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[e-med] Chirac/G8
- From: Gaelle Krikorian <galk@noos.fr>
- Date: Wed, 4 Jun 2003 01:53:10 -0400 (EDT)
E-MED: Chirac/G8
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Act Up-Paris
Communiqué de presse
Sida au G8 :
Quand Bush promet 15 milliards, Chirac annonce 150 millions
Jacques Chirac vient de rompre l¹engagement pris auprès des malades des
pays en développement selon lequel la France contribuerait
significativement et durablement à la lutte contre le sida. Il vient de
rendre public le montant de la nouvelle contribution française au Fonds
mondial contre le sida : 150 millions d¹euros par an. Le président Bush,
pour sa part, est venu a Evian apporter 3 milliards de dollars annuels
pendant cinq ans. Jacques Chirac, champion de la lutte contre le sida au
niveau international depuis 1997, laisse donc George Bush prendre le
leadership absolu sur ce terrain, avec toutes les conséquences dramatiques
que cela implique dans les pays en développement : promotion de
l?abstinence au détriment du préservatif et achat de médicaments aux
multinationales américaines plutôt que de génériques.
En 2001, les Etats du G8 s?étaient engagés à créer et à alimenter un Fonds
de 10 milliards de dollars par an pour lutter contre le sida. La part de
l¹Europe dans cet effort, comme celle des Etats-Unis, devrait être de 3
milliards. Pourtant, jusqu'à présent, les 8 pays n?ont en tout et pour tout
versé que 680 millions de dollars au Fonds mondial, auquel il manque 1,4
milliard de dollars pour assurer le prochain appel d¹offre prévu pour
octobre.
« Jusqu?ici la France donnait 50 millions par an au Fonds mondial, soit 15
fois moins que ce qu?elle aurait dû mettre au pot commun. » commente Gaëlle
Krikorian d¹Act Up-Paris. « Même en triplant la mise, l¹engagement français
reste dramatiquement insuffisant et incapable de répondre à l¹urgence de la
situation. » ajoute-t-elle.
La pénurie de moyens bloque la mise en place, dans les pays en
développement, de programmes d¹envergure nationale à partir des initiatives
pilotes lancées dans la plupart des pays ces dernières années. Ceci se
traduit chaque jour par de nouvelles morts et de nouvelles contaminations.
Pour Chloé Forette, de l¹ONG Planet Africa, « En renonçant à imposer un
réel changement d¹échelle des financements à la lutte contre le sida des
pays les plus riches du monde, Jacques Chirac sape la possibilité d?un
changement d¹échelle de l¹action mise en place sur le terrain ».
L¹annonce de George Bush imposait une réaction et une seule : une
contribution française au moins proportionnelle à l?annonce américaine
(0,03% du PNB), c?est-à-dire un engagement d¹un minimum de 500 millions
d¹euros. En annonçant une forte somme d¹argent qui sera essentiellement
dépensée dans le cadre d?échanges bilatéraux, les Américains affaiblissent
les mécanismes multilatéraux existants, comme le Fonds mondial. Ils
disposent avec cet argent d¹un puissant outil de marchandage vis-à-vis des
pays en développement et seront en mesure d¹orienter fortement les
politiques nationales des pays. Ainsi l¹annonce de Bush, plutôt que de
marquer une avancée de la lutte contre le sida, pourrait signer un retour
en arrière catastrophique sur le terrain (abstinence, médicaments brevetés
hors de prix).
Les Etats-Unis menacent des droits essentiels : le droit des pays à mener
des politiques de lutte contre le sida adaptées, le droit de recourir aux
génériques, tout simplement le droit à la santé des populations des pays
pauvres. « Le gouvernement français préfère sacrifier des principes
fondamentaux plutôt que de mettre la main à la poche. » relève Khalil
Elouardighi. « Ce que 500 millions pouvaient faire à Evian, 150 ne le
feront pas. Une fois de plus, Jacques Chirac a trahi les malades du Sud. »
Contact : Khalil Elouardighi - Act Up-Paris - 06 63 15 38 82 -
www.sida-urgenceg8.org
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