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[e-med] Revue de presse /le sida en Afrique de l'ouest francophone
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 5 Dec 2003 09:30:30 -0500 (EST)
E-MED: Revue de presse /le sida en Afrique de l'ouest francophone
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Aide en direction des malades : les profiteurs du sida se portent bien
Wal Fadjri (Dakar)
4 Décembre 2003
Publié sur le web le 4 Décembre 2003
Le sida ne fait pas que tuer. Il fait vivre aussi les animateurs des
innombrables Ong habiles à capter les financements des organismes
internationaux, sous prétexte de lutter contre le «mal du siècle» en
Afrique.
Entre deux quintes de toux, Marc K. peine à raconter son calvaire et celui
de ses vingt autres camarades sidéens comme lui. Arrivés depuis trois jours
à l'hôpital de Port Bouët, à Abidjan, en provenance de Yamoussoukro, la
capitale ivoirienne située à 275km de là, ils continuent d'attendre les
antirétroviraux que leur a promis une Ong.
«Les responsables de l'Ong nous ont demandé de nous rendre ici où ils nous
rejoindraient pour nous donner les médicaments, halète Marc.
Ils nous ont établi des ordonnances et ont dit qu'ils iraient chercher des
financements pour l'achat des produits». Koné Issa, chargé de communication
à Onusida à Abidjan, confirme: «Nous avons effectivement financé en partie
cette Ong. Nous l'avons même aidée à trouver le complément de financement
chez d'autres bailleurs, mais nous ne savons pas actuellement où sont ses
responsables.» Le regard triste, les malades ne se font plus d'illusions: il
ne leur reste qu'à retourner chez eux sans avoir été soignés. Ce qui rajoute
à leurs souffrances physiques et morales.
«C'est encore des gens qui ont décidé de s'associer pour se faire un peu de
sous sur le dos des malades du sida, analyse le docteur Michel Kouamé. Cela
est bien fréquent!». Dans une thèse de doctorat en médecine soutenue en
septembre 2003, Jean Oulaï affirme qu'en Côte d'Ivoire, «seules 35% des
aides en direction des malades du Vih/sida arrivent réellement aux
bénéficiaires, quand toute la subvention n'est pas détournée!».
Le phénomène semble identique dans d'autres pays d'Afrique. Lors d'une
émission diffusée courant novembre sur la radio nationale du Bénin, des
auditeurs ont ouvertement dénoncé la cupidité de nombre d'Ong pour qui la
lutte contre le sida serait «une voie pour s'enrichir».
Ces dernières années, ces associations n'ont cessé de proliférer : en Côte
d'Ivoire, on en dénombre officiellement 112, tandis qu'au Bénin, elles
seraient près de 200!
Dans presque tous les Etats africains, la propagande sur la lutte contre le
sida, considéré à la fois comme un problème de santé publique et de
développement, et l'apparente facilité de financement des projets dans ce
domaine attisent les convoitises de bon nombre d'acteurs publics et privés.
Partout, les Cnls (comité national de lutte contre le sida), Pnls (programme
national de lutte contre le sida), Ppls (projet pluri-sectoriel de lutte
contre le sida) et autres voient le jour, soutenus et financés à coups de
milliards par les budgets des Etats et les contributions des organismes
internationaux (coopérations française, canadienne, des Etats-Unis, Oms,
Onusida, Unicef, etc.). Selon le rapport d'activité trimestriel publié fin
mars 2003 par le ministère de l'Intérieur, la Côte d'Ivoire bénéficierait
chaque année pour sa politique de lutte contre le Vih d'un montant total de
subventions estimé à environ 3,5millions de dollars Us. A Madagascar, les
évêques catholiques affirment, eux aussi, dans leur lettre du 18novembre
dernier, que «la lutte contre le sida devient un prétexte pour gagner de
grosses sommes», tout en s'insurgeant contre la politique de prévention
reposant sur l'usage de la capote.
