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[e-med] Maroc: Qu'en est-il de l'accès aux médicaments génériques?


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 12 Jan 2004 04:47:34 -0500 (EST)

E-MED: Maroc: Qu'en est-il de l'accès aux médicaments génériques?
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Qu'en est-il de l'accès aux médicaments génériques?
http://fr.allafrica.com/stories/200401090620.html
Libération (Casablanca)
9 Janvier 2004
Publié sur le web le 9 Janvier 2004
Leila Hallaoui

Des inquiétudes surgissent à l'approche de l'accord de libre-échange entre
le Maroc et les Etats-Unis

L'approche de la signature de l'accord de libre-échange entre le Maroc et
les Etats-Unis provoque une vive tension du côté du Collectif de défense et
de promotion des médicaments génériques. C'est le silence qui entoure ce
prochain engagement du Maroc qui perturbe le plus ce collectif qui a
réouvert, mardi soir à Casablanca, un débat sur l'accès des citoyens aux
médicaments dits génériques.

L'initiative devait réitérer, en fait, l'appel unanime du collectif à faire
des médicaments génériques au Maroc une voie de guérison adaptée aux moyens
du consommateur, mais aussi, de développement pour nos industriels
pharmaceutiques. Pour cela, le collectif croit en le pouvoir de la
sensibilisation et tente donc, depuis sa création en septembre dernier, de
susciter la réflexion sur le sujet.

Chose faite après la table ronde organisée à Rabat en octobre pour exhorter
toutes les parties concernées par le sujet à réagir (commerce extérieur,
santé et finances, industrie pharmaceutique et associations). Les pouvoirs
publics ont en effet réagi par la tenue de deux réunions, l'une avec la
participation des industriels en présence des négociateurs marocains chargés
des questions relatives à la propriété intellectuelle. Tandis que l'autre a
associé aux industriels les représentants de la société civile et a été
présidée par le Premier ministre lui-même.

Donc, il est clair que le gouvernement est totalement conscient de l'enjeu
que représente le médicament générique sauf que cela ne peut pas à lui seul
dissiper les inquiétudes. Le collectif l'a amplement souligné au cours de sa
dernière rencontre en dénonçant l'embargo qui pèse sur le texte de l'accord
bilatéral et l'urgence de le lever le plus tôt possible. "Nous n'avons
aucune idée sur le sort qui sera réservé au médicament générique dans cet
accord ni si le citoyen y aura droit", a déclaré Mme Nadia Bezzad,
vice-présidente de l'Organisation pan-africaine de lutte contre le sida
(OPALS) et présidente de l'OPALS-Maroc.

Ce libre-échange a, en effet, fait parler de lui mais en ce qui concerne
l'agriculture et le textile seulement, alors que les termes de l'accord
comprennent aussi ce secteur très sensible qu'est le médicament dans notre
pays. L'inquiétude se trouve ainsi légitimée d'autant que des rumeurs
circulent sur l'existence préalable d'un compromis sur deux articles, 9 et
10, se rapportant aux dispositions de prorogation de la période de monopole
sur les brevets. Et c'est justement cela que craignent les professionnels du
secteur pharmaceutique national pour qui un "oui" dans ce sens-là signifie
la fin.

Il est urgent pour le gouvernement de faire une déclaration officielle à ce
propos afin que l'avenir du médicament au Maroc ne soit pas sous l'emprise
de prédateurs qui en ont fait un marché juteux de plusieurs milliards de
dollars.

Et, il n'y a pas que le collectif qui tire la sonnette d'alarme, les
Médecins sans frontières l'ont rejoint pour exiger eux aussi que le texte du
projet de cet accord de libre-échange soit rendu public. Et ce, afin
d'effectuer une analyse éclairée des dispositions sur la propriété
intellectuelle.
L'organisme "MSF" appelle de même le gouvernement à rejeter toute
disposition de ce type (ADPIC) pour que le Maroc puisse remplir son
engagement issu de l'Accord de Doha d'assurer la protection de la santé
publique et la promotion de l'accès à tous les médicaments.
Car dans le cas contraire, souligne MSF, la signature de cet accord limitera
considérablement les circonstances dans lesquelles des licences obligatoires
peuvent être délivrées pour des médicaments et étendra la durée de
protection des brevets pharmaceutiques au-delà de 20 ans requis par l'accord
sur les ADPIC. Les conséquences se traduiront aussi, selon toujours MSF, par
l'attribution d'un pouvoir injustifié à l'autorité d'enregistrement des
médicaments pour faire respecter les brevets pharmaceutiques et de droits
exclusifs sur les données pharmaceutiques.

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