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[e-med] Echange de courriers entre RAME et lAmbassadeur américain
- From: "RAME ESSENTIELS" <ramessentiels@hotmail.com>
- Date: Thu, 6 May 2004 11:43:06 -0400 (EDT)
E-MED: Echange de courriers entre RAME et l?Ambassadeur américain
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Suite à l'appel à signature d'une lettre ouverte au coordinateur américain
de lutte contre le SIDA publié par e-med le 23 mars 2004, le RAME a adressé
une coorespondance à l'Ambassadeur des USA au Burkina en y joignant une
copie de la lettre adressée au Coordinateur américain. Nous avons reçu en
retour une réaction du Coordinateur via l'ambassade américain au B.F. Nous
vous proposons la lettre du RAME à l'ambassadeur américain et la réaction du
coordinateur américain. Nous considérons que la lettre ouverte a été déjà
lue par tous les e-mediens.
1. Correspondance à l'ambassabeur américain
Ouagadougou le 25 mars 2004
Le Coordonnateur National (du RAME)
A
Son Excellence Monsieur l?Ambassadeur des Etats-Unis d?Amérique au Burkina
Faso
Objet : Protestation
Excellence Monsieur l?Ambassadeur,
Suite à votre article paru dans le numéro 3015 du 2 décembre 2003 du
Quotidien «Le pays» et du Mensuel «Votre Santé» du même mois, nous avons
réagi par un commentaire apparu dans le mensuel suscité, à son édition du
mois de janvier 2004. Dans ce commentaire, nous vous félicitions pour l?
importance de l?engagement des Etats-Unis contre le SIDA en Afrique, en
exprimant tout de même notre inquiétude « que ces fonds servent à payer des
médicaments de spécialités très coûteux, produits par les firmes
américaines.» Si cette inquiétude était vérifiée, votre pays aurait trouvé
là, un moyen de récupérer simplement les milliards qu?il a donné, sans souci
du nombre de personnes soignées, ni de l?adaptation des traitements aux
réalités des malades africains. Les plus grands gagnants seraient
simplement les laboratoires pharmaceutiques américains.
Nous avons aujourd?hui la presque certitude, que votre pays a décidé d?
écarter non seulement les génériques moins chers et pratiques des programmes
américains, mais également des autres initiatives de la communauté
internationale. L?Administration de votre président, George Bush, a adopté
une stratégie qui risque de décrédibiliser une institution internationale
importante comme l?Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
En rejetant la liste de pré qualification de l?organisation en charge de la
santé mondiale, votre pays entache, d?une manière peut être irréversible la
crédibilité et l?efficience de cette structure que nous trouvons sacrée dans
le dispositif actuel de protection et de promotion sanitaire mondiale.
Nous dénonçons par conséquent cette attitude de votre pays et vous
demandons, Excellence, de transmettre à la présidence de votre pays, notre
dépit par rapport à l?obstination des américains à compromettre l?accès des
pays pauvres à des médicaments moins chers et de qualité.
Nous nous joignons à la pétition adressée au Coordinateur de la lutte
mondiale contre le sida des Etats-Unis en vous adressant ci-joint notre
signature. Nous espérons, en adressant notre pétition au représentant
officiel d?une « grande démocratie » qu?elle sera transmise et prise en
compte.
En attendant d?autres actions qui viendront ponctuées notre contestation,
nous vous prions de recevoir l?assurance de notre détermination à
sauvegarder l?intérêt majeur de nos populations.
Simon KABORE
2. Correspondance du Coordinateur américain
Ouagadougou le 29 Avril 2004
Monsieur Simon Kaboré
Coordinateur National du Réseau
Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
Monsieur le Coordinateur National,
Je voudrais remercier vos collègues et vous-même pour votre lettre en date
du 26 mars 2004 exprimant votre intérêt dans la politique
d'approvisionnement en traitements anti-rétroviraux dans le cadre du plan
d'urgence historique de lutte contre le SIDA du Président Bush. J'apprécie
sincèrement l'intérêt que vous accordez à cet important sujet.
Le plan d'Urgence quinquennal du président dont le montant s'élève à 15
milliards de dollar U.S. est le plus grand engagement jamais pris par une
seule nation en faveur d'une initiative internationale pour la santé.
Dans les pays foyers/tests concernés par le plan d'Urgence, nous fournirons
le traitement à deux millions de personnes vivant avec le VIH/ SIDA;
assurerons la prise en charge de dix millions de personnes infectées et
affectées par le VIH / SIDA, y compris les orphelins et les enfants
vulnérables; et empêcherons sept millions de nouveau cas d'infection de VIH.
Dans un cadre bilatéral, le plan d'Urgence poursuit également les programmes
VIH /SIDA que les Etats?Unis appuient dans plus de 100 pays et il accroît
notre engagement en faveur du Fond Mondial pour la Lutte contre le SIDA, la
Tuberculose et la Malaria à hauteur d'un million de dollar U.S. pendant
cinq ans. Le total de la contribution américaine au Fond Mondial, considéré
présentement comme étant la plus importante contribution fait par un
donateur, est de 1,97 milliards de dollar U.S.
Concernant notre politique en matière de fourniture de traitement
anti-rétroviraux dans le cadre du plan d'Urgence, notre politique a toujours
été de fournir des médicaments qui sont sûrs, efficaces, et de qualité plus
supérieure à des coûts les bas possibles en dehors de toute considération
d'origine ou de celui qui les fabrique.
