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[e-med] Comment l'industrie diffuse des articles écrits par des "nègres"
- From: remed@remed.org
- Date: Tue, 16 Dec 2003 05:58:18 -0500 (EST)
E-MED:Comment l'industrie diffuse des articles écrits par des "nègres"
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[Modérateur: traduction d'un article diffusé par Ip-Health.CB]
Revealed: how drug firms 'hoodwink' medical journals
Pharmaceutical giants hire ghostwriters to produce articles - then put
doctors' names on them
www.observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,6903,1101680,00.html
Antony Barnett, public affairs editor
Sunday December 7, 2003
The Observer
Des "nègres" de l'industrie du médicaments rédigent des articles publiés
dans les revues médicales
Une enquête de l?Observer montre que des centaines d?articles publiés dans
les revues médicales et prétendument rédigés par des universitaires ou des
médecins ont été écrits par des rédacteurs payés par l?industrie
pharmaceutique.
Les journaux, bibles de la profession, ont une grande influence sur les
médicaments prescrits par les médecins et les traitements fournis par les
hôpitaux. Mais l?Observer a trouvé les preuves que des articles rédigés par
de soit-disant universitaires indépendants sont le fruit du travail de
rédacteurs au service d?agences qui reçoivent d?importantes sommes pour
faire valoir leurs produits.
Les estimations suggèrent que presque la moitié des articles publiés dans
les revues médicales sont rédigés par des ?nègres?. Alors que des médecins
qui apposent leurs noms sur les articles peuvent être généreusement payés
pour prêter leur réputation, le rédacteur reste anonyme. Ces derniers, et l?
implication des entreprises pharmaceutiques, sont rarement signalés.
Ces papiers qui appuient certains médicaments sont présentés devant les GP
comme une recherche indépendante pour les persuader de prescrire le
médicament.
En février, le New England Journal of Medicine a été contraint de retirer un
article publié l?an dernier par un médecin de L?Imperial Collège de Londres
et du National Heart Institute sur le traitement de problèmes cardiaques. Il
s?avère que nombre des auteurs indiqués n?ont que peu à voir avec la
recherche, sinon rien. La tromperie n?a été révélée que quand un cardiologue
allemand, le Dr Hubert Seggewiss, l?un des huit auteurs, a téléphoné au
rédacteur en chef du journal pour lui annoncer qu?il n?avait jamais eu
connaissance d?une quelconque version de ce papier.
Un article publié en février dernier dans le Journal of Alimentary
Pharmacology, spécialisé dans les troubles de l?estomac, implique un
rédacteur médical travaillant pour le géant pharmaceutique AstraZeneca ? un
fait qui n?avait pas été indiqué par l?auteur.
L?article, d?un médecin allemand, fait mention de la « contribution » du
docteur Madeline Frame, mais n?indique pas qu?il est rédacteur medical
senior pour AstraZeneca. L?article défend essentiellement l?usage d?un
produit pour les ulcères gastriques, l?OMEPRAZOLE, fabriqué par AstraZeneca,
en dépit des indications de réactions indésirables plus importantes que pour
des produits similaires.
Dans l?industrie pharmaceutique, peu nombreux sont ceux qui ont le courage
de lever le voile. Cependant, Susanna Rees, assistante éditoriale pour une
agence rédactionnelle médicale jusqu?en 2002, fut si touchée par ce qu?elle
vit qu?elle a diffusé une lettre sur le site Internet du British Medical
Journal. « Les agences rédactionnelles médicales vont loin pour masquer le
fait que les articles qu?ils proposent aux revues ou aux conférences sont
rédigés par des nègres pour le compte d?entreprises pharmaceutiques et non
par les auteurs indiqués » écrit-elle, « Il y a un bon niveau d?acceptation
pour les propositions rédigées de la sorte, pas plus que la moyenne, mais
conséquent ». Une partie du travail de Rees était de s?assurer qu?un article
proposé par mail ne livrerait aucune clé permettant de remonter à l?origine
de la recherche : « L?une des procédures utilisées avant la soumission de l?
article par mail ou Cd est d?ouvrir les propriétés du document Word et d?en
enlever les noms de l?agence médicale ou de l?entreprise et de les remplacer
par les noms de la personne ou de son institution invitée par l?entreprise
pharmaceutique à apparaître comme auteur principal, mais qui peut n?avoir
jamais participé à la rédaction de l?article. » Quand elle a été contactée,
Rees a refusé de donner des détails : « j?ai signé un accord de
confidentialité et je ne peux pas faire de commentaires » a-t-elle dit.
