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[e-med] A propos d'une industrie pharmaceutique irakienne


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 10 Sep 2003 12:07:59 -0400 (EDT)

E-MED: A propos d'une industrie pharmaceutique irakienne
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[modérateur: est-ce une contre-façon, un générique, un me-too ? curieux...
on y perd son latin. Notre intention n'est pas de faire de la pub sur e-med
mais de suivre une actualité sur un produit (pas encore sur la liste des
médicaments essentiels!) qui représente un marché non négligeable...CB]

mercredi 10 septembre 2003, 10h25
Samagra, version irakienne du Viagra

SAMARRA (AFP) - La ville de Samarra, célèbre pour ses monuments islamiques,
en particulier son minaret hélicoïdal de 52 mètres, a acquis une nouvelle
renommée grâce à la production de la version irakienne du Viagra, le
Samagra.

La plus grande entreprise irakienne de produits pharmaceutiques, la
Compagnie nationale de production de médicaments et d'instruments médicaux
(SDI), basée à Samarra, à 135 km au nord-ouest de Bagdad, a commencé à
produire en 1970, explique son directeur général Ibrahim al-Samarraï, 40
ans.

"Samarra est connue grâce à la SDI et la SDI est connue grâce à Samarra",
déclare-t-il dans son bureau au siège de la Compagnie, en face d'un minaret
inspiré des ziggourats sumériennes.

"Nous produisons près de 350 types de médicaments, dans trois usines: Bagdad
pour les gaz médicaux, Babylone (100 km au sud de Bagdad) pour les
seringues, et Samarra pour les médicaments destinés aux pharmacies",
précise-t-il, ajoutant que les matières premières sont importées.

La SDI assure quelque 60% des besoins du pays, indique-t-il. Pendant
l'embargo, elle a produit des médicaments pour la tension artérielle et le
coeur et du sucre pour diabétiques, avant de lancer le Samagra en 2002, en
pilules bleues de 250 mg, poursuit-il.
L'année dernière, 500.000 pilules ont été mises sur le marché et 1.500.000
en août, indique le directeur technique Abdallah Mohammad Saleh, 46 ans.

A l'intérieur de l'usine, le Samagra est entreposé dans une salle fermée à
clef avec les médicaments les plus chers, souligne M. Samarraï lors de la
visite du site.
"Nous comptons passer à une pilule de 50 mg", affirme-t-il.
"Mais j'ai décidé de diminuer la production, même si la demande augmente,
pour des raisons commerciales, car si nous fournissons davantage, ça va
faire baisser les prix", estime-t-il.
La pilule se vend de 350 à 1.000 dinars (de 0,2 à 0,6 dollars), en
plaquettes de 10 ou à l'unité.
"Ce sont toujours les mêmes clients qui en achètent. Certains sont de jeunes
mariés, mais la plupart sont des personnes âgées", indique un pharmacien de
Samarra, Mountazar Mahlane Ammar, 27 ans.
"Ils n'osent pas en parler, mais reviennent en acheter de temps à autre",
ajoute-t-il, précisant qu'il vend le médicament sans ordonnance mais avertit
les clients du danger en cas de problèmes cardiaques.

Le Samagra concurrence le Viagra, ainsi que ses versions syrienne, le Vega,
et indienne, le Kamagra, à travers tout l'Irak. "Il y a beaucoup de marques
sur le marché depuis la guerre. Auparavant, il leur fallait être
enregistrées", explique un pharmacien de la rue Saadoun à Bagdad, Amer Jamil
Nizam, 27 ans.

"L'année dernière nous avions du Samagra, puis il a disparu. Quand il est
revenu sur le marché, nous avons recommencé à en acheter", ajoute-t-il.

"Tout le monde l'utilise", affirme-t-il, attribuant la popularité du
médicament à son prix inférieur aux 3.500 dinars pour une plaquette de
quatre pilules de Vega ou aux 4.000 dinars de quatre pilules de Kamagra,
mais aussi à ses performances.

"Avec une petite dose de 250 mg, il est très efficace. D'après les
commentaires des clients, nous savons qu'il est très efficace. Son action
est très rapide", souligne-t-il.

Selon lui, la consommation des différents types de Viagra est entrée dans
les moeurs en Irak.
"Il y a des gens qui garent leur voiture devant la pharmacie et nous leur
apportons la pilule avec un verre d'eau. Des jeunes mariés viennent de
l'hôtel et repartent ensuite au combat", raconte-t-il, amusé.

Pendant ce temps, un homme d'âge moyen attend patiemment que le pharmacien
prenne sa commande. "Une pilule?", lui demande M. Nizam.

L'homme hoche la tête, verse 500 dinars au pharmacien qui lui tend une
pilule de Samagra et s'enfonce dans la nuit.

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