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[e-med] L'OMC prive les pauvres d'un accès plus large aux génériques


  • From: remed@remed.org
  • Date: Fri, 27 Dec 2002 09:31:23 -0500 (EST)

E-MED: L'OMC prive les pauvres d'un accès plus large aux génériques
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Sida, tuberculose, paludisme : L'OMC prive les pauvres d'un accès plus large
aux génériques

Le Soleil (Dakar)
24 Décembre 2002
Publié sur le web le 24 Décembre 2002

El Hadji Gorgui Ndoye Correspondant a Geneve

Le paragraphe 6 des Accords de Doha devant permettre aux pays les plus
pauvres d'accéder aux médicaments pour combattre les épidémies a été rejeté
par l'Organisation mondiale du Commerce. L'OMC a été incapable de trouver un
accord à Genève dans la nuit du 20 au 21 décembre. L'Amérique n'a pas voulu
offrir un cadeau de Noël aux sidéens et autres malades des pays du Sud qui
représentent uniquement 1% du marché mondial des médicaments. Le Sud voulait
un champ d'application plus large des génériques qui aurait permis un accès
aux soins moins coûteux comme les antirétroviraux pour nombre de malades à
revenus moyens et à