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[e-med] (2)Accès aux médicaments: nouvelles propositions à Davos


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 27 Jan 2003 08:37:05 -0500 (EST)

E-MED:(2)Accès aux médicaments: nouvelles propositions à Davos
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[Modérateur: quelques compléments d'infos et réaction de l'OMS.CB]

Davos/accès aux médicaments : des groupes pharmaceutiques devancent l'OMC

DAVOS (Suisse), 27 jan (AFP) - 12h03 - Certains groupes pharmaceutiques ont
devancé un accord de l'OMC, qui semble désormais proche, sur l'accès des
pays pauvres aux médicaments en annonçant au Forum de Davos leurs propres
partenariats pour fournir des traitements antisida peu coûteux aux plus
démunis.

Le groupe américain Pharmacia a annoncé vendredi à Davos (Suisse) qu'il
accorderait une licence à la fondation néerlandaise International Dispensary
Association (IDA) pour qu'elle puisse fournir aux pays en développement une
version générique d'un de ses médicaments (Delavirdine, ou Rescriptor aux
Etats-Unis) contre le sida.

Le britannique GlaxoSmithKline a pour sa part indiqué samedi avoir déjà un
accord similaire pour mettre à disposition des pays en développement une
version générique de ses médicaments contre le sida.

Selon son pdg Jean-Pierre Garnier, GlaxoSmithKline a conclu un arrangement
directement avec des fabricants en Afrique et n'a pas besoin de passer par
une fondation. Il n'a pas précisé quels médicaments du groupe étaient
compris dans ce programme, ni s'il était prévu de l'étendre.

"Il s'agit d'une approche novatrice de la question complexe de l'accès (aux
médicaments), nous pensons que cela mérite d'être testé dans les conditions
du monde réel", a lancé le pdg de Pharmacia, Fred Hassan, pour expliquer le
fait de passer outre l'Organisation mondiale du Commerce (OMC).

Les 144 membres de l'OMC devaient élaborer un système d'exemption au droit
des brevets censé permettre d'importer des copies de médicaments brevetés,
afin de répondre aux grandes urgences de santé publique comme le sida, le
paludisme et la tuberculose.

Or, les négociations ont achoppé le 20 décembre dernier sur le nombre des
maladies couvertes, les Etats-Unis craignant que le dispositif ne soit
étendu à des maladies non transmissibles comme le diabète, l'asthme ou
l'obésité, ce qui pénaliserait leur industrie pharmaceutique.

Pour Henry McKinnell, pdg du géant Pfizer, le projet de Pharmacia n'est
qu'un essai, sans garantie de succès : "je ne suis pas sûr qu'un producteur
quelconque de (médicament) générique utilise cette licence, en partie parce
qu'un investissement est nécessaire". Cet accord concerne
"l'approvisionnement des pays les plus pauvres du monde et (les producteurs
de) génériques ne sont pas intéressés par ça", a-t-il ajouté.

L'Organisation mondiale de la Santé est, elle, enchantée : "de tels actes
volontaires peuvent accroître la concurrence, réduire les prix et ainsi
donner aux gens les plus pauvres un meilleur accès aux médicaments". Mais
elle a souligné qu'"idéalement, de tels produits (médicaments) devraient
bénéficier d'un traitement national et international".

Du reste, dimanche à Davos, le directeur général de l'OMC, Supachai
Panitchpakdi, a indiqué que certains membres étaient sur le point de faire
des propositions. Il a estimé qu'après "des négociations difficiles à la fin
de l'année dernière avec les représentants de l'industrie pharmaceutique"
des ouvertures pour un compromis sont maintenant perceptibles.

"Nous avons parlé entre nous et nous sommes mis d'accord en principe" lors
d'une rencontre entre Supachai Panitchpakdi et des chefs d'entreprises
pharmaceutiques, a confirmé Henry McKinnell. "Le problème désormais est de
mettre cela par écrit", a-t-il ajouté.

Selon le pdg de Pfizer, les groupes pharmaceutiques se rendent compte que
même si cet accord avec l'OMC est "une question énormément symbolique pour
le monde en développement, c'est un geste assez modeste en terme de licences
. En fait, cela concerne seulement 300 produits".

Pour Raymond Gilmartin, pdg de l'américain Merck, de toute façon, la réponse
ultime appartient aux autorités nationales des pays en développement : même
avec des médicaments gratuits, "la limite est celle des capacités des
systèmes sanitaires".

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