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[e-med] Rapport sur la santé dans le monde, 2004 : changer le cours de


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 12 May 2004 01:47:54 -0400 (EDT)

l'histoire
Message-Id: Rapport sur la santé dans le monde, 2004 : changer le cours de
l'histoire
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E-MED: Rapport sur la santé dans le monde, 2004 : changer le cours de
l'histoire
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Une occasion sans précédent de combattre le VIH/SIDA et de changer le cours
de l'histoire



11 MAI 2004 | GENEVE -- Nous sommes parvenus à un moment crucial de
l'histoire du VIH/SIDA. Bien que l'attention portée à cette maladie
meurtrière, la volonté politique de la combattre et les fonds alloués à
cette entreprise soient aujourd'hui supérieurs à ce qu'ils étaient
auparavant, il n'y a jamais eu autant de personnes qui meurent du SIDA ou
qui sont contaminées par le virus. Mais, comme le montre le Rapport sur la
santé dans le monde, 2004 : changer le cours de l'histoire, si elle se sert
des programmes de traitement de l'infection à VIH pour renforcer les
programmes de prévention existants et améliorer les systèmes de santé, la
communauté internationale a une chance unique d'infléchir le cours de
l'histoire.
L'OMS, l'ONUSIDA et leurs partenaires appliquent une stratégie d'ensemble
contre le VIH/SIDA qui allie prévention, traitement, soins et soutien aux
porteurs du virus. Jusqu'ici, le traitement a été l'élément le plus négligé
dans la plupart des pays en développement, alors que, d'après le rapport,
c'est celle qui, de toutes les interventions possibles, peut le plus
efficacement stimuler la prévention et, ce faisant, renforcer les systèmes
de santé pour permettre aux pays pauvres de protéger leur population contre
toute une série de maladies.
"Les fonds internationaux consacrés à la santé, et en particulier à la lutte
contre le VIH/SIDA, augmentent enfin. Ces fonds supplémentaires arrivent à
point nommé pour nous donner enfin de meilleures chances de juguler la pire
épidémie que le monde ait connue depuis des siècles. La difficulté consiste
maintenant à coordonner nos efforts et à faire en sorte que ces
investissements profitent à ceux qui en ont le plus besoin," commente le
docteur LEE Jong-wook, Directeur général de l'Organisation mondiale de la
Santé (OMS).
Des contributions déterminantes ont été annoncées ; celles faites par les
pays donateurs et par l'intermédiaire d'organismes de financement
multilatéraux, dont le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose
et le paludisme, le plan du Président des Etats-Unis d'aide d'urgence à la
lutte contre le VIH/SIDA et la Banque mondiale, se montent à plus de US $20
milliards.1 Ces fonds doivent maintenant être exploités rapidement et de
manière coordonnée pour prolonger la vie de millions d'enfants, de femmes et
d'hommes qui, sans cette aide, ne tarderont pas à mourir. Il faut apporter
un soutien technique solide aux programmes de lutte contre le VIH/SIDA afin
que les nouveaux investissements aient les effets les plus sensibles et les
plus durables possibles sur la santé des populations des pays pauvres.
"Nous devons investir ces ressources supplémentaires de façon à renforcer
les stratégies globales de prévention et de soins qui s'appuient sur les
enseignements tirés de vingt années d'expérience, estime le docteur Peter
Piot, Directeur exécutif de l'ONUSIDA. La meilleure stratégie pour sauver
des vies et mettre les générations futures à l'abri du VIH consiste à
étendre les programmes efficaces de traitement et de prévention."
D'après le rapport, la mise à disposition de services de traitement et de
prévention du SIDA est aussi un moyen de renforcer les systèmes de santé des
pays les plus pauvres et offre ainsi des avantages pour tous. "Le jugement
que les futures générations porteront sur notre époque sera en grande partie
fondé sur notre action contre la pandémie de SIDA, prévoit le docteur Lee.
Si nous nous y attaquons résolument, nous mettrons du même coup en place des
systèmes de santé capables de répondre aux besoins d'aujourd'hui et de
demain. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser échapper cette chance
historique."
Le SIDA a déjà tué plus de 20 millions de personnes et est devenu la
principale cause de décès et de perte d'années de vie productives chez les
adultes âgés de 15 à 59 ans dans le monde. On estime qu'aujourd'hui 34 à 46
millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA. Sans traitement, elles
disparaîtront prématurément, et le plus souvent dans la souffrance. En 2003,
trois millions de personnes sont décédées et cinq millions ont été
contaminées. Près de six millions d'habitants des pays en développement vont
mourir dans un proche avenir s'ils ne reçoivent pas un traitement : or,
seuls 400 000 d'entre eux étaient soignés en 2003.
On lit dans le rapport que les coûts économiques et sociaux à long terme du
VIH/SIDA ont été gravement sous-estimés dans de nombreux pays. Des
projections font maintenant craindre que, s'ils ne parviennent pas à
endiguer l'épidémie, certains pays d'Afrique subsaharienne soient menacés
d'un désastre économique, et cela dans une large mesure parce que le
VIH/SIDA affaiblit et tue des adultes à la fleur de l'âge, privant les
communautés de médecins, d'enseignants et de juristes, d'agriculteurs, de
mineurs et de policiers, et laissant les enfants orphelins.

