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[e-med] Revue de presse sur le sida/ARV
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 22 Mar 2004 10:04:50 -0500 (EST)
E-MED: Revue de presse sur le sida/ARV
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* Expérimentation sur l'homme d'un vaccin contre le sida en Italie
* Les Etats-Unis forcent la porte du Maroc
* ETHIOPIE: la production locale d'antirétroviraux en attente
* Le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose
dans une situation critique
* Les tentatives pour bloquer la triple combinaison générique ARV
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Expérimentation sur l'homme d'un vaccin contre le sida en Italie
LEMONDE.FR | 17.03.04
http://www.lemonde.fr/web/recherche_resultats/1,13-0,1-0,0.html
Sur l'animal, le vaccin aurait un effet prometteur, en bloquant le
développement de la maladie.
La première phase d'expérimentation clinique sur l'homme d'un prototype
italien de vaccin contre le virus du sida a débuté à Rome et Milan, a-t-on
appris mercredi 17 mars auprès de l'Institut supérieur italien de la santé
(ISS).
Cette première étape, destinée à vérifier l'innocuité sur l'être humain du
vaccin mis au point par le laboratoire de virologie du Dr Barbara Ensoli, a
pu démarrer "grâce à la participation de volontaires bénévoles", a indiqué
Valeria Fiorelli, membre de l'équipe de recherche.
Le nombre de participants et leur statut médical n'ont pas été précisés,
dans le souci de protéger les volontaires, dont "le recrutement, débuté en
novembre 2003, est toujours en cours", a précisé Mme Fiorelli. Mardi, le
quotidien Corriere della Sera affirmait que l'équipe avait du mal à trouver
des sujets séropositifs pour participer à cette première phase prévue pour
s'achever "à la fin de l'année". L'expérimentation prévoit la participation
de trente-deux volontaires non infectés et de cinquante-trois personnes
séropositives, mais ces dernières ne doivent faire l'objet d'aucune thérapie
antirétrovirale.
Si plusieurs vaccins contre le virus sont en phase d'essai dans de nombreux
pays, la particularité du vaccin italien tient à l'utilisation d'une
protéine régulant la reproduction du virus HIV-1 dans l'organisme,
contrairement à la très grande majorité des autres prototypes, qui prennent
pour cible l'enveloppe externe du virus lui-même, dans le but de le
stériliser. "Des études expérimentales sur l'animal ont démontré que
l'administration de cette protéine Tat n'a pas d'effet toxique et induit une
réponse immunitaire complète capable de bloquer la réplication du virus et,
en conséquence, le développement de la maladie", selon un communiqué de
l'ISS.
LE SIDA, "DÉSASTRE POUR LE DÉVELOPPEMENT HUMAIN"
La lutte contre le sida dans le monde bénéficie d'un véritable "élan", mais
il y a encore beaucoup de retard à rattraper, avaient estimé le 4 mars les
responsables de l'ONU chargés du combat contre la pandémie, lors d'une
réunion à Livingstone, en Zambie, rassemblant les agences de l'ONU de lutte
contre le sida et plusieurs ministres africains. "Nous sommes assurément au
beau milieu d'un élan politique à l'échelle mondiale", avait affirmé Peter
Piot, directeur d'Onusida, en parlant "d'élan de l'espoir" généré par
l'accès abordable aux antirétroviraux et "d'élan financier" grâce aux fonds
mis à disposition dans la lutte contre le sida. "Le sida est un désastre
pour le développement, le sida ruine des décennies d'investissements dans
l'éducation et dans le développement humain", avait estimé Koïchiro
Matsuura, le directeur de l'Unesco et président en exercice d'Onusida.
Aucun vaccin ni aucun remède sûr à 100 % n'étant disponible sur le marché,
"la prévention reste vitale si l'on veut enrayer l'extension de la
pandémie", avait souligné M. Matsuura, estimant que "jusqu'à maintenant nous
n'avons pas répondu à la question de la prévention de manière
satisfaisante".
