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[e-med] de Porto Alegre: "Sida : des génériques maintenant !"


  • From: chloeforette@wanadoo.fr
  • Date: Mon, 27 Jan 2003 03:23:20 -0500 (EST)

E-MED: de Porto Alegre: "Sida : des génériques maintenant !"
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Communiqué de presse conjoint
26 janvier 2003 - Porto Alegre


Sida : des génériques maintenant !

En décembre 2002 et après un an de négociations, l'OMC n'est pas parvenue à
trouver une solution dans la controverse concernant l'accès aux génériques
dans les pays en développement et cela malgré l'objectif clairement fixé
durant la conférence de Doha en novembre 2001 et malgré de nombreux accords
internationaux signés par les membres de l'OMC déclarant que l'accès au
standard de soins médicaux le plus élevé est un droit humain fondamental.

L¹heure est au bilan :
Cette année 15 millions de personnes sont mortes de maladies infectieuses
pour lesquelles existent des médicaments, plus de 3 millions sont mortes du
sida en l'absence de tout accès aux traitements.

Les médicaments génériques sont essentiels parce qu'abordables dans les pays
en développement où les gens ne peuvent payer les prix exorbitants imposés
sur le marché international par les multinationales pharmaceutiques.

Il a été démontré que l¹application aveugle des règles de protection
intellectuelle qui prévalent dans les pays du Nord est inadaptée aux pays en
développement et a des conséquences néfastes sur leurs populations. Dans le
domaine de la santé, les multinationales n'ont pas besoin des marchés des
pays d'Afrique, d'Asie, d'Amérique latine et des Caraïbes pour rentabiliser
la recherche et le développement de leurs produits et faire de très grands
profits. En revanche, leurs monopoles tuent.

L¹échec cuisant des négociations à l¹OMC portant sur l¹exportation de
génériques s¹explique simplement. Pendant un an, un certain nombre de pays
riches n¹ont poursuivi qu¹un objectif : revenir sur le principe acquis à
Doha selon lequel la santé publique doit primer sur les intérêts
commerciaux.

L'OMC s'est révélée incapable de garantir un cadre équitable de
négociations, ne servant pas uniquement l¹intérêt de compagnies privées mais
celui d¹États membres de cette organisation.
L'OMC s'est aussi révélée incapable d¹interpréter l'accord sur les ADPIC
(aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce) de façon à
prendre en compte d¹autres intérêt qu¹économiques.


A l'OMC, les Etats-Unis et l'Union européenne ont eu recours à toutes les
formes possibles de pression et d'intimidation pour forcer les pays en
développement à accepter un accord totalement inadapté à répondre aux
problèmes de santé publique de leurs populations.
De plus, sans se soucier de l'existence d'organisations multilatérales où
tous les Etats sont sensés êtres également représentés, les Etats-Unis
essaient par le biais d¹accords bilatéraux (Maroc, Botswana, Lesotho,
Namibie, Afrique du Sud, Swaziland, Costa Arica, El Salvador, Nicaragua,
Honduras et Guatemala) et régionaux (FTAA), d'imposer son système
hégémonique de règles de propriété intellectuelle partout dans le monde.

Les pays riches, en refusant une véritable réflexion et de véritables
négociations, ont prouvé l¹inefficacité et la dangerosité du système qu¹ils
ont souhaité imposé au reste du monde.

Cependant, un autre monde est possible, un monde où les gens peuvent avoir
accès aux médicaments essentiels.
Les multinationales pharmaceutiques font d'énormes profits sur le marché des
pays riches. Pendant ce temps, les pays en développement peuvent développer
les échanges Sud-Sud entre pays et le partage des technologies afin de
produire ou d'importer des copies de n'importe quel produit de santé dont
ils ont besoin pour leurs populations.

La question non résolue de l'accès aux génériques entraîne deux crises : une
crise de santé publique internationale qui conduit à la mort de millions de
personnes alors qu¹elle pourrait être évitée, une crise des relations
commerciales internationales. Ces deux crises menacent d'aggraver encore
plus le clivage entre le Nord et le Sud et d¹accentuer les tensions
politiques dans le monde entier.

La prochaine étape sur « la route de Cancun » sera le Conseil général de
l'OMC les 10 et 11 février à Genève. Là, les pays en développement et
particulièrement le Brésil du Président Lula doivent saisir l'occasion pour
changer les règles. Mais si aucune solution ne peut être trouvée à l'OMC,
alors la seule façon de faire valoir les droits humains à la santé et à la
vie, passe par la production massive et la diffusion de copies de
médicaments brevetés au bénéfice de tous les personnes au monde qui en ont
besoin.

Action Aids (Brésil) - Act Up-Paris (France) - Aids Access Foundation
(Thailand) - ALCS (maroc) - Articulaçao de Mulheres Brasileiras (Brésil) -
GAPA RS (Brésil) - Gestos (Brésil) Laccaso (Venezuela) - MSF (Brésil) -
Oxfam (RU) - SOS CORPO (Brésil) - Stop AIDS Now (Pays Bas) - VANMPAVIH
(Mexique).


Contact media pour Act Up-Paris : Gaelle Krikorian Tel: + 55 51 81152296 -
galk@noos.fr


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