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[e-med] Pourquoi les ARV génériques ne sont-ils pas plus utilisés?


  • From: remed@remed.org
  • Date: Tue, 1 Apr 2003 02:49:23 -0500 (EST)

E-MED:Pourquoi les ARV génériques ne sont-ils pas plus utilisés?
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[Modérateur: on remarquera que, comme indiqué dans le premier article, des
pays africains ont fait le choix de la trithérapie en générique... pour un
meilleur accès aux ARV. En 2ème article, une action de lobbying de GSK en
RCI!CB]

Des médicaments anti-sida indiens cherchent preneurs
mardi 18 mars 2003,
par Rosemary Arackaparambil
(traduction Elisabeth Chamorand pour InfoAction)

Bombay, 18 mars(Reuters) Y.K.Hamied, Président de la compagnie
pharmaceutique indienne Cipla, est contrarié de voir qu'il y a peu
d'acheteurs de sa combinaison de trois médicaments très bon marché destinée
à combattre les symptômes du sida.

Ce qui est triste, c'est qu'en 2001 il y avait 10 000 malades en Afrique qui
prenaient ce médicament, mais, deux ans plus tard, ils ne sont que 34 000...
quand, en fait, il y a des millions de malades", a dit Hamied, un homme
auxcheveux gris, à l'agence Reuters.

Hamied a bouleversé l'industrie pharmaceutique en février 2001 quand il a
commencé à proposer une combinaison de médicaments anti-sida appelés
antirétroviraux(ARV) pour moins de un dollar par jour.

Mais la demande est limitée. Les médicaments qui ne guérissent pas la
maladie, mais ralentissent sa progression, sont trop chers pour la plupart
des malades, particulièrement dans la région très touchée de l'Afrique
sub-saharienne. Quant aux gouvernements, soit ils manquent d'argent pour
organiser le traitement des malades à une si grande échelle, soit ils n'ont
pas la volonté politique.

"Les pays n'ont simplement pas assez de ressources. Beaucoup des pays les
plus touchés consacrent moins de 2 dollars par habitant par année aux
médicaments", selon Hans Hogerzeil, coordinateur de la politique en matière
de médicaments, dans la section des médicaments essentiels de l'Organisation
mondiale de la santé, à Genève.

En même temps, les malades du sida des pays riches ne peuvent pas acheter
les médicaments génériques, comme leurs gouvernements défendent les brevets
des multinationales pharmaceutiques qui ont inventé les ingrédients actifs
de la combinaison anti-sida.

Néanmoins, d'autres fabricants indiens de génériques cherchent à faire
homologuer leurs usines par les autorités internationales, et des fabricants
indiens comme les laboratoires Ranbaxy, Aurobindo Pharma et Hetero
fournissent déjà des médicaments anti-sida à des prix bas comme Cipla.

Les brevets ralentissent le développement

Les brevets couvrant les médicaments de la combinaison Triomune de Cipla-la
lamivudine, la stavudine et la nevirapine- sont contrôlés par
GlaxoSmithKline, Bristol-Myers Squibb et Boehringer Ingelheim
respectivement, mais la législation indienne permet de les produire selon
des procédés de fabrication différents.

L'offre d'Hamied de vendre ces médicaments à un 13e du prix des
multinationales les a amenées à baisser leurs prix, bien qu'à contre coeur.
L'OMS estime que les prix ont chuté de 95%, mais ils sont encore loin des
prix des firmes qui vendent des génériques
La fourniture de génériques est entravée dans les pays qui défendent la
propriété intellectuelle si une firme innovante y a déposé des brevets pour
ses médicaments.

Un compromis permettant aux pays pauvres d'acheter des médicaments
génériques à bas prix pour le sida et le paludisme, a échoué l'an dernier
quand les Etats-Unis ont bloqué un accord, sous prétexte qu'il saperait la
protection des brevets des grandes entreprises pharmaceutiques.

"Les compagnies indiennes s'ont bien placées pour produire la pluplart des
antirétroviraux disponibles sur le marché international" selon Lanka
Srinivas, directeur de Aurobindo.

Mais les brevets de grandes entreprises innovantes ne permettent pas la
fourniture de médicaments anti-sida dans certains des pays les plus touchés
par l'épidémie de sida."

Un problème mondial

Un peu plus tôt cette année, le gouvernement américain a annoncé à la
surprise de tous qu'il débloquerait 15 milliards de dollars sur 5 ans pour
aider à soigner le sida en Afrique et à Haïti, y compris en achetant des
médicaments à des fournisseurs indiens comme Cipla.

