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[e-med] Revue de presse sur le sida
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 29 Sep 2003 04:45:09 -0400 (EDT)
E-MED: Revue de presse sur le sida
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Appel pour l'accès équitable aux traitements anti-sida en Afrique NAIROBI,
26 sept (AFP) - 17h26
- L'accès équitable aux traitements anti-sida en Afrique et la lutte contre
la corruption sont essentiels pour combattre la pandémie qui ravage
l'Afrique, continent le plus touché au monde, a déclaré vendredi à Nairobi
le "Monsieur sida" de l'Onu.
Le directeur exécutif du Programme commun de l'Onu sur le sida (Onusida)
Peter Piot a souligné que la lutte contre le sida était à un tournant, avec
notamment un accès plus grand aux antirétroviraux.
Il s'exprimait à l'occasion de la clôture de la 13ème conférence
internationale sur le sida en Afrique, ouverte dimanche à Nairobi, et à
laquelle quelque 8.000 délégués, venus du monde entier, ont participé. La
14ème conférence se tiendra en 2005 à Abuja, au Nigeria.
Ce responsable a cependant souligné que l'aide financière de la communauté
internationale à l'Afrique dépendait de l'attitude des pays africains envers
la maladie.
Et il a particulièrement mis l'accent sur la nécessaire équité et
transparence qui devrait caractériser la distribution des antirétroviraux en
Afrique, dont l'arrivée progressive sur le continent suscite beaucoup
d'espoir.
Il est vital d'éviter "un processus de type darwinien avec la survie des
plus forts", dans lequel les militaires, les hommes de pouvoir ou d'argent,
seraient favorisés par rapport aux femmes, aux enfants et aux pauvres,
a-t-il averti.
Selon lui, une "avancée" a été faite cette semaine pour combattre le sida en
Afrique, qui compte 30 des 40 millions de personnes touchées dans le monde
par le HIV/sida.
"Nous avons indéniablement fait des pas de géant dans le domaine du
financement. Nous ne travaillons plus sans avoir des ressources financières
importantes", a-t-il estimé.
En deux ans, les dépenses consacrées à la lutte contre le sida en Afrique
ont en effet quasiment doublé, atteignant les 950 millions de dollars en
2002. Et aujourd'hui les antirétroviraux tant attendus par les malades
africains sont de moins en moins chers et donc plus accessibles.
Mais l'argent, selon ce responsable, est toujours de plus en plus
nécessaire.
Et ces financements pourraient venir autant de pays africains disposant de
confortables rentes pétrolières ou d'importants budgets militaires que des
riches pays du nord.
Le "Monsieur sida" de l'Onu a également souligné la nécessaire lutte contre
la corruption. Il faut montrer aux donateurs que "l'argent disponible est
bien dépensé et que les programmes touchent bien ceux qui en ont besoin",
a-t-il lancé.
"Surveiller et évaluer ce que nous faisons est de plus en plus crucial",
a-t-il insisté.
"Le rationnement (des antirétroviraux) d'une manière ou d'une autre" est
inévitable au début, avait-il indiqué jeudi à l'AFP. "C'est une question de
vie ou de mort. Et si cela n'est pas fait correctement, cela peut mener à de
vrais révoltes", avait-t-il affirmé.
"Je pense vraiment que cette question, de l'accès au traitement, dans des
pays où 30, 40% des adultes sont atteints par le HIV/sida, va devenir une
des questions politiques les plus importantes", avait-il poursuivi.
"C'est une bombe à retardement, une bombe à retardement politique", a-t-il
insisté.
Le "Monsieur sida" de l'Onu a rappelé que, sur les quelque 75.000 Africains,
selon les derniers chiffres rendus publics lundi dernier, qui ont
actuellement accès aux antirétroviraux, la majorité d'entre eux sont "des
hommes avec des responsabilités ou avec de l'argent".
Les cérémonies de clôture de la conférence ont par ailleurs été brièvement
perturbées par des manifestants demandant un accès plus grand aux
traitements anti-sida.
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13e CISMA à Nairobi : que l'Afrique utilise le coût des décès pour payer le
traitement
Fraternité Matin (Abidjan)
26 Septembre 2003
Publié sur le web le 26 Septembre 2003
B. Zeguela
Abidjan
Pour l'accès aux traitements du sida, les Africains avec souvent le
bénédiction de leur gouvernement n'ont jamais cessé d'accabler l'Occident.