Selon les chiffres de l'ONU, fin 2003, il y avait en Afrique subsaharienne
plus de 26 millions de séropositifs sur 65 millions dans le monde. M.
Mwanawasa avait souligné que 70 % des habitants de l'Afrique australe -
région du monde la plus touchée, avec en moyenne un adulte sur trois
séropositif - vivaient en dessous du seuil de pauvreté, ce qui rendait
difficile la mobilisation de fonds pour la lutte antisida
Lemonde.fr avec AFP et Reuters
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Les Etats-Unis forcent la porte du Maroc
Signé début mars, un accord de libre-échange entre les deux pays irrite
l'Union européenne.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=185865&AG
Par José GARÇON
samedi 13 mars 2004
«Nous avons tenu à ménager une marge pour développer nos rapports avec les
Européens.» Le ministre marocain Taïeb Fassi Fihri
Le Maroc peut-il être à la fois lié aux Etats-Unis par un accord de
libre-échange et aux Européens par un accord d'association ? Pour les
Américains, intérêts économiques et géostratégiques vont de pair. Et sont
évidents. Depuis le 11 septembre, ils entendent renforcer, y compris
militairement, leur présence au Maghreb et trouver des débouchés pour leurs
produits. Pour le Maroc, qui a ratifié le 2 mars à Washington un accord de
libre-échange, l'affaire est plus complexe et a provoqué une belle polémique
dans le royaume. Chefs d'entreprise et syndicats se sont inquiétés des
conséquences de cet accord sur l'économie, prédisant une «catastrophe pour
les paysans marocains», secteur crucial dont dépendent 8 millions de
personnes.
Grogne. «Nous devions trouver un moyen de diversifier nos exportations,
explique Taïeb Fassi Fihri, ministre délégué marocain aux Affaires
étrangères, qui a mené les négociations avec les Etats-Unis. Surtout, il
fallait attirer des investissements et, là, l'accord constitue un signal
fort à la communauté internationale des affaires car il marque la
reconnaissance d'un progrès dans nos réformes économiques. Par ailleurs, il
n'est en rien incompatible avec les accords passés avec l'UE ou dans le
cadre de l'OMC.»
Au final, la grogne contre cet accord une manifestation fut durement
réprimée à Rabat aura sans doute permis au royaume d'obtenir, au terme de
treize mois de tractations laborieuses, de moins mauvaises conditions.
«Notre première ligne rouge, poursuit Taïeb Fassi Fihri, était de préserver
notre économie en obtenant que l'accord prenne en compte nos réalités
socio-économiques, en particulier dans le domaine agricole. On ne pouvait
pas ouvrir la porte n'importe comment au blé, à la viande rouge ou à la
volaille.» Des quotas d'importation permanents pour ces trois produits
sensibles mais pas pour le maïs ou l'orge protégeront les producteurs,
tandis que des délais importants ont été prévus avant la levée totale des
barrières douanières.
Proposé directement par George W. Bush au roi Mohammed VI, cet accord plonge
aussi le Maroc au coeur de la rivalité franco-américaine sur le Maghreb. Les
Européens, en particulier les Français, n'apprécient pas de voir les
Etats-Unis renforcer leur présence sur un de leurs marchés traditionnels.
«Notre seconde ligne rouge était de ménager une marge nous permettant de
développer nos rapports avec les Européens, particulièrement dans le secteur
des services finance, assurance, banque... Car nous savons qu'en la
matière l'essentiel se fera avec l'UE», précise Taïeb Fassi Fihri.
Un autre souci majeur de plusieurs ONG marocaines rejoint celui des
Européens. Deux dispositions de l'accord concernant les médicaments
génériques 20 % de la production pharmaceutique marocaine pourraient
remettre en cause leur libre accès au Maroc et retarder leur production. Au
final, Rabat aurait obtenu assez de flexibilité pour décrocher «une liberté
d'approvisionnement en génériques en cas d'épidémies»...
