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[e-med] (9)Gestion des aiguilles souillées
- From: "Christophe Barranco" <c.barranco@psf-ci.org>
- Date: Thu, 26 Jun 2003 05:35:34 -0400 (EDT)
E-MED: (9)Gestion des aiguilles souillées
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Bonjour à tous,
Dans le cadre de l'opération « Riposte à l'épidémie de méningite 2003 » au
Burkina Faso menée par Pharmaciens Sans Frontières Comité International en
partenariat avec ECHO du 24 Février au 24 Mai 2003, nous avons eu à détruire
des déchets médicaux issus de la campagne de vaccination contre la
méningite.
Sur le terrain le personnel soignant disposait de boites de sécurité (safety
boxes) en quantité suffisante qui avaient été distribuées avec les vaccins
par l'UNICEF.
Il existe au moins deux modèles de boites : des boites de 10 litres fournies
par l'International Coordination Group (ICG) et des boites de 5 litres
fournies par l'UNICEF. Les fournisseurs officiels de l'UNICEF sont
finlandais (Polynor et Pa-Hu OY). Les safety box sont également disponibles
auprès d'autres structures telles que IDA (0,9 US$ l'unité). Dans tous les
cas, ces boites en carton sont livrées démontées pour des raisons de gain de
place.
L'utilisation de ce genre de contenant est primordial, en effet cela
sécurise le stockage des déchets médicaux en vue de leur élimination : il ne
faut pas par exemple que le soignant stocke ses aiguilles dans une poubelle,
et vide ensuite cette dernière directement dans l'incinérateur (risque de
piqûre accidentelle donc de contamination).De plus, il est important que la
seringue soit complète dans la boite de sécurité : c'est le plastique qui la
constitue qui sert de carburant lors de la combustion.
La vie d'une seringue ne s'arrête pas à l'injection proprement dite, en
effet, elle devient ensuite un déchet potentiellement contaminant qu'il faut
traiter avec la plus grande prudence :
* Le personnel soignant ne doit en aucun cas re-capuchonner la seringue (en
effet même si on peut avoir l'impression de rendre la seringue moins
dangereuse, le personnel prend le risque de se piquer en effectuant cette
opération.
* L'intégralité de la seringue doit être mise dès la fin de l'injection dans
une boite de sécurité.
* Des boites de sécurité doivent être disponibles en quantité suffisante
auprès du personnel soignant.
* Le délai de stockage avant incinération doit être le plus court possible.
* Même si un incinérateur n'est pas disponible il faut détruire par le feu
les boites pleines (elles sont conçues pour cela et cette opération ne
nécessite que quelques ml. de pétrole lampant).
* Lorsque cela est possible il faut doter la structure de santé d'un
incinérateur.
Lors de la mission au Burkina Faso, nous sommes intervenus dans la région de
Tenkodogo qui ne disposait que de très peu d'incinérateurs en dur (7 pour 77
structures sanitaires). Nous avons donc fait construire une trentaine
d'incinérateurs mobiles et provisoires (pour un coût unitaire ne dépassant
pas 40 EUR en une vingtaine de jours) à partir de fûts de 200 litres dans un
atelier loué à Ouagadougou. Ces modèles ont été fournis avec une pelle et
une pioche permettant de creuser un puits perdu pour l'enfouissement des
cendres provenant de l'incinération. Le coût total de cette dotation ne
dépasse pas 45 EUR.
Ces modèles ont été fabriqués à partir du modèle d'incinérateur provisoire
décrit par Médecins Sans Frontières (Chapitre II assainissement p 36 du
guide line « technicien sanitaire en situation précaire »).
Nous avons apporté quelques modifications à ce modèle pour améliorer :
ü la rigidité de la grille principale qui lors de la combustion est
soumise à de très hautes températures et risque de s'affaisser
ü le nettoyage des cendres après incinération, en ajoutant une seconde
porte en bas de l'incinérateur
ü la combustion en améliorant le tirage grâce à une cheminée plus
longue
Notre modèle a été testé en présence d'un représentant de l'OMS qui l'a
validé.
Nous mettons à disposition des personnes qui pourrait être intéressées le
mode opératoire ainsi que les photos de la fabrication, sur simple demande
au siège de Pharmaciens Sans Frontières Comité International. Nous
encourageons par ailleurs à consulter les résultas de l'enquête
Accessibilité du matériel d'injection au Burkina Faso : impact sur la
sécurité des injections » conduite en 2001 par PSFCI avec le partenariat de
l'OMS. Différentes recommandations avaient été émises auprès du Ministère de
la Santé, dont celles-ci concernant l'amélioration de la gestion des déchets
contondants :
- La formulation d'une politique nationale pour la gestion des déchets,
dotée d'un cadre législatif est nécessaire.
- Il faut assurer la disponibilité des boites de sécurité en les incluant
dans la liste des MEG et prévoir un plan de financement pour doter les
centres de santé. La population pourrait participer au financement de boites
de sécurité pour les CSPS, en payant quelques francs supplémentaires lors de
l'achat de seringues.
- Un encouragement du Ministère de la Santé par l'octroi de distinction
honorifique aux formations sanitaires les plus performantes en terme
d'hygiène et d'environnement apporterait une motivation supplémentaire aux
équipes de soins pour adopter de nouveaux comportements vis à vis de la
gestion des déchets.
Audrey et Matthieu Vermeersch, Pharmacien et Logisticien PSFCI
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