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[e-med] l'accès aux traitements à base d'artémisinine doit être généralisé


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  • Date: Tue, 29 Apr 2003 04:21:08 -0400 (EDT)

généralisé
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E-MED:l'accès aux traitements à base d'artémisinine doit être généralisé
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qdm Journal N° 7323 du 25-Avr-2003 Page 15
http://www.sidanet.asso.fr/fr/html/actu/default.htm

Paludisme : l'accès aux traitements à base d'artémisinine doit être
généralisé

Profitant de la Journée mondiale du paludisme, Médecins sans Frontières
lance un appel aux donateurs, pour aider les pays touchés par le paludisme à
introduire les traitements combinés à base de dérivés d'artémisinine.
Recommandé par l'Organisation mondiale de la santé, cette stratégie est la
seule qui permettra de contrôler l'épidémie, affirme le rapport « Agir
maintenant » rendu public jeudi.

« Il faut aider tous les pays touchés en Afrique à changer les protocoles
classiques de traitement contre le paludisme pour introduire les nouveaux
traitements combinés à base de dérivés d'artémisinine », affirme en
préambule le Dr Bernard Pécoul, directeur de la campagne pour l'accès aux
médicaments essentiels de MSF. « Il faudrait de 100 à 200 millions d'euros
par an pour changer tous les protocoles dans les pays touchés.
Pour une maladie qui tue chaque année 2 millions de personnes, le jeu en
vaut la chandelle. »

A l'occasion de la Journée mondiale du paludisme, le 25 avril, MSF a choisi
de mettre l'accent sur l'accès à des traitements efficaces. Le rapport
Agir maintenant » (Act Now) est un appel urgent aux pays donateurs qui,
comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni, refusent la stratégie des
traitements combinés pour des raisons plus économiques que d'efficacité. Les
autres, selon MSF, n'ont pas de politique officiellement définie.
Les recommandations techniques formulées en avril 2001 par l'OMS sont
pourtant claires : les taux de résistance aux antipaludéens classiques
doivent être inférieurs à 5 % ; des taux de résistance compris entre 16 et
24 % justifient l'introduction de traitements combinés à base
d'artémisinine, il faut introduire ; au-delà de 25 %, le changement de
protocole est impératif.
Or la prévalence du paludisme à falciparum résistant aux traitements ne
cesse de croître, surtout en Afrique subsaharienne où les taux de résistance
de 25 % à la chloroquine sont largement dépassés.
L'artémisinine et ses dérivés ont prouvé leur efficacité même dans le cas
d'infection pharmacorésistante. Puissants, ils agissent rapidement, sont
bien tolérés et peuvent être utilisés en complément d'autres traitements.
Ils présentent l'inconvénient d'avoir un coût plus élevé qu'une monothérapie
classique : 1,50 euro pour une association artésunate-amodiaquine contre
0,10 euro. « Mais ce prix peut être ramené à 0,50-0,80 euro en cas
d'utilisation à grande échelle et d'augmentation de la production », estime
le rapport.

Une aide financière et technique

Les pays endémiques ne peuvent assurer seuls le surcoût. Sans une aide
financière et technique, ils sont réduits à utiliser des traitements
antipaludéens devenus inefficaces. Grâce au
Fonds mondial pour le sida, la tuberculose et le paludisme, trois pays sont
en train d'introduire les nouvelles thérapies combinés : la Zambie, le
Burundi et la Tanzanie. Mais cela reste insuffisant. En Afrique du Sud, au
Kwazulu natal, la stratégie d'un traitement combiné
(arthemether/lumefantrine) associée à des mesures préventives, a permis
depuis février 2001 de réduire la mortalité de 87 % et la morbidité de 78 %.
MSF, de son côté, « a décidé de passer dans tous ses programmes à la
thérapie combinée et d'œuvrer pour que tous les pays touchés fassent
de même ».
Par ailleurs, l'association demande aux industries pharmaceutiques
européennes de s'engager davantage dans la production de médicaments
combinés. En Europe, Novartis, Sanofi-Synthélabo, grâce à des accords avec
la Chine, sont les principaux producteurs.
L'artémisinine est un alcaloïde extrait d'une plante chinoise de la famille
des armoises, Artemisia annua, utilisée depuis deux mille ans. Pour l'heure,
il n'y a pas de dérivé synthétique du produit. La plante est maintenant
cultivée dans certains pays africains, comme le Kenya, qui a déjà commencé à
produire des dérivés de l'artémisinine.

Dr Lydia ARCHIMÈDE
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