Certaines organisations de la société civile (Ong, associations, médias,
etc.), partenaires des bailleurs ou des programmes, ont tôt fait de donner
dans le discours dominant. Pour bénéficier des milliards de la coopération
internationale, «il suffit de créer une association en veillant à y faire
adhérer des agents de santé ou quelques étudiants en médecine et en
sociologie», constate un agent d'une structure de lutte contre le sida au
Bénin. «On élabore ensuite des projets portant, souvent, sur la distribution
de préservatifs ou l'Iec [Ndlr: information, éducation, sensibilisation]
qu'on soumet aux organismes publics nationaux ou directement aux bailleurs
de fonds, continue-t-il. Avec la première tranche du financement, vous menez
quelques actions que vous justifiez dans un rapport consistant, ce qui vous
permet d'obtenir la seconde tranche. Ainsi, vous dépensez peu et économisez
beaucoup». L'attribution, sur fond de corruption, de marchés publics de
communication sur le Vih à certaines sociétés au détriment d'autres plus
compétentes, l'organisation inconsidérée de marches, caravanes et autres
manifestations artistiques publicitaires engloutissent, chaque année, des
dizaines de millions de francs Cfa.
Parallèlement, le taux de prévalence du Vih ne cesse de grimper: au Bénin,
il est passé de 0,3 % en 1990 à 4,1% en 2001. La Côte d'Ivoire, pour sa
part, demeure le pays le plus touché d'Afrique de l'Ouest avec plus d'un
million de malades déclarés. «L'hôtelier vit de l'hôtel», justifie Emile E.,
responsable d'une Ong de lutte contre le Vih.
Les sidéens appellent «travailleurs du sida» ces personnes qui vivent de ce
dont les autres meurent.
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Réunion mercredi des ministres africains sur le SIDA
Cotonou, Bénin (PANA) - Des ministres des Transports et de la santé du
Bénin, du Ghana, de la Côte d'Ivoire, du Nigeria et du Togo se réuniront
mercredi prochain à Cotonou pour réfléchir sur la situation du SIDA dans
leurs pays respectifs, a-t-on appris ce jeudi de sources officielles à
Cotonou.
Au cours de cette rencontre, les ministres aborderont le projet régional
commun de prévention et de prise en charge des IST/VIH/SIDA le long du
corridor de migration Abidjan-Lagos, l'état d'avancement, le cadre
institutionnel, la valeur ajoutée du projet et le partenariat avec les
secteurs public et privé dans le corridor.
Ils réaffirmeront, précise-t-on, leur engagement et donneront leur vision de
la lutte contre la pandémie.
Dans ces pays, rappelle-t-on, le taux de prévalence estimé au sein des
professionnels du sexe, frange de la population de l'axe, est de 84% à
Abidjan, en Côte d'Ivoire, en 1993, de 40% à Tema, au Ghana, puis de 80% à
Lomé, au Togo, en 1992, de 54% en 1996 à Cotonou, au Bénin, et enfin de 30%
à Lagos, au Nigeria, en 1994.
Le projet de prévention et de prise en charge des IST/VIH-SIDA le long du
corridor de migration Abidjan Lagos est, rappelle-t-on également, un projet
multisectoriel appuyé par l'ONUSIDA et la Banque mondiale.
Il vient en appui aux programmes nationaux de lutte contre le SIDA et vise à
améliorer l'accès aux services de prévention et de soins des IST/SIDA par
les migrants et populations locales des zones frontalières.
Cotonou - 04/12/2003
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Le Burkina mobilisé pour commémorer la Journée mondiale antisida
Ouagadougou, Burkina Faso (PANA) - Le Burkina Faso à célébré lundi à
Tenkodogo (165 km à l'est de Ouagadougou), comme chaque année le 1er
décembre à l'instar de la communauté internationale, la Journée mondiale de
lutte contre le SIDA sous le thème: "Vivre et Laisser vivre".
En 2003, indiquent les statistiques de l'ONUSIDA, quelque 5 millions de
personnes ont été infectées par le SIDA dans le monde, dont 3,2 millions en
Afrique au sud du Sahara, tandis que 95% des séropositifs vivent dans les
pays en développement.
