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[e-med] Revue de presse sur le sida


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 5 May 2004 05:35:13 -0400 (EDT)

E-MED: Revue de presse sur le sida
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SIDA AU BURKINA FASO : UNE IMPORTANTE DÉLÉGATION AU BRÉSIL EN QUÊTE DE
MÉDICAMENTS
http://fr.allafrica.com

L'ampleur du VIH/Sida au Burkina Faso a décidé le Président Blaise Compaoré
à dépêcher au Brésil une mission de haut niveau, conduite par le Ministre de
la Santé Alain Bedouma Yoda. Cette mission fait suite au voyage effectué au
Brésil par le Président Compaoré, qui y a signé le 03 Septembre 2003, avec
le Président brésilien Luis Ignacio Da Silva, un accord portant sur la
fourniture de médicaments en provenance du Brésil. Le Burkina Faso tire
ainsi profit de l'expérience et de la réussite brésilienne dans les actions
intégrées d'assistance et de prévention en matière de lutte contre le
VIH/Sida. A travers le protocole conclu entre ces deux pays pour deux ans,
un "Projet d'Assistance de prévention du VIH/SIDA", est mis en oeuvre, dans
le cadre du "Programme de Coopération Internationale pour les Actions de
Contrôle et de Prévention du VIH dans les pays en Voie de Développement" ;
ce qui permet d' apporter une contribution "aux efforts du Burkina Faso dans
la promotion d'une réponse effective pour le contrôle de l'épidémie du Virus
d'Immunodéficience Humaine (VIH) et du SIDA". Le Projet-Pilote prévoit le
traitement d'environ 100 personnes qui vivent avec le VIH et le SIDA au
Burkina Faso, avec des médicaments anti-rétro-viraux génériques, produits au
Brésil et fournis par le Ministère brésilien de la Santé.

http://fr.allafrica.com/stories/printable/200405030333.html

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Dr Henri Chenal, directeur du CIRBA : Contaminé au CHU, le chirurgien se
consacre aux sidéens - Fraternité matin - Côte d'Ivoire - 30/04/2004
Consultation
De son engagement naîtra le CIRBA. Et son combat, c'est de faire avancer la
lutte en améliorant le sort de ceux qui sont comme lui.
http://www.fratmat.co.ci/content/detail.php?cid=v12342p7QDd

Fraternité Matin : Où exerciez-vous avant de vous occuper des malades du
sida ?

Docteur Henri Chenal : J'ai fait toutes mes études en Côte d'Ivoire, j'ai
été interne des hôpitaux, puis après assistant chef de clinique au CHU de
Cocody. Je me suis infecté en novembre 1986 en opérant un malade.
Je me suis embroché le doigt, le patient étant séropositif, j'ai été
contaminé. J'ai appris ma séropositivité en mars 1987.

Fraternité Matin : Comment pouvez-vous être sûr que c'est lors de cette
intervention chirurgicale que vous avez été contaminé ?

Docteur Henri Chenal : Je ne savais pas que le malade était séropositif, et
on commençait à parler du sida en Côte d'Ivoire. Quand je me suis embroché
le doigt, je me rappelle, je suis monté dans le bureau du Major au 8ème
étage, il s'appelait Kouassi. Je me suis assis en face de lui et j'ai dit
bon Dieu, j'espère que ce malade n'est pas séropositif. On a donc fait le
test de ce malade qui malheureusement s'est avéré séropositif.

Fraternité Matin : Quand avez-vous fait le test du malade ?

Docteur Henri Chenal : On l'a fait dans les jours qui ont suivi. Le test
étant positif, j'ai espéré ne pas être contaminé. Mais en mars 1987, j'avais
des ganglions, une fièvre à 40°, j'étais fatigué, assez dépressif, même
insomniaque et j'ai décidé de faire mon test et j'ai appris ma
séropositivité.

Fraternité Matin : Quelle est la nature de l'opération que vous effectuiez
sur patient ?

Docteur Henri Chenal : Il avait une fracture au niveau de la main. Pour
faire des économies avec le CHU qui manquait cruellement de matériel, j'ai
pris une grande broche au lieu d'une petite et la couper pour l'adapter. Il
aurait fallu que je coupe la broche à la longueur nécessaire. Mais j'ai
voulu économiser, donc j'ai pris toute la broche pour la mettre sur la
perceuse. En fait en tenant le bras, je me suis embroché.

