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[e-med] Bangladesh:le sari plus efficace contre le choléra que les vaccins


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  • Date: Fri, 17 Jan 2003 03:38:56 -0500 (EST)

vaccins
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E-MED:Bangladesh:le sari plus efficace contre le choléra que les vaccins
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ÉPIDÉMIE Filtrer l'eau avec de simples tissus a réduit de moitié le nombre
de malades dans plusieurs villages
http://www.lefigaro.fr/sciences/20030115.FIG0216.html
Des femmes recueillent de l'eau potable à Dhaka. Une étude vient de
démontrer que les méthodes locales d'assainissement de l'eau étaient souvent
plus efficaces que les conseils des médecins occidentaux.

Au Bangladesh, le sari plus efficace contre le choléra que les vaccins

Cyrille Louis
[15 janvier 2003]

Le filtrage de l'eau non purifiée au moyen d'une simple pièce de tissu pliée
en quatre offre sensiblement la même protection contre le germe du choléra ?
vibrio cholerae ? que les quelques vaccins développés à grand frais, ces
dernières décennies, par l'industrie pharmaceutique occidentale. Telle est
la surprenante conclusion rapportée, cette semaine, par une équipe de
chercheurs américains au terme de trois années passées à arpenter des zones
rurales du Bangladesh régulièrement frappées par la maladie (1). Sorte
d'hommage aux pratiques développées, loin des laboratoires de pointe, dans
bon nombre de pays en voie de développement, l'étude résonne surtout comme
un triste aveu d'impuissance formulée de la médecine occidentale face à une
pandémie qui, l'an dernier, a touché 123 986 personnes et tué à 3 763
reprises.

Si le choléra, qui a commencé à se répandre hors du sous-continent indien au
milieu du XIXe siècle, n'est plus désormais qu'un mauvais souvenir pour la
plupart des pays développés, il continue en effet de faire des ravages en
Afrique, en Asie et depuis peu ? après une éradication de plus d'un siècle ?
en Amérique latine. Et pour cause : le vibrion responsable de la maladie,
principalement présent dans l'eau non purifiée, se propage facilement là où
les conditions sanitaires laissent à désirer.

Aussi les médecins occidentaux n'ont-ils eu de cesse d'inciter les États
concernés à améliorer les conditions d'hygiène. Quitte, parfois, à
méconnaître totalement les réalités locales et à détourner les populations
des méthodes de prévention traditionnellement employées.

Au Bangladesh, les villageois ont ainsi été incités à bouillir
systématiquement l'eau avant de la consommer. Une gageure, lorsqu'on sait
que le bois est rare et cher, dans ce pays qui, situé dans le delta du
Gange, passe une bonne partie de l'année sous l'eau. Dans le même temps, la
population a été encouragée à abandonner le vieux système de filtrage, qui
semblait n'offrir aucune garantie. «C'est le genre de tentation impérialiste
qui a souvent animé la médecine moderne, parfois en dépit du bon sens,
explique Jean-François Guégan, cherche à l'Institut pour la recherche et le
développement (IRD). Car il arrive que le rejet de pratiques fondées sur le
bon sens, au motif qu'elles ne sont pas scientifiquement validées, fasse
plus de mal que de bien.»

En l'espèce, le passage au crible du filtrage artisanal montre que la
technique demeure l'une des plus efficaces qui soit. L'étoffe des saris,
utilisée pour composer le costume féminin, permet en effet de retenir
l'immense majorité du zooplancton et du phytoplancton charrié par les eaux
impures. Or ce sont ces particules qui, hébergeant le Vibrio cholerae,
peuvent transmettre la maladie si elles sont ingérées en quantité
suffisante. Et il est apparu, en comparant l'état de santé des habitants de
65 villages dans lesquels ce type de précaution a été presque
systématiquement adopté avec celui d'une population témoin, que le filtrage
divise par deux le risque de contamination. En outre, il semble réduire,
chez les personnes atteintes en dépit de ces précautions, la gravité du mal.

Cette efficacité imprévue conduit les chercheurs à suggérer l'adoption de
pratiques semblables, déclinables avec d'autres matériaux, dans divers pays
en voie de développement. En outre, les témoignages recueillis auprès des
mères de famille laissent entendre que ce filtrage traditionnel pourrait
également prévenir les cas de diarrhée et d'autres maladies transmises par
l'eau de boisson.

«Ce travail traduit bien une approche nouvelle des problèmes de santé
publique, à l'opposé des conceptions dominantes pendant l'essentiel du
siècle dernier, interprète Jean-François Guégan. On commence à réaliser
qu'une connaissance spécifique, même si elle est empirique, de
l'environnement et des moyens de transmission d'une maladie peut se montrer
plus efficace que des stratégies d'éradication très théoriques.»

(1) Proceedings of the National Academy of Science, 13 janvier 2002.

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Une déshydratation foudroyante

http://www.lefigaro.fr/sciences/20030115.FIG0218.html
C. L.
[15 janvier 2003]

Le choléra est causé par l'absorption d'eau ou d'aliments contaminés par une
bactérie présente dans divers types de plancton. Quelques heures après son
installation dans l'organisme, celle-ci commence à sécréter une toxine qui
déclenche d'importantes selles et une déshydratation pouvant provoquer la
mort dans les trois jours. Seule une réhydratation permet d'endiguer le mal.
Les rares candidats vaccins ont fait preuve d'une efficacité limitée,
conduisant l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à ne pas axer sa
stratégie de lutte sur l'immunisation des sujets. Résultat : après avoir
sensiblement reculé, la maladie réémerge aujourd'hui dans certaines zones
qui s'en croyaient débarrassées. Ainsi une équipe de l'Institut pour la
recherche et le développement étudie-t-elle actuellement les signes de
résurgence du choléra autour du bassin méditerranéen. Les modifications
climatiques charriant des courants froids très utiles au développement des
planctons qui abritent le vibrion pourraient en effet créer les conditions
d'un retour en force de la maladie, déjà attesté en Algérie, où 5 000 cas
environ étaient recensés l'an dernier.

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