Mais que faisons-nous pour nous-mêmes avant de tendre la main, avant
d'accuser les autres? En exposant hier matin à la session plénière (la
troisième) de la 13eme conférence sur le sida en Afrique sur "accès et
utilisation des médicaments antiretroviraux en Afrique", le docteur Eholié
Serge Paul, maître assistant au service des maladies infectieuses d'Abidjan
(très ovationné après
sa présentation) a proposé des voies et moyens qui pourraient aider
l'Afrique à compter sur elle, et avoir un partenariat équilibré avec
l'extérieur. Pour le docteur Eholié, l'accès de l'Afrique aux médicaments
antisida ne peut être total, tant que la communauté, c'est-à-dire les
familles , les entreprises, les ONG et le gouvernement n'ont pas produit des
ressources locales. Et pour
produire ces ressources, l'Afrique pourrait par exemple utiliser le coût des
décès, l'argent mis dans les funérailles.
Pour étayer ces propos le docteur Eholié a pris l'exemple de la Zambie, en
1999 où le coût de l'infection à vih est revenu à peu près à deux millions
de dollars par an. Un coût qui prend en compte les dépenses occasionnées par
la formation, l'absentéisme et les décès. Soit environ 150 000 $. "On a
simplement fait un calcul et démontré que cette somme en 1999 aurait permis
de prendre en charge 500 Zambiens". Ce qui fait dire au conférencier qu'il
faut que l'Etat zambien comprenne qu'il doit intervenir.
Ce message à l'Etat zambien s'adresse en réalité à tous nos Etats. "Le
problème de nos pays, c'est qu'ils attendent tout de l'extérieur. Au plan
local, que font les pays pour donner de l'argent à la lutte contre le sida."
S'est interrogé le docteur Eholié. Qui comme le conseiller régional de l'OMS
pour les questions de vih/sida, le docteur Tsidi Moeti a rappelé la promesse
des chefs d'Etat africains d'accorder 15% de leur budget à la santé et qui
n'est toujours pas suivie d'effet.
En matière de création de ressources propres, les gouvernements devraient
prendre l'exemple sur les entreprises, qui à l'image de la compagnie
ivoirienne de l'électricité, font une mobilisation des fonds à l'intérieur
pour prendre en charge leurs employés. "Même si on vous donne des
médicaments pendant deux ans, après deux ans qui prend en charge? Il n'y a
que 11% des Africains qui ont un revenu et ceux-ci doivent prendre en charge
toute une famille. Il faut que les Etats aident les patients qui sont
infectés."
Pour le docteur Eholié Serge Paul l'accès aux médicaments antiretro-viraux
de l'Afrique implique la solidarité de tout le monde (implication forte de
la famille, du gouvernement les communautés) "Si vous arrivez à dire dans
votre communauté religieuse par exemple qu'on veut faire un fonds de
solidarité, on veut cesser de payer pour les décès , les cotisations vont se
faire et on peut trouver des fonds". Et pour l'utilisation des traitements
a-t-il souligné "on n'a pas besoin de transférer les modèles du Nord, on a
suffisamment de connaissances, d'expériences pour faire notre propre modèle
pour traiter nos patients".
Mais pour que ces expériences réussissent, il doit être mis fin à la fuite
des cerveaux." Nous demandons qu'on forme le personnel de santé avant de
faire la décentralisation. Mais si les gens que vous formez partent, ce ne
sera plus un problème à l'accès, mais un problème à la bonne utilisation".
La conférence de Nairobi dénonce en effet depuis son ouverture le départ des
experts du continent vers d'autres cieux. C'est ainsi que le docteur Tsidi
Moeti dira " qu'il y a plus de scientifiques nigérians aux USA qu'au Nigeria
". Mais dénonçant toujours ces fuites de cerveaux, d'aucuns accusent les
institutions internationales aussi de dépouiller 'administration, notamment
les ministères de la Santé de leurs experts. Mais cela on préfère le dire
sous cape.
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Kofi-Annan : "Le chemin de la lutte contre le sida est encore long"
Libération (Casablanca)
DOCUMENT
25 Septembre 2003
Publié sur le web le 25 Septembre 2003
On trouvera ci-après le discours que le secrétaire général de l'ONU, M. Kofi
Annan a prononcé aujourd'hui à la séance plénière de l'Assemblée générale
consacrée au suivi de l'application de la déclaration d'engagement sur le
VIH/Sida :
Il y a deux ans, les nations sont convenues qu'une victoire sur le VIH/sida
demanderait volonté, ressources et mesures concrètes.
La volonté, nous l'avons. Les ressources sont en augmentation. Mais pour ce
qui est d'agir, nous sommes encore loin du compte.
A la session extraordinaire que l'Assemblée générale a consacré au VIH/sida
en 2001, les Etats membres ont adopté la déclaration d'engagement, qui
contenait des objectifs précis assortis de délais.
Vous avez devant vous un bilan de ce qui a été fait pour atteindre ces
objectifs, établi sur la base de l'information fournie par vos
gouvernements.