Au Burkina, on estime à 600.000 personnes le nombre de séropositifs, alors
que celui des nouveaux cas à 19.540 en juillet 2002 et à 20.546 au premier
semestre 2003.
Outre la souffrance, le séropositif dans les sociétés africaines est obligé
de supporter la stigmatisation et la discrimination de son entourage.
Fustigeant ces discriminations à l'égard des malades du SIDA, le
représentant des malades du SIDA, Moumouni Gouem, les a qualifiées de "défis
humains".
Le Conseil national de lutte contre le SIDA et les maladies sexuellement
transmissibles (CNLS/IST) chargé de coordonner la lutte entend mettre les
bouchées doubles dans la décentralisation de ce combat.
A ce propos, le secrétaire permanent du CNLS/IST, le Dr Joseph Tiendrébéogo,
a indiqué que 75% des provinces ont mis sur pied un plan d'action, ainsi
que 60% des villages du pays.
D'autre part, selon le CLNS/IST, sur les 600.000 séropositifs, seuls 1.500
personnes bénéficient de médicaments antirétroviraux, alors que 60.000
auraient exprimé le besoin, soit de moins de 3%, ce qui a amené le ministre
de la Santé, Alain Yoda, à mettre l'accent sur la prévention.
A l'occasion de la commémoration de cette journée, M. Yoda a procédé au
lancement du préservatif féminin qu'il considère comme un complément dans la
gamme des moyens de prévention et grâce auquel le taux de séroprévalence
devrait baisser au cours des prochaines années.
Ouagadougou - 01/12/2003
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Le SIDA continue sa progression inexorable en Côte d'Ivoire
Abidjan, Côte d'Ivoire, (PANA) - La Côte d'Ivoire est le pays le plus
touché par la pandémie du SIDA en Afrique de l'ouest avec un taux de
prévalence de 10 à 12 pour cent, selon le dernier rapport du Programme
commun des Nations Unies sur le SIDA (ONUSIDA).
A ce jour, sur la base des dernières études de l'ONUSIDA et de
l'organisation mondiale de la Santé (OMS), la Côte d'Ivoire compte entre
800.000 et 900.000 séropositifs et près de 75.000 malades.
Le rapport indique que dans les zones urbaines, le taux de prévalence se
situe entre 12,8 et 15 pour cent.
Abengourou (210 km à l'est d'Abidjan) est la ville la plus touchée par le
SIDA avec un taux de prévalence de 14,8% et Yamoussoukro, la capitale
politique du pays, vient en deuxième position avec 12,1%, suivie de la
capitale économique, Abidjan,(11,3%).
En milieu rural, les populations sont moins touchées par le fléau du siècle
avec des taux se situant entre 6,7 et 8,4%.
La pandémie a pris de l'ampleur au cours de ces dernières années.
Ainsi pour la seule année 2000, 90.000 à 106.000 nouveaux cas d'infections
au VIH ont été enregistrés, ainsi que 2.000 décès hebdomadaires sur toute
l'étendue du territoire ivoirien.
Le SIDA a également des conséquences sur l'espérance de vie en Côte d'Ivoire
qui est passée de 60 à 44 ans en l'espace d'une vingtaine d'années.
Selon les mêmes études de l'ONUSIDA, la tranche d'âge des personnes les plus
infectées se situe entre 20 et 29 ans chez les femmes et 30 à 39 ans chez
les hommes.
En effet, en Côte d'Ivoire, le SIDA frappe "essentiellement" les jeunes
adultes et est devenu la première cause de mortalité dans cette frange de
la population avec 420 décès enregistrés par semaine en 2001.
Les enfants ne sont pas épargnés par la pandémie avec environ 84.000
séropositifs de 0 à 15 ans enregistrés dans la même année.
Ceci s'explique par la vulnérabilité biologique et la précocité des rapports
sexuels chez les femmes, favorisant ainsi la transmission du VIH de la mère
à l'enfant, indique-t-on.
Cependant, cette transmission mère-enfant qui était de 25% en l'absence de
traitement est tombée à 12,5% avec l'administration de l'AZT ou de la
Nevirapine.
