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[e-med] Maroc: La contrefaçon fait rage et devient plus lucrative


  • From: REMED.75013@wanadoo.fr
  • Date: Thu, 29 Jan 2004 04:11:02 -0500 (EST)

E-MED: Maroc: La contrefaçon fait rage et devient plus lucrative
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Le Matin - Maroc - 26/01/2004

http://www.lematin.ma/rech/rsarticle.asp?tb=article&id=30181

La contrefaçon fait rage et devient plus lucrative. Les autorités et la
société civile se mobilisent pour y mettre un terme. Une campagne de
sensibilisation a eu lieu sur la gravité du phénomène sans donner les
résultats escomptés. La circulation frauduleuse du médicament est
aujourd'hui un phénomène qui touche tout le pays et qui mobilise l'intérêt
croissant des autorités (douanes, police...). La contrefaçon médicamenteuse
fait rage et devient plus lucrative et plus meurtrière.
Il ne passe pas un jour sans que les services chargés de la lutte contre la
fraude ne saisissent des quantités considérables de médicaments faux ou de
psychotropes. Le secteur informel qui est en pleine évolution détient une
part considérable sur le marché global des produits pharmaceutiques.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les produits dont le
conditionnement est contrefait, inadéquat, ou dont la substance active est
mal dosée, insuffisante voire absente, représentent 11 % du marché total des
médicaments, soit 40 milliards de dollars. La plupart de ces médicaments
sont soient périmés, soient contrefaits, ce qui met en danger la vie des
consommateurs. Au Maroc, les marchés parallèles de produits pharmaceutiques
ont presque pris les dessus sur les officines. On évalue à 60 % les parts
obtenues par ces vendeurs illicites sur le marché global des médicaments.

Selon le Dr. Kamal Belhaj, président de la Fédération des syndicats des
pharmacies "ce trafic est limité aux frontières Nord et Est du pays. Les
trafiquants commercialisent à moindre prix des boites non protégées qui
ressemblent énormément aux médicaments vrais. Des boîtes de médicaments
portant des étiquettes douteuses sur les dates de péremption ou contenant de
fausses indications thérapeutiques. Ce qui constitue un danger pour la vie
et la santé des populations. Par ailleurs, la campagne de sensibilisation
sur la gravité de ces médicaments lancée dernièrement n'a pas donné de
résultats escomptés". Même constat est dressé par Mme Samia Fizazi de
l'association Afak qui souligne que "ces médicaments illicites viennent
surtout de l'Algérie pour être revendus dans les souks hebdomadaires
itinérants en zones rurales. 30 % de ces médicaments dont contrefaits. Ils
sont aussi vendus au détail dans des milliers de boutiques et d'épiceries.
Il est difficile d'y faire face, car ils sont souvent à la portée des
acheteurs".

Mais le grand danger provient du trafic des psychotropes qui modifient ou
altèrent les pensées, les sensations ou les comportements d'une personne en
les stimulant, les calmants ou en les perturbant. Les psychotropes les plus
prisés sont le "Karkoubi" ou Optalidon, aujourd'hui introuvable au Maroc
alors qu'il continue d'être commercialisé à l'étranger, Al-Aoud Labiad (le
cheval blanc) ou Artane, Ibn Zidoun ou Hypnosedon et "Bola hamra" ou
Rivotril. La palme revient au Rivotril-Bola hamra, dont la consommation
devenait si préoccupante qu'on en vint, il y a quelques années, à modifier
la dénomination commerciale, Clonopen se substituant au Rivotril. Mais cela
ne semble guère avoir affecté l'engouement pour la "bola hamra". A la porte
des établissements scolaires, les dealers n'ont qu'à attendre la clientèle à
la sortie des cours. Sur ce fléau, le Dr. Belhaj explique que "le problème
est universel. Il est encouragé par les fausses prescriptions médicales
accordées aux faux malades et aussi par certaines ordonnances subtilisées et
souvent scannées. Le corps médical veille au grain, mais il y a toujours des
gens qui ne respectent pas la législation en vigueur. Celle-ci est très
stricte dans ce domaine. En général, la vente est organisée et aucun
pharmacien n'a le droit de vendre ces médicaments sans prescription
médicale".

Cependant, l'abus de substances psychotropes, semble en hausse. En témoigne
leur nombre des saisies qui a progressé nettement ces dernières années. "Ce
commerce est purement illicite dans la mesure où la vente de médicaments et
d'autres produits hospitaliers doit obéir à une réglementation rigoureuse, à
des connaissances très pointues des effets des substances chimiques, à des
règles de prescriptions et de conservation. C'est un commerce à géométrie
variable, qui suit des filières secrètes, dans la mesure où la majorité des
produits qui y sont vendus viennent pour la plupart de structures
officielles, d'importations frauduleuses empruntant des passages frontaliers
terrestres, le port et l'aéroport", nous confie un psychiatre.

L'urgence doit être une réaction contre une logique répressive sans aucune
commune mesure. Un engagement politique fort, une bonne sensibilisation et
une large disponibilité de produits de qualité à des coûts très accessibles
devraient pouvoir discréditer le marché illicite aux yeux de la population.
Dans ce cadre, c'est la commission nationale des stupéfiants présidée par le
ministre de la Santé qui devrait rechercher les moyens permettant de lutter
efficacement contre la production, le trafic illicite, la détention, la
vente, la circulation et l'utilisation de drogues toxicomanogènes et de
médicaments malsains.

El Mahjoub Rouane

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