L'ultime point «sensible» et conflictuel avec l'UE touche à la crainte
que l'accord menace la «diversité culturelle» du Maroc. D'autant que Radio
Sawa, une station américaine, a été autorisée à émettre dans le royaume
avant même la libéralisation des ondes. «Nous appartenons à la francophonie
et notre culture plurielle fait de nous des défenseurs de la diversité
culturelle», assure Taïeb Fassi Fihri, en soutenant qu'aucune «hégémonie»
d'un groupe étranger n'existera dans l'audiovisuel marocain.
Sahara-Occidental. Ces assurances convaincront-elles, notamment Paris, que
Rabat n'a pas obéi à une arrière-pensée politique ? Le Maroc semble en effet
avoir ratifié l'accord d'autant plus vite qu'il espère voir cet élan dans
ses relations avec les Etats-Unis amener ces derniers à soutenir plus
fermement sa position dans le conflit du Sahara-Occidental. Un fait renforce
cette impression : l'accord profitera surtout aux exportations américaines,
l'essentiel de la production marocaine étant peu adaptée au marché
américain. «Accord commercial», soutient pourtant Rabat. Et Taïeb Fassi
Fihri d'insister : «Nous pensons avoir réglé les deux grandes questions
qu'il posait : celle de nos intérêts économiques et celle de la diversité
culturelle. Pour le reste, l'exemplarité du dialogue entre Paris et Rabat
est nécessaire pour développer nos relations bilatérales comme pour
l'évolution future de la région.»
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ETHIOPIE: la production locale d'antirétroviraux en attente
Le pharmacien Sudhir Sathe se tient à côté d'une chaîne de production à
l'arrêt. A l'heure actuelle, dit-il, des antirétroviraux, dont 70 000
séropositifs ont désespéremment besoin, pourraient tomber du tapis roulant
qui brille.
Bethlehem Pharmaceuticals-une des deux seules usines d'Ethiopie qui ont
obtenu l'autorisation de produire des ARVs qui peuvent maintenir en vie les
malades- attribue cet immobilisme au retard pris par le financement
international. "Nous n'avons pas besoin d'indiquer qu'il est urgent de
produire ces médicaments" dit Sathe, un homme de 51 ans qui travaille dans
l'industrie pharmaceutique depuis 27 ans. "Cela nous contrarie beaucoup".
L'usine de Bethlehem Pharmaceuticals, dans la banlieue de la capitale, Addis
Abeba, a reçu une licence pour commencer la production de médicaments au
début du mois d'août. L'autre usine, qui a obtenu une licence semblable, est
dans l'Ethiopie du Nord.
L'Ethiopie a deux millions de séropositifs. Le virus a fait un million
d'orphelins. Les experts estiment que le virus tue eviron 600 personnes par
jour, tandis que 2/3 de tous les décès de personnes entre 20 et 54 ans à
Addis Abeba sont dus au sida.
Mais, dit le responsable de Bethlehem, Yordanos Tadese, malgré les promesses
d'organisations internationales, l'argent n'est pas arrivé.
Une usine prête à commencer la production
L'usine a été inaugurée par le Ministre du commerce Girma Biru avec fanfare
l'année dernière. Maintenant, dit Yordanos, il est impératif qu'on trouve de
l'argent pour qu'il soit possible de produire localement des ARVS. Il ajoute
qu'il pourrait les produire à un coût inférieur à celui des génériques
actuels qui sont importés, et il est prêt depuis six mois à commencer la
production de ces médicaments dont les Ethiopiens ont désespéremment besoin.
"Nous sommes capables de produire, nous sommes prêts à commencer, mais nous
avons besoin que les organisations internationales débloquent les fonds le
plus vite possible", dit Yordanos, autrefois agent de change aux Etats-Unis.
"Nous aurions pu commencer à les produire dès que nous avons eu la licence
si nous avions eu le financement" ajouta t-il. Il a continué en disant que
le coût initial pour l'achat de matières premières était trop élevé pour que
sa firme le prenne en charge sans financement supplémentaire et soutien.
En même temps, les banques du pays ne voulaient pas financer la production
de médicaments antirétroviraux car elles considéraient que l'entreprise
était trop risquée, a confié Yordanos aux réseaux d'information de l'ONU.