Il y a environ 40 millions de malades du sida dans le monde et environ un
tiers ont besoin de médicaments anti-sida. L'Afrique, qui représente 10% de
la population mondiale, compte 9 sur 10 des nouveaux cas de sida. L'épidémie
progresse en Inde et cette dernière va porter le titre peu enviable de
premier pays du monde pour le sida dans quelques années.

La communauté internationale s'est fixée de soigner juste 3 millions de
personnes contaminées avec des antirétroviraux d'ici 2005.

A la fin du mois dernier, l'OMS et les Nations Unies ont tenu une réunion
avec les firmes de génériques, et les favricants ont accepté d'essayer de
baisser encore plus leurs prix, de simplifier les dosages et de maintenir la
fabrication de médicaments clés.

"Le Fonds mondial pour le sida tente d'approvisionner les gouvernements,
mais un effort bien plus grand doit être entrepris par les pays les plus
riches" a dit Hogerzeil de l'OMS. Idéalement, c'est environ 10 milliards de
dollars qui sont nécessaires pour faire un travail vraiment effectif. Mais
le Fonds mondial ne dispose que de 2 milliards."

Les autres compagnies indiennes

Des médicaments de Cipla et Ranbaxy sont déjà sur la liste de l'OMS des
médicaments préqualifiés et Aurobindo et Hetero à Hyderabad cherchent à
faire homologuer leurs installations.

Les médicaments anti-sida représentent moins de 10% des 16 milliards de
roupies du chiffre d'affaires de Cipla cette année.

Les antirétroviraux de Ranbaxy sont actullement vendus dans 13 pays dont le
Brésil, le Cameroun, le Nigéria, l'Ethipie, le Cambodge, la Zambie et
l'Inde, et la compagnie se prépare à soigner de 500 000 à un million de
malades dans les prochains 18 à 24 mois.

Hetero qui a la capacité de fabriquer 10 millions de comprimés et 20
millions de capsules de médicaments anti-sida par mois, a commencé à les
produire il y a quatre ans et les exporte au Brésil, en Argentine et dans
quelques pays africains.

Cipla a suffisamment de capacité pour produire les médicaments anti-sida,
mais Hamied dit qu'il a détourné une partie de la production vers d'autres
médicaments aujourd'hui à cause de la faible demande.

"Ce que nous disons, c'est qu'à moins que les gouvernements prennent leur
part et qu'il y ait une demande garantie, rien ne pousse à produire et
fournir ces médicaments, dit Hamied. Si je vends ces médicaments à un prix
humanitaire, alors nous devrions obtenir des débouchés et des paiements
garantis".

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Accès aux médicaments du Sida: le docteur Gunther chez Mme Adjobi

Fraternité Matin (Abidjan)
31 Mars 2003
Publié sur le web le 31 Mars 2003
Elvis Kodjo
Abidjan

Le docteur Gunther Faber, vice-président pour l'Afrique subsaharienne et
l'Afrique du Sud des laboratoires Glaxo-smith-kline (GSK), principal
fournisseur mondial des antirétroviraux (ARV), arrive à Abidjan aujourd'hui
pour un séjour de trois jours. Il aura une séance de travail, demain, avec
Mme Christine Nebout Adjobi, ministre de la Lutte contre le sida.

Cette visite qui intervient à un moment critique de l'histoire de la Côte
d'Ivoire revêt volontiers un symbole, celui d'un espoir certain en ce pays,
et constitue assurément un témoignage de solidarité vis-à-vis du personnel
de la direction d'Abidjan qui couvre toute l'Afrique de l'Ouest et du
Centre. Au-delà de cette symbolique, cette visite est porteuse d'espoir pour
les malades du sida quant à l'accessibilité aux antirétroviraux. Ces
produits restent toujours relativement chers pour les pays africains, malgré
l'initiative d'accès aux ARV entamée l'année dernière par les principaux
laboratoires exerçant dans ce domaine en direction des pays africains. Cette
initiative s'est traduite par des réductions de coût de 75 à 80% parfois. Le
Trizivir, notamment, une trithérapie en un seul médicament, s'obtient
désormais à 86 793 F contre plus de 400 000 F sous d'autres cieux.

La situation de crise que vit la Côte d'Ivoire, pays déjà considéré comme le
plus atteint en Afrique de l'Ouest, est un terrain fertile pour le sida,
s'accordent à dire les spécialistes. Plus que jamais, craignent-ils, la
pandémie a de beaux jours devant elle. Le Dr Gunther Faber aura l'occasion
de s'enquérir de la situation de la maladie en Côte d'Ivoire au cours de sa
visite. Il essayera surtout de voir dans quelle mesure renforcer les actions
et la collaboration des laboratoires GSK avec ses partenaires locaux engagés
dans la lutte, le ministère concerné bien entendu, mais aussi des ONG comme
Retroci certainement.

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