Un autre rédacteur médical qui a travaillé pour nombre d?agence ne souhaite
pas être identifié de peur de ne plus pouvoir trouver de travail : «Il est
vrai que parfois une entreprise pharmaceutique peut payer un rédacteur
médical pour rédiger un article qui fait la revue de la littérature sur un
médicament avec un point de vue favorable. Cela signifie utiliser toute l?
information publiée pour rédiger un article expliquant les bénéfices d?un
traitement particulier. Un médecin reconnu peut alors être trouvé pour qu?il
appose son nom à l?article qui sera proposé à une revue sans que personne ne
sache qu?il a été rédigé par une agence pour le compte d?une entreprise. Je
reconnais que cela n?est pas éthique, mais toutes les entreprises le font. »
L?un des domaines où cette pratique devient un problème important est celui
de la psychiatrie. Le docteur David Healy, de l?University of Walle's,
effectuait des recherches sur les dangers possibles des antidépresseurs
quand le représentant d?un fabricant de médicaments lui a fait une offre d?
aide par mail. Le mail, vu par l?Observer, dit « afin de réduire au minium
votre charge de travail, nous avons fait effecté par notre rédacteur un
premier brouillon sur la base de vos travaux publiés. Vous le trouverez en
document attaché ». L?article de 12 pages était une revue de la littérature
prête pour une présentation en conférence. Le nom du Dr Healy apparaît comme
seul auteur de l?article, en dépit du fait qu?il n?en a jamais lu une ligne
avant. Il n?était pas satisfait du ton enthousiaste à l?égard du médicament
en question, il proposa alors des changements. L?entreprise répondit en
expliquant qu?il oubliait quelques aspects « commercialement importants ».
Au bout du compte, l?article est apparu dans une conférence et dans une
revue psychiatrique sous sa forme initiale et sous le nom d?un autre
médecin.
Pour Healy, de telles tromperies sont de plus en plus fréquentes. « Je pense
que 50 % des articles sur les médicaments dans les grandes revues médicales
ne sont pas rédigés de la manière que l?on pourrait attendre ? ce dont j?ai
été témoin laisse supposer qu?une part significative des articles du New
England Journal of Medicine, du British Medical Journal et du Lancet peut
avoir été écrite avec l?aide d?agences médicales. Ils ne sont rien moins que
l?info-commerciale payée par les entreprises. »
Aux Etats-Unis, une procédure judiciaire contre Pfizer a mis à jour des
documents internes révélant qu?elle utilise une agence rédactionnelle de New
York. L?un des documents analyse les articles sur l?antidépresseur Zoloft. A
certains articles il ne manque que le nom de l?auteur. Dans la marge, l?
agence fait apparaître les initiales TBD, ce qui, selon Healy, signifie « to
be determined » (à définir).
Le Dr. Richard Smith, rédacteur en chef du British Journal of Medicine,
reconnaît que ces pratiques sont un très gros problème. « Nous sommes
trompés par les entreprises. Les articles arrivent avec le nom de médecins
et l?on se rend compte souvent que certains d?entre eux n?ont qu?une idée
partielle, ou aucune, de ce qu?ils sont supposés avoir écrit. Quand nous
nous en rendons compte, nous rejetons l?article, mais c?est difficile. Dans
une certaine mesure, nous avons favorisé ce processus en insistant pour que
la participation des entreprises pharmaceutiques soit explicite. Elles ont
juste trouvé le moyen de contourner cette contrainte. »
Message: 5
Date: Mon, 08 Dec 2003 13:52:01 -0500
From: Sean Flynn <sean.flynn@cptech.org>
Organization: http://www.cptech.org
To: ip-health@lists.essential.org
Subject: [Ip-health] Pharma ghost writers
observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,6903,1101680,00.html
Revealed: how drug firms 'hoodwink' medical journals
Pharmaceutical giants hire ghostwriters to produce articles - then put
doctors' names on them
Antony Barnett, public affairs editor
Sunday December 7, 2003
The Observer
Hundreds of articles in medical journals claiming to be written by academics
or doctors have been penned by ghostwriters in the pay of drug companies, an
Observer inquiry reveals.
The journals, bibles of the profession, have huge influence on which drugs
doctors prescribe and the treatment hospitals provide. But The Observer has
uncovered evidence that many articles written by so-called independent
academics may have been penned by writers working for agencies which receive
huge sums from drug companies to plug their products.
Estimates suggest that almost half of all articles published in journals are
by ghostwriters. While doctors who have put their names to the papers can be
paid handsomely for 'lending' their reputations, the ghostwriters remain
hidden. They, and the involvement of the pharmaceutical firms, are rarely
revealed.
