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[e-med] RCI:le commerce ambulant des médicaments prend de lampleur
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 20 Feb 2003 03:43:39 -0500 (EST)
E-MED: RCI:le commerce ambulant des médicaments prend de l?ampleur
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Le commerce ambulant des médicaments prend de l?ampleur
Fraternité matin
N°11465
25 janvier 2003
Bouaké
A quelque chose malheur est bon ?, semble se dire aujourd?hui la multitude
de ? pharmaciennes ambulantes ? qui arpentent désormais les rues de Bouaké.
Certes, l?activité n?est pas nouvelle, mais il faut admettre qu?elle prend
une telle ampleur qu?il y a lieu de craindre les intoxications liées à la
péremption des médicaments, leur mauvaise qualité et conservation. De même
qu?à des prescriptions hasardeuses.
Un autre drame qui se dessine donc avec cela de préoccupant que ce n?est
certainement pas demain la veille. Car à Bouaké comme dans toutes les zones
occupées, les officines privées classiques de pharmacie sont en rupture de
stock. Même si la plupart d?entre elles sont désormais ouvertes. Les
produits couramment prescrits comme l?aspirine, la nivaquine et autres
anti-palustres manquent cruellement dans les rayons. Selon un pharmacien qui
a requis l?anonymat, Laborex, l?un des principaux grossistes de la place, a
été contraint de fermer, faute d?approvisionnement.
Aussi, des réseaux parallèles de distribution ont-ils pignon sur rue. Dame
Aïcha, une vendeuse bien connue qui revendique un chiffre d?affaires
démultiplié ?, cite les filières ghanéenne (par Bondoukou), malienne,
burkinabé, nigériane et guinéenne. ? Avant, je gagnais à peine 3000F par
jour, mais aujourd?hui, je peux faire jusqu?à 12.000FCFA?, révèle-t-elle
satisfaite. L?affaire marche tant et si bien que dame Aïcha emploie
désormais une bonne vingtaine de filles. Prenez une moyenne de 5.000 FCFA
seulement et multipliez la par 20 et vous comprendrez l?engouement que
connaît le secteur. De petites ? Nana Benz ? du médicament, ce n?est donc
plus ce qui manque à Bouaké et dans les zones occupées, pourtant menacées de
récession (pénurie de liquidité).
Le diagnostic ? ? Tu dis ta maladie et moi je te propose un médicament censé
te soulager ?, explique Mariame, une vendeuse qui débute pourtant dans le
métier. Comment, par qui et durant combien de temps ces vendeuses
sont-elles formées ? La réponse vous donne de la sueur froide.
? On regarde les autres et on retient les noms, quelquefois l?on improvise
et si après le client nous dit qu?il a été soulagé, alors l?on en tient
compte à l?avenir ? s?évertue à nous expliquer Korotoum.
Ainsi, le même médicament peut ? soigner ? une foultitude de maladies des
plus diverses et quelquefois ? opposées ?. Et le plus grave, fait observer
M. Konan Alphonse un ? accro ? pourtant de la pharmacie ambulante c?est que
? beaucoup de médicaments sont faux ?. En fait, en d?autre occasions, l?on
pourrait ainsi parler de placebo. Mais ici, l?on invoquerait plutôt une
tricherie à grande échelle voire une arnaque. En tout état de cause, c?est
de la contrebande.
Des morts ? En l?absence de statistiques fiables, la prudence est de mise.
Mais, des cas d?intoxication venant renforcer le scepticisme et la méfiance
des uns et des autres sont par contre monnaie courante. Reste que le nombre
de personnes satisfaites est de loin supérieur et promet ainsi de beaux
jours aux vendeuses qui n?en demandent pas mieux. La modicité des prix
pratiqués, l?accessibilité aux produits, la facilité du diagnostic et l?
accoutumance demeurant des atouts non négligeables. Quand la pauvreté s?y
ajoute dans cette situation de guerre persistante, l?on aura tout compris.
DIALLO MOHAMED
Correspondant régional
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