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[e-med] Une croûte variolique de plus de cent ans


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 8 Jan 2004 12:30:39 -0500 (EST)

E-MED: Une croûte variolique de plus de cent ans
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Découverte entre les pages d'un vieux livre
Une croûte variolique de plus de cent ans

Un fragment de croûte d'origine variolique datant de 1888 et utilisé pour la
vaccination a été découvert dans une bibliothèque de Santa Fé. Le Cdc va
analyser courant 2004 ce prélèvement qui, si le virus est viable,
représenterait la troisième source de variole dans le monde.
http://www.quotimed.com/journal/index.cfm?fuseaction=viewarticle&Dartidx=168
114&dnews=55211&Newsid=20040108

DOCUMENTALISTE à l'université de Santé Fé au Nouveau-Mexique, Susanne Caro
travaillait en février 2003 à la restauration d'un livre datant de 1888 et
traitant de la médecine de guerre. Elle a découvert, Insérée dans les pages
de ce livre, une enveloppe sur laquelle était écrit : « Croûtes provenant de
la vaccination de l'enfant W. B. habitant à Yarrington. » Au dos de
l'enveloppe, on pouvait voir la signature du Dr W. D. Kelly, l'auteur du
livre en question, qui était par ailleurs renommé pour ses travaux en
matière de vaccination contre la variole. Après avis du Musée national de la
guerre civile, du Cdc d'Atlanta et du Fbi, la bibliothécaire a conservé dans
un congélateur l'enveloppe sans l'ouvrir.

Les agents du Fbi.

Ce sont des agents du Fbi qui sont venus chercher le pli pour le faire
parvenir aux laboratoires spécialisés en Géorgie et ils ont procédé à un
interrogatoire poussé de la jeune femme : qui étaient les derniers
emprunteurs ? Cette enveloppe était-elle contenue dans le livre depuis son
acquisition par la bibliothèque ? A qui avait-elle parlé de sa découverte
?...
Le Dr Inger Damon, expert du Cdc pour les pox virus et la variole a proposé
une explication à cette découverte. Les premiers essais vaccinaux contre la
variole datent en effet du début de XVIIIe siècle en Europe et le premier
cas recensé en Amérique serait le fait du Dr Edward Jenner, un pathologiste
qui avait employé une souche non létale de virus bovin apparenté et l'avait
inoculée à des hommes en 1796. En Chine, des tentatives de vaccination ont
aussi eu lieu à la même période par culture de croûtes de patients infectés
délivrés secondairement aux personnes à immuniser par inhalation. Aux
États-Unis, à la fin du XIXe siècle, une nouvelle approche a été élaborée :
il s'agissait d'utiliser des croûtes de patients atteints, mises en culture
puis diluées plusieurs fois et réinjectées. Il semblerait que le prélèvement
retrouvé dans l'enveloppe de Santa Fé, provienne soit d'une croûte d'un
sujet atteint, soit d'un prélèvement effectué dans les suites d'une
vaccination au lieu même de l'inoculation.

La question qui reste actuellement posée tient à l'éventuelle présence de
virus dans cette croûte et à la viabilité de ces microbes. A la fin des
années 1960, l'Oms avait publié le cas de virus de la variole restant
infectant après avoir passé treize ans dans une enveloppe. En 1985, un
article de « The Lancet » suggérait que le virus pouvait rester infectant
pendant plus d'un siècle dans les tombes de personnes infectées reposant
dans des climats secs et tempérés. Enfin, en 1990, des chercheurs russes ont
effectué une recherche virale sur le cadavre momifié d'un enfant présentant
des lésions cutanées très suspectes de variole, mais ils n'ont pas pu
identifier de virus ou de matériel génomique au sein des prélèvements.

Si le virus reste vivant...

Le Cdc annonce que des tests vont être pratiqués durant l'année 2004 sur
l'échantillon et que si le virus reste vivant, il s'agirait de la troisième
souche viable de variole subsistant dans le monde. Cette maladie a, en
effet, été totalement éradiquée en 1977 - à l'exception néanmoins d'un
accident de laboratoire en 1978 - et seules deux souches sont actuellement
conservées : l'une aux États-Unis, l'autre en Russie.
Si aucune souche n'est viable, les analyses de fragments viraux (s'il
existent) devraient permettre de préciser la caractérisation génomique de ce
virus dont seules des souches partiellement atténuées sont actuellement
conservées.

Dr ISABELLE CATALA
International Society for Infectious Diseases, 2 janvier 2004.

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