Fraternité Matin : Y avait-il des mesures d'urgence pour le corps médical et
paramédical dans ces cas-là ?

Docteur Henri Chenal : Il n'y en avait pas. Il n'y avait pas
d'anti-rétroviraux en Côte d'Ivoire, on commençait seulement à en parler.
Même au niveau européen, c'était la monothérapie à l'AZT, donc il n'y avait
rien, il n'y avait aucune solution.

Fraternité Matin : Quelles démarches avez-vous entreprises après avoir su
que vous étiez séropositif ?

Docteur Henri Chenal : Quand j'ai appris ma séropositivité, je suis allé
voir le Professeur Bertrand qui était à l'époque le doyen de la faculté de
Médecine. Et j'ai été rapatrié en France. La personne qui m'a rapatrié en
France était le secrétaire général de la présidence à l'époque, qui a
accepté de prendre mon billet en charge. Je suis rentré à l'hôpital Bichât à
Paris où on a confirmé ma séropositivité et mon taux de CD4 bas.
On devait me revoir et c'est là que j'ai rencontré Montagnier. Une pure
coïncidence ? Oui, il y avait un radiologue du CHU de Treichville à
l'institut de cardiologie qui s'appelait M. Monkagner. Ce dernier avait son
frère qui travaillait dans l'équipe du Professeur Montagnier à Paris.
Monkagner m'avait demandé de remettre une lettre à son frère à Paris. Quand
j'ai appelé ce dernier pour cette lettre, il m'a dit qu'il a appris que
j'étais séropositif et que le Professeur Montagnier voudrait me rencontrer.
En fait, il voulait rencontrer un Africain séropositif, de surcroît médecin.
Il ne savait pas que j'étais Européen. Et c'est comme ça que j'ai eu mon
premier contact avec le Professeur Montagnier à l'Institut Pasteur.

Fraternité Matin : En fait, pourquoi vous a-t-on rapatrié ?

Docteur Henri Chenal : Parce qu'ici il n'y avait rien comme structure qui
pouvait prendre en charge le VIH à Abidjan. Et comme c'était le début du
VIH, je suis rentré en France pour savoir ce qu'on peut faire.

Fraternité Matin : Et qu'est ce qui a été fait ?

Docteur Henri Chenal : On n'a rien fait. A Bichât ils n'ont rien fait. Le
Professeur Montagnier que j'ai rencontré m'a dit d'aller à la montagne et
me reposer et on devait se revoir dans trois semaines. Et donc je suis parti
à la montagne en Haute Savoie, je me suis reposé et au bout de trois
semaines je suis remonté à Paris et mes résultats étaient un peu meilleurs.
Mon état général s'est amélioré, les CD4 étaient légèrement meilleurs, mon
amaigrissement est passé. Je pense que j'ai fait une très forte primo
infection.
Je suis rentré à Abidjan et je retournais tous les trois mois en France pour
me faire surveiller. Faire le bilan, sans recevoir aucune médication.

Fraternité Matin : A votre retour, vous avez quitté le CHU ?

Docteur Henri Chenal : Pas tout de suite. J'ai repris mes activités au CHU
de Cocody, dans le service du Professeur Yao Djé comme si de rien n'était,
malgré mon état de fatigue. Cela pendant deux ans. C'est en 1990 que j'ai
quitté le CHU pour une raison très simple. J'avais été très choqué par
l'attitude d'un infirmier du service à l'époque qui avait fait 76 piqûres
dans la nuit avec la même seringue et la même aiguille. Je m'en étais plaint
au chef de service, mais il n'y a pas eu de suite. L'autre raison, c'est
qu'il n y avait aucun moyen pour travailler au CHU. Nous n'avions plus de
fil, plus de gant, plus d'éther, plus de Bétadine, plus de produits
anesthésiques. Nous cuisions nos gants quatre fois, on remettait les mêmes
gants quatre fois de suite en les passant au poupinelle. Tout cela, ce sont
des réalités qu'on a oublié, mais voilà ce qui se passait dans nos CHU en
1990. Je vous rappelle un événement qui a eu lieu et qui situe sur la
situation.
Un bus de la SOTRA était tombé dans un ravin sur la route de Yopougon en
1990. Il y avait à peu près 300 blessés qui étaient arrivés au CHU de
Cocody. Ce jour-là, j'étais de garde. Le ministre de la Santé de l'époque
avait déplacé les blessés à la PISAM, parce que nous n'avions aucun matériel
pour soigner les gens. Donc nous étions complètement démunis, je ne pouvais
pas continuer à travailler dans de telles conditions. J'ai donc décidé en
1990 de partir dans le privé.

