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[e-med] Contrôle de qualité des anti-infectieux à Madagascar


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 13 Jan 2003 05:23:20 -0500 (EST)

E-MED: Contrôle de qualité des anti-infectieux à Madagascar
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[Modérateur: Le Cerdi qui organisait un colloque à Clermont-Ferrand la
semaine dernières, nous a autorisé la publication de certaines
communications sur e-med. En voici une, vous trouverez l'article avec le
tableau que nous ne pouvons diffuser par mail à cette adresse
http://www.remed.org/html/fr_madagascar.html au bas de la page.CB]


Contrôle de qualité des médicaments : le cas des anti-infectieux à
Madagascar
K.Chevreul 1, F.Ballereau 2
1. Department of Social Policy,London School of Economics and Political
Science
2. EA-UPRES 1156, Université de Nantes

Introduction
Plusieurs catégories de médicaments non conformes existent : malfaçons,
contrefaçons et produits dégradés.
Leur fréquence, difficilement quantifiable, apparaît croissante, et les pays
en développement sont de loin les plus concernés.
Divers facteurs en favorisent la circulation, nous retiendrons : les
problèmes d?accessibilité aux médicaments favorisant l?émergence des marchés
parallèles, la libéralisation du commerce international et l?absence de
législation efficace tant au niveau national qu?international pour protéger
la qualité des médicaments.
Leurs conséquences en terme de santé publique expliquent qu?un certain
nombre de pays, encouragés par l?O.M.S., ont mis en place un Laboratoire
National de Contrôle de Qualité des Médicaments. Or, faute de moyens, ce
dernier ne peut procéder au contrôle de tous les lots circulants.

Objectif et présentation

Objectif
Définir une méthode de sélection des lots afin de parvenir à un contrôle de
qualité le plus efficient possible adapté aux ressources disponibles.

Présentation
Cette étude a été menée au sein de l?Agence du Médicament Malgache qui a
initié la mise en place d?un Laboratoire National de Contrôle de Qualité des
Médicaments en 1998.
Elle se limite au contrôle de qualité des anti-infectieux essentiels. Notre
choix s?est porté sur les médicaments essentiels car ils sont au centre des
politiques pharmaceutiques nationales initiées par l?OMS, et la classe des
anti-infectieux pour les deux raisons suivantes : leur non-conformité a des
répercussions sur la santé plus importantes; ils sont plus souvent soumis à
contrefaçon ou malfaçon.

Méthodologie

Afin d?élaborer un processus de sélection des lots à contrôler en priorité
pour garantir la meilleure qualité possible tout en respectant les
contraintes techniques et économiques, nous avons :

A) Conduit une revue de la littérature et une étude du marché pharmaceutique
et des circuits de distribution internationaux afin de déterminer des
critères de risque de non-conformité des médicaments,

B) Fait une étude du marché des anti-infectieux essentiels (AIE), c?est à
dire:
1) Évaluer le nombre total de lots importés ou fabriqués sur le territoire
malgache en une année (1998),
2) Caractériser le niveau de risque de non-conformité de ces lots en
fonction des critères déterminés en A) pour définir ceux à contrôler en
priorité.
Résultats (A): Critères de risques de non conformité
Certains sont liés au fabricant
1)La renommée du laboratoire fabricant
2)Son origine géographique (risque ­ si Asie su sud est, Afrique, ?)
3)Le type de médicaments qu?il fabrique (risque­ si pas AMM dans pays de
production...)
4)S?il a subi un audit qualité dernièrement
D?autres aux intermédiaires de vente
5)La catégorie de grossiste importateur (risque ­ si grossiste privé versus
centrale d ?achat)
6)Le nombre d?intermédiaires entre le fabricant et le distributeur final
(risque ­si passage par un grossiste exportateur, et risque ­ avec le
nombre)
7) Le type d?intermédiaires entre le fabricant et le grossiste importateur
(risque­ si grossiste privé versus centrale d?achat)
8) Leur origine géographique


Etude du marché des AIE (B)
1) pour chaque AIE, recueil auprès des 3 fabricants et des 24 grossistes
importateurs malgaches du :
?nombre de lots et de boites fabriqués ou importés
?nom du fabricant et son origine géographique
?nom du fournisseur et son origine géographique

2) Classification des laboratoires en cause en 3 groupes:
1. risque faible
2. risque moyennement augmenté
3. risque plus augmenté

3) Classification des lots répertoriés en fonction de leurs critères de
risque et détermination des contrôles à effectuer

Résultats (B):
Le marché malgache des AIE en 1998

2 laboratoires ont fabriqué 294 lots d?AI essentiels, soit 459 550 boites
12 grossistes en ont importé, seuls 9 nous ont communiqué des données,
ils ont importé 1351 lots, soit 1 685 989 boites
Une approximation du nombre total de lot importés par les grossistes privés
à été faite en utilisant le volume financier d?importation et le nombre de
présentation d?AIE des non-répondants, ramenant à environ 1800 le nombre de
lots importés (11,5% par la centrale d?achat).
Ainsi, le nombre total de lots circulants est évalué à 2100.

