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[e-med] Industriels et autorités du médicament parlent des génériques
- From: remed@remed.org
- Date: Mon, 10 Feb 2003 12:58:34 -0500 (EST)
E-MED:Industriels et autorités du médicament parlent des génériques
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Sécurité et promotion des génériques: Conclave entre industriels et
autorités du médicament d'Afrique
Le Soleil (Dakar)
7 Février 2003
Publié sur le web le 8 Février 2003
Fara Diaw
Les directeurs nationaux chargés de la gestion officielle du médicament de
quinze pays francophones d'Afrique de l'Ouest et du Centre ont débuté, hier
à Dakar, une rencontre avec les représentants de l'industrie pharmaceutique
française pour discuter de plusieurs questions touchant ces produits, «pièce
maîtresse» du développement de la santé des populations africaines, du fait
que leur pays dépendent à plus de 90% du marché extérieur d'Europe, surtout
de France, mais aussi un peu d'Amérique.
Cette rencontre, devenue annuelle depuis le choc de la dévaluation du Franc
Cfa en 1994, devrait permettre de réfléchir sur les possibilités de
coopération en faveur du développement des médicaments essentiels génériques
(MEG) sur lesquels l'OMS et les pays en voie de développement misent pour
favoriser leur accès au plus grand nombre et, du coup, réduire les dépenses
en soins de santé.
D'ailleurs, ils ne sont pas les seuls à pénétrer cette voie «salutaire» des
génériques, dans la mesure où même les Etats-Unis, la France, le
Royaume-Uni, l'Allemagne, la Belgique et tant d'autres pays dits développés
en font leur promotion, confrontés qu'ils sont à des «trous» financiers
énormes fragilisant de plus en plus leur système de santé.
L'accès «libre» aux brevets de médicaments pouvant soigner des maladies
touchant une grande partie de la population mondiale et causant chaque année
des dizaines de milliers voire des millions de morts par an, afin de
produire leurs génériques, sans attendre la fin des droits de vingt ans, est
au centre, depuis plusieurs mois, d'âpres négociations au sein de
l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Pour le Pr. Mamadou Keith
Badiane, directeur de la Pharmacie et du Médicament (DPM) du Sénégal : «il
s'agit de faire le point sur la situation du marché et les besoins
africains».
«Nous devons voir, dans cet ordre d'idées, comment collaborer avec les
industriels, afin de pouvoir disposer dans les pays africains d'outils
technologiques de contrôle de la qualité des médicaments provenant de
l'extérieur, mais aussi de développer des campagnes de promotion des
médicaments génériques en direction des populations africaines, pour
contrecarrer la contrefaçon et le commerce illicite des produits
pharmaceutiques», a dit le Pr. Badiane.
Durant les dernières rencontres, les sujets comme la disponibilité de
médicaments de qualité, l'accessibilité financière, la promotion des MEG
qui, elle-même devrait déboucher sur le droit à la substitution des
spécialités pharmaceutiques très chers par des génériques, plus abordables
pour la grande masse, avaient été abordés. «Le générique n'est pas un
sous-médicament, mais un médicament qui a les mêmes principes actifs que les
spécialités», a déclaré, M. Gerard Peyrat, responsable du LEEM (les
entreprises du médicament) de France. Il a précisé que les pays africains de
la zone franc ont souvent soulevé les difficultés qu'ils ont pour disposer
de génériques de qualité et qu'ils doivent voir comment dégager des voies et
moyens sur ce sujet crucial.
Le Pr. Seydou Aboubacar Badiane, conseiller technique du ministre de la
Santé, qui présidait l'ouverture des travaux, s'est félicité du travail
effectué en 2001 à Ouagadougou sous l'égide de l'UEMOA et à Kigali (Rwanda)
sur les achats groupés. Il a plaidé pour l'option de création d'unités de
production sous-régionales, voire régionales. Il a indiqué la politique de
son ministère de la Santé, qui est de tendre prochainement vers l'ouverture
de comptoirs génériques classiques en dénomination commune internationale
(DCI), à côté des génériques de marque et des spécialités. «Ce qui doit être
le seul moyen d'éviter l'exclusion des populations économiquement faibles»,
a-t-il assuré.
La République démocratique du Congo vient de rejoindre cette instance de
concertation pharmaceutique «franco-africaine», qui regroupe maintenant une
quinzaine de pays dont la France, le Sénégal ; le Gabon, la RCA, la Guinée
Connakry, le Mali, le Bénin, le Burkina Faso, le Congo, le Cameroun, le
Niger, la Mauritanie, la Côte d'Ivoire et le Togo.
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