Fraternité Matin : Pour continuer la chirurgie ou faire autre chose ?

Docteur Henri Chenal : J'ai adressé dans la même année un dossier au
Professeur Montagnier à Paris pour lui dire que je voulais créer un centre
où les sidéens pourraient mourir en toute quiétude. Puisque nous n'avions
aucun moyen pour les soigner, au moins qu'ils meurent dans la décence. Je
voulais faire cela à Bassam, j'avais même contacté des organismes religieux
et le Professeur Montagnier m'a répondu pour me dire qu'il préférait un
centre de recherche et de suivi des patients qu'un mouroir. Et donc il m'a
demandé si ça m'intéressait d'aller en Centrafrique pour le faire. Je lui ai
dit pourquoi aller en Centrafrique quand toutes les conditions sont réunies
pour le faire en Côte d'Ivoire. C'est ainsi qu'en 1990, j'ai contacté le
Président Houphouët Boigny, qui a rencontré le Professeur Montagnier et il
nous a offert en 1992, le terrain de 4000 m2 au sein de la Pharmacie de la
Santé Publique (PSP). Et voilà comment est parti le CIRBA (Centre Intégré de
Recherche Biologique). On a commencé à faire les dossiers pour avoir la
première partie du bâtiment, c'est-à-dire le laboratoire P3 et la première
unité du centre. Le laboratoire P3, c'est un laboratoire de haute sécurité,
qui permet de faire de la culture de virus. On a commencé par cela. On
prélevait le virus sur les patients et on fait la culture pour pouvoir
isoler le virus africain, le séquencer, voir quelles sont ses
caractéristiques par rapport à celui des autres contrées.

Fraternité Matin : Et vous avez commencé à recevoir les malades ?

Docteur Henri Chenal : J'avais récupéré le cabinet privé de ma mère qui est
arrivée en Côte d'Ivoire en 1945. Elle a été médecin à Danané, à Tiassalé,
puis à Abidjan. Elle a monté les institutions médico-scolaires en Côte
d'Ivoire. C'était la pionnière. C'est au cabinet que j'ai commencé à
m'occuper des sidéens.

Fraternité Matin : Pourquoi ?

Docteur Henri Chenal : Parce que les gens savaient que j'étais séropositif
et ils venaient me voir en me disant puisque tu es bien portant, pourquoi
tu ne nous soignes pas pour que nous soyons bien portants comme toi. C'est
comme ça qu'en 1992, j'ai commencé à constituer ma première cohorte de
patients au sein de mon cabinet avec du bouche à oreille uniquement. C'est
comme cela que j'ai commencé à m'occuper du sida.

Fraternité Matin : Qu'est-ce que vous leur offrez à part prélever le virus
pour faire votre culture ?

Docteur Henri Chenal : Ça été très difficile. Il a fallu d'abord faire venir
les médicaments, les pharmacies en France me donnaient des médicaments
anti-rétroviraux pour mes sidéens en Côte d'Ivoire. C'est comme ça que j'ai
commencé. Mes premiers anti-rétroviraux m'ont été offerts par les fonds des
pharmacies européennes en 1994. On faisait de la thérapie à l'époque, et moi
j'allais tous les trois mois en France chercher des médicaments pour les
quelques malades que j'avais. On s'est aperçu très rapidement que l'endroit
était devenu étroit. On était deux au départ, Marie George Enou qui est
partie, était pionnière et a quitté en 2000.

Fraternité Matin : Comment vous recrutiez vos malades ?