La compagnie qui produit actuellement des médicaments contre le paludisme et
des antibiotiques cherche à obtenir un financement de l'Organisation
mondiale de la santé grâce à l'initiative "3 x 5". Le projet américain de
350 millions de dollars, qui a été lancé durant la journée mondiale contre
le sida en décembre 2003, vise à traiter 3 millions de personnes d'ici 2005.
L'Ethiopie est l'un des 20 pays qui doit bénéficier de ce programme.
Des experts de l'OMS ont visité l'usine de Bethlehem dans le cadre de ce
programme en janvier.
L'OMS estime que 6 millions de séropositifs dans les pays en développement
ont besoin d'avoir accès à une thérapie antirétrovirale pour survivre, mais
seulement 400 000 y ont accès à ce jour. En Afrique, où habitent 70% des
séropositifs, les médicaments ne sont disponibles que pour 100 000
personnes, seulement 2% de ceux qui en ont besoin, selon l'OMS.
L'initiative de l'OMS
Lors du lancement de l'initiative "3 x 5", le Directeur général de l'OMS, le
Dr Lee Jong-wook a déclaré que le manque d'accès à la thérapie
antirétrovirale constituait une" urgence sanitaire mondiale".
Le Dr Peter Piot, qui dirige l'ONUsida, a fait un commentaire semblable.
"Nous pensons fermement que nous ne pouvons pas enrayer cette épidémie si
nous n'augmentons pas énormément l'accès aux soins" a t-il déclaré à
l'occasion du lancement de l'initiative. "Le traitement et la prévention
sont les deux piliers d'une stratégie globale vraiment efficace de lutte
contre le sida," a t-il ajouté.
Bethlehem compte aussi sur le soutien de l'UE et d'un projet innovant de
transfert de technologie à des pays du tiers monde leur permettant de lutter
contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Selon ce projet, les pays en
développement ont obtenu le droit de produire des génériques pour des crises
sanitaires, et de ne pas tenir compte des brevets détenus par les géants de
l'industrie pharmaceutique. Cet accord a été obtenu grâce à la Déclaration
de Doha de 2001 sur la santé publique.
Peter Ungphakorn, porte-parole de l'Organisation mondiale du commerce, a
déclaré que l'Ethiopie était libre de produire ses propres ARVs. "C'est à
l'Ethiopie de décider si sa législation doit lui donner cette protection" a
dit Ungphakorn aux Réseaux d'information de l'ONU de son bureau de l'OMC à
Genève. Cepndant, bien que l'Ethiopie attende encore de devenir membre de
l'OMC, selon la nouvelle réglementation, le pays peut attendre jusqu'en 2016
pour appliquer les brevets pharmaceutiques
Le besoin de l'Ethiopie de commencer une importante production d'ARVs a
aussi été expliqué clairement par son ministre de la santé qui n'a pas mâché
ses mots. Le ministre et le service de prévention et de contrôle du VIH/sida
ont averti que des médicaments frelatés sont en vente en Ethiopie comme des
gens désespérés cherchent à se soigner. Le danger est que les séropositifs
développent une résistance au traitement s'ils utilisent des médicaments qui
ne sont pas aux normes ou s'ils ne les utilisent pas à bon escient.
ARVs: encore très peu disponibles
Les efforts de l'Ethiopie pour soutenir un nombre croissant de séropositifs
rencontrent des obstacles financiers énormes. Ce pays a commencé à la fin de
l'année dernière une distribution limitée d'ARVs. Les médicaments, importés
d'Inde, sont actuellement disponibles dans six cliniques et coûtent autour
de 50 dollars par mois. Bethlehem dit que l'entreprise peut produire la même
quantité pour 20 dollars. Mais même alors, pour de nombreux Ethiopiens ce
prix n'est pas abordable.
