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[e-med] Sénégal: gratuité des ARV en janvier 2004
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 10 Dec 2003 04:18:28 -0500 (EST)
E-MED: Sénégal: gratuité des ARV en janvier 2004
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6e conférence internationale sur la prise en charge communautaire et à
domicile des PVVIH : Me Wade annonce la gratuité des ARV pour les personnes
vivant avec le Vih au Sénégal
Le Soleil (Dakar)
9 Décembre 2003
Publié sur le web le 9 Décembre
2003
MaÏmouna Gueye
En ouvrant les travaux de la 6e Conférence internationale sur la prise
communautaire et à domicile des personnes vivant avec le VIH, le président
de la République, Me Abdoulaye Wade, a annoncé que dans son pays, toutes les
personnes séropositives auront, à partir de janvier 2004, accès gratuitement
aux antirétroviraux (Arv).
Cette mesure s'inscrit en droite ligne dans les actions entreprises pour une
meilleure disponibilité des Arv. Me Abdoulaye Wade a ajouté que des
directives sont données au Premier ministre pour l'application de cette
mesure de gratuité qui fait ainsi passer la subvention de l'Etat sénégalais
des Arv de 90 à 100 %.
La 6e Conférence internationale sur la prise en charge communautaire et à
domicile des Personnes vivant avec le Vih (PvVih) a débuté, depuis hier, à
Dakar. La cérémonie officielle d'ouvertue a été présidée par le chef de
l'Etat, Me Abdoulaye Wade, accompagné de Mme Viviane Wade et de la Première
dame de la Gambie qui a rehaussé de sa présence cette rencontre solennelle
qui se tient pour la première fois en terre africaine. La venue à Dakar de
Mme Jammeh témoigne ainsi, une fois de plus, l'engagement incontesté des
Premières dames d'Afrique qui ont même créé un cadre d'actions, d'échanges
et surtout de plaidoyer pour lutter contre le Sida. Ce mal des temps
modernes qui a des répercussions sensibles sur la vie d'innocentes victimes.
Lesquelles sont souvent confrontées à la discrimination et à la
marginalisation. Des situations durement ressenties par les PvVih soulignant
de fait tout l'intérêt de la prise en charge communautaire et à domicile de
ces êtres qui n'ont pas délibérément choisi de devenir séropositifs.
Par conséquent, ils doivent bénéficier de soins de qualité au même titre que
les autres membres des communautés qui tombent malades et qui ont
légitimement accès aux traitements adéquats que nécessite la prise en charge
de leur maladie. Justement, c'est sur le thème « Plus de soins pour vivre
plus longtemps » que seront axées toutes les activités qui constitueront les
temps forts de cette rencontre de Dakar qui mobilise la participation de
plus de 2500 délégués venus du monde entier. Des assises dont la majeure
partie des participants est constituée de PvVih ou de mouvements des
communautés qui s'activent dans la lutte contre le Sida. Meilleure
disponibilité des Arv A partir d'aujourd'hui et ce jusqu'au 11 décembre
2003, les délégués plancheront sur des sous-thèmes comme : « mieux soigner
et traiter », « mieux vivre » et « se développer ». Mais, ces échanges qui
engagent l'implication de toutes les communautés qui prennent part à la 6e
Conférence internationale sur le Sida à Dakar ne peuvent avoir de sens que
si l'on arrive à ce résultat ô combien significatif, parce que concret : «
que la prise en charge des PvVih soit effective et intégrée dans l'agenda
politique des Etats aussi bien au niveau national qu'international », clame
le Dr Ibra Ndoye, président de la conférence. Et d'ajouter : « Nous comptons
sur son leadership ».
Des mots, une préoccupation qui ont eu un écho favorable au niveau du
président de la République du Sénégal qui déclare ainsi que, dans son pays,
et à partir de janvier 2004, toutes les personnes séropositives auront accès
gratuitement aux Antirétroviraux (Arv). Cette mesure s'inscrit en droite
ligne dans les actions prises pour une meilleure disponibilité des Arv.