Docteur Henri Chenal : Par le bouche à oreille.

Fraternité Matin : Ils étaient d'une classe sociale aisée puisque c'était un
cabinet privé ?

Docteur Henri Chenal : Non, ce n'est que maintenant qu'on commence à voir
des cadres venir se consulter, sinon ce sont des gens modestes, des
ouvriers, très peu d'agents de maîtrise, de cadres. Mais le point commun
c'est que c'étaient des parents de malades qui nous emmenaient les malades.

Fraternité Matin : Comme vous étiez au privé je me dis que ce sont les gens
aisés qui venaient consulter, les pauvres c'est dans le public?

Docteur Henri Chenal : Soit, mais plus de 50 % de ma consultation privée
était gratuit. Les gens préfèrent aller au cabinet, parce qu'ils ont
l'impression que là-bas, ils sont anonymes. Ce n'est que quand ils rassurés
qu'ils acceptent de venir au CIRBA. En fait une bonne partie des gens
arrivent par le canal du cabinet et une fois qu'ils se sentent rassurés,
qu'on arrive à discuter, qu'ils arrivent à dépasser le cap de l'acceptation
de cette maladie, ils acceptent de venir prendre leur médicament au CIRBA,
et de se faire ouvrir un dossier. Donc il y a une espèce d'interconnexion
entre le cabinet et le CIRBA. Et après les malades eux-mêmes emmènent leurs
amis malades.

Fraternité Matin : J'ai entendu dire que le docteur Chenal utilisaient les
patients comme des cobayes. Qu'en est-il ?

Docteur Henri Chenal : On a dit beaucoup de choses inexactes, je ne peux pas
relever tout ce qui a été dit sur mon compte. Mais mon principe c'est
d'avancer. Quand on dit que je prends des patients comme cobaye, ce sont des
choses écrites, ce n'est pas moi qui fabrique les médicaments, je ne viens
pas avec les nouvelles molécules pour faire des tests thérapeutiques. Tout
cela, c'est de la délation. Je pense que la meilleure réponse à tout cela
c'est qu'on est aujourd'hui à environ 2700 malades à la consultation. Alors
qu'on a commencé en 1994 à moins de 20 malades. On a commencé à consulter
les enfants en 2000.
ous étions deux en 1994, nous sommes actuellement 27.

Fraternité Matin : Qu'est-ce que le CIRBA a de plus que les autres centres
de prise en charge, pour être tant décrié par les gens de la profession et
adulé par les malades ?

Docteur Henri Chenal : Je pense qu'on offre en plus de la convivialité et la
gentillesse. On n'a rien de plus que les autres. Je pense que c'est
l'ambiance familiale qui fait la différence. On soigne les gens de la même
façon à Yopougon, aux maladies infectieuses, mais je pense que les gens
viennent parce qu'il y a une ambiance familiale. C'est tout. Il n'y a pas
plus que ça.

Fraternité Matin : Et les médicaments ?

Docteur Henri Chenal : Nous avons environ 350 malades qui sont pris en
charge par le gouvernement.
Donc nous distribuons les médicaments au même titre que les autres centres.
Il faut savoir qu'à un moment donné j'avais importé des médicaments
directement des laboratoires. Je ne le fais plus, ce qui fait que nous
connaissons aussi des ruptures. Il y a deux mois, c'était le Stocrin,
j'aurais pu importer des médicaments, je ne l'ai pas fait. En ce moment nous
sommes en rupture de Norvir depuis à peu près 10 jours. La PSP ne sait pas
quand est-ce qu'elle en aura. Nous avons fait changer de protocole à nos
malades qui étaient sous Stocrin, on les a mis sous Norvir crixivan.
Maintenant il faut encore changer, c'est une aberration. On est obligé de
changer de thérapeutique en fonction des ruptures de stock. Ce n'est pas
possible, on ne peut pas continuer à travailler comme ça.

Fraternité Matin : Le problème ici ce sont les ruptures ?