Selon des experts de la santé, au moins 200 000 personnes en Ethiopie
pourraient demander un traitement, qui, à l'heure actuelle, est fourni sur
la base "les premiers arrivés sont les premiers servis". Néanmoins, le coût
dépasse le minuscule budget de la santé du pays, 120 millions par an, soit
moins de 2 dollars par personne.
Le gouvernement est en train d'examiner deux façons d'assurer un meilleur
approvisionnement et de réduire le coût: grâce à un soutien financier du
Fonds mondial et en utilisant des génériques. Il a obtenu un financement de
plusieurs millions de dollars, mais l'argent n'est toujours pas totalement
distribué. Le ministère de la santé a reçu 425 millions pour la production
d'ARVs. Bethlehem a demandé 25 millions de cette somme pour produire des
médicaments anti-sida et attend une réponse ce mois-ci. Bethlehem cherche,
avec l'aide d'une ONG basée en Afrique du Sud, Intitiative for
Pharmaceutical Technology Transfer( Initiative pour un transfert de
technologie pharmaceutique)de se procurer des fonds.
Yordanos a confié aux Réseaux d'information de l'ONU qu'il avait une
expérience personnelle de cette pandémie comme il a perdu des membres de sa
famille à cause du virus du sida. " Nous avons beaucoup d'Ethiopiens
atteints par le VIH/sida qui ne peuvent pas acheter ces médicaments, a t-il
dit, notre but est de fournir des médicaments de bonne qualité à un prix
abordable. Il nous faut penser à ces personnes qui souffrent du VIH/sida."
Les matières premières viennent essentiellement d'Inde et de Chine, selon
Sathe, qui sera chargé de la production d'ARVs et qui a été choisi par
Bethlehem pour son talent. "Nous avons les moyens de les produire et nous
pouvons les produire en conformité avec les normes internationales, a t-il
dit, dès que nous aurons le financement pour acheter les matières premières,
nous pouvons commencer à produire ces médicaments."
UN Integrated Regional Information Networks
ANALYSIS
March 10, 2004
Addis Ababa
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Le Fonds mondial de lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose
dans une situation critique
par Stéphanie Nebehay
Genève (Reuters)Le Fonds mondial de lutte contre le sida pourrait rapidement
rencontrer de graves difficultés de trésorerie, dues en partie à des pays
comme la Grande Bretagne, l'Allemagne et le Canada qui n'ont pas versé leur
quote-part à ce programme des Nations Unies, selon son directeur.
La menace d'un déficit a été aggravée par l'administration Bush qui a
récemment proposé de réduire la contribution américaine de 550 millions de
dollars en 2004 à 200 millions en 2005.
Alors que les sommes promises correspondent presqu'au 1,6 milliard
nécessaire en 2004, Il faudra une augmentation massive des contributions
pour faire face au budget de presque 3,6 milliards prévu pour l'année
prochaine, selon Richard Feachem, directeur du Fonds mondial.
C'est la transition de 2004 à 2005 qui sera critique. Que nous soyons
arrivés jusqu'ici est remarquable, mais maintenant s'ouvre une période
décisive pour le Fonds mondial. C'est une étape importante, a t-il dit à
Reuters dans une entrevue donnée au siège du Fonds mondial à Genève.
Le Fonds mondial a été créé en 2002 pour lutter contre les trois maladies
infectieuses qui tuent près de 6 millions de personnes chaque année,
essentiellement dans les pays en développement.
Feachem a ajouté que les donateurs devraient augmenter fortement leur
contribution pour financer les futurs programmes et renouveler ceux qui
sauvent déjà des vies dans des pays variés, du Ghana à Haiti.
les Etats-Unis, le plus grand donateur, ainsi que la France et l'Italie,
versent leur quote-part proportionnelle à leur produit intérieur brut, ou
même plus, selon Feachem.
"Il y a trois pays du Groupe des Huit (pays industrialisés) dont la
contribution est très inférieure à ce qu'ils devraient verser- le Canada,
l'Allemagne et le Royaume uni. Nous sommes en train de parler d'une
augmentation possible de leurs contributions," a t-il dit.