Poursuivant, Me Abdoulaye Wade ajoute que des directives sont données au
Premier ministre pour l'application de cette mesure de gratuité qui fait
ainsi passer la subvention de l'Etat sénégalais des Arv de 90 à 100 %.
Voulant que son engagement à côté des PvVih fasse tache d'huile un peu
partout dans le monde, notamment dans les pays où l'accès aux Arv demeure
encore une équation pour ne pas dire un luxe, Me Wade lance un appel
solennel à ses homologues chefs d'Etat. Il en est de même de sa volonté
d'encourager « les partenaires à persévérer et faire de sorte qu'avant 2010
l'inaccessibilité aux Arv se conjugue au passé ». Car, pour le chef de
l'Etat du Sénégal, « l'accès aux Arv à tous est possible à condition que les
gouvernements s'approprient une telle politique et l'inscrivent dans leurs
budgets annuels ».
Cependant, quel que soit le degré d'engagement des Etats, de la société, Me
Abdoulaye Wade estime d'un apport considérable l'implication des
communautés. En effet, selon lui, « si les communautés ne se mobilisent pas,
les efforts des gouvernements, de la société civile n'auront pas les impacts
souhaités ». « Vous êtes les personnes les plus importantes de cette
conférence » Dans cette dynamique, Mme Mireille Guigaz, représentante du
ministère français des Affaires étrangères, indique que les personnes
séropositives ont besoin d'être accompagnées dans l'observance, le
traitement, la prise en charge nutritionnelle et bien d'autres domaines
entrant dans le cadre global de la prise en charge des PvVih. Et elle se
fonde sur la certitude que ni la recherche ni les soins ne sont en mesure de
répondre aux diverses difficultés auxquelles elles sont confrontées. Donc,
Mme Guigaz estime qu'il n y a pas aujourd'hui d'autres voies de recours que
le dialogue avec les PvVIh.
A ce titre, indique-t-elle à leur endroit : « Vous êtes les personnes les
plus importantes de cette conférence. Sachez-le.
Expliquez-vous ». Mais, l'option de la prise en charge communautaire ne doit
en aucune façon pousser les gouvernements, le personnel soignant ou d'autres
institutions, associations ou personnes intervenant directement dans la
lutte contre la pandémie du Sida à se dégager de leurs responsabilités.
Tout en saluant le partage des expériences porteuses d'innovation,
lesquelles témoignent davantage de la réalité de la prise en charge
communautaire, Mireille Guigaz reconnaît que cette dernière ne saurait être
un palliatif ».
Mieux, soutient-elle, « Il faut s'attendre à ce qu'elle coûte ».
Ayant compris un tel enjeu, Docteur Lieve Fransen, représentante de l'Union
européenne, a affirmé que les efforts doivent être augmentés, améliorés pour
répondre aux attentes des pays.
Aussi, estime-t-elle qu'il faut leur faciliter la prise en charge comme
c'est le voeu exprimé par tous. Notamment celui de Mme Jeanne Kouamé du
Réseau co-organisateur de la conférence qui a fustigé l'attitude des
bailleurs qui n'ont tendance, selon elle, à ne financer que les activités de
prévention laissant de côté un des aspects importants de la lutte contre le
Sida à savoir la prise en charge communautaire. Surtout qu'argumente Mme
Kouamé, cette nouvelle initiative prise pour stopper la propagation du
Vih-Sida, si elle est articulée à la prévention, ne peut que donner des
résultats probants pour une meilleure efficacité des stratégies de lutte. A
propos de prise en charge communautaire, Jeanne Kouamé a vanté les mérites
de la famille, son cadre d'exécution par excellence. « La famille constitue
la première réponse communautaire dans la mesure où c'est elle qui nourrit
et soigne les malades, donc elle peut jouer un rôle important dans la prise
en charge psychosociale de PvVih », soutient-elle.
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