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[e-med] Un meurtre ŕ grande échelle dont on s'accommode


  • From: ojablonski@free.fr] (Act Up-Paris)
  • Date: Thu, 16 Jan 2003 07:54:51 -0500 (EST)

E-MED: Un meurtre à grande échelle dont on s'accommode
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de la mailing list [infoaction]

Bonjour, voici la traduction de la communication de Stephen Lewis, l¹envoyé
spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le VIH/SIDA en Afrique.
C¹est dans cette communication qu¹il évoque la notion de « meurtre à grande
échelle dont on s'accommode » (en anglais « mass murder by complacency »)

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Notes pour un briefing presse
Nations Unies, New York : midi, 8 janvier 2003
[traduction Infoaction]
Stephen Lewis
Envoyé spécial du Secrétaire-général des N.U. pour le VIH/SIDA en Afrique

Le mois dernier, j'ai passé deux semaines à visiter quatre pays d'Afrique
australe : le Lesotho, le Zimbabwe, le Malawi et la Zambie. Le but essentiel
de cette visite était de voir le lien entre la faim et le sida. Je veux
revenir sur cette visite parce qu'il y a peu de changements entre la période
passée et la période présente (excepté, peut-être, que la situation s'est
encore détériorée) et ensuite envisager les perspectives qui s'offrent de
combattre la pandémie en 2003.

En introduction, cependant, laissez -moi exprimer une fois de plus ma
conviction profonde, chaque fois que je visite l'Afrique, qu'il n'y a pas de
doute que la pandémie peut être vaincue. Aussi terrible que puisse être le
fléau du sida, aussi limitée que soit la capacité à y faire face, quels que
soient les ravages qu'il entraîne, il est absolument certain que la pandémie
peut être surmontée grâce à un effort commun et herculéen des pays africains
et de la communauté internationale.

J'en ai assez, au point d'en éprouver une impatience exaspérée, d'entendre
sans cesse exprimer des doutes quant à la détermination de l'Afrique, les
intentions de l'Afrique et les capacités de l'Afrique. La vérité, c'est que
partout sur ce continent, même dans les conditions les plus difficiles comme
celles des quatre pays visités, les Africains sont occupés par
d'innombrables initiatives, projets, programmes et expériences pilotes qui,
s'ils étaient menés à une plus grande échelle, s'ils étaient généralisés
dans tout le pays, arrêteraient la pandémie et prolongeraient et sauveraient
des millions de vies.

Ce qu'il faut, c'est à la fois de la volonté politique et des ressources. La
volonté politique est de plus en plus présente, mais pas l'argent. Un grand
journal américain, qui parlait du manque de ressources, a utilisé
l'expression frappante "meurtre dont on s'accommode". Je ne suis pas
d'accord sur un seul point : il s'agit de meurtre à grande échelle dont on
s'accommode.

Vous me pardonnerez de parler avec vigueur, mais à l'aube de l'année 2003,
il n'est plus temps de supplier poliment, même d'implorer. On ne peut
permettre que la pandémie continue et ceux qui la regardent s'étendre, avec
une sorte de sérénité pathologique, devront rendre des comptes. Il pourra
venir un jour où nous aurons des tribunaux en temps de paix qui jugeront
cette version particulière de crimes contre l'humanité.

Aussi terrible que puisse être la situation en Afrique australe -et elle
l'est vraiment - chaque pays que j'ai visité faisait preuve de force
particulière qui donnait de l'espoir.

Le petit pays du Lesotho a des dirigeants politiques tout à fait
impressionnants, mais c'est un pays extrêmement pauvre. S'il avait des
ressources significatives supplémentaires lui permettant d'augmenter sa
capacité de production, il pourrait commencer à sauver d'innombrables vies
humaines. Je me rappelle bien du Premier Ministre du Lesotho qui me disait :
"les bailleurs de fonds nous répètent que nous n'avons pas de capacité de
production. Je sais que nous n'avons pas de capacité de production ;
aidez-nous et nous développerons cette capacité". Il faut se souvenir que le
Lesotho a une population plus grande que celle de la Namibie et du Botswana,
mais est loin d'avoir les mêmes ressources. Il a par contre un des taux les
plus élevés de prévalence du sida sur le continent... plus élevé que celui
de la Namibie et presque aussi élevé que celui du Botswana... et il est
fatalement handicapé par le manque de ressources.