Feachem a dit qu'il espérait que la proposition de diminuer de moitié la
contribution américaine serait rejetée par le Congrès où il existe un fort
soutien à la lutte anti-sida.
"Nous espérons que le chiffre définitif pour les E.U. sera autour de 1,2
milliards en 2005," a t-il dit. "Cela représente le tiers de ce dont nous
avons besoin."
Nouvelle Stratégie. A ce jour, le Fonds finance 225 programmes dans 121
pays; il fournit des antirétroviraux aux victimes du sida, des moustiquaires
traitées avec des insecticides contre le paludisme, et une formation, pour
2,1 milliards de dollars.
Feachem a ajouté que le Fonds a plusieurs stratégies pour surmonter la crise
prochaine: trouver de nouveaux donateurs, obtenir plus des membres dont les
dons sont insuffisants, et avoir l'autorisation d'utiliser des fonds de
l'Union européenne qui dorment.
Une autre possibilité consiste à prendre de l'argent au Fonds européen de
développement de l'UE, qui accorde des subventions à des pays pauvres en
Afrique, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.
"Cet argent est déboursé très lentement selon un système qui ne fonctionne
pas très bien. Ainsi donc il existe une importante accumulation de fonds,
probablement environ 10 milliards d'euros non dépensés dans le Fonds
européen de développement, et de nouvelles affectations d'environ 13
milliards. Cet argent ne bouge pas," selon Feachem.
"Nous travaillons avec un certain nombre de partenaires afin qu'une partie
de ces fonds soit détournée vers le Fonds mondial."
Selon Paul Zeitz, de Global Aids Alliance basée à Washington, les
gouvernements européens devraient débloquer l'argent du Fonds européen de
développement."C'est une situation scandaleuse que l'argent ne soit pas
dépensé, quand des millions de personnes sont en train de mourir du sida", a
t-il dit.
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Les tentatives pour bloquer la triple combinaison générique ARV - Bill Hadad
(directeur Cipla-US) (March 18)
Un résumé pour ceux qui ne sont pas au courant des développements récents:
Comme vous le savez, nous avons réussi à réduire le prix de la combinaison
de trois antirétroviraux-un comprimé pris deux fois par jour-de 12 000
dollars à environ 200 dollars, et dans des cas particuliers, jusqu'à 140
dollars par an...Durant la journée du sida, l'OMS a annoncé la
pré-qualification de cette triple combinaison peu coûteuse, sûre et efficace
et ce médicament est au centre du programme 3 en 5. La pré-qualification a
pris deux ans.
Ce succès peut être annihilé si le gouvernement américain, les agences de
l'ONU, les multinationales et Pharma réussissent cette fois-ci à saper le
processus de pré-qualification de l'OMS et à retirer la combinaison de trois
antirétroviraux du marché. Après avoir échoué deux fois, les Etats-Unis,
j'ai de bonnes raisons de le penser, ont exercé une pression sur l'OMS,
l'ONUsida, et d'autres organisations pour qu'il y ait une troisième réunion,
prévue le 29 et 30 mars au Botswana, une réunion qui exclut les experts qui
ont fait obstacle à leurs efforts précédemment.
Jusqu'à ce jour, cette réunion a été gardée secrète. Il faut qu'on en parle
à ceux qui se préoccupent de l'accès aux génériques peu coûteux en Afrique
et d'autres régions.
Beaucoup d'entre vous savent quels obstacles nous avons surmontés pour
arriver à Lima et à des appels d'offres pour des médicaments anti-sida: le
procès auquel renonça Pharma lorsque les medias embarrassèrent l'industrie
pharmaceutique après que Cipla et MSf eurent offert des ARVs à moins d'un
dollar par jour; le programme de l'ONU "Accès accéléré" qui émanait de
l'ONU(Jeff Sachs), l'OMS, l'UNICEF, l'ONUsida, des multinationales et du
gouvernement américain... un programme qui a institué un monopole dix fois
plus coûteux que le prix de génériques, et interdit la participation
d'industries de génériques; le refus du Fonds mondial d'examiner des
soumissions de propositions de pays pauvres qui comprenaient des médicaments
génériques(maintenant annulé); vous connaissez le reste. A Lima, nous avons
mis fin au programme "Accès accéléré", quand neuf pays des Andes et le
Mexique ont fait des appels d'offres et que les génériques l'ont emporté à
une exception près (Abbott). Nous avons fixé un prix mondial de 249 dollars.
