de pérennité ne doit alors
nous contraindre à exiger des PVVIH, un sacrifice aussi énorme", a martelé
M. Simon Kaboré. Le Burkina a-t-il les moyens nécessaires pour offrir
gratuitement ces ARV de façon pérenne ? Question de journaliste. Oui
rétorque M. Kaboré. Tout dépend de la volonté politique surtout que le taux
de séroprévalence est en train de chuter considérablement dans notre pays
a-t-il conclu. A Verlaine KABORE
Lire l'article original :
http://www.sidwaya.bf/sitesidwaya/sidwaya_quotidiens/sid2004_25_05/sidwaya.h
tm
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