Le traitement, source d'espoir

En septembre 2003, l'OMS, l'ONUSIDA et le Fonds mondial de lutte contre le
SIDA, la tuberculose et le paludisme ont déclaré que donner accès au
traitement antirétroviral constituait désormais une urgence mondiale. Ils
ont donc lancé avec leurs partenaires l'initiative des "3 millions d'ici
2005" en vue de faire accéder, d'ici la fin de 2005, trois millions
d'habitants des pays en développement au traitement antirétroviral.
En mars 2004, 48 des pays les plus durement touchés par le VIH/SIDA
s'étaient engagés à élargir rapidement l'accès au traitement et avaient
sollicité une aide technique pour concevoir et exécuter des programmes à
cette fin.
Comme l'explique le Professeur Richard Feachem, Directeur exécutif du Fonds
mondial de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme, "maintenant
que les crédits commencent enfin à affluer par l'intermédiaire du Fonds
mondial et d'autres organismes vers les programmes de traitement dans les
pays en développement, on voit que les pays ont besoin de conseils,
d'informations sur les meilleures pratiques et d'une assistance technique
pour passer rapidement à l'échelle supérieure. L'OMS jouera un rôle crucial
dans les années qui viennent en veillant à ce que les ressources
supplémentaires obtenues servent à sauver des vies."
L'OMS collabore étroitement avec tous ses partenaires, y compris les
responsables sanitaires dans les pays, les prestateurs de soins, les
organisations communautaires, les personnes vivant avec le VIH/SIDA et
d'autres encore à l'élaboration et à la mise en route de plans nationaux
d'extension du traitement. Une ferme volonté politique et une appropriation
des programmes au niveau national sont primordiales. Les mécanismes de
financement simplifiés mis en place par le Fonds mondial permettent à de
nombreux pays d'obtenir un financement et d'étendre bien plus vite
qu'auparavant leurs programmes de traitement et de prévention du SIDA.
Prévention et traitement vont de pair
Un accès élargi au traitement peut soutenir et renforcer les programmes de
prévention. On constate en effet que lorsque le traitement est mis à
disposition, la demande de services de dépistage et de conseil augmente
considérablement. De bons services de conseil et d'éducation concernant le
VIH favorisent la prévention chez les personnes non contaminées et réduisent
sensiblement le risque de transmission de l'infection chez les porteurs du
virus.
Le développement des services de dépistage et de conseil au sein des
services de santé pour les personnes atteintes de tuberculose, les femmes
enceintes et les populations vulnérables comme les jeunes, les prostitué(e)s
et les toxicomanes qui se droguent par voie intraveineuse suscite un plus
grand engagement de la part de ceux qui pourraient être exposés et multiplie
de ce fait les chances de prévention. Le fait d'encourager les communautés à
connaître leur statut sérologique pour le VIH et de leur donner accès au
traitement antirétroviral modifie leur attitude vis-à-vis du VIH, favorise
une plus grande ouverture et aide à lutter contre les phénomènes de
stigmatisation et de déni qui ont tant contribué à la propagation du virus.