Cent trois pays ont communiqué des renseignements à ONUSIDA. Ces
renseignements ont été regroupés pour que vous puissiez vous faire une idée
de la situation d'ensemble dans le monde, mesurée au moyen
d'indicateurs-clés portant sur les principaux aspects de l'action menée.
Sur bien des plans, il y a eu progrès.
Les Etats se sont engagés à consacrer beaucoup plus de ressources à la lutte
contre l'épidémie, tant à titre individuel que par l'intermédiaire du Fonds
mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Alors que le Fonds a été créé peu après la session extraordinaire de 2001,
jusqu'à présent, 1,5 milliard de dollars ont été engagés dans 93 pays.
Les gouvernements, les organismes des Nations Unies et la société civile
collaborent davantage, en vue d'élaborer des propositions pour le Fonds et
de fournir les services indispensables à ceux qui en ont le plus besoin.
La grande majorité des Etats membres ont adopté des stratégies nationales
multisectorielles de lutte contre le VIH/Sida.
De plus en plus de sociétés, dont des multinationales, adoptent des
politiques concernant le sida sur le lieu de travail.
La société civile participe de plus en plus à la recherche de solutions
globales. Les deux tiers des pays ont, dans leurs rapports nationaux, tenu
compte d'éléments communiqués par des groupes de la société civile.
Les différents groupes confessionnels sont de plus en plus actifs, et
beaucoup aident à combler les écarts entre le Nord et le Sud.
Pourtant, la lecture du rapport n'est pas réjouissante. Plusieurs des
objectifs de la déclaration qui devaient être atteints cette année ne l'ont
pas été.
Pire encore, nous ne sommes pas sur la bonne voie pour commencer à réduire
l'ampleur et les effets de l'épidémie d'ici à 2005. D'ici là, nous devrions
avoir fait baisser d'un quart le nombre de jeunes séropositifs dans les pays
les plus touchés, réduit de moitié le taux de contamination des nouveau-nés
et mis en place de vastes programmes de soins.
Le rapport ne laisse aucun doute : nous n'atteindrons aucun de ces objectifs
d'ici à 2005.
Un tiers des pays n'ont encore adopté aucune politique garantissant aux
femmes l'accès aux mesures préventives et aux soins, alors que les femmes
comptent à présent pour plus de 50% des séropositifs dans le monde.
Plus d'un tiers des pays fortement touchés n'ont toujours adopté aucune
stratégie pour la prise en charge des enfants, de plus en plus nombreux,
dont les parents ont succombé au sida.
Et les deux tiers des pays du monde n'offrent aux membres des groupes les
plus à risque aucune protection juridique contre la discrimination.
Parmi toutes les personnes qui voudraient savoir si elles sont porteuses du
virus, seule une sur neuf peut se faire tester; en Afrique subsaharienne,
seule une personne sur 16 a cette possibilité.
Et parmi les femmes enceintes qui reçoivent des soins anténataux, seule une
sur 20 bénéficie de services qui pourraient l'aider à éviter de contaminer
son enfant, ou d'un traitement qui prolongerait son espérance de vie.
Pour que nous ayons la moindre chance d'atteindre les objectifs fixés pour
2005, il va falloir que ces chiffres s'améliorent de façon très nette.
Sur le plan du financement, le constat est le même: il y a eu des progrès,
mais ils sont loin d'être suffisants.Au cours de l'année écoulée, les fonds
consacrés à la lutte contre le sida dans les pays à revenu faible ou
intermédiaire ont augmenté de 20%, pour atteindre un montant annuel de 4,7
milliards de dollars. Depuis 1999, dans ces pays, les dépenses de l'Etat
pour lutter contre le sida ont doublé.
Pourtant, nous ne sommes qu'à mi-parcours, puisque ce sont 10 milliards de
dollars qui doivent être mobilisés chaque année d'ici à 2005. Les ressources
doivent continuer d'augmenter, dans le cadre du Fonds mondial mais aussi
d'autres initiatives, notamment celles des gouvernements des pays fortement
touchés.
Nous avons fait du chemin, mais pas assez. Il est évident que nous allons
devoir redoubler d'efforts pour que les ressources que nous mobilisons et
l'action que nous menons soient à la hauteur des engagements que nous avons
pris.
Il ne peut être question de prétendre que nous avons d'autres problèmes plus
graves et plus urgents à régler. Ou de dire que d'autres évènements nous ont
forcés à reléguer à l'arrière-plan le problème du sida. Des évènements, il y
a en aura toujours.
Le sida doit constamment figurer en tête de nos préoccupations, sur le plan
politique et pratique. Je continuerai de faire tout ce qui est en mon
pouvoir pour qu'il en soit ainsi. J'espère que le rapport dont vous êtes
saisis et les documents qui l'accompagnent vous aideront à faire de même.
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