Face à cette situation alarmante, les autorités ivoiriennes et la société
civile ont multiplié les actions allant dans le sens de la prévention du
SIDA.
Ainsi sept centres de prise en charge ont été accrédités et ouverts à
Abidjan, avec une tendance à la décentralisation à l'intérieur du pays
malheureusement contrariée par la situation de guerre qui prévaut en Côte
d'Ivoire.
Avec la découverte des trithérapies, l'association de trois médicaments, les
autorités ivoiriennes ont pu maîtriser les maladies opportunistes telles
que la tuberculose, même si les antirétroviraux ne sont encore largement
diffusés en Côte d'Ivoire en dépit des réductions considérables de prix
consenties par le gouvernement ivoirien.
De 350.000 à 400.000 FCFA par mois en 2001, chaque malade ne paye à présent
que 30.000 à 100.000 FCFA par mois. Mais ce coût reste toujours élevé pour
la plupart des malades, d'où le taux élevé de la mortalité.
La mise à la disposition de la Côte d'Ivoire de 9 milliards de FCFA
octroyés par le Fonds mondial de lutte contre le SIDA sur une période de
deux ans permettra de mener des campagnes de sensibilisation et de rendre
les ARV plus accessibles, indique-t-on.
Abidjan - 03/12/2003
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Les Guinéens se retroussent les manches contre le SIDA
Conakry, Guinée (PANA) - Quelque 23.000 personnes ont été infectées par le
VIH en Guinée, soit 77 cas par jour, a appris mardi la PANA auprès du
Comité national de lutte contre le SIDA (CNLS), qui a procédé lundi à une
grande sensibilisation des populations lors de la Journée mondiale contre
cette pandémie.
La secrétaire exécutive du CNLS, Mariama Diélo Barry, a reconnu que la
situation était préoccupante en Guinée et a exhorté les populations à aller
se faire dépister et à montrer plus de solidarité envers les malades vivant
avec le VIH/SIDA.
Ceux-ci étaient estimés en 2002 à 139.000 cas, selon l'ONG Stat View qui a
publié les résultats de son Enquête nationale sur le SIDA en août de la
même année.
Sur 1.042 volontaires qui ont accepté de se faire dépister à Conakry,
indique par ailleurs une étude du CNLS, 60% ont été reconnues séropositives,
soit une prévalence de 5,75%.
Les responsables du CNLS ont reconnu que la peur empêche beaucoup de
personnes d'aller se faire dépister dans les structures spécialisées,
notamment au Centre national de transfusion sanguine (CNTS) qui, en juillet
dernier, avait lancé un appel aux donneurs de sang qui se faisaient de plus
en plus rares.
Cette structure, qui recevait quotidiennement 500 donneurs, était en proie à
une crise de donneurs de sang en juillet dernier parce qu'elle enregistrait
moins de dix personnes.
La récente création de clubs de donneurs de sang dans les cinq communes de
la capitale a été saluée par la secrétaire exécutive du CNLS, qui encourage
ses compatriotes à participer à la lutte contre le SIDA pour que "tout le
monde vive et laisse vivre".
Le taux de prévalence est de 2,8% en Guinée où celui des infections dans les
quatre régions naturelles oscille entre 2 et 3,5%.
On rappelle que le premier cas de sida a été découvert en Guinée en 1987.
L'ONG Stat View a recensé 14.000 cas en 2001 et estime qu'il y en aura
282.000 si des mesures importantes ne sont pas prises.
Conakry - 02/12/2003
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Le président malien exprime sa compassion aux victimes du sida
Bamako, Mali (PANA) - Le président malien Amadou Toumani Touré (ATT) a
exprimé lundi sa compassion à toutes les victimes du SIDA à l'occasion de la
célébration de la Journée mondiale contre la pandémie, axée cette année sur
la lutte contre la discrimination et la stigmatisation.