Mesures au niveau des pays

A mesure que de nouveaux fonds sont disponibles, il faut que les pays
disposent de ressources techniques et humaines leur permettant de les
utiliser efficacement. Une assistance technique leur est souvent nécessaire
pour l'exécution des projets sur le terrain, et les pays ont demandé des
indications claires sur l'administration du traitement et la gestion du
programme. En leur donnant ces indications, l'OMS apporte une contribution
essentielle.
Pour aider à accélérer le déroulement de l'initiative, l'OMS a élaboré une
série simplifiée de schémas thérapeutiques antirétroviraux, d'épreuves de
dépistage et de recommandations pour le traitement conformes aux normes de
qualité les plus élevées. Ces lignes directrices sont censées être utilisées
à tous les niveaux du système de santé ainsi que dans la communauté pour
suivre le traitement et veiller à ce qu'il soit bien observé. Parce que ces
schémas thérapeutiques permettent de commencer à traiter les patients qui en
ont besoin même dans les zones les plus pauvres, ils sont la garantie que
l'expansion des programmes de traitement se fait équitablement.
L'OMS a aussi conçu un guide simplifié pour la formation des agents de santé
à tout un éventail de techniques allant du conseil, du dépistage du VIH et
du recrutement des malades à la mise en ?uvre du traitement, la prise en
charge clinique des patients et la surveillance de la pharmacorésistance.

L'OMS, en partenariat avec l'UNICEF et la Banque mondiale, a créé le Service
des Médicaments et Produits diagnostiques concernant le SIDA, pour que les
pays en développement aient accès à des antirétroviraux et moyens
diagnostiques de qualité aux meilleurs prix. Ce service aide les pays à
acheter, planifier et gérer l'achat et la distribution des produits
nécessaires au traitement et à la surveillance de la maladie. Il livrera
d'autre part des renseignements aux fabricants pour leur permettre de
prévoir la demande, afin que les quantités produites correspondent aux
besoins réels et soient d'un prix abordable.
Tout en intensifiant leur travail d'orientation et de soutien technique au
niveau des pays, l'OMS, l'ONUSIDA et leurs partenaires poursuivront leurs
activités de sensibilisation au niveau mondial pour permettre aux pays de
recevoir des ressources suffisantes. La mobilisation de nouvelles ressources
par le Fonds mondial et d'autres partenaires est essentielle pour le succès
de l'initiative. L'OMS fournit aux pays qui le souhaitent une assistance
technique pour la préparation de demandes de financement au Fonds mondial et
à d'autres donateurs potentiels.
Vers la santé pour tous

D'après le rapport, le déséquilibre mondial en ce qui concerne le traitement
anti-VIH/SIDA reflète le tableau général des inégalités en matière de santé
et donne à la communauté internationale l'occasion de prouver qu'elle est
véritablement décidée à y mettre fin. Au-delà de leur objectif immédiat
consistant à sauver les millions de vie menacées par un danger imminent,
l'OMS et ses partenaires doivent faire face à toute une série de problèmes
de santé qui frappent les communautés pauvres et les empêchent d'évoluer, en
considérant l'extension du traitement du VIH/SIDA et les objectifs du
Millénaire pour le Développement comme des étapes sur la voie de la santé
pour tous.

Les auteurs du rapport insistent bien sur le fait que l'initiative en faveur
du traitement ne prendra pas fin en 2005. Après cette échéance, il faudra
encore étendre le traitement à d'autres millions de personnes et les soigner
pendant le reste de leur existence, tout en construisant et en entretenant
les infrastructures sanitaires indispensables à l'exécution de cette immense
tâche. " L'objectif ultime n'est rien moins que la réduction des inégalités
sanitaires par la mise en place de systèmes de santé efficaces et équitables
pour tous ", comme le souligne le rapport.

Le Rapport sur la santé dans le monde, 2004 : changer le cours de l'histoire
est sorti le 11 mai au prix de Fr.s.30.- Le prix pour les pays en
développement est de Fr.s.10.- On peut le consulter sur Internet, à la page
d'accueil de l'OMS à l'adresse www.who.int/whr .

1 Les principales contributions se répartissent comme suit : US $15
milliards d'ici 2008 au titre du plan du Président des Etats-Unis pour
l'aide d'urgence à la lutte contre le VIH/SIDA ; une contribution de US $5,5
milliards sera versée au Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la
tuberculose et le paludisme ; une somme de plus de US $1 milliard a été
débloquée au titre du programme multi-pays VIH/SIDA de la Banque mondiale
(MAP).

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