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[e-med] (5)La décentralisation de la prescription des ARVs au Rwanda
- From: "Pascal Revault" <pascal.revault@esther.fr>
- Date: Mon, 5 Jan 2004 07:37:26 -0500 (EST)
E-MED:(5)La décentralisation de la prescription des ARVs au Rwanda
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Bonne année 2004 et commençons par les avancées de 2003 : ne revenons pas en
arrière !
Si la décentralisation est une nécessité, la gratuité des ARV pour les
usagers du système de santé, l'est aussi. Il y a maintenant suffisamment
d'expériences, qui indiquent que l'observance et l'adhésion sont
conditionnées par l'accès économique aux soins. Se reporter notamment aux
travaux au Sénégal sur l'Initiative Sénégalaise d'Accès aux Antirétroviraux,
se reporter aussi à l'expérience d'accès universel du Brésil, se reporter
enfin à l'ouvrage Economics of AIDS and Access to HIV/AIDS Care in
Developing countries. Issues and Challenges, Collection Sciences Sociales et
Sida, anRs, 2003. Et? Last but not least, la récente et 6ème conférence de
prise en charge communautaire et à domicile des personnes vivant avec le
VIH/sida de Dakar a conclu à la nécessité d'une gratuité de l'accès aux
antirétroviraux pour les personnes qui en ont besoin. Le Sénégal, pays
d'accueil de la conférence, a d'ailleurs annoncé cette gratuité par
l'intermédiaire de son président le jour de l'ouverture.
N'oublions pas non plus qu'en Europe l'observance et l'adhésion ne sont pas
vraiment conditionnées par la nécessité de payer pour être soigné, et que
nous avons (encore et heureusement, mais pour combien de temps ?) des
systèmes de protection sociale assez efficaces. Voici le point clé de
l'accès aux soins qui n'est pas encore assez à l'ordre du jour et qu'il faut
développer. Il faut maintenant défendre la protection sociale dans les pays
riches, et participer à l'élaboration de propositions concrètes et adaptées
pour permettre aux personnes de se soigner dans des conditions décentes dans
les pays dits en développement : quels systèmes de solidarité pour assurer
la prise en charge des pathologies chroniques d'abord, puis quel soutien
pour une alimentation adaptée, habitation et conditions d'accès à l'eau
potable et l'assainissement... ensuite ?
La question centrale, a fortiori après l'engagement de l'OMS sur le "3 by
5", n'est plus celle de la focalisation sur l'observance avec la crainte de
l'apparition de souches résistances, mais bien celle de : comment rendre
accessible des soins de qualité ? Espérons que l'Union Européenne s'engagera
dans cette voie avec détermination et que le soutien de systèmes de
solidarité dépassera l'humanitaire ponctuel qui peine à trouver des critères
d'accès aux soins, pour le moins... difficilement équitable.
Dr Pascal Revault
Conseiller continuité des soins et réseaux sociaux.
ESTHER
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