"Les statistiques effroyables, loin de nous pousser au découragement et à la
fatalité, doivent être pour tous une source supplémentaire de détermination
et d'engagement à combattre le mal", a dit M. Touré, qui a rendu un hommage
appuyé à tous ceux qui se battent au quotidien, le plus souvent dans
l'anonymat, pour apporter aide et soutien aux malades et à leurs proches.
"Cette chaîne de solidarité humaine est le plus sûr moyen de combattre la
discrimination et la stigmatisation (...) qui conduisent fatalement à
l'exclusion sociale des malades (...) qui, en plus de souffrir dans leur
chair, deviennent la cible d'une intolérance qui précarise davantage leur
situation", a ajouté le président malien, appelant ses concitoyens aux
valeurs de solidarité, de respect et de compassion envers les malades.
Selon les données de l'Onusida, 5 millions de personnes ont été infectées à
travers le monde pour la seule année 2003, dont 800.000 sont des enfants.
Parmi ces 5 millions de nouveaux cas enregistrés, 3 millions en sont
décédés.
Au Mali, la dernière Enquête démographiques et de santé (EDS III, 2001)
fait état d'un taux de prévalence globale de 1,7% et d'un nombre cumulé
d'infections de 104.300 cas.
En vue de lutter efficacement contre la maladie, le gouvernement a institué
décembre mois de lutte contre le SIDA. Ainsi, en plus des activités
classiques de sensibilisation à travers les médias, des leçons modèles
seront dispensées dans toutes les écoles fondamentales et les medersa du
pays sur le thème de la stigmatisation et de la discrimination, et des
prêches seront organisés dans les lieux de culte et les écoles coraniques.
De même, des actions de sensibilisation de proximité seront menées pendant
tout le mois de décembre dans certains milieux comme les camps et garnisons
militaires, les gares routières et autres lieux de regroupements
saisonniers.
Bamako - 01/12/2003
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Le taux de séroprévalence global est de 0,87% au Niger
Niamey, NIGER (PANA) - Le taux de séroprévalence global du sida est de
0,87% au Niger, après pondération et en tenant compte de la répartition
réelle de la population en milieux urbain et rural, apprend-on de sources
officielles.
La séroprévalence la plus élevée a été observée chez les professionnelles du
sexe, avec 25,6% pour 197 cas, selon une enquête de la coordination
intersectorielle de lutte contre le VIH/sida au Niger.
L'enquête, publiée à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le
sida, célébrée lundi, a été conduite en 2002 par la coordination
intersectorielle en collaboration avec le Centre de recherches médicales et
sanitaires (CERMES).
En milieu scolaire, sur 780 élèves, un seul a été trouvé séropositif, soit
un taux de 0,1%, mais cinq cas de VIH positifs ont été recensés sur 358
enseignants.
Dans l'armée, sur 239 militaires enquêtés, neuf cas se sont avérés positifs,
tandis que dans les établissements pénitentiaires, sur 249 prisonniers, sept
cas ont été décelés.
En outre, parmi les routiers, sept conducteurs ont été décelés positifs, sur
402 conducteurs.
Au Niger, le premier cas de séropositivité a été détecté en 1987, et depuis
le taux ne fait que croître chaque année, rappelle-t-on.
L'enquête a porté sur un échantillon de 6.140 personnes réparties en six
groupes cibles: les professionnelles du sexe, les conducteurs et leurs
apprentis, les prisonniers, les lycéens, les enseignants et les militaires.
Leur âge varie de 15 à 49 ans.
Niamey - 03/12/2003
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Dr Adama Ndir (Service des maladies infectieuses) : "Plus de mille malades
du sida font l'objet d'un suivi régulier à Fann"
Wal Fadjri (Dakar)
INTERVIEW
3 Décembre 2003
Publié sur le web le 3 Décembre 2003
Ndakhté M. Gaye
Plus de mille individus affectés par le virus du sida sont suivis
régulièrement au Service des maladies infectieuses du centre hospitalier
universitaire de Fann à Dakar où la tendance est à la hausse, en raison de
l'augmentation de la population. D'où la nécessité, selon le docteur Adama
Ndir, en poste dans ce service, d'insister, dans l'entretien qu'il nous a
accordé, dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le sida, sur
la sensibilisation des populations et la prise en charge des malades, pour
éviter à ces derniers la stigmatisation dont ils font l'objet.
