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[e-med] France: promotion des génériques
- From: remed@remed.org
- Date: Tue, 14 Jan 2003 04:03:50 -0500 (EST)
E-MED: France: promotion des génériques
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[Modérateur: c'est au début des années 1990 que les pays africains
francophones lançaient leur politique pharmaceutique sous régional pour
introductin des MEG dans les secteurs public et privé ... + de 10 ans après,
une campagne sur les génériques "tout le monde y gagne" arrive en France! à
quand la liste des médicaments essentiels? CB]
Promotion des médicaments génériques : les mesures prévues par le ministère
PARIS, 13 jan (AFP) - 20h06 - Voici ce que prévoit le ministère de la Santé
en faveur de la promotion du médicament générique (copie conforme d'un
médicament tombé dans le domaine public et moins cher) :
- Lancement ce mardi d'une campagne en faveur du générique, en partenariat
avec l'assurance maladie, la Mutualité française et l'Ordre national des
pharmaciens auprès des patients, pharmaciens et médecins.
- Forfait remboursement : les médicaments ayant une version générique
pourront àl'avenir être remboursés au tarif de cette dernière (mesure
inscrite dans la Loi de financement de l'assurance maladie).
Le ministre a rappelé lundi qu'il s'agissait d'une "possibilité" et que "les
modalités d'application de ce dispositif sont encore en discussion avec les
professionnels".
"Je comprends qu'il puisse y avoir des difficultés à prescrire une molécule
complexe", a-t-il déclaré, invitant à un état des lieux en "juin ou
juillet".
- Le ministère souhaite "augmenter le nombre de médicaments disposant de
génériques". Selon lui, "plus de la moitié des médicaments commercialisés ne
bénéficient d'aucune protection" et sont "donc théoriquement généricables".
Selon lui, le chiffre d'affaires des groupes génériques ne représentent que
13% des dépenses de médicaments (2,2 milliards d'euros).
- La création de groupes génériques sans princeps (première dénomination
d'une molécule lorsqu'elle est commercialisée) "va permettre de créer des
groupes génériques pour des molécules, souvent anciennes, qui pour des
raisons historiques y échappaient", comme l'aspirine ou la paracétamol.
Cette mesure permettra d'ajouter 400 millions d'EUR au chiffre d'affaire des
groupes génériques.
- M. Mattei veut lutter contre l'inscription de "produits de contournement
des génériques" (même produit que le générique, mais présenté par le
laboratoire sous un dosage différent, par exemple).
- Le ministre annoncera "dans les prochains mois" des mesures visant à
"faciliter l'apparition de molécules génériques à la tombée du brevet".
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Les génériques se mettent à l'affiche
Une campagne de publicité est lancée à destination des patients.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=80605
Par Sandrine CABUT
mardi 14 janvier 2003
«La tombée dans le domaine public d'une molécule ne se traduit pas
immédiatement par l'apparition de génériques. Ce retard nous coûte de
l'argent et il faut y remédier.»
Jean-François Mattei
Elle aurait pu s'intituler «il faudrait être fou pour dépenser plus». Mais
c'est finalement «tout le monde y gagne» qui a été retenu comme slogan de
la campagne nationale pour les médicaments génériques, qui débute
aujourd'hui.
Tout le monde et donc les patients, cibles pour la première fois d'une telle
opération. Jusqu'ici, seuls les professionnels de santé avaient bénéficié de
campagne d'information sur les génériques, ces «copies» moins chères de
molécules dont le brevet est tombé dans le domaine public. «La toute
première a été menée en 1987 par la Mutualité. On était les seuls et on nous
est tombé dessus à bras raccourcis en nous demandant de quoi on se mêlait.
Aujourd'hui, on est au complet», se réjouit Jean-Pierre Davant, président de
la Mutualité française. Au complet et visiblement motivés. En présentant
hier cette campagne à la presse, Jean-François Mattei, ministre de la santé,
et les autres partenaires du projet (1) ont tous tenu le même discours. A
savoir : génériques = vrais bons médicaments permettant des économies
conséquentes qui pourront être plus utilement affectées à d'autres secteurs
de la santé.
Responsabiliser. Pour faire décoller le marché du générique, domaine où la
France est à la traîne de l'Europe depuis des années, l'Etat avait d'abord
misé sur les pharmaciens. Ensuite, ce sont les médecins qui ont été invités
à plus les prescrire (lire ci-contre).
L'heure est donc à la motivation du grand public.
«Nous ne pouvons pas nous permettre de payer plus cher que nécessaire les
médicaments que nous utilisons», insiste le ministre de la Santé. En
septembre, il avait fait un premier pas pour responsabiliser les patients en
annonçant que les produits de marque disposant d'un générique ne seraient
plus remboursés que sur la base du prix du générique (Libération du 25
septembre). Des mesures qui entreront effectivement en application en juin
2003. La campagne qui débute aujourd'hui a carrément pour objectif de créer
«un réflexe gé nérique» en valorisant ces produits. Elle se déclinera en un
spot télé (réalisé par Patrice Leconte) qui sera diffusé sur les chaînes
nationales, et en des documents d'information à destination du grand public
et des professionnels.
Et dans cette nouvelle croisade, le ministre de la Santé avertit : il
déjouera les pièges des industriels.
Ainsi sera-t-il vigilant sur les «produits de contournement», changements
discrets de dosage ou de présentation opérés par les laboratoires pour
conserver un brevet. Ce n'est pas tout : «J'observe que la tombée dans le
domaine public d'une molécule ne se traduit pas immédiatement par
l'apparition de génériques. Ce retard nous coûte de l'argent et il faut y
remédier», relève encore Jean-François Mattei. Qui annonce aussi
l'élargissement du système des génériques à des molécules anciennes comme le
paracétamol.
Cette seule mesure devrait «ajouter 400 millions d'euros au chiffre
d'affaires des groupes génériques».
Financer. Les économies serviront, promet le ministre de la Santé, à
améliorer l'accès aux innovations. Ainsi, dans les hôpitaux, une enveloppe
supplémentaire de 200 millions est prévue pour financer les médicaments
particulièrement innovants et coûteux. Et les mises sur le marché seront
accélérées par de moindres discussions sur les prix.
Reste à savoir si tout le monde jouera le jeu du bon citoyen économe. En
mai, seul un patient sur trois acceptait volontiers de recevoir un
générique. Une proportion désormais d'un sur deux, se réjouit Mattei.
(1) Les trois caisses d'assurance maladie et la Mutualité française.
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