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[e-med] Infos de la Conférence sur le sida à San-Francisco


  • From: remed@remed.org
  • Date: Tue, 10 Feb 2004 06:43:31 -0500 (EST)

E-MED: Infos de la Conférence sur le sida à San-Francisco
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* Sida: Un médicament contre la transmission mère-enfant accroît la
résistance
* Certaines trithérapies font la vie trop facile au virus du sida
* Pays en développement: la lutte contre le sida face à des défis multiples

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Sida: Un médicament contre la transmission mère-enfant accroît la résistance

SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 9 fév (AFP) - 0h15 - Un médicament très efficace
pour éviter la transmission du sida de la mère à l'enfant dans les pays
pauvres a pour effet d'accroître la résistance du virus, rendant plus
difficile le traitement ultérieur de la mère, selon des études présentées
lundi lors d'un congrès médical à San Francisco.

Ce médicament, la névirapine, donné à la mère pendant l'accouchement et au
nouveau-né dans les 72 heures suivant sa naissance, présente une probabilité
"élevée" de susciter la résistance du virus VIH-Sida à certains autres
médicaments données dans le cadre du traitement, selon l'étude menée sur 623
femmen Afrique du Sud.

Dans 39% des cas examinés, le VIH est devenu résistant à la névirapine et à
un autre médicament inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase
inverse (INNTI), pendant au moins 36 semaines après le traitement,
rapportent les chercheurs sous la direction du Dr Neil Martinson, de
l'Institut national des maladies contagieuses de Johannesburg.

Pour ces spécialistes, les résultats ne remettent pas en cause l'utilisation
de la névirapine mais imposent de réfléchir à une modification du traitement
après l'accouchement.

"Nous devons définir une nouvelle stratégie pour lutter contre la résistance
(du virus aux médicaments) pour la mère et le bébé quand il est infecté"
malgré le traitement à la névirapine, a jugé le Dr John Mellors, de
l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie), modérateur de la conférence de
presse consacrée au sujet.

"Ce sont des données clés, que le monde entier attendait" a renchéri le Dr
Dr Scott Hammer, de Columbia University (New York).

Une autre étude menée en Thaïlande a cependant confirmé l'efficacité de la
névirapine, associée à l'AZT, qui peut réduire le risque de transmission du
virus de la mère à l'enfant à 2% durant l'accouchement.

En l'absence de tout traitement avant et pendant l'accouchement, environ 35%
des nouveaux-nés sont infectés, ont rappelé ses auteurs.
atrique peut être appliquée dans les pays en développement et atteindre un
taux de succès égal à ceux des traitements utilisés dans les pays
industrialisés", a estimé le Dr Marc Lallemant, de l'Institut de Recherche
pour le développement (Paris) qui a dirigé l'étude.

Son équipe a elle-aussi noté l'émergence de résistance du virus juste après
l'accouchement des femmes ayant reçu une dose de névirapine dans environ 20%
des cas. Les chercheurs soulignent le besoin de mieux définir les
conséquences de l'utilisation de la névirapine sur le traitement ultérieur
du malade.

Néanmoins, sur la base de cette étude, le gouvernement thaïlandais a décidé
de proposer la névirapine combinée à l'AZT à toutes les femmes enceintes
pour prévenir la transmission du virus pendant l'accouchement, a annoncé le
Dr Lallemant.

Plus de 1.500 nouveaux-nés sont infectés par leur mère séropositive chaque
jour et 95% vivent dans les pays en développement, a rappelé le médecin pour
lequel l'ajout d'une dose unique de névirapine pour l'enfant et la mère à un
traitement de la mère à base d'AZT ne coûterait que quatre dollars.

La névirapine fait partie d'une classe de médicaments qui bloque le
fonctionnement d'une enzyme nécessaire à la copie de l'ARN viral en ADN,
une étape clé du cycle de réplication du VIH dans la cnce sur les
rétrovirus, qui rassemble 4.000 spécialistes du sida à San Francisco
jusqu'à mercredi.


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Certaines trithérapies font la vie trop facile au virus du sida

SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 10 fév (AFP) - 9h40 - La simplification et
l'allègement de certains traitements contre le sida, plus confortables pour
le patient, peuvent stimuler la résistance du virus VIH, ont rapporté lundi
des chercheurs réunis à San Francisco (Californie, ouest) pour une
conférence médicale.

Plusieurs études présentées établissent l'échec rapide de certains régimes
combinant trois médicaments de la famille des nucléosides/nucléotides, qui
ne parviennent pas à arrêter la reproduction du virus ou lui offrent une
issue de secours en lui permettant de muter pour réussir à pénétrer dans la
cellule humaine.

"Si nous ne menons pas la vie dure au virus, il gagne", a résumé le Dr John
Mellors, de l'Université de Pittsburgh (Pennsylvanie, est), en soulignant
que la volonté de rendre le traitement plus pratique et mieux toléré par le
patient avait ses limites. "Nous savons maintenant que toutes les
combinaisons de trois médicaments ne se valent pas", a-t-il ajouté.