Qu'est-ce que la Journée mondiale de lutte contre le sida représente pour
vous ?
Bien des choses. Pour nous qui sommes des acteurs, cette journée permet
d'impliquer beaucoup de monde parce que nous agissons dans le cadre de la
prise en charge des malades tous les jours. Si on peut avoir une journée
pour impliquer tout le monde, c'est important pour nous. Cela nous permet de
montrer aux autres ce qui se passe.
Parce que la prise en charge ne se fait pas seulement au niveau des
structures hospitalières. Elle se fait déjà au niveau des maisons et des
communautés. En général, les malades viennent nous voir tardivement. Et
quand ils viennent, ils sont fatigués. Il y a donc des problèmes de prise en
charge qui se posent. Les médicaments sont chers, l'accès aux traitements
est difficile. En plus, ce sont des malades stigmatisés, rejetés par la
population du fait d'un manque d'information sur la maladie, sur le
traitement et d'un manque aussi de considération.
Qu'est-ce qu'il faut entendre par prise en charge ?
La prise en charge du sujet malade du sida a plusieurs volets. Il y a un
volet médical qui est le traitement du patient. C'est-à-dire que le sujet
infecté passe plusieurs étapes. Il y a un moment où il est infecté par la
maladie, mais il ne sent rien, c'est-à-dire qu'il ne développe aucun signe
de la maladie. On dit qu'il est séropositif. Ensuite, la maladie évolue et
demande à être traitée. C'est là où nous intervenons, dans cette partie qui
consiste à diagnostiquer la maladie. Une fois qu'on a fait ces analyses, on
commence à traiter, parce que le sida agit en diminuant la protection des
organismes de sorte qu'il développe des maladies opportunistes, parmi
lesquelles la tuberculose, la diarrhée, etc. Nous intervenons dans ce
domaine. Mais il n'y a pas que le volet médical. Il y a aussi le volet
social. Quand les accompagnants du malade ne sont pas au courant de la
maladie, il nous est difficile de le prendre en charge correctement, parce
qu'il n'y a personne pour lui payer ses médicaments. Et même si le malade
travaille, il y a un épuisement financier qui fait qu'à la longue, le malade
ne peut plus payer parce qu'il ne peut plus travailler, il est démuni, il
est affaibli. Il y a aussi un appui psychologique qui est important, parce
que même si le malade reçoit les médicaments et se fait traiter, quand il
n'est pas soutenu psychologiquement et moralement, la prise en charge
demeure difficile. On a même vu des familles éclater du fait de l'infection
à Vih parce qu'il n'y a pas eu justement ce soutien. La prise en charge
psychosociale, à commencer par le noyau familial, fait donc cruellement
défaut. Il faut que la population sache que le sida est une maladie comme
toutes les autres. C'est vrai qu'on n'a pas de médicaments pour éradiquer le
virus, mais on a des médicaments pour bloquer la multiplication de celui-ci
et l'évolution de la maladie.
On a des patients qui vivent depuis 5, 10, 15 ou même 20 ans avec la maladie
et qui sont comme vous et moi, vaquent à leurs occupations parce qu'ils se
font suivre correctement. Mais il faut qu'il y ait ce soutien psychologique
et social derrière.
Vivre vingt ans avec la maladie du sida, c'est quand même trop.
Est-ce à dire que les médicaments ne guérissent pas la maladie ? En d'autres
termes, les médicaments se révèlent-ils inefficaces pour le traitement de la
maladie ?
Guérir, c'est trop dire parce que le virus ne disparaît pas. Mais il est
neutralisé. Il vit, mais ne développe plus de maladie parce qu'on a traité
toutes les infections qui sont survenues. On a des malades qui sont dans
toutes les sphères de la société et qui sont hyperactifs. Ce sont des
fonctionnaires, des paysans, des cultivateurs. Le sida n'attaque pas
seulement les pauvres. Tout le monde est atteint par la maladie. Qu'il soit
des jeunes ou des sujets qui sont âgés. Ce sont
des malades qui vivent normalement.