Le Zimbabwe, quels que soient les niveaux de turbulence politique, a créé
une infrastructure municipale solide pour faire face au sida. Il faut que
vous sachiez que durant les deux dernières années le Zimbabwe a levé un
impôt supplémentaire de 3% sur le revenu des sociétés et des personnes
physiques, qu'il consacre au sida. Une bonne partie de cet argent est
parvenu jusqu'au niveau des districts et des villages grâce à un ensemble
complexe de comités et de structures qui se chargent de faire parvenir
l'argent à la base. C'est visible dans le travail des jeunes éducateurs de
la jeunesse, des travailleurs sociaux sur le terrain, et des soins à
domicile donnés par des organisations communautaires et religieuses. En
d'autres mots, en dépit de tous les bouleversements auxquels est aux prises
le Zimbabwe, la capacité pour instaurer des programmes élaborés subsiste, si
seulement il y avait plus de programmes à instaurer.

Au Malawi, nous allons sans doute voir les tentatives les plus intéressantes
de fourniture de traitements antirétroviraux dans le secteur public. A
l'origine, le gouvernement du Malawi avait l'intention de traiter 25 000
personnes lorsqu'il recevrait l'argent du Fonds mondial. Il s'est alors
rendu compte que ce chiffre de 25 000 était basé sur l'achat de médicaments
brevetés. Maintenant qu'il était possible d'acheter des médicaments
génériques, le nombre de personnes pouvant être soignées peut doubler. Il y
a eu, on pouvait s'en douter, beaucoup de scepticisme de la part des
bailleurs de fonds et des autres instances. Cependant, tandis que nous
étions au Malawi, une équipe de l'OMS est venue visiter le pays. Elle a
examiné attentivement les questions de capacité et de livraison et en est
arrivée à la conclusion qu'il était tout à fait possible de traiter 50 000
personnes de manière progressive bien sûr. C'est une perspective
passionnante : les traitements doivent être gratuits et donnés par le
secteur public.

La Zambie, quelles que soient les difficultés - et elles sont énormes -
émerge d'une période sombre de déni et reconnait enfin l'existence du sida.
La dure vérité, c'est que durant le régime du président précédent, rien n'a
été accompli. Il passait son temps à nier la réalité du sida et à mettre des
obstacles sur le chemin de ceux qui essayaient désespérément de faire face à
la pandémie. Je me rappelle avoir assisté à un sommet annuel de l'OUA en
tant que représentant de l'UNICEF, de m'être assis à côté du président
d'alors, Chiluba, et lui avoir demandé ce qu'il avait l'intention de faire
au sujet du sida: il n'a pas voulu en discuter avec moi. Maintenant il y a
un nouveau président zambien. Et bien qu'il ne soit en place que depuis un
an, tout le monde s'accorde à dire qu'il y a un changement spectaculaire
dans la direction politique en ce qui concerne le sida.

Le fait est que dans chaque pays, même dans les conditions humaines les plus
déplorables, il y a des signes de détermination et d'espoir. Pourront-ils
être exploités au nom du changement social? On le saura en 2003. Dieu sait
qu'il y a des obstacles incroyables à franchir.

Si je dois souligner les aspects qui m'ont fait la plus grande impression,
ils sont au nombre de six.

En premier lieu, il n'y a absolument aucun doute que la faim et le sida se
sont combinées en quelque chose d¹horrible. Nous l'avons vu partout. Comment
pourrait-il en être autrement? Au Malawi par exemple, l'analyse des données
montre que 50% des foyers pauvres sont affectés par une maladie chronique
due au VIH/Sida. Vous ne pouvez pas cultiver la terre, faire pousser des
récoltes, nourrir votre famille quand la maladie sévit dans tout le pays.
Ajoutez-y des pluies irrégulières et la sécheresse et alors le programme
mondial de nourriture et alors toutes les agences des Nations Unies ont une
tâche démesurée.

