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[e-med] Sécurité des patients et protection des plantes médicinales


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 13 Feb 2004 05:59:27 -0500 (EST)

E-MED: Sécurité des patients et protection des plantes médicinales
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Sécurité des patients et protection des plantes médicinales : lignes
directrices destinées à une industrie qui vaut 60 milliards de dollars

Nouvelles recommandations de l?OMS concernant le ginseng, l?échinacée et d?
autres plantes médicinales
http://www.who.int/mediacentre/notes/2004/np3/fr/index.html

10 FÉVRIER 2004 | GENÈVE -- L?Organisation mondiale de la Santé (OMS) a
publié aujourd?hui des lignes directrices pour les bonnes pratiques de
culture et de récolte des plantes médicinales - une industrie qui selon les
estimations « pèse » plus de US$ 60 milliards. Les lignes directrices
doivent permettre aux autorités nationales de garantir une production de
phytomédicaments durable, sûre, de bonne qualité et sans danger pour la
population ou l?environnement.

Les phytomédicaments pourraient constituer un remède naturel contre
certaines affections et ils sont souvent facilement accessibles. Leur
popularité augmente dans les pays riches et leur utilisation reste
généralisée dans les pays en développement.

On observe toutefois des cas plus nombreux d?effets indésirables chez les
patients utilisant des phytomédicaments. L?une des principales causes de ces
événements indésirables tient à la mauvaise qualité des produits, et
notamment de la matière première utilisée pour leur fabrication, ainsi qu?à
des erreurs de détermination de l?espèce. La culture, la récolte et la
classification des plantes revêtent donc une importance capitale pour la
qualité et l?innocuité des phytomédicaments.

Outre la question de l?innocuité, le développement du marché et l?
utilisation commerciale des plantes médicinales à grande échelle peuvent
menacer la biodiversité du fait d?une surexploitation des plantes servant à
la fabrication de phytomédicaments et d?autres produits naturels utilisés
pour les soins de santé. Non réglementées, ces pratiques peuvent conduire à
l?extinction d?espèces menacées et à la destruction d?habitats et de
ressources naturelles.

Les lignes directrices de l?OMS pour les bonnes pratiques de culture et de
récolte des plantes médicinales (WHO guidelines on good agricultural and
collection practices (GACP) for medicinal plants) constituent un premier pas
important pour assurer la production de phytomédicaments sans danger et de
bonne qualité ainsi que des pratiques de culture écologiquement rationnelles
et soucieuses des générations futures. Faciles à comprendre, elles couvrent
tout l?éventail des activités de culture et de récolte, y compris le choix
du site, des considérations de climat et de terrain et la détermination des
semences et des plantes. On trouvera aussi des conseils sur les principales
opérations après récolte et des données réglementaires, par exemple des lois
nationales et régionales sur les normes de qualité, les brevets et le
partage des bénéfices.

Eléments de base

L?innocuité et la qualité de la matière première et des produits finis
dépendent de facteurs intrinsèques (génétiques) ou extérieurs
(environnement, méthodes de ramassage, culture, récolte, traitement après
récolte, transport et conservation). La contamination involontaire par des
agents microbiens ou chimiques à l?un des stades de la production peut
entraîner une dégradation affectant l?innocuité et la qualité des produits.
Les plantes médicinales ramassées dans la nature peuvent être contaminées
par d?autres espèces ou parties de plantes à la suite d?erreurs de
détermination, d?une contamination accidentelle ou d?un frelatage, qui tous
peuvent avoir des conséquences pour l?innocuité des produits.

Réactions indésirables consécutives à la substitution d?une plante par une
autre

Digitale: Des cas d?arythmie cardiaque grave ont été signalés aux Etats-Unis
d?Amérique en 1997 après la substitution accidentelle du plantain utilisé
comme additif alimentaire par Digitalis lanata utilisé généralement pour les
affections cardiaques. Les enquêtes effectuées par la suite auraient révélé
que d?importantes quantités de ce qu?on croyait être du plantain avaient
été livrées à plus de 150 fabricants, distributeurs et détaillants pendant
une période de deux ans.

Podophylle: Quatorze cas d?intoxication par Podophyllum ont été signalés par
Hong Kong, Région administrative spéciale de Chine, après l?utilisation
accidentelle des racines de Podophyllum hexandrum à la place de Gentiana et
Clematis, espèces utilisées pour leurs propriétés antivirales. La
substitution accidentelle serait due à la ressemblance entre les racines des
plantes.

