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[e-med] (3)Politique pharmaceutique en France


  • From: remed@remed.org
  • Date: Thu, 17 Apr 2003 09:09:59 -0400 (EDT)

E-MED:(3)Politique pharmaceutique en France
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[Modérateur: le Monde seul porte parole des labos ? il y a actuellement une
campagne à la télé en France, financée par le LEEM et destinée à faire aller
chez leur médecin des personnes qui pourraient avoir du cholestérol... et
qui pourraient être traitées par le Lipitor° de Pfizer! les médecins ayant
subit une campagne de promotion de ce produit juste avant...!CB]

Pfizer, numéro un mondial de la pharmacie, dénonce la politique européenne
du médicament
LE MONDE | 16.04.03 | 15h56

Plus connu pour ses acquisitions que pour ses innovations, le groupe
américain vient d'obtenir le feu vert des autorités de la concurrence pour
le rachat du laboratoire Pharmacia.

Dix mois après l'annonce de la fusion, la cotation du titre Pharmacia devait
être suspendue, mercredi 15 avril, à la Bourse de New York, pour permettre
le rachat du laboratoire pharmaceutique américain par son compatriote, le
numéro un mondial, Pfizer (Le Monde du 17 juillet 2002).
La Commission fédérale du commerce, aux Etats-Unis, a donné son accord,
lundi, pour l'acquisition de Pharmacia par Pfizer, pour 57 milliards de
dollars, après que les deux groupes eurent accepté de céder des actifs.

Quelques jours auparavant, Hank McKinnell, le PDG de Pfizer, en visite à
Lyon où se tenait jusqu'au 11 avril le Forum mondial des sciences de la vie
Biovision, a dénoncé la politique européenne du médicament. "Le fait est que
l'Europe, le Canada et le Japon -où les prix des médicaments sont
administrés- ne payent pas la part qui leur revient des coûts de recherche",
a-t-il martelé, devant un millier de chercheurs venus du monde entier.

Selon lui, ce sont les citoyens américains qui, en payant deux fois plus
cher les mêmes traitements, financent l'essentiel de l'effort. Ce n'est pas
la première fois que le patron du premier laboratoire mondial hausse le ton.
En juin 2001, il était déjà parti en guerre contre la politique française du
médicament (Le Monde du 4 juin 2001). Il avait même menacé d'arrêter ses
investissements dans les pays qui ne rémunéreraient pas ses médicaments au
"juste prix". Mais depuis lors, le dirigeant a acquis un poids considérable.

Grâce au rachat de Pharmacia, Pfizer creuse l'écart avec ses concurrents.
Il détiendra 11 % du marché mondial des médicaments, contre 8 % auparavant.
Avec un chiffre d'affaires de 46 milliards de dollars (42,53 milliards
d'euros), contre 32,4 milliards précédemment, un budget de recherche de 7
milliards de dollars au lieu de 5 milliards, et une force de vente de 10 000
personnes, le groupe aura une taille supérieure de plus de 50 % à celle de
son plus proche rival, le britannique et numéro un européen GlaxoSmithKline.

On pourrait donc s'étonner que le plus grand fournisseur de la planète
s'inquiète du prix facturé pour ses médicaments. Mais le mastodonte, d'une
taille jamais égalée dans l'histoire de la pharmacie, pourrait manquer
d'innovations. Beaucoup d'analystes s'interrogent déjà sur la capacité d'un
groupe de près de 50 milliards de dollars à découvrir suffisamment de
nouveaux médicaments pour subvenir à ses besoins.

Malgré d'énormes dépenses de recherche, Pfizer n'a sorti depuis 1998 qu'un
seul produit de ses laboratoires : le fameux Viagra, contre l'impuissance
sexuelle masculine. Le groupe a compensé sa pénurie de nouveautés par
l'acquisition de pièces maîtresses auprès de ses confrères.
En juin 2000, il a mis la main sur l'américain Warner-Lambert et sa poule
aux ?ufs d'or, l'anticholestérol Lipitor (8 milliards de dollars de chiffre
d'affaires annuel). En 2003, avec Pharmacia, Pfizer voit tomber dans la
corbeille de mariage l'anti-inflammatoire Celebrex (plus de 3 milliards de
dollars). Pfizer distribue aussi aux Etats-Unis, pour le compte d'autres
laboratoires, des produits majeurs tels le Rebif, contre la sclérose en
plaques, mis au point par la troisième société mondiale de biotechnologies,
la société suisse Serono. Chacune de ses fusions a permis à Pfizer de faire
des économies d'échelle : 1,8 milliard de dollars ont été engrangés du temps
de sa fusion avec Warner-Lambert et 2,5 milliards de dollars sont attendus
de son rapprochement avec Pharmacia, sans que l'on sache, à ce jour, combien
des 43 000 salariés de cette entreprise seront conservés. Le PDG de
Pharmacia a déjà annoncé son départ : il pourrait prendre la tête de
Schering-Plough, d'après des rumeurs persistantes.

La course à la taille de Pfizer sera-t-elle payante ? L'acharnement de M.
McKinnell contre les gouvernements européens semble indiquer la faiblesse du
modèle. L'industrie pharmaceutique a dépensé 130 milliards de dollars en
recherche entre 1996 et 2001, soit autant que les vingt-cinq années
précédentes, pour un résultat décevant. Mais les patrons de la pharmacie
mondiale veulent croire qu'ils ont tiré les leçons de leur échec.
McKinnell a indiqué, à Lyon, que Pfizer allait commercialiser vingt nouveaux
médicaments, d'ici cinq ans.

Véronique Lorelle

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 17.04.03
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