Paradoxalement, un des progrès les plus importants est dû à l'engagement
pris par le Président Bush dans son message sur l'état de l'Union l'an
dernier, à financer la lutte contre le sida...qui se basait sur la réduction
du prix de 12 000 dollars à 300 dollars par an par les fabricants de
génériques.
Bush: "Les médicaments antirétroviraux qui prolongent le vie pendant de
nombreuses années. Et le coût de ces médicaments est passé de 12 000 dollars
par an à moins de 300 dollars par an, ce qui nous offre une possibilité
extraordinaire...Messieurs, Mesdames, rarement l'histoire a offert une
possibilité plus grande de faire autant pour autant de personnes.."
Après ce discours, Ralph Nader et James Love sont allés voir Mitch Daniels,
le directeur du budget, pour qu'il leur confirme que le Président savait de
quoi il parlait...Le New York Times, parmi d'autres, a mentionné dans un
éditorial qu'il s'agissait de médicaments génériques. J'ai demandé à un
grand journal conservateur qu'un journaliste pose la même question à Daniels
et il a eu la même réponse. Je pense personnellement que Madame Bush y est
pour quelque chose.
Le Congrès a voté l'autorisation, mais sans l'amendement de McCain et
Kennedy qui garantissait l'utilisation de génériques. Plus tard, le Dr Fauci
aux NIH (National Institutes of Health) ( il est de notre côté), a déclaré
que pourr obtenir des fonds du gouvernement américain, il faudrait plus que
la pré-qualification de l'OMS...
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La décision de l'OMS a déclenché une réaction politique plutôt violente de
la part des multinationales qui ont manoeuvré à huis clos et ont eu un accès
direct à l'OMS. La seule façon de contester la décision de l'OMS a été de
sapper tout le processus de pré-qualification de l'OMS... essentiel pour le
Fonds mondial et d'autres sources de financement international.
Il est devenu vite clair qu'un autre but était un niveau supplémentaire
d'approbation occidentale pour faire en sorte que les fonds de Bush, très
réduits, mais quand même une contribution importante durant les prochaines
années, n'aillent qu'aux multinationales.
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Le gouvernement américain a maintenant organisé le même débat (que celui de
décembre 2003 à Genève) mais devant un nouveau public, des agences de
réglementation occidentales, des pays africains qui reçoivent une aide des
E.U.. une réunion à laquelle le parrainage du FDA, de l'OMS (Oui, oui,
l'OMS) l'ONUsida( et oui, l'ONUsida) donne de la crédibilité. L'Inde et le
Brésil, les deux plus grands producteurs d'ARVs génériques, n'ont pas été
invités; Les ONGs n'ont pas été incluses; ni les fabricants de génériques
qui font le produit....Je ne suis pas sûr du nombre de multinationales à qui
on a demandé de participer, mais elles étaient présentes à la réunion
préparatoire de février en Afrique du Sud. On ne nous a pas informés de
cette rencontre et on ne nous a pas permis d'y assister... nous, c.à.d. ceux
qui se préoccupent de continuer à utiliser les ARVs génériques.
Le point de vue antigénérique est devenu la politique officielle lorsque
l'Ambassadeur Tobias s'est présenté devant la commission Hyde la semaine
dernière. En réponse à une question directe, il a défendu la rencontre en
Afrique et a continué en critiquant les médicaments génériques...
..."malheureusement, quand les gens disent aujourd'hui que nous devrions
acheter des médicaments antisida génériques, ils ne décrivent pas en bien
des cas ce que nous imaginons quand nous pensons à des médicaments
génériques aux Etats-Unis...ce serait un désastre..."