Je crois que le comble du malheur a été atteint pour moi dans le service de
pédiatrie du CHU de Lusaka. Les bébés squelettiques étaient entassés à trois
ou quatre sur un lit ; ils étaient si affaiblis par la faim et le sida (un
taux de prévalence de 56% dans le service de nutrition ... De 72% dans le
service des affections respiratoires) qu'ils n'avaient aucune chance de
survivre. Nous sommes restés là quarante-cinq minutes. Tous les quarts
d'heure, mourrait un enfant; il était maladroitement recouvert d'un drap,
puis emporté par une infirmière tandis que la salle résonnait des pleurs
angoissés des mères. Un spectacle infernal.

Deuxièmement, je ne pouvais m'empêcher de sentir à l'occasion que nous
étions les témoins de la fin d'une société. Nous avons tous imaginé la
catastrophe, mais personne ne voulait croire que cela pourrait arriver. Le
fait que le secteur agricole commence à péricliter ne pouvait simplement
qu'annoncer quelque chose de pire. A mon sens, l'enseignement est en péril.
Dans tous les pays, les enseignants étaient morts ou mourraient ou encore
étaient malades chez eux. Les enfants et particulièrement les filles étaient
enlevés de l'école pour s'occuper de leurs parents malades ou mourants parce
qu'ils ne pouvaient pas payer les frais scolaires. On avait l'impression
dans chaque cas que le secteur de l'enseignement était en état de siège. En
Zambie, 1 967 enseignants sont décédés en 2001, plus de 2000 en 2002; les
écoles normales forment moins d'un millier d'enseignants par an. Dans
certaines parties du Malawi, les enseignants séropositifs sont plus de 30%.
Comment l'enseignement peut-il continuer?

Ou peut-être que l'agriculture et l'enseignement périclitent simultanément
et nous nous attachons à l'agriculture parce que les dommages sont visibles
et immédiats. Si vous ne mangez pas pendant cinq jours, les conséquences
sont plus spectaculaires que si vous manquez l'école pendant cinq jours. Au
Malawi, on a fait une analyse des effets du sida sur quatre Ministères
différents et l'érosion dans chaque cas en termes humains, à un degré plus
ou moins grand, est inéluctable. Il est nécessaire de reconnaître que même
avec un taux de prévalence de 15 à 20%, sans parler de 30 ou 35% comme au
Botswana, au Lesotho, au Zimbabwe et au Swaziland, le décès incessant,
irréversible et cumulatif de tant de membres productifs de la société
signifie en fin de compte que la société se désagrège. Quand Chinua Achebe
écrivit son roman qui porte ce titre il y a quelques décennies, il ne savait
pas que ce serait la litanie de sociétés entières. Je n'écarterais pas la
possibilité, dans dix ou quinze ans, de l'effondrement de nombreux pays.

Troisièmement, une des manifestations les plus tristes d'une société qui se
délabre est le taux grandissant d'abus sexuels sur des enfants et des
adolescents. J'ai été choqué par ce qu'on nous a raconté. Que ce soit le
sort d'orphelins dans les montagnes du Lesotho, ou de travailleurs sociaux
nous rapportant des histoires sordides à voix basse alors que nous voyagions
au Zimbabwe, ou les preuves présentées en Zambie, il n'y a pas de doute que
les abus sexuels à l'encontre d'enfants ont atteint des proportions
choquantes. La situation est telle en Zambie qu'un trio de femmes
parlementaires est en train de présenter un projet de loi pour lutter contre
la profanation des enfants. Le Directeur du YWCA en Zambie (centre chrétien
qui recueille de jeunes femmes) nous a dit que les cas de viols d'enfants
signalés à la clinique de Lusaka du YWCA s'élevait à 23 en 1998, 77 en 1999,
88 en 2000, 110 en 2001 et 152 durant les dix premiers mois de 2002. Et il
ne s'agit que d'une des onze cliniques et seulement de cas signalés. Vers la
fin de ce mois, Human Rihgts Watch va publier une monographie convaincante
et bouleversante sur les abus sexuels sur les fillettes en Zambie et le lien
avec le VIH. Il y a quelque chose qui ne va pas quand des enfants sont les
victimes fréquentes de la violence sexuelle d'adultes.