These papers endorsing certain drugs are paraded in front of GPs as
independent research to persuade them to prescribe the drugs.
In February the New England Journal of Medicine was forced to retract an
article published last year by doctors from Imperial College in London and
the National Heart Institute on treating a type of heart problem. It emerged
that several of the listed authors had little or nothing to do with the
research. The deception was revealed only when German cardiologist Dr Hubert
Seggewiss, one of the eight listed authors, called the editor of the journal
to say he had never seen any version of the paper.
An article published last February in the Journal of Alimentary Pharmacology
, which specialises in stomach disorders, involved a medical writer working
for drug giant AstraZeneca - a fact that was not revealed by the author.
The article, by a German doctor, acknowledged the 'contribution' of Dr
Madeline Frame, but did not admit that she was a senior medical writer for
AstraZeneca.
The article essentially supported the use of a drug called Omeprazole -
which is manufactured by
AstraZeneca - for gastric ulcers, despite suggestions that it gave rise to
more adverse reactions than similar drugs.
Few within the industry are brave enough to break cover. However, Susanna
Rees, an editorial assistant with a medical writing agency until 2002, was
so concerned about what she witnessed that she posted a letter on the
British Medical Journal website.
'Medical writing agencies go to great lengths to disguise the fact that the
papers they ghostwrite and submit to journals and conferences are
ghostwritten on behalf of pharmaceutical companies and not by the named
authors,' she wrote. 'There is a relatively high success rate for
ghostwritten submissions - not outstanding, but consistent.'
Rees said part of her job had been to ensure that any article that was
submitted electronically would give no clues as to the origin of the
research.
'One standard procedure I have used states that before a paper is submitted
to a journal electronically or on disc, the editorial assistant must open
the file properties of the Word document manuscript and remove the names of
the medical writing agency or agency ghostwriter or pharmaceutical company
and replace these with the name and institution of the person who has been
invited by the pharmaceutical drug company (or the agency acting on its
behalf) to be named as lead author, but who may have had no actual input
into the paper,' she wrote.
When contacted, Rees declined to give any details. 'I signed a
confidentiality agreement and am unable to comment,' she said.
A medical writer who has worked for a number of agencies did not want to be
identified for fear he would not get any work again.
'It is true that sometimes a drug company will pay a medical writer to write
a review article supporting a particular drug,' he said. 'This will mean
using all published information to write an article explaining the benefits
of a particular treatment.
'A recognised doctor will then be found to put his or her name to it and it
will be submitted to a journal without anybody knowing that a ghostwriter or
a drug company is behind it. I agree this is probably unethical, but all the
firms are at it.'
One field where ghostwriting is becoming an increasing problem is
psychiatry.
Dr David Healy, of the University of Wales, was doing research on the
possible dangers of anti-depressants, when a drug manufacturer's
representative emailed him with an offer of help.
The email, seen by The Observer, said: 'In order to reduce your workload to
a minimum, we have had our ghostwriter produce a first draft based on your
published work. I attach it here.'
The article was a 12-page review paper ready to be presented at an
forthcoming conference. Healy's name appeared as the sole author, even
though he had never seen a single word of it before. But he was unhappy with
the glowing review of the drug in question, so he suggested some changes.
The company replied, saying he had missed some 'commercially important'
points. In the end, the
ghostwritten paper appeared at the conference and in a psychiatric journal
in its original form - under another doctor's name.
Healy says such deception is becoming more frequent.
'I believe 50 per cent of articles on drugs in the major medical journals
are not written in a way that the average person would expect them to be...
the evidence I have seen would suggest there are grounds to think a
significant proportion of the articles in journals such as the New England
Journal of Medicine, the British Medical Journal and the Lancet may be
written with help from medical writing agencies,' he said. 'They are no more
than infomercials paid for by drug firms.'
In the United States a legal case brought against drug firm Pfizer turned up
internal company documents showing that it employed a New York medical
writing agency. One document analyses articles about the anti-depressant
Zoloft. Some of the articles lacked only one thing: a doctor's name. In the
margin the agency had put the initials TBD, which Healy assumes means 'to be
determined'.
Dr Richard Smith, editor of the British Journal of Medicine, admitted
ghostwriting was a 'very big problem' .
'We are being hoodwinked by the drug companies. The articles come in with
doctors' names on them and we often find some of them have little or no idea
about what they have written,' he said.
'When we find out, we reject the paper, but it is very difficult. In a
sense, we have brought it on ourselves by insisting that any involvement by
a drug company should be made explicit. They have just found ways to get
round this and go undercover.'
Pour vous inscrire, vous désinscrire et consulter les archives de e-med :
http://www.essentialdrugs.org/emed/
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