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[e-med] Les asticots dans la détersion des plaies


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 16 Jan 2004 11:28:43 -0500 (EST)

E-MED: Les asticots dans la détersion des plaies
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à la guerre comme à la guerre...! et ce n'est pas un poisson d'avril,
l'article est disponible sur le très sérieux site des pharmaciens
hospitaliers français http://www.adiph.org/
rubrique documents de travail
bon weekend à tous
Carinne Bruneton

Bulletin d' INFORMATION du MEDICAMENT
et de PHARMACOVIGILANCE

CRIM Rennes - CRIM Rennes - CRIM
MARS - AVRIL 96 N° 64 CRIM Rennes - CRIM Rennes
ISSN N° 1169 - 8772
LES ASTICOTS DANS LA DETERSION DES PLAIES

L'intérêt des asticots dans la détersion des plaies est connu depuis
l'antiquité. Plus récemment Baer, dans les années 20, mena la première étude
clinique chez 89 patients souffrant d'ostéomyélite chronique (1). Il
rapporte un taux de succès de 90 %, alors qu'à cette époque, le taux de
mortalité des fractures ouvertes des membres inférieurs est de 75 %. Ce
succès a été rendu possible par l'utilisation d'une méthode de stérilisation
des asticots qu'il avait alors développée, afin d'éviter la croissance de
germes contaminants et particulièrement anaérobies.

Les espèces de mouches bleues les plus souvent utilisées pour l'obtention
des asticots sont Lucilia illustris, Lucilia sericata et Phormia regina. Le
"National Institute of Health" des U.S.A. décrit une méthode de culture et
de préparation des insectes (3). Les oeufs sont recueillis sur des morceaux
de viande de cheval, lavés trois fois à l'eau puis trois fois par une
solution de soude au 1/50. Une solution nutritive est obtenue en dissolvant
250 mg de cholestérol dans du chlorure de méthylène. Puis 52,5 g de caséine,
2,25 g de "celluflour", 1,5 g d'oléate de sodium, 1,5 g de RNA, 3 g de sels
de WESSON et 10 g de gélose sont rajoutés. La solution obtenue est évaporée
puis reconstituée avec 495 ml d'eau et 5 ml de soude normale. Celle-ci est
passée à l'autoclave pendant 15 minutes puis refroidie dans de la glace. Les
oeufs sont ensuite mis à incuber à 25° C dans une atmosphère chargée à 85 %
d'humidité pendant 4 à 5 jours.

200 à 600 asticots sont placés dans la plaie, puis recouverts par un
pansement. On considère que ceux-ci vont consommer 10 à 15 g de tissu
nécrotique par jour (3). Compte tenu de leur cycle de développement, toute
application est limitée à 72 heures.
Plusieurs mécanismes pourraient expliquer l'activité des asticots (2, 3, 4).
En raison de leur présence dans la plaie, ils entraînent une irritation
conduisant à une sécrétion d'exsudat. Cet exsudat diminuerait le nombre de
bactéries par un effet mécanique identique à celui observé lors du rinçage
d'une plaie. Le constant mouvement des asticots pourrait aussi promouvoir
directement la granulation. Les asticots sécrètent aussi de nombreuses
substances qui stimulent la cicatrisation (ammoniac, carbonate de calcium,
agents antibactériens) ou qui dégradent les tissus nécrotiques (enzymes
protéolytiques). Enfin, ils agiraient aussi par ingestion des bactéries et
des tissus nécrotiques.

Les principaux inconvénients à l'utilisation des asticots sont un prurit
local intense et surtout d'ordre esthétique. Le prurit peut être
partiellement contrôlé par des sédatifs. Il est bien plus difficile de faire
accepter aux patients et au personnel soignant la présence d'asticots,
d'autant plus que ceux-ci peuvent s'échapper de la plaie et ramper sur les
lits ou les sols des chambres !

Aujourd'hui, le développement de l'antibiothérapie a rendu obsolète l'emploi
des asticots dans la détersion des plaies. Néanmoins, ceux-ci peu-vent
s'avérer efficaces dans la prise en charge de plaies où les techniques
modernes sont inadaptées.
Patrick ZAMPARUTTI



REFERENCES
1 - BAER W. J Bone Joint Surg 1931 ; 13 : 438.
2 - HORN K. Arch Otolaryngol 1976 ; 102 : 377-9.
3 - Micromedex Inc 1995, vol 86.
4 - Reames M et coll. Ann Plast Surg 1988 ; 21 (4) : 388-91.


COMITE DE REDACTION : Michel LE DUFF, Patrick ZAMPARUTTI, Isabelle NICOLLE,
Elisabeth POLARD, Nathalie LANGLOIS, Laurent FLET Centre Régional
d'Information du Médicament. Hervé ALLAIN, Catherine BENETON, Laurence
MARUELLE - Centre Régional de PharmacovigilanceCorrespondances et demandes
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