Ils sont combien, ces malades que vous suivez régulièrement ?
Nous avons plus de mille patients qui sont suivis au niveau du service des
maladies infectieuses. Et il y a de plus en plus de patients qui viennent.
On dit que la prévalence, c'est-à-dire le pourcentage de patients au niveau
de la population générale, est faible parce qu'elle n'a jamais atteint les 2
% au niveau du Sénégal. C'est le témoin d'une lutte de toutes les
initiatives qui ont été prises, mais la population du Sénégal augmente. Par
conséquent, chaque jour, le nombre de malades augmente. Il faut donc
renforcer la prévention par les préservatifs, la fidélité ou l'abstinence.
Mais il y a des facteurs qui font que les comportements n'ont pas
foncièrement changés.
Et ils sont combien, ces malades, à être hospitalisés dans votre structure
hospitalière ?
Une bonne partie des lits est occupée par les malades du sida.
Quand ils viennent, ils sont dans un état fort avancé de la maladie et
développent beaucoup d'infections. Le traitement de ces infections prend
quand même un certain temps. Quand un malade vient pour occuper un lit, il
ne va pas sortir beaucoup plus vite qu'un autre malade qui a, par exemple,
le tétanos. Et la tendance est en train de se confirmer dans les autres
centres hospitaliers parce que ce sont des infections chroniques.
Avez-vous une idée du niveau de la maladie dans les entreprises ?
J'ai fait ma thèse de doctorat dans les milieux ouvriers. On s'était, avec
une Ong, rendu compte qu'effectivement, le sida existait dans ces milieux.
Dans certaines entreprises, il y a des personnes affectées. Le problème
demeure complexe du fait de la stigmatisation. Parce qu'un chef
d'entreprise, quand il aura l'information comme quoi un de ses employés est
infecté par le virus, sa première réaction est de se débarrasser de lui,
parce que c'est un problème de productivité qui va peut-être se poser. Il y
a une nécessité de sensibilisation au niveau des employeurs et la mise en
place des outils de prise en charge dans ces structures pour qu'ils sachent
que le patient, même s'il a le virus, peut continuer à travailler et
améliorer son rendement. On a eu des malades chefs d'entreprise qui ont été
infectés et qui, s'ils n'avaient pas bénéficié du traitement, peut-être
qu'ils auraient hypothéqué tout l'avenir de leurs employés et de leurs
entreprises. Je vous raconte une anecdote d'un collègue qui voulait agrandir
son entreprise et voulait faire un emprunt pour cela.
Dans les garanties d'assurance, il voulait faire le test du Vih/sida, je ne
sais pas pour quelle raison et l'on a dépisté qu'il était positif. Au début,
il était très découragé, mais quand on l'a pris en charge, son état s'est
amélioré et l'entreprise a bien marché.
On parle beaucoup de centres de dépistage. Est-ce qu'ils marchent bien ?
Pas comme on le voudrait. Il n'y en a pas beaucoup. A Dakar, on ne peut pas
trouver dix centres de dépistage. Il n'y a que quelques-uns alors qu'il y a
nécessité d'en implanter si possible dans chaque quartier. On aurait intérêt
à dépister les gens très tôt, parce que ça facilite la prise en charge de
ces patients. Il y aura beaucoup moins de risques de stigmatisation et plus
d'efficacité dans la prise en charge. Maintenant, cette donnée est prise en
compte dans le cadre de la politique nationale. Par exemple, dans la région
de Ziguinchor où je m'occupe de la coordination concernant l'accès au
traitement, un centre été nouvellement mis en place par une Ong américaine.
Le centre travaille en étroite collaboration avec l'hôpital régional. Quand
les malades sont dépistés, ils viennent se faire suivre à l'hôpital.
Quelle est la situation de la maladie dans cette région Sud ?