Puis avec un grand geste de bras, il a lu une lettre extrêmement élogieuse
du Fonds mondial qui louait son travail. Il a dit que les Etats-Unis
donneraient un milliard de dollars au Fonds. Ceux parmi nous sur la colline
du capitol qui connaissent cette question, savent que la politique
américaine est d'éviter le Fonds mondial et de se tourner vers des accords
bilatéraux comprenant des clauses ADPIC+.
Le processus difficile de pré-qualification par l'OMS auquel ont pris part
les agences de réglementation occidentales pour l'OMS, n'a pas été mentionné
(le FDA avait refusé d'y participer). La réunion de décembre n'a pas été
évoquée. Il n'a pas été fait mention du fait qu'au cours des années, Cipla
(je ne connais pas les chiffres de Ranbaxy) a fourni Triomune à 50 000
personnes séropositives et les a gardées en vie. Cipla fournit la
nevirapine gratuitement à tous ceux qui en ont besoin.
Je n'ai pas besoin de brosser un tableau pour ceux qui recevront ce message.
Nous pouvons tous deviner ce qui s'est passé à huis clos.
Même si nous avons réussi à ce que cette rencontre soit plus
ouverte...l'Inde, le Brésil et la Thailand seront invités..On m'a demandé de
recommander des invités potentiels (Sous pli séparé je vous enverrai les
renseignements. Le Dr Nightingale de HHS organise la rencontre) FDA a
participé à la rencontre de février et a été remplacé par HHS (Pourquoi donc
le FDA trempe dans tout cela?)
Cependant, nous ne serons que des jetons sur un échiquier. Quoique nous
disions, même si nous présentons nos arguments basés sur la science et les
faits, de façon très convainquante, cela ne servira à rien. Les responsables
écouteront nos recommandations, puis se rendront à une rencontre secrète
d'un jour et deux semaines plus tard feront leurs recommandations aux pays
africains.
Tout se joue dans le bureau du Ministre Thompson où Bill Steiger est celui
qui applique les décisions. C'est lui qui a mené le combat à l'intérieur du
Fonds mondial pour couper les crédits américains si le Fonds insistait pour
utiliser des génériques. Une partie de son pouvoir vient d'une rumeur selon
laquelle il est le filleul de Bush. Comme vous le savez, Thompson,
ordinairement un homme décent, plein de compassion, est maintenant à la tête
du Fonds mondial et on dit qu'il va quitter le gouvernement de Bush.
............................................................................
Que pouvons-nous faire? Essayer d'empêcher cette rencontre, faire que l'OMS
serve les intérêts de pays pauvres, donner beaucoup de visibilité à cette
affaire; c'est une année décisive en politique et Karl Rove est sur le
qui-vive. A deux reprises il a agi quand des questions de génériques sont
devenues publiques et que les enquêtes d'opinion révélaient de l'inquiétude.
les grandes compagnies pharmaceutiques ont perdu l'estime du Congrès et du
public. Et le Président s'est engagé.
Je pense que nous devrions envoyer des scientifiques crédibles à cette
rencontre. Je vais m'y rendre, mais je doute que j'y aurai un forum (vous
comprendrez quand je vous enverrai le programme).
Vous savez, c'est la première fois que nous avons des chiffres sur le nombre
de personnes qui sont décédées faute d'avoir les médicaments qui, comme
Clinton l'a dit," peuvent transformer une condamnation à mort en maladie
chronique et nous ne les utilisons pas." Huit mille ou plus meurent chaque
jour.
...........................................................................
J'aiderai n'importe quelle personne qui est prête à se battre, mais
j'aimerais que les ONGs se coordonnent pour agir et que les medias prennent
le temps de comprendre ce qui se passe. Nous avons tous vu des enfants
mourir dans la souffrance inutilement et cela devrait être suffisant pour
nous pousser à lutter. Mais je me souviens de ce qu'un pasteur a dit une
fois à l'assemblée des fidèles: "je parle à des convertis."
[Modérateur: les 3 derniers messages sont tirés de la revue de presse
infoaction CB]
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