Les chercheurs, réunis pour la 11e conférence annuelle sur les rétrovirus,
notent en particulier ces effets indésirables quand la combinaison examinée
ne comprend pas d'AZT.

Une étude menée sur 24 patients auxquels était prescrit un traitement
constitué d'une dose quotidienne de trois médicaments (Dinanosine,
Lamivudine et Tenofovir) fait apparaître qu'il "s'est traduit par une haute
probabilité de faible efficacité" face au virus, couplé à "une émergence
rapide de sa résistance".

Ces résultats "établissent la preuve de l'infériorité de telles stratégies"
dans le traitement du VIH-sida, écrivent encore les auteurs, sous la
direction du Dr Joseph Jemsek, directeur de la clinique du même nom à
Huntersville (Caroline du Nord, sud-est).

Ce dernier s'est félicité de la décision immédiate des Centres de contrôle
et de prévention des maladies (CDC) américains d'Atlanta (Géorgie, sud-est)
de déconseiller la combinaison de médicaments testée dans sa clinique.
"Quand nous avons compris que nos résultats étaient très mauvais, nous avons
immédiatement arrêté ce programme", a ajouté le Dr Jemsek.

La résistance du virus correspond à son aptitude à survivre et à se
reproduire en présence d'un médicament qui devrait le détruire ou empêcher
sa multiplication.

Cette résistance force les médecins à modifier le traitement, le risque
étant d'aboutir à une impasse thérapeutique avec dégradation de l'état
virologique, immunologique et clinique des patients.

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Pays en développement: la lutte contre le sida face à des défis multiples

SAN FRANCISCO (Etats-Unis), 9 fév (AFP) - 9h11 - La lutte contre le sida
dans les pays en développement est compliquée par des problèmes situés bien
en amont de l'accès aux médicaments, à commencer par le dépistage et la
prise de conscience par les gouvernements africains de l'urgence de la
crise, ont estimé dimanche des experts.
Un autre défi est la mise en place de structures permettant d'utiliser
efficacement les sommes débloquées par la communauté internationale pour
lutter contre la pandémie qui fait trois millions de morts par an, selon ces
spécialistes réunis à San Francisco (Californie, ouest des Etats-Unis) pour
la 11e conférence annuelle sur les rétrovirus.

La question n'est plus seulement de débloquer de l'argent mais aussi de
savoir "si nous sommes capable de l'absorber", a souligné le Dr Alex
Coutinho, responsable de la lutte contre le sida en Ouganda, où le combat
contre le virus connaît l'un de ses plus grands succès selon les experts.

"Nous aussi devons changer notre état d'esprit pour comprendre qu'il y a une
situation d'urgence", a poursuivi le médecin en référence aux responsables
gouvernementaux africains lents à se mobiliser. "Le paradoxe, c'est que même
lorsque la thérapie antirétrovirale est gratuite, les gens ne se précipitent
pas", a-t-il ajouté.

L'une des explications est l'échec actuel du dépistage du sida dans les pays
pauvres. "Dans de nombreux pays, moins de 2% de la population a été testée",
a noté David Miller, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour lui,
"c'est le problème réel", avant celui de l'accès au traitement.

Il estime donc nécessaire de "proposer le test (de dépistage) dans tout
environnement médical" et de diffuser "une technologie de tests rapides".

Une étude menée en Afrique du Sud est venue étayer ses propos. Menée auprès
de 1.058 malades, qui après avoir été dépistés ont pu recevoir un
traitement, elle a montré que le taux de mortalité lié au sida, qui est de
30% pour les malades non traités dans les pays en développement, est tombé à
3% dans cet échantillon, a rapporté Gavin Churchyard, responsable de cette
étude organisée par la compagnie minière sud-africaine Anglo American.

Saluant ces résultats, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU pour
le sida en Afrique, Stephen Lewis, a encouragé le gouvernement sud-africain
à examiner l'impact qu'aurait une réduction de la mortalité de 30% à 3% à
l'échelle du pays.

Il a également souligné la crise qui apparaît dans les pays en développement
alimentée par la vague d'enfants laissés orphelins par l'épidémie. "Nous
savons organiser les soins, mais comment répondons-nous à une crise
d'orphelins qui atteint plusieurs millions?", a-t-il demandé.

M. Lewis a encore évoqué "les preuves émergentes que de plus en plus
d'infections se produisent dans le cadre de ce que les femmes pensent être
une relation de monogamie", alors que leurs partenaires masculins sont
devenus séropositifs lors de relations en dehors du couple.

Plaidant pour le soutien financier renouvelé des pays développés au
programme de lutte contre le sida de l'ONU, mais aussi de l'OMS, il a encore
souligné que "le Fonds mondial (contre le sida, la tuberculose et le
paludisme, basé à Genève) doit être doté d'une somme d'argent supplémentaire
significative" pour poursuivre sa mission.

Ce Fonds, une organisation indépendante qui comprend des représentants de
donateurs, de pays bénéficiaires et d'organisations non gouvernementales, a
besoin d'environ sept milliards de dollars par an pour fonctionner à sa
vitesse de croisière.

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