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[e-med] Côte d'Ivoire: ruptures de stock en ARV à la PSP


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 26 Jun 2003 04:44:15 -0400 (EDT)

E-MED: Côte d'Ivoire: ruptures de stock en ARV à la PSP
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Médicaments antirétroviraux : rupture de deux molécules les VIH+ menacent
http://fr.allafrica.com/stories/200306250786.html

Fraternité Matin (Abidjan)

25 Juin 2003
Publié sur le web le 25 Juin 2003

B. Zeguela
Abidjan

Le "Stocrin" ou " Efavirenz ", l'une des molécules les plus prescrites dans
les protocoles de traitement du vih/sida en Côte d'Ivoire, manque sur la
place depuis la mi-mai.

L' "Epivir" ou " 3TC " ou encore "Lamivudine, "lui, a d'abord commencé à
s'épuiser pour certains dosages bien avant la mi-mai, avant de disparaître
complètement des centres accrédités aujourd'hui.

La rupture de ces deux antirétroviraux a mis en état d'alerte les personnes
vivant avec le vih, qui, à travers le Réseau ivoirien des personnes vivant
avec le vih (RIP+), projettent d'organiser une grande manifestation de
protestation très prochainement devant les locaux de la Pharmacie de la
Santé Publique ( PSP) . Une structure qui est mise en cause dans la survenue
de cette pénurie et des précédentes.

En effet, dès les premières heures de la rupture, le RIP+ a entrepris des
démarches pour en comprendre les raisons.

Ainsi, le RIP+, selon M. Cyriaque Ako, responsable de la commission
plaidoyer et accès au traitement au sein dudit réseau, a rencontré en
premier lieu les responsables des laboratoires MSD, fabricants de la
molécule " Stocrin ". De cette rencontre, le RIP+ retient que, la société
MSD n'a pas fourni la PSP, seule structure habilitée en Côte d'Ivoire à
distribuer des antirétroviraux, parce qu'elle lui est redevable de plusieurs
millions de francs CFA depuis le mois de mars de cette année.

A son tour, la PSP approchée, toujours par le RIP+, dénonce, elle, les
longues procédures administratives pour le décaissement au niveau du Trésor.

Mises devant ces réalités, les personnes vivant avec le vih se sont tournées
vers le ministère de tutelle de la PSP qui, vendredi dernier leur aurait
promis que le problème sera résolu dans les deux jours qui suivent. Et comme
ce délai est arrivé à expiration ce lundi, le RIP+ selon M. Ako, a cru bien
faire d'approcher l'une des personnes ressources du ministère de la Santé en
matière de médicaments du sida, le docteur Anthony Tano. Ce dernier, tout en
dégageant sa responsabilité et accusant de plus belle la PSP, aurait dit,
insiste le responsable de la commission plaidoyer et accès au traitement du
RIP+", de faire ce qu'on veut, parce qu'ils ne sont pas responsables,
mais plutôt la PSP ".

C'est fort de tous ces faits que le réseau ivoirien des personnes vivant
avec le vih bat en ce moment le rappel de ses troupes pour une grande
mobilisation dans les jours prochains devant la PSP. " Ce n'est pas la
première fois qu'il y a rupture des antirétroviraux. Chaque fois, on trouve
des parades pour calmer les gens. Si ça continue on a peur pour l'avenir
surtout qu'on a remarqué que le programme du gouvernement semble se résumer
au Fonds mondial qui arrive. Alors que ce Fonds devait appuyer le programme
du gouvernement. On veut baser tout sur l'aide extérieure en ne mobilisant
rien à l'intérieur " dénonce M. Ako.

Les personnes vivant avec le vih qui sont sous traitement antiretroviraux
ont cru au début de la pénurie que c'était une affaire de jours. Aussi, ceux
qui avaient du Stocrin en réserve en ont prêté aux autres. Pour ce qui est
de l'Epivir qui existe en plusieurs dosages (100mg, 300 mg ), l'on a fait
des combinaisons avant qu'il n'y ait plus de trace du produit dans les
centres accrédités. Aujourd'hui, bon nombre de personnes vivant avec le vih,
membres du RIP+ ont arrêté tout traitement. " Vous imaginez les conséquences
de ces arrêts ?
Après on s'étonne que les gens meurent alors qu'ils sont sous traitement ".
Et le RIP+ de prévenir par la voix de Cyriaque: " On a manifesté pour
l'accès aux génériques, mais jusque-là, rien n'a été fait, parce que des
responsables continuent de faire blocage, de jouer le jeu des laboratoires.
Si les antirétroviraux existaient en générique, on n'en serait pas là. Mais
que tous sachent que nous n'accepterons plus un seul mort dans nos rangs
sans réagir. "

La libéralisation s'impose

La Pharmacie de la santé publique (PSP) est la seule structure habilitée à
s'approvisionner en antirétroviraux en Côte d'Ivoire. Et cette structure du
ministère de la Santé publique est souvent en porte-à-faux avec le cahier
des charges qui la lie à ses fournisseurs des laboratoires pharmaceutiques
pour des lourdeurs administratives.
En effet, il faut que les ordres de paiement émis par la PSP passent au
Trésor pour la BCEAO, avant que le fournisseur soit payé. Pendant que le
dossier est dans le circuit, le délai de 60 jours pour lequel la PSP s'est
engagée dans le cahier des charges est vite passé. Et les fournisseurs
attendent souvent 120 voire 190 jours avant de rentrer en possession de leur
dû.

A cela s'ajoutent chaque année (1er semestre), le vote et la mise en place
du budget de fonctionnement qui crée un flottement responsable à la même
période de rupture des stocks des antirétroviraux. Il faut penser un
mécanisme qui mette fin à ce qui semble devenir une habitude. Il s'agira par
exemple de rendre la PSP autonome en lui permettant de faire directement ses
ordres de paiement en direction de ses fournisseurs. Toujours dans le but
d'éviter des pénuries d'antirétroviraux, pourquoi ne pas s'inspirer de
l'expérience du Togo par exemple en permettant qu'au moins une autre
structure, cette fois privée achète les antirétroviraux en plus de la
structure étatique? Au Togo, en effet, la CAMEG (Centrale d'achat des
médicaments génériques), une structure privée, est habilitée à acheter les
antirétroviraux, à l'instar du G.T Pharm., structure étatique comme la PSP.
Au Burkina Faso, c'est aussi la CAMEG (structure privée) mais avec la
supervision des comptables de l'Etat pour gérer les fonds.
L'on pourrait rétorquer que le volume de commande en antirétroviraux n'est
pas aussi élevé dans ce pays qu'en Côte d'Ivoire où il y a plus de personnes
sous traitement antirétroviraux. Mais c'est justement, compte tenu de ce
grand nombre de consommateurs, une autre structure d'achat devrait être
autorisé à vendre les antirétroviraux.


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