Cela peut concerner des vrais médicaments génériques, des copies ou des noms
de marques de produits. Toutefois, nous ne sacrifierons pas la sûreté,
l'efficacité, ou la qualité pour des considérations de coûts faibles. Comme
vous le savez probablement, un vrai médicament générique est celui qui a
subit des examens afin de s'assurer qu'il est comparable à un médicament
innovateur quant à la forme du dosage, la puissance, la voie
d'administration, la qualité, les caractéristiques de performance, et
l'utilisation. Les médicaments qui ne sont pas passés par ce processus sont
décrits plus précisément comme étant des copies.
La conférence sur les médicaments à base de combinaison de doses fixes (FDC)
qui s'est tenue du 29 au 30 mars 2004 à Gaborone au Botswana, a réuni les
représentants de 23 gouvernements, d'agences de régulation de médicaments,
d'industries pharmaceutiques de produits génériques et de recherche, des
responsables de santé publique, des prestataires de soins de santé, des
groupes de plaidoyer (y compris les personnes vivant avec le VIH /SIDA), des
académiciens, et des représentants d'organisations non-gouvernementales.
Nous étions très contents du large soutien international et de la
participation que la conférence a enregistrée, y compris celle de la part
des co-sponsors de la conférence: le programme Conjoint des Nations Unies
sur le VIH /SIDA (UNAIDS), l'organisation Mondiale de la Santé (OMS), et la
Communauté de Développement de l'Afrique Australe (SADC).
La conférence a, avec succès, fait un pas vital vers la réalisation d'un
accord commun basé sur les principes scientifiques et techniques
internationaux en vue d'évaluer la qualité, la sûreté, et l'efficacité des
FDCS pour être utilisées dans les traitements du VIH / SIDA, de la
tuberculose, et de la malaria . Les sponsors de la conférence, les
représentants et les experts à la conférence ont convenu que les principes
finaux ne visent ni ne doivent être un frein pour accéder aux FDCs sûrs,
efficaces, et de qualité supérieure pour les personnes vivant avec le
VIH/SIDA. Les principes ne visent pas à résoudre des directives cliniques,
thérapeutiques, or de régulation. Le document fournira plutôt des principes
techniques et scientifiques pour étudier, développer, et évaluer les FDCS
pour être utilisées dans les traitements.
On anticipe que les principes seront utiles pour les agences de régulation à
travers le monde, ainsi que pour les sociétés pharmaceutiques et d'autres
organisations impliquées dans la réalisation et l'évaluation des FDCs. A
cet effet, les principes nous aideront à déterminer les normes pour
lesquelles nous attendons de la part des médicaments à base de combinaison
de doses fixes à satisfaire la qualité pour nos achats et à accélérer le
processus par lequel nous pourrions acheter dans la confiance les FDCS
non-patentés et à faible coût.
Je recommande vivement que vous saisissiez l'opportunité pour examiner le
document révisé issu de la conférence du 29 au 30 mars 2004, ce qui
constituera un perfectionnement du document des principes incorporant les
changements acceptés après la révision par le groupe des experts. Ces
changements étaient suggérés à la fois par les participants à la réunion et
par courrier électronique. Plus tard ce mois-ci, ce document révisé sera
publié pour deux semaines pour vos commentaires complémentaires sur le site
web suivant: http://WWW.globalhealth.gov/fdc. Le groupe des experts
étudiera et traitera tout commentaire complémentaire pour préparer le
document final. On prévoit la publication de cette déclaration finale
relative aux principes dans le courant du deuxième trimestre de 2004.
Au regard du programme pilote de pré-qualification de l'OMS que vous avez
mentionné dans votre lettre, nous réaffirmons notre plus grand respect pour
le système de pré-qualification de l'OMS. Comme vous le savez, l'OMS n'est
pas une autorité de régulation. Cependant, nous apprécions la nécessité de
maintenir la confidentialité de certaines informations pour protéger le
système de pré qualification. Néanmoins, pour une bonne diligence et une
bonne protection des individus que nous avons l'intention de servir, nous
devrons voir et avoir une opportunité pour évaluer les données sur
lesquelles l'OMS compte. Nous devrons nous assurer que les médicaments que
nous fournissons satisfont les normes acceptables de sûreté, d'efficacité,
et qu'ils soient d'une qualité plus supérieure.
Dans le cadre du plan d'Urgence, nous avons l'intention de soutenir les
programmes qui auront un impact positif durable sur la santé. Si les
médicaments en question ne sont pas évalués de façon adéquate ou s'ils ont
eu de problèmes avec la sûreté ou ont entraîné des problèmes de résistance à
l'avenir, nous serons tenus convenablement pour comptables. Nous
continuerons de travailler avec l'OMS et la communauté internationale sur
cet important domaine. La finalisation et l'adoption du document des
principes en faveur des FDCs constitueront un pas important fait en avant au
profit de tous.
Enfin, vous pourriez être intéressés de savoir qu'à la date du 23 février
2004, moins d'un mois après que le congrès ait débloqué le financement de
l'année fiscale 2004 pour la première année du plan d'Urgence, j'ai annoncé
le premier déblocage des fonds pour les programmes dans le cadre du plan
d'Urgence. Conformément à ce premier round de financement, 50,000 personnes
supplémentaires vivant avec le VIH /SIDA dans les pays foyers/tests
commenceront à bénéficier des traitements anti-rétroviraux. Ce qui fera
doubler presque le nombre de personnes qui reçoivent actuellement les
traitements dans toute l'Afrique subsaharienne. De nos jours, les patients
bénéficient déjà des traitements au Kenya et en Ouganda grâce au plan
d'Urgence.
Encore une fois, merci pour le grand intérêt que vous accordez à la
réussite du plan d'Urgence de Lutte contre le SIDA.
Veuillez agréer, Monsieur le Coordinateur National, les assurances de ma
très haute considération.
Ambassadeur Tobias Randall
Coordinateur Américain de la Lutte Mondiale contre le Sida.
Message communiqué à e-med par l'association RAME
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