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[e-med] Choléra à Douala: un faux vaccin administré à 500 Camerounais


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 23 Feb 2004 04:07:04 -0500 (EST)

E-MED:Choléra à Douala: un faux vaccin administré à 500 Camerounais
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Epidémie de choléra à Douala : un faux vaccin administré à 500 Camerounais
Le Messager (Douala)

18 Février 2004
Publié sur le web le 19 Février 2004

Marie-Noëlle GUICHI

Des citoyens ont reçu un produit inapproprié, pour endiguer le mal.

Pour endiguer l'épidémie de choléra qui sévit dans la capitale économique
depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires ont engagé une "lutte
musclée", selon le ministre de la Communication Jacques Fame Ndongo, dans un
communiqué publié le 28 janvier dernier.

Dans la foulée des mesures prises, figurent en bonne place la
sensibilisation des populations aux règles élémentaires d'hygiène, la prise
en charge clinique des personnes infectées, et surtout, la prévention par
une vaste campagne de vaccination. C'est ainsi que le Centre international
de vaccination de Douala a été mandaté pour la juteuse opération.

Du coup, hommes, femmes et enfants y ont défilé, pour recevoir, chacun, une
salvatrice dose de vaccin supposé anticholérique. Mais en réalité, le
produit reçu était tout, sauf celui-là qui est destiné à combattre le
choléra. La preuve, "Aventis Pasteur" dont l'étiquette était collée sur ce
vaccin dit n'avoir pas livré un tel vaccin au Centre international de
vaccination de Douala. "C'est depuis 1995 que nous avons cessé de livrer des
vaccins à ce partenaire basé à Douala. Or le vaccin que ce centre a
administré aux populations et qui est estampillé "Aventis Pasteur" a pour
date de péremption novembre 2005. Ce qui suppose qu'il a été fabriqué en
novembre 2003. Car le vaccin anticholérique a une durée de vie de 24 mois
seulement. Bien plus, sur le vaccin utilisé à Douala, le mot cholérique est
mal écrit. Sur le flacon, on lit plutôt chlolérique. Une grossière faute que
nous ne saurions commettre sur une étiquette", indique un cadre de "Aventis
Pasteur", qui a requis l'anonymat.

Les responsables de ce grand laboratoire français basé à Lyon parlent alors
d'un trafic de leurs étiquettes.

Notre source confirme que "le vaccin administré aux populations de Douala a
une couleur blanchâtre, avec un dépôt au fond du flacon, alors que le vaccin
anticholérique est un liquide incolore et transparent." Un informateur bien
introduit révèle que près de 500 Camerounais ont reçu ce vaccin avant que
les autorités n'aient eu vent de cette catastrophe qui a été immédiatement
stoppée. Depuis lors, des questions taraudent les esprits. D'où est venu le
faux vaccin ? De quoi est-il constitué ? Quel danger courent ceux qui l'ont
reçu ? Depuis le déclenchement de cette affaire, Le Messager n'a pas réussi
à joindre Dr Bita, responsable du Centre international de vaccination de
Douala, qui se rend visiblement inaccessible. Et comme par hasard, Dr Bita
est le neveu de l'actuel ministre de la Santé publique. D'où, sans doute, le
silence des pouvoirs publics sur cette affaire qui met en jeu de gros
intérêts.

Toutefois, à Aventis Pasteur, l'on n'entend pas s'arrêter en si bon chemin.
Les responsables de Lyon ont pu acquérir un échantillon du faux vaccin et
procèdent actuellement à des analyses. Les résultats pourraient être
disponibles dès cette semaine, d'après un responsable de la représentation
de "Aventis Pasteur" à Yaoundé. Ce dernier n'exclut d'ailleurs pas
l'éventualité d'une poursuite judiciaire que le laboratoire français
pourrait engager contre le Centre international de vaccination de Douala
pour sabotage. Les résultats de cette analyse devront aussi fixer les uns et
les autres sur le sort des 500 Camerounais à qui le faux vaccin a été
administré.

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