[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]
[e-med] Accès aux ARV - Une séropositive crie à la discrimination
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 17 Mar 2004 06:42:25 -0500 (EST)
E-MED:Accès aux ARV - Une séropositive crie à la discrimination
---------------------------------------------------------------------
Accès aux ARV - Une séropositive crie à la discrimination
Le Pays (Ouagadougou)
16 Mars 2004
Publié sur le web le 16 Mars 2004
http://fr.allafrica.com/stories/200403160831.html
Zénabo KAFANDO
L'accès aux anti-rétroviraux n'est pas aussi évident que cela, si l'on en
croit ce témoignage d'une malade qui s'adresse, ici, au ministre de la
Santé, vice-président du conseil national de lutte contre le sida.
Monsieur le Ministre,
Je suis femme au foyer et viens d'être veuve. J'ai la charge de trois
enfants. Après le décès de mon mari , précédemment enseignant, j'ai décidé,
après avoir discuté avec mon médecin traitant , de faire mon test VIH.
Malheureusement, le résultat de mon test m'apprend que je suis séropositive.
Etant dans un centre prescripteur d'Antirétroviraux, mon médecin m'a
auparavant rassuré de la disponibilité de ces médicaments que vous auriez
mis à disposition pour tout patient sans discrimination aucune.
Je sais que grâce aux efforts inlassables que vous déployez pour nous,
certains centres ont commencé à en prescrire. Cet effort est fort louable et
encourage tout le monde à s'investir dans la lutte pour arrêter ce fléau.
Cependant, je suis complètement découragée et n'arrive pas à comprendre ce
qui m'arrive ! Surtout quand cela vient de supposés responsables d'un comité
ministériel et pas des moindres. Depuis que je connais mon statut
sérologique, tout semble s'écrouler autour de moi. En effet, malgré les
paroles rassurantes des agents que j'ai rencontrés dans des associations et
qui m'ont conseillée, malgré les nouvelles rassurantes diffusées dans les
médias, tout ne semble pas très transparent.
En effet, il semble exister une complicité entre le premier responsable de
ce comité ministériel et son gestionnaire de produit. Et dire que ce
ministère est celui où la discipline est la qualité première et le sens de
l'honneur sacré.
En effet, dans ce centre de prescription des ARV, quel ne fut pas mon
étonnement lorsqu' après tous les efforts pour réunir les frais nécessaires
pour mes examens avant la prescription de ces produits et malgré les
promesses de mon médecin traitant, il me fut signifié que les ARV étaient
réservés à une certaine catégorie particulière de malades. Une liste de "ces
privilégiés" circule entre les mains du pharmacien gestionnaire et improvisé
prescripteur du centre.
Ces deux responsables du comité gèreraient à leur convenance ces ARV. Ils
détiendraient par devers eux ces ARV et les carnets de bons d'examens
destinés en fait à tout malade fréquentant le centre et qui devraient être
gérés par des prescripteurs agréés.
Monsieur le Ministre, a-t-on le droit de prendre la vie d'autrui en otage ?
Ne sommes-nous pas égaux devant la loi ? Pourquoi certains ont droit et
d'autres doivent attendre ? Que deviendront mes enfants déjà orphelins de
père et si vulnérables ? Un pharmacien est-il autorisé à prescrire des ARV
et des examens ? Peut-on, parce que président d'un comité ministériel,
donner des ordres pour que "sa liste de patients" soit prioritaire ?
Quels sont les critères d'éligibilité et de prescription de ces médicaments
que nous attendons depuis ? Si tous les efforts que vous déployez sur le
terrain sont rendus vains, cela compromettrait vraiment la lutte contre le
VIH et l'on est en droit de se poser la question suivante : à quel trafic
d'ARV devrions-nous nous attendre ?
ZK s/c Djibril Ouédraogo Cél: 62 35 90
--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
e-med@healthnet.org
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour vous inscrire, vous désinscrire et consulter les archives de e-med:
http://www.essentialdrugs.org/emed/
Pour toutes autres questions addresser vos messages à:
e-med-help@healthnet.org
|