Cela semble arriver aux orphelins particulièrement. Alors qu'on les déplace
d'un endroit à un autre, de plus en plus loin de leurs origines, ils
deviennent de plus en plus les victimes d'abus sexuels. De façon ironique et
triste, ils deviennent donc aussi de plus en plus les victimes du VIH.

Quatrièmement, je n'ai jamais auparavant senti autant les conséquences de ce
grand nombre d'orphelins. Un fait m¹a frappé : il existe des solutions
évidentes pour presque tous les autres aspects de la pandémie, mais, trouver
une solution au nombre astronomique d'orphelins est une tâche nouvelle à
laquelle le monde n'est pas préparé. La santé publique a affronté et vaincu
des contagions terribles causées par des maladies infectieuses à d'autres
moments de l'histoire humaine. Un jour, ce sera aussi le cas du sida. Mais
nous n'avons jamais affronté la mort sélective de parents qui laisse
derrière elle un grand nombre d'orphelins.

Il est nécessaire, je crois, de reconnaître que la famille africaine étendue
et la communauté africaine solidaire ne pourront jamais résoudre le problème
du grand nombre d'orphelins. La conséquence, c'est la réalité présente et
grandissante d'enfants vivant dans la rue, de gangs d'orphelins, de
délinquants : des hordes d'enfants arrachés à leurs racines familiales,
errent sur le continent, sans repaires, seuls, coupés de la réalité, en
colère, pantins incapables de quelque lien avec la vie normale. Certains
sont déjà devenus des adultes ; ils n'ont pas été aimés, ils n'ont pas été
éduqués... comment élèvent-ils leurs propres enfants? Et entretemps, ils
constituent un groupe à haut risque, une menace collective pour la stabilité
de la société.

Cinquièmement, si les femmes sont au centre de la pandémie du fait qu¹elle
soient particulièrement susceptibles d'être infectées et parce qu¹elle
prodigue les soins aux malades et aux orphelins, nous n'avons guère vu de
preuves des efforts faits pour émanciper les femmes, leur accorder une
autonomie sexuelle ou établir une égalité entre les hommes et les femmes. De
plus, nous n'avons vu aucun effort de fait pour réduire la part écrasante du
fardeau qu'elles portent. En fait, partout régnait l'hégémonie masculine.
Lorsque je retournerai en Afrique ce mois-ci, j'ai l'intention d'examiner ce
qui est fait pour garantir les droits des femmes dans chaque pays de telle
façon que leurs vies soient préservées.

Finalement, la question des traitements antirétroviraux a été soulevée
constamment et partout. Chaque groupe de malades du VIH/sida a martelé
l'exigence d'antirétroviraux avec insistence. Leur rage et leur désespoir ne
font que grandir et les gouvernements qui n'en tiendront pas compte en
pâtiront. Au Malawi, la perspective que 50 000 personnes aient accès aux
traitements dans un avenir proche a soulevé de grands espoirs. Mais en
Zambie, la vague perspective que peut-être 10 000 personnes aient accès aux
traitements, au fil du temps, sans que les critères d'admission soient
encore connus, provoque la colère. Au Zimbabwe et au Lesotho, où l'on en est
au premier stade des discussions, le désespoir couve chez ceux qui ont dès
maintenant besoin d'antirétroviraux.

