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[e-med] Nouveau médicament à moindre coût contre le VIH, le "Viread"
- From: remed@remed.org
- Date: Fri, 25 Apr 2003 10:43:13 -0400 (EDT)
E-MED: Nouveau médicament à moindre coût contre le VIH, le "Viread"
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[Modérateur: attention, ce nouveau médicament à prix abordable est un
progrès mais les indications et posologies doivent être scrupuleusement
respectées. Quelqu'un a des informations complémentaires? CB]
Une firme américaine lance un médicament contre le VIH en Afrique
Journaliste à la PANA
Dakar, Sénégal (PANA) - Les téléspectateurs africains se rappellent
peut-être la souffrance qui se lisait sur le visage de Nkosi Johnson,
l'orphelin sud-africain de 12 ans alors qu'il se battait pour avaler plus de
20 antirétroviraux par jour.
Après cette bataille douloureuse, Nkosi a finalement succombé à cette
maladie incurable, que lui avait transmis sa mère infectée, soit à la
naissance, soit pendant l'allaitement.
Les virologues et autres scientifiques reconnaissent que même si les
antirétroviraux prolongent l'existence des séropositifs et des sidéens,
l'importante quantité de médicaments recommandés qui doivent être pris par
voie orale pose un problème, en plus de leurs effets secondaires.
Pour les pays africains à court de moyens financiers, où se trouvent les
deux tiers des 42 millions d'individus estimés vivre avec le VIH/SIDA à
travers le monde, un autre problème majeur est qu'une infime partie des
malades a les moyens d'acheter ces médicaments coûteux.
Mais une société biopharmaceutique basée aux Etats-Unis, Gilead Sciences,
vient peut-être de faire le premier pas qui va renverser cette tendance, en
mettant sur le marché un nouveau médicament à moindre coût contre le VIH, le
"Viread".
En annonçant cette initiative à Foster City, en Californie le 17 avril, le
Président-directeur général de Gilead, le Dr. John C. Martin, a promis que
ce médicament, dont le nom scientifique est "Tenofovir disoproxil fumarate",
sera vendu sans profit dans 53 pays africains, et dans 15 pays parmi "les
moins avancés".
"Le Programme d'accès de Gilead est désormais ouvert pour recevoir des
commandes de ce médicaments de ces 68 pays bénéficiaires. Le programme a été
conçu pour étudier, avec diligence, les commandes de Viread et envoyer
directement par bateau le médicaments aux programmes de traitement dans les
pays bénéficiaires", a indiqué Gilead dans un communiqué de presse.
Le prix de vente, sans bénéfice, du premier "analogue nucléotidique de la
transcriptase inverse", sera de 39 dollars pour un traitement de 30 jours,
ce qui revient à 1,30 dollar par jour.
D'après Gilead Sciences, ceci représente une réduction de presque 90% sur le
prix de gros aux Etats-Unis, et inclut uniquement le coût de la fabrication
du médicament et de l'administration du programme d'accès.
Gilead travaille avec Axios International, un service de consultance en
santé publique basé en Ouganda qui traite avec les pays en développement
pour coordonner le processus de commande.
"Nous avons sélectionné Axios sur la base de son expérience de programmes
similaires dans cette région du monde", a déclaré Amy Flood, la responsable
des relations publiques de Gilead en réponse à une question de la PANA sur
la raison du choix de cette entreprise basée à Kampala.
L'Ouganda est aussi un des rares pays africains à avoir enregistré une
baisse de sa prévalence du VIH.
Les responsables de Gilead ont indiqué que le Secrétariat américain aux
produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a approuvé la mise sur le
marché de ce médicaments en octobre 2001, alors que la Commission européenne
l'a fait en février 2002.
Depuis sa mise sur le marché, le Viread a été prescrit à plus de 100.000
patients dans le cadre d'une polythérapie, ont indiqué ces responsables,
ajoutant que le médicament agissait en bloquant la transcriptase inverse,
une enzyme impliquée dans la réplication du VIH.
"Nous avons reçu des commandes de la part de programmes dans plusieurs pays
d'Afrique", a déclaré Mme Flood, sans donner plus de précisions.
"Alors que des informations sur ce programme sont diffusées dans les pays où
il est opérationnel, nous espérons que le nombre de commandes va
augmenter", a-t-elle ajouté.
Aux Etats-Unis, Viread est prescrit avec d'autres agents antirétroviraux
pour le traitement de l'infection au VIH-1. Ses effets secondaires, les plus
fréquents, sont des troubles digestifs légers à modérés (nausées, diarrhée,
vomissements et flatulences).
"Le Viread doit être pris en association avec deux autres antirétroviraux,
ce qui est le traitement standard du VIH", a expliqué Mme Flood.
Le Viread est un des antirétroviraux les plus récents disponibles et a un
profil unique comparé aux anciennes thérapies. Son profil de tolérance est
élevé, a-t-elle ajouté.
Ce médicament est aussi efficace contre "les souches du virus résistantes
aux autres médicaments, et la résistance au Viread lui-même est rare et met
du temps à se développer".
Gilead Sciences participe à une étude sur la "mise au point de thérapies
antirétrovirales (DART)", des tests cliniques effectués sur 3.000 patients
sponsorisés par le Conseil de la Recherche Médicale britannique, qui ont
commencé au début de cette année en Ouganda et au zimbabwe.
Cette étude a pour but d'évaluer les stratégies de gestion des
antirétroviraux adaptées pour une utilisation dans les régions du monde où
les ressources sont limitées.
Avec Family Health International, Gilead est aussi engagé dans une étude
multinationale sur l'évaluation de l'utilisation potentielle de Viread
"comme une méthode de prévention de la transmission du VIH".
La décision de la firme américaine de vendre directement ce produit aux
programmes de traitement élimine le "coût et les délais fréquemment causés
par l'implication de fournisseurs tiers".
Elle devrait aussi bloquer les opportunités d'enrichissement de certains
individus par le détournement des antirétroviraux, comme on avait pu le
constater l'année dernière avec la fraude dans laquelle s'étaient retrouvés
impliqués plusieurs pays africains.
Gilead a indiqué que ses formulaires de commandes étaient disponibles sur
Internet à l'adresse www.gileadaccess.org ou pouvaient être obtenus par
fax.
Même si la somme de 1,30 dollar par jour peut encore être inaccessible pour
de nombreuses familles africaines vivant en dessous du seuil de pauvreté,
d'autres sociétés de fabrication des médicaments pourraient suivre l'exemple
de Gilead afin d'aider le continent à alléger son énorme fardeau du
VIH/Sida.
Les gouvernements africains peuvent aussi relancer leurs programmes de
lutte contre le Sida dans le cadre de cette initiative.
Dakar - 24/04/2003
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