[Date Prev][Date Next][Thread Prev][Thread Next][Date Index][Thread Index]
[e-med] (5) 4ème forum pharmaceutique international de Conakry
- From: "Aboubacar Sidiki DIAKITE" <as-diak@sotelgui.net.gn>
- Date: Thu, 30 Oct 2003 09:44:21 -0500 (EST)
E-MED: (5) 4ème forum pharmaceutique international de Conakry
--------------------------------------------------------
Chers emediens,
Le message ci-dessous était resté dans ma boîte "brouillons". Il devrait
être disponible depuis juillet 2003. Je pense qu'il pourrait toujours
intéressant d'en débattre.
Je conviens qu'il n'est pas sain que les DPM soient pris en charge par les
laboratoires. Il serait souhaitable que les DPM soient autonomes. A mon
avis ils se battent effectivement pour cela depuis quelques temps sans
succès pour la plupart. Malheureusement les Directions de la Pharmacie et
du Médicament sont souvent frappées par l'unicité de la caisse de l'Etatet
l'absence d'agent comptable et de caisse d'avance. Toute dépense demande
des procédures longues et difficiles et qui souvent même n'aboutissent pas.
Quelques obstacles peuvent être relevés quant à l'obtention de leur autonomie :
- Il arrive souvent qu'il soit difficile pour bon nombre de Directeurs de
trouver des justifications convaincantes pour l'autonomie de leurs services
en les transformant en Agences sans entraîner les mêmes démarches par des
services de niveau équivalent dans le Département ministériel. Ceci est
perçu comme une perte d'autorité de la part des Hauts responsables qui se
demandent quel va être le degré d'indépendance de la nouvelle agence par
rapport à la tuelle.
En Guinée nous sommes dans le processus de la transformation de la DPM en
Agence depuis 1999. La justification n'a pa été facile mais grâce au
soutien de certains partenaires au développement du secteur santé, le
principe est acquis. Sa mise en oeuvre est prévue dans le cadre d'un projet
de réforme que nous attendons depuis 1999.
Face à toutes ces difficultés et étant donné que le bon fonctionnement
d'une DPM est dans l'intérêt global du secteur pharmaceutique d'un pays
parce que renforce l'encadrement légal des structures et des activités, il
serait souhaitable qu'en attendant l'autonomie une solution à l'intérieur
du secteur basé sur la solidarité intraprofessionnelle soit trouvée. Pour
ce qui est des frais d'enregistrement en Guinée, ils sont faibles si non
très faibles. Mais que le niveau soit relevé ou pas, cela ne profiterait
aucunement à la DPM, étant donné qu'ils sont versés au Trésor public. La
DPM avait fait un projet pour le porter à 300.000 FG au lieu de 100.000 FG.
Ceci était assorti d'une clef de répartition octroyant les 2/3 à la DPM et
l'autre 1/3 au Trésor. Ce projet permettait de maintenir l'ancien niveau de
participation de la DPM aux recettes intérieures de l'Etat et d'améliorer
les capacités financières intrinsèques de la DPM. Ce projet est dans le
circuit depuis 1999. Pour soutenir ce projet, les arguments suivants ont
été développés :
- rendre la DPM plus réactive par rapport aux problèmes d'urgence liés aux
médicaments : échanges avec l'extérieur, retrait de médicament du marché, etc.
- prendre en charge en partie les frais de fonctionnement de l'inspection
de la pharmacie, de la commission nationale du médicament ;
- prendre en charge certaines missions de la DPM etc.
Avec ces éléments je pense que tout le monde peut comprendre un peu plus
les difficultés auxquelles sont confrontés les DPM et qu'il est difficile
d'extérioriser au risque qu'une telle démarche ne s'interprète autrement.
Dans une situation où le problème d'accès aux médicaments se pose à tous
les niveaux, toute démarche induisant une augmentation de leur coût de
revient serait difficile à soutenir vis à vis des autorités d'une part et
vis à vis des professionnels d'autre part qui constatent qu'aucune action
efficace n'est menée pour l'éradication du marché illicite du médicament.
Un autre préalable chez nous est la maîtrise de la structure des prix du
médicament qui est obsolète et mérite d'être revisée. Cette révision
demande de la part de l'Etat et des professionnels des efforts.
Nos memoires sont encore fraîches pour rappeler le soutien pathétique
apporté en Guinée à la lutte contre la marché illicite lors du 4ème Forum
International de Conakry par l'ensemble des participants en général et par
Joseph Amoussou du Bénin en particulier. Tous les professionnels de santé
ainsi que l'Association des consommateurs ont été sensibles et retiennent
cette volonté affirmée contre le Marché illicite florissant de Madina. Nous
lui sommes reconnaissants. Mais dommage que le marché continue de défier
tous les professionnels de la santé et même les autorités. J'espère qu'une
solution sera trouvée.
Il est à retenir que pour noyer ou boycotter ceux qui sont engagés dans
cette lutte, les adversaires font dire n'importe quoi. Un des arguments
forts des défenseurs du marché illicite contre les professionnels est que
ceux-ci y seraient impliqués. Ils ajoutent que les médicaments sont chers.
Pourtant le prix d'autres biens augmente beuacoup plus fortement. En outre
beaucoup de commerçants prospèrent ou s'enrichent dans le commerce de
médicaments. Quant aux professionnels de la pharmacie, tous les jours ils
sombrent. A mon avis si les professionnels de santé impliqués à un tel
niveau, ils n'auraient jamais posé le problème de ce marché si la situation
leur était favorable. Donc il y a une manipulation du système par les
adversaires qui sont malheureusement aujourd'hui plus riches et plus
proches des populations et des décideurs que les professionnels de la
pharmacie et du médicament. C'est un débat long et complexe. Soutenons nous
et n'acceptons pas que des contradictions internes nous fassent rater les
objectifs que nous nous sommes donnés à travers nos Politiques
pharmaceutiques nationales à savoir : assurer la disponibilité de
médicaments sûrs, de qualité et accessibles. Les médicaments du marché
échappent au contrôle des services de santé et sont de sources inconnues,
donc personne ne peut en garantir la qualité et les conditions
d'utilisation. Ne désarmos pas et continuons de nous battre car nous sommes
condamnés à le faire pour donner un sens à notre existence.
A. Sidiki DIAKITE
--
Adresse pour les messages destinés au forum E-MED:
e-med@healthnet.org
Pour répondre à un message envoyer la réponse au forum
ou directement à l'auteur.
Pour toutes autres questions addresser vos messages à :
e-med-help@healthnet.org
|