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[e-med] 20 producteurs de médicaments décident de cesser leur activité


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  • Date: Thu, 27 Feb 2003 08:52:39 -0500 (EST)

E-MED:20 producteurs de médicaments décident de cesser leur activité
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20 producteurs de médicaments décident de cesser leur activité

La Tribune (Algiers)
23 Février 2003
Publié sur le web le 26 Février 2003

Ziad Abdelhadi

L'annonce a été faite par le syndicat algérien de l'industrie pharmaceutique
La décision se veut une riposte aux «dérives du comité technique de
remboursement»

Le Syndicat algérien de l'industrie pharmaceutique (SAIP) a annoncé hier,
dans un point de presse qu'il a organisé à l'hôtel El Aurassi, qu'il compte
arrêter toute production et se consacrer uniquement à l'importation de
médicaments, surtout dans le générique. Une décision qu'il juge tout à fait
légitime suite aux «dérives du Comité technique de remboursement». Ce
dernier, estime le président du syndicat et patron de LAD Pharma, le docteur
Djebbar, «porte de sérieux coups à l'industrie pharmaceutique nationale en
éliminant de la liste des médicaments remboursables un nombre important de
produits pharmaceutiques locaux». Il rappellera à l'assistance que la
dernière conférence qui s'est tenue le 24 juillet 2002 «n'a abouti à aucun
résultat tangible bien que les pouvoirs publics aient été alertés sur la
façon de décider du CTR». Dès lors, et «après que 7 mois se sont écoulés
depuis cette date, nous avons décidé de porter à la connaissance du grand
public notre point de vue et, partant, notre réaction à cet état de fait que
l'on nous impose».

Ce qui est inquiétant, a martelé le conférencier, c'est que «le CTR a touché
aux plus importants médicaments fabriqués localement, notamment ceux
inscrits dans la catégorie d'essentiels, et n'a jamais daigné donner les
motifs pour lesquels un médicament local est rejeté». Toujours selon le
docteur Djebbar, «cette stratégie va à contre-courant de la politique
d'encouragement de l'industrie pharmaceutique qu'on ne cesse de clamer dans
les cercles de décision, car dans la réalité, et à travers les conclusions
du CTR, il faut comprendre que l'on cherche à tout prix à faire tout contre,
en favorisant coûte que coûte l'importation». A ce sujet, il est connu de
tous que la facture nationale du volume des importations annuelles continue
d'avoisiner les 600 millions de dollars et par le biais d'une démographie
sans cesse croissante, le budget réservé à ce secteur ne peut que
s'accroître. Un aussi important marché ne peut laisser indifférents
laboratoires internationaux et autres férus de gains à saisir. Comme l'a
souligné l'animateur de la conférence : «Pour vous donner une idée de la
situation devant laquelle nous nous retrouvons, en 1998, dans la liste des
109 médicaments non remboursables, on comptait près de 48% de produits
locaux, et l'estocade finale nous est venue de la dernière liste, celle de
mai 2001, où tous les médicaments locaux se retrouvent exclus de la liste
des remèdes remboursables».

On peut se poser d'ores et déjà cette question : à quelle logique de telles
décisions répondent-elles ? Selon l'avis du docteur Djebbar, «on peut croire
que l'on a tendance à occulter l'intérêt majeur du malade !». Pour appuyer
ses arguments, le président du syndicat citera l'exemple de la
«Carbosystéïne» qu'il considère «tout à fait significatif et résume le peu
de transparence du CTR». D'après lui, la «Carbosystéïne», qui appartient à
la catégorie des médicaments essentiels et d'origine française, s'est vu
remplacer par l'«Acetystéïne», qui est, lui, d'origine américaine. Le motif
invoqué résiderait dans le fait que cette nomenclature aurait été derrière
des décès, alors que cela n'a jamais été prouvé. Preuve en est, elle reste
incluse dans la dénomination commune internationale (DCI). Chez le SAIP, on
considère ce remplacement «comme du sabotage pur et simple». Le patron de
LAD Pharma citera d'autres exemples de ce type d'exclusion de produits de la
liste des médicaments remboursables. En ce qui concerne la CNAS, ce dernier
informera que «la production locale coûte à la caisse 9 milliards DA alors
que les mêmes produits importés reviendraient à cette même institution à 23
milliards DA».

D'autres facteurs de contrainte au développement de l'industrie
pharmaceutique, ou du moins au maintien du niveau de production actuelle,
ont été cités dans cette conférence par le représentant de Saidal et de lAM.
Si pour l'entreprise public, des souplesses ont été apportées, permettant
d'introduire une gamme de sa production dans la liste des médicaments
remboursables, ce n'est pas le cas pour les 20 autres entreprises qui
activent actuellement. «Devant le refus du dialogue et la non-acceptation du
CTR d'intégrer dans sa composante un représentant du SAIP, nous envisageons
de mettre à l'arrêt nos chaînes de production pour nous réserver à
l'importation exclusive du médicament générique. C'est simple, facile et ça
rapporte gros.» Ce dernier, pour conclure, dira : «Nous resterons dans
l'importation tant qu'une politique en matière d'industrie pharmaceutique
n'est pas tracée.»

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