Ce qui a changé, c'est la maturité, la véhémence et l'assurance des
organisations de malades du VIH/sida. Maintes et maintes fois nous avons
rencontré des activistes qui savaient tout ce qu'il y a à savoir sur le
comptage des CD4 et la charge virale; ils connaissent le prix des
médicaments génériques; ils sont au courant des modes de traitement; ils
savent que l'OMS a entrepris de traiter 3 millions de personnes d'ici 2005;
ils savent que les gens riches s'envolent pour l'Afrique du Sud afin d¹y
être soignés tandis que les pauvres restent au pays sans pouvoir rien faire;
ils sont au courant de Doha, des droits de propriété intellectuelle et de
l'OMC; ils ont appris à leurs dépens que les hommes politiques font de
fausses promesses. De plus en plus, nous avons affaire à des gens également
avertis et déterminés.

Quand j'ai rencontré le groupe de malades du VIH/sida à Lusaka, ils m'ont
présenté un dossier impressionnant et encyclopédique dont une petite partie
disait : "chaque jour qui passe sans accès aux traitements, nous assistons à
des enterrements. Les gens meurent. On nous donne cent raisons pour
lesquelles les gens n'ont pas de traitements. Pour chaque raison donnée, des
vies sont perdues. Le gouvernement doit se rendre compte qu'il a la
responsabilité de fournir des soins. Tout gouvernement qui ne met pas en
place des mesures pour assurer la santé de ses citoyens n'est pas digne du
nom de gouvernement. De tels gouvernements devraient démissionner. Si le
gouvernement ne démissionne pas, alors les gens ont le droit de le révoquer
par n'importe quel moyen. Le droit à la vie et à la dignité ne devrait pas
être une prérogative des riches et des puissants.

"Ce que nous voyons en Zambie est un microcosme de ce qui arrive dans le
monde entier. La crise du VIH/sida n'est pas une crise de manque de
ressources. C'est une crise de manque de conscience. C'est l'écart indécent
entre les riches et les pauvres qui explique cet holocauste..."

Cette question de l'écart indécent m'amène à la fin de ces notes et au début
de 2003.

L'élément nouveau et crucial qui ressort de ce voyage en Afrique australe
est le rôle du Fonds mondial... C'est impossible d'exagérer le sentiment
très fort qu'éprouvent les gens - des Ministres aux PVVIH - que le Fonds
mondial est le meilleur instrument que nous ayons pour financer la lutte
contre la pandémie. Chaque pays a posé les mêmes questions : quand viendra
l'argent? Le Fonds mondial a t-il assez d'argent? Pourquoi les gouvernements
ne donnent-ils pas de l'argent? Qu'arrivera t-il s'il n'y a plus d'argent
dans les caisses?

Les questions sont pertinentes. Si mes renseignements sont bons, le Fonds
mondial a assez de ressources pour répondre à la prochaine série de
propositions à la fin de ce mois, mais alors viendra le moment de vérité.
Après janvier, on pourra dire que le Fonds mondial est en crise.

Il est légitime de demander : qu'est-ce qui ne va pas dans ce monde?
Qu'est-ce qui ne va pas dans les pays riches? Pourquoi acceptent-ils de
mettre en danger l'intégrité de l'instrument financier le plus prometteur
que nous ayons pour combattre la maladie la plus cruelle que le monde ait
jamais connue?

Mais cela va en empirant. Je veux dire ce que nous nous disons tous en
privé. Si, comme certains le suggèrent, il y a une guerre en Iraq en
février, alors la guerre éclipsera toute autre priorité humaine, le VIH/sida
compris. En d'autres mots, si les Etats-Unis et les autres membres du G7
n'augmentent pas leur contribution au Fonds mondial dans un avenir immédiat,
nous serons dans une situation désespérée. Les guerres détournent
l'attention, les guerres consomment des ressources, les guerres font peu de
cas des calamités extérieures.

Les malades du VIH/sida sont dans une course contre la montre. Ce qu'ils
n'avaient jamais imaginé, c'était qu¹en plus du virus, il y aurait un nouvel
adversaire et que cet adversaire serait une guerre.

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