Aconit: Des cas de cardiotoxicité résultant de l?ingestion d?aconit utilisée
en médecine parallèle avec pour indication les infections aiguës et les
attaques de panique ont été signalées par Hong Kong, Région administrative
spéciale de Chine. On utilise l?aconit en faisant tremper ou bouillir les
rhizomes dans de l?
eau pour hydrolyser ses alcaloïdes en un dérivé moins toxique, l?aconine.
Des erreurs de manipulation peuvent toutefois conduire à la préparation d?un
produit toxique. Au Royaume-Uni, l?aconit pour usage interne n?est délivré
que sur ordonnance.

Plantes médicinales menacées de disparition

Les types sauvages du ginseng, une plante médicinale très populaire (Panax
ginseng) utilisée en cas d?affection digestive résultant de troubles
nerveux, seraient en voie de disparition en raison d?une demande croissante
et d?une surexploitation.

Le ginseng américain sauvage, l?hydraste du Canada, l?échinacée, l?actée à
grappes, l?orme rouge et le kava kava viennent en tête des espèces de
plantes médicinales menacées d?extinction.

La culture a remplacé la récolte en milieu sauvage pour la fabrication de
certains médicaments essentiels utilisés par la médecine moderne. Ainsi, la
pervenche de Madagascar, Catharanthus roseus, est abondamment cultivée en
Espagne et aux Etats-Unis d?Amérique pour ses propriétés jugées utiles
pourle traitement de la leucémie de l?enfant et de la maladie de Hodgkin.

Un médicament traditionnel dont la demande dépasse les possibilités d?
approvisionnement est l?arbre africain Prunus africana, dont l?écorce est un
remède naturel très populaire contre les troubles de la prostate dans
certains pays européens comme l?Espagne. L?écorce est récoltée sur des
arbres sauvages qui poussent dans les forêts en altitude en Afrique
continentale et à Madagascar et les pratiques actuelles sont abusives. Alors
qu?il est possible de récolter l?écorce sans endommager l?arbre, certains
exploitants en prélèvent trop, provoquant la mort de l?arbre, ou abattent
carrément l?arbre pour prélever l?écorce. Le Centre international de
Recherche en Agroforesterie et d?autres organismes s?efforcent en Afrique d?
assurer une gestion durable de Prunus africana en préservant les populations
d?arbres sauvages et en aidant les petits exploitants à le cultiver, ce qui
devrait aussi contribuer à accroître leurs revenus.
L?ICRAF élabore également un programme de sélection de variétés qui seraient
plus rapidement exploitables.

Harpagophytum procumbens, la griffe-du-diable, est un autre remède populaire
surexploité qui risque de disparaître en milieu sauvage. Il est utilisé
comme tonique, pour le traitement de l?arthrite et des rhumatismes, comme
antipyrétique, contre les douleurs musculaires, pour réduire le cholestérol
et sous forme de pommade externe pour le traitement des abcès et
ulcérations. Il sert aussi à nettoyer le système lymphatique et à détoxifier
le sang.

La griffe-du-diable vient d?Afrique australe, la Namibie en étant le
principal exportateur. De janvier à août 2000, ce pays en a exporté un peu
moins de 200 tonnes. Dix à quinze mille cultivateurs tirent la totalité de
leurs revenus de la récolte de cette plante. En réalité, les prix actuels ne
reflètent pas la véritable valeur de leur travail et en 24 ans ils ont
diminué de 85 %. En 1998, un projet de récolte durable a été mis sur pied
dans une exploitation en Namibie et la culture s?est rapidement étendue. L?
année suivante, 10 210 kg de griffe-du-diable organique certifiée ont été
récoltés, donnant à la population locale une source durable à un prix
garanti. Cette pratique pourrait constituer la solution d? avenir si les
usagers exigent que les fournisseurs offrent uniquement des produits
certifiés.

SUJETS CONNEXES

Plantes médicinales
http://www.who.int/health_topics/plants_medicinal/fr/

WHO guidelines on good agricultural and collection practices (GACP) for
medicinal plants
http://www.who.int/medicines/library/trm/medicinalplants/agricultural.shtml

Pour plus d'informations:

Ms Daniela Bagozzi
Téléphone: +41 22 791 4544
Tél. portable: +41 79 4755490
Email: bagozzid@who.int

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