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[e-med] Nouvelles du Cameroun: L'observance peut aider.
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 12 Mar 2004 11:03:04 -0500 (EST)
E-MED: Nouvelles du Cameroun: L'observance peut aider.
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Sida : L'observance peut aider. 50% des échecs au traitement aux Arv sont
liés au manque d'assistance -
Mutations - Cameroun - 05/03/2004
C'est peut-être une situation qui a quelque chose de comique, mais, au fond,
elle témoigne des graves manquements des structures gouvernementales qui
s'occupent du problème Vih/Sida au Cameroun. Edgard Ekwa tient une feuille
blanche en main. Il est devant la pharmacie de l'hôpital Laquintinie de
Douala. Une écriture en gros caractère pour être suffisamment lisible par
tous. "Je n'arrive pas à prendre mes médicaments. Je ne comprends pas la
posologie. Est-ce que quelqu'un peut s'occuper de moi" ?
Edgard Ekwa est sourd-muet. Il ne parle pas et ne comprend pas. Mais depuis
deux ans, il a découvert sa séropositivité après avoir développé le Sarcome
de Kaposi pendant six mois. Malheureusement, pour lui, personne ne peut lui
expliquer quoi que ce soit. Son mode de communication la gestuelle, est
parfaitement inconnu des infirmières et pharmaciennes de l'hôpital. Quant à
lui expliquer la posologie par écrit, il faudrait toute la journée et
plusieurs stylos à bille. "C'est un sérieux problème parce que nous ne
pouvons pas toucher toutes les personnes vivant avec le sida. Les
sourds-muets, les aveugles et bien d'autres classes sociales restent sans
informations parce que nos structures ne permettent pas d'avoir un personnel
qualifié pour suivre tous ces malades. Pourtant, c'est nécessaire d'être
avec eux pour assurer une bonne observance. L'observance est la capacité
d'une personne à prendre un traitement selon une prescription donnée avec
assiduité et une régularité optimale. Mais pour en arriver là, il faut une
adhésion du patient à travers l'adoption d'une démarche active à faire bien
le traitement et en devenir partie prenante", expliquait Félicité Takouam,
pharmacienne à l'hôpital Laquintinie, lors de son exposé sur l'observance et
la place du pharmacien dans l'utilisation des Arv, pendant la session de
formation tenue du 23 au 27 février 2004 à Douala organisée par l'opérateur
de téléphonie mobile Mtn.
Cette session, contrairement à la première qui était consacrée aux
infirmiers en charge directe des Ppvs, était exclusivement réservée aux
médecins, pharmaciens et biologistes, parce que, d'après le Dr Rudorf
Mbanguè : "ce sont eux qui posent le diagnostic, prescrivent le traitement
et donnent les conseils aux malades du Vih/Sida pour leur prise en charge
globale. Ces personnes infectées ont besoin contrairement aux autres
pathologies d'une assistance sur le plan médical, psychologique et
nutritionnel. Mais aussi d'être écoutées et observées".
Insuffisances
Parlant d'observance, pour la seule ville de Douala qui compte plusieurs
milliers de séropositifs, on n'enregistre que cinq pharmaciens formés :
Trois à l'hôpital de Laquintinie et deux à l'Hôpital général de Douala.
Peut-être que son utilité n'a pas encore été évidente, mais leur service est
nécessaire. Pour Félicité Takouam : "Même quand les patients arrivent dans
mon bureau, ils se demandent souvent ce qu'ils sont venus y faire ; mais
après des heures de discussions, ils repartent contents et veulent revenir
chaque jour. Le travail de l'observance est très important, parce qu'il faut
parler de la maladie au patient, l'amener à accepter le traitement et lui
expliquer les contraintes, la vérité sur la réussite du traitement qui ne
guérit pas. Le remonter parce qu'apprendre qu'on est séropositif n'a rien de
réjouissant. Il faut lui donner un peu de temps pour qu'il puisse réfléchir
et une fois qu'il est d'accord pour le traitement. On soumet son dossier au
comité thérapeutique qui décide au cas par cas en indiquant les molécules
qui seront administrés au patient. Après cela, nous parlons ensemble de sa
posologie et de ce qu'il doit faire s'il loupe l'heure de sa prise. Ce qu'il
faut faire si on a mangé avant alors que la molécule prescrite se pend à
jeun. Ils sont en confiance, au point où ils vous parlent de leur vie,
l'héritage, des rapports sexuels qui leur répugne etc., vous devenez une
confidente. Mais nous sommes très peu pour assurer une observance maximale
seulement pour les patients de Laquintinie".
Dr David Rey, formateur pendant l'atelier de formation médecins et
biologistes sur le Vih/Sida, conclut que "c'est parce que l'observance est
insuffisante que le nombres d'échecs aux traitements aux Arv atteint parfois
les 50%. C'est très important de suivre les patients parce qu'ils sont
fragiles, faibles et très susceptibles. L'abandon et le refus de prendre ses
médicaments sont le résultat d'un trouble, d'une perturbation qu'a vécue le
malade. C'est lorsqu'il est dans cet état qu'il peut tout laisser tomber.
C'est là que le rôle du pharmacien ou du médecin chargé de l'observance de
ce patient devient crucial. Il faut former beaucoup plus de personnel
médical pour suivre les Ppvs. Sinon, on fait du surplace".
Marion Obam
Lire l'article original :
http://www.quotidienmutations.net/cgi-bin/alpha/j/25/2.cgi?category=10&id=10
78478300
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