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[e-med] Peter Piot : accès aux ARV et risque de révoltes
- From: remed@remed.org
- Date: Sat, 27 Sep 2003 04:32:41 -0400 (EDT)
E-MED: Peter Piot : accès aux ARV et risque de révoltes
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Accès au traitement anti-sida en Afrique: qui doit mourir? qui doit vivre?
NAIROBI, 25 sept (AFP) - 18h09 - L'accès équitable aux médicaments
antirétroviraux en Afrique, ravagée par la pandémie du sida, peut
constituer une "bombe à retardement" si les gouvernements privilégient la
distribution aux élites, a averti jeudi le "Monsieur sida" de l'Onu.
Le directeur exécutif du Programme de l'Onu contre le sida (Onusida), Peter
Piot a souligné le difficile choix, "de vie ou de mort", qu'auront à faire
à l'avenir les responsables politiques et médicaux du continent alors que
les antirétroviraux commencent à arriver en Afrique.
Il s'exprimait en marge de la 13ème conférence internationale sur le sida
en Afrique, qui se tient jusqu'à vendredi à Nairobi (Kenya) avec la
participation de 8.000 délégués venus du monde entier.
"Le rationnement (des antirétroviraux) d'une manière ou d'une autre" est
inévitable au début, a-t-il indiqué dans un entretien avec l'AFP. "C'est
une question de vie ou de mort. Et si cela n'est pas fait correctement,
cela peut mener à de vrais révoltes", a-t-il affirmé. "Je pense vraiment
que cette question, de l'accès au traitement, dans des pays où 30, 40% des
adultes sont atteints par le VIH/sida, va devenir une des questions
politiques les plus importantes", a-t-il poursuivi. "C'est une bombe à
retardement, une bombe à retardement politique", a-t-il insisté.
Le "Monsieur sida" de l'Onu a rappelé que, sur les quelque 75.000
Africains, selon les derniers chiffres rendus publics lundi dernier, qui
ont actuellement accès aux antirétroviraux, la majorité d'entre eux sont
"des hommes avec des responsabilités ou avec de l'argent".
Par comparaison, 58% des quelque 30 millions d'Africains atteints par le
HIV/sida sont des femmes et 10% des enfants de moins de 15 ans.
Le chef de l'Onusida avait appelé, il y a plusieurs années, à la mise en
place de comités éthiques pour déterminer qui devrait être soigné en
priorité. "C'est un grand débat mais rien n'a globalement été fait sauf au
Botswana", a-t- il assuré.
"Est-ce que les médicaments doivent aller à ceux qui, économiquement, sont
les plus utiles? Doivent-il aller aux enseignants? Aux chefs d'entreprise?
Aux officiers de l'armée et pas aux soldats?", s'est-il interrogé.
"C'est pourquoi je pense que cela serait une terrible erreur d'entamer ces
programmes (de distribution d'antirétroviraux) sans répondre explicitement
à ces questions", a-t-il souligné.
Un rapport des Nations unies publié jeudi à Nairobi a par ailleurs soulign
que les militaires devaient être davantage impliqués dans la lutte contre
le sida.
Une expérience inédite impliquant des Casques bleus de l'ONU et les troupes
gouvernementales en Erythrée a ainsi montré que les forces militaires
pouvaient aider à endiguer la propagation du virus HIV.
Selon ce rapport des Nations unies, les personnels militaires sont deux à
cinq fois plus susceptibles de contracter une infection sexuellement
transmissible que les civils, surtout en temps de conflit.
Selon les chiffres des autorités érythréennes, le taux de prévalence pour
le sida est de 2,8 % pour la population civile et de 4,6 % dans l'armée. Le
kit remis désormais aux soldats érythréens comprend un sachet de
préservatifs, contrôlé régulièrement par les officiers .
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