La région de Ziguinchor est une zone où la prévalence est déjà bien plus
importante que Dakar. C'est une localité assez particulière parce qu'elle
est située entre deux zones où la prévalence est assez élevée : la Gambie et
la Guinée-Bissau. Et il y a un flux migratoire intense entre ces zones.
Beaucoup de gens traversent la frontière pour aller travailler ou rendre
visite à leurs parents. Il y a un grand challenge concernant la
sensibilisation dans ces zones du fait des facteurs qui encouragent la
propagation de la maladie. Il y a donc une nécessité urgente d'assurer la
sensibilisation et la prise en charge. Le programme d'accès aux médicaments
d'antirétroviraux (Arv) a démarré dans cette localité et l'on va bientôt
finir les formations pour que les médecins, les assistants sociaux et les
acteurs le fassent bien.
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Festival Africa fête : les artistes s'engagent contre le sida
Le Soleil (Dakar)
3 Décembre 2003
Publié sur le web le 3 Décembre 2003
Laure Boutin (stagiaire)
Le coup d'envoi du festival Africa Fête a été donné le lundi 1er décembre,
journée mondiale contre le sida. Une date qui ne doit rien au hasard puisque
les promoteurs de cet événement, en partenariat avec le PNUD, ont voulu
placer cette grande manifestation sous le signe de la lutte contre le sida.
Le lancement officiel du festival Africa Fête s'est fait lundi, au Centre
culturel français. Cette édition 2003 a trois raisons d'être. Elle fête non
seulement le 25e anniversaire de la création du label Africa Fête, mais elle
célèbre aussi les 70 ans d'un monument de la musique africaine, Manu
Dibango. Ce festival, c'est aussi et surtout l'occasion, pour Africa Fête,
de marquer son engagement pour la lutte contre le sida, à l'image de cette
devise : " Avec la jeunesse, contre le sida ".
Pour affirmer le rôle des acteurs culturels, dans ce combat, une conférence
sur ce thème a eu lieu lundi. L'un des moments forts a été le témoignage de
Nelly, une Française vivant avec le VIH-SIDA. Elle a appelé à se battre
contre la discrimination et la stigmatisation qui touchent les malades. Tous
les artistes présents ont été unanimes pour reconnaître la responsabilité
qui est la leur dans la sensibilisation des populations.
Transmettre des messages de prévention dans leurs chansons, leurs clips,
lors des concerts, participer à des campagnes publicitaires, faire
apparaître les logos et slogans, autant d'actions que tous se sont engagés à
mettre en pratique ou à poursuivre dans leurs futures productions. Les
artistes ont d'ailleurs pu traduire tout de suite leurs paroles en actes
puisqu'un concert gratuit était organisé au Théâtre de Verdure pour marquer
l'ouverture du festival. " Africa 2015, pour une génération sans sida "
était le refrain de cette soirée. Le maître de cérémonie, l'humoriste
ivoirien Adama Dahico, sensibilisait à sa manière le public. Pour lui, seule
la méthode CFA - capote, fidélité, abstinence - peut permettre d'enrayer ce
fléau. Pendant deux heures, les artistes se sont succédé : troupe " Kay fecc
", le rappeur Big D, Doudou N'Diaye M'Beng, les groupes Ekankan et Kant. Et
tous de transmettre leur message de prévention contre le sida, à l'instar de
Saintrick qui chantait : " Un p'tit geste sauve le reste, mets ta cape, mon
pote ! " Après la réussite de cette première journée, les prochains
rendez-vous promettent de beaux moments. Les journées d'hier, d'aujourd'hui
et de demain jeudi seront consacrées à des rencontres professionnelles avec
la présence de professionnels africains et européens de l'industrie
musicale.
Vendredi 5 décembre, au Centre culturel français, de nombreux artistes de
renom rendront hommage à Manu Dibango, lors d'un concert spécial
anniversaire. Le stade Iba Mar Diop accueillera samedi, à partir de 18 H,
une pléiade d'artistes, comme Didier Awadi, Pee Froiss, les Barons de la
capitale et bien d'autres pour un grand concert de clôture.
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