Docteur Henri Chenal : Oui les ruptures liées à des déficits financiers de
la PSP que tout le monde connaît, qui font que la PSP a des difficultés à
acheter les anti-rétroviraux. A l'époque quand j'importais les médicaments,
je faisais une plus value la dessus puisque nous avons à supporter le coût
du transport, à payer le laboratoire et pour faire le virement la BCEAO
prend 3%. A cela s'ajoutaient les frais de magasinage du transitaire, les
assurances du transitaire, ce qui fait que le coût du médicament par rapport
à la PSP est légèrement plus élevé, entre 9 et 10% de plus que le coût PSP.
Mais on a dit que Chenal vend les médicaments, en plus il les trafique. Il
n'y a pas de trafic, ce sont des coûts en plus qui sont récurrents.

Fraternité Matin : Donc aujourd'hui, vous vous contentez de la PSP et vos
malades subissent aussi les ruptures ?

Docteur Henri Chenal : Je n'importerai plus de médicaments, sauf si c'est
une demande express. A plusieurs reprises nous avons fourni la PSP, pour lui
éviter des ruptures et après elle nous a remboursé avec des médicaments.
Donc on servait en fait de zone tampon à la PSP. Malgré cela on a dit que je
trafique les médicaments.

Fraternité Matin : Les équipements aussi font la différence entre vous et
les autres en plus de la convivialité dont vous avez parlé ?

Docteur Henri Chenal : On a eu un don essentiellement de la fondation de
France, qui nous permet de faire 400 bilans initiaux complets à des patients
qui viennent et qui gagnent moins de 100 000F. Donc tout patient qui a un
salaire de moins de 100 000 F peut bénéficier gratuitement du premier bilan
qui est plus cher normalement. Il est de 130 000 F environ puisqu'il y a
toutes les hépatites à faire, la charge virale, les CD4, toute la biochimie,
toutes les sérologies. C'est après qu'on leur ouvre un dossier pour
l'initiative.
Mais de toute façon, plus aucun nouveau patient ne bénéficie de
l'initiative. Les 350, ce sont les anciens malades.

Fraternité Matin : Il n'y a que 350 sur 2700. Les autres ont les moyens de
payer ?

Docteur Henri Chenal : C'est la solidarité africaine qui joue, en général ce
sont des membres de la famille qui amènent le malade en disant, mon frère
est séropositif, il faut le soigner. Les gens ne viennent pas tout seuls,
ils arrivent toujours avec quelqu'un, qui se dit je préfère le soigner que
de payer un enterrement.

Fraternité Matin : Le CIRBA est un peu plus cher quand même que les autres ?

Docteur Henri Chenal : La consultation est à 7500F, mais on est en train de
la baisser, parce que le principe pour nous, c'est de nous autosuffire. Donc
il est clair que plus on aura de malades qui viendront en consultation, plus
on pourra baisser le coût de la consultation. Actuellement la consultation
est déficitaire d'un million huit par mois. Ce déficit est comblé par le
laboratoire qui, lui, est excédentaire, aide à payer les charges du CIRBA
(800 000 f) et le salaire du personnel qui représente 14% du budget. Ce qui
est bas, puisque le budget de fonctionnement représente souvent 30%. Il faut
dire que le personnel du CIRBA accepte des salaires bas pour faire vivre le
centre.

Fraternité Matin : Pourquoi faites vous tout cela ? Est ce que parce que
vous êtes infecté ? Et puis pourquoi le choix de la Côte d'Ivoire ?

Docteur Henri Chenal : Quand j'ai commencé à faire médecine, mon objectif
était de soigner les gens quel qu'en soit le coût. C'est vrai que des fois
je dis que je ne m'occupe pas des morts, mais on ne peut pas rester inactifs
devant des gens qui sont malades.
C'est vrai que je suis séropositif et donc je me dis que ce n'est pas normal
qu'on traite en Europe et pas ici, ce n'est pas normal. Il faut qu'on
arrive à prendre en charge les malades. Moi j'avais une conception, un peu
différente, je dis je vais commencer par les riches pour m'occuper de
pauvres. Malheureusement j'ai eu des pauvres et c'est seulement maintenant
que les riches arrivent .Il faut banaliser cette maladie, il faut parler des
actes et méthodes de contamination, il y a les curetages, on en parle pas,
il y a plein à faire dans la prévention.

Zéguéla BAKAYOKO

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