Caractérisation des lots par groupes à risque
Pour les importations des grossistes privés, sont à risque augmenté:
Les lots produits par des laboratoires de groupe 2 et 3, et les lots
importés par l?intermédiaire de grossistes exportateurs.
Soit, 22 à 27% des lots selon que les lots issus de laboratoires à risque
moyennement augmenté (groupe 2) sont ou non pris en compte (342 à 420 lots)
.

Caractérisation des lots par groupes à risque (2)
Pour les 243 lots importés par la centrale d?achat « SALAMA », le processus
ne peut être le même car, dans la plupart des cas, elle:
? achète des AIE à des laboratoires à risque plus augmenté (groupe 3)
(16/17)
? passe par des grossistes exportateurs, mais ce sont des centrales d?achat
qui pratiquent le contrôle qualité et informent sur le risque lié au
fabricant
? exige des garanties de qualité plus importantes et fait faire des
contrôles qualité avant commandes puis aléatoires par la suite (1/10 lots).
Ainsi, sont à risque augmenté:
les lots achetés à des grossistes exportateurs privés, fabriqués par des
laboratoires peu connus de la centrale d?achat malgache ou ayant déjà
présenté des problèmes de qualité détectés à Madagascar ou par d?autres
centrales.
Cela représente 90 lots en 1998, soit 37% des lots importés par « SALAMA »

Caractérisation des lots par groupes à risque (3)
L?intégralité des 294 lots issus de la production locale est considérée à
risque dans un premier temps car:
?Les fabricants malgaches n?ont pas été inspectés depuis plus de 15 ans.
?Il n?y a pas d?informations disponibles sur leur respect des Bonnes
Pratiques de Fabrication et des Bonnes Pratiques de Laboratoire.
?Ils ne répondent pas aux normes de qualité internationales pour pouvoir
exporter leur production.
Au cours du temps, en fonction de l?expérience et de la confiance instaurée
pour chaque principe actif et présentation, ces contrôles pourront être
décroissants.

Nombre de lots à contrôler en priorité
Suivant ce processus, le nombre de contrôles de qualité s?élèverait, selon l
?option choisie pour les importations des grossistes privés à :

?726 lots (342 + 90 + 294) à contrôler en priorité
?804 lots (420 + 90 + 294) si intégration des lots issus de laboratoires du
groupe 2

Ceci nous amènerait à contrôler entre 34 et 38 % des lots d?AIE circulant
sur le territoire malgache.

Adaptation à la contrainte financière

Le budget alloué au Laboratoire National de Contrôle de Qualité des
médicaments ne permettrait pas d?effectuer plus de 500 contrôles par an
toutes classes thérapeutiques confondues.
Une adaptation serait de procéder à un tirage au sort parmi les 726 lots à
contrôler en priorité ou de contrôler un lot sur 2, ou 3, ou plus, par ordre
d?arrivée en fonction du nombre de contrôle possible.

Une autre serait de considérer que les lots de la centrale d?achat
« salama » sont prioritaires car destinés au secteur public donc à l ?
approvisionnement des centres de santé primaires.
Le choix entre ces différentes options sera une décision politique et
dépendra de l ?organisation pratique des contrôles.

Conclusion

Nous avons pu définir que 34% du nombre total d?AIE sont à contrôler en
priorité à Madagascar en répertoriant tous les lots circulant et en prenant
en compte des critères du fabricant et des intermédiaires de vente (cf
planche 4).
Cette procédure doit être un processus en évolution. L?expérience qui sera
acquise sur les résultats de contrôle des lots des différents laboratoires,
devra être prise en compte pour faire évoluer leur classement en groupe à
risque.
Des approches différentes existent, ainsi, parmi les Laboratoires Nationaux
de Contrôle de la Qualité des Médicaments certains font des contrôles pour
tous les génériques importés (Niger), d?autres uniquement pour les
médicaments importés par le secteur public (Burkina Faso, Colombie).


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