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[e-med] Maroc: le rôle du pharmacien
- From: remed@remed.org
- Date: Tue, 10 Jun 2003 04:55:01 -0400 (EDT)
E-MED: Maroc: le rôle du pharmacien
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2ème Congrès du Conseil régional de l'ordre des pharmaciens d'officine du
Nord
Libération (Casablanca)
2 Juin 2003
Publié sur le web le 3 Juin 2003
Mohammed Boudarham
Depuis Oujda, un cri pour réhabiliter le rôle du pharmacien
Ils sont 7.000 pharmaciens à exercer dans toutes les régions du pays.
Chaque jour, ils reçoivent près d'un million de personnes, soit l'équivalent
de la population marocaine en un mois. Cependant, ils jugent que leur
profession est mal valorisée par mille et un facteurs qui, réunis, finissent
par donner un diagnostic qui ne rassure guère.
Les pharmaciens montrent d'abord du doigt une législation vieillotte et
incapable d'accompagner les évolutions que connaissent et le monde et la
profession. C'est que depuis 1960, et hormis quelques amendements, aucun
texte de loi n'a été consacré à la régulation de cette profession. La
profusion des intervenants (Ministère de tutelle, Secrétariat général du
gouvernement ) et le pouvoir d'achat, entre autres, n'arrangent en rien une
situation devenue, de l'avis des pharmaciens, intolérable. Si l'Ordre des
pharmaciens a le droit d'adresser des avertissements, des blâmes, voire
décider la fermeture d'une officine ou le retrait de l'autorisation
d'exercer, les deux dernières sanctions lui échappent car c'est en
définitive le Secrétariat général du gouvernement qui est habilité à
trancher. Et jusqu'à 2000, aucune décision de fermeture ou de retrait de
l'autorisation d'exercer, parmi celles prises depuis 1977, n'a pu aboutir!
Quant au pouvoir d'achat, si les tunisiens dépensent l'équivalent de 200
dollars US en médicaments par an et par habitant (près de 5.000 DH en
France), la moyenne nationale n'est que de 170 DH.
Ce sont là quelques aspects de ceux débattus récemment à Oujda à l'occasion
de la tenue du deuxième congrès du Conseil régional des pharmaciens
d'officine du Nord (CRPON) en présence de plus de 600 congressistes. C'était
l'occasion pour ce corps de métier d'insister sur la réhabilitation du rôle
du pharmacien dans toute politique nationale de santé et faire à ce qu'on
cesse de limiter la compétence de ces professionnels à leurs officines. Les
pharmaciens du Nord, dans les recommandations qu'ils ont émises, ont demandé
que soit instaurée la formation obligatoire pour tous, mais aussi
diversifier les champs d'intervention par la mise en place d'un processus de
spécialisation qui profiterait d'abord aux malades. De la même manière, ils
ont appelé à plus d'implication des pharmaciens par des recrutements dans
les secteurs public et privé (le ministère de la Santé n'en emploie
actuellement que 77).
L'une des principales recommandations attire aussi l'attention sur la
nécessité d'adopter une carte sanitaire nationale susceptible d'aider les
pharmaciens à un bon déploiement sur le territoire et de retenir la distance
de 300 mètres partout dans le Royaume (Une bourgade de Rabat abrite 13
officines pour une population équivalente à celle d'un quartier de la
capitale). Cela aiderait, entre autres, à arrêter l'hémorragie que
constituent les faillites et fermetures d'officines. Car si, apprend-on lors
des travaux de ce congrès, 50% des officines vivent de grandes difficultés,
30% sont directement menacées de banqueroute.
A tous ces éléments s'ajoute la concurrence déloyale que constitue toujours
le secteur informel et qui prive les officines de près de 35% de leur
chiffre d'affaires (Souk El Fellah à Oujda, mais aussi Souk Nouader à
Tétouan et un autre marché à Tanger, s'approvisionnant respectivement de
l'Algérie, Sebta et Mellilia).
Cependant, tout n'est pas totalement noir. La tenue de ce congrès à Oujda,
les 30 et 31 mai, a été l'occasion d'annoncer la mise en place d'une
mutuelle générale des pharmaciens dont les instances sont déjà mises en
place. C'est une première du genre pour une profession libérale et,
moyennant 2.000 DH de cotisation annuelle, le pharmacien et sa famille
pourront finalement bénéficier d'une assurance longtemps attendue. C'est
d'ailleurs la concrétisation de l'une des recommandations du premier congrès
du CRPON tenu à Tanger en 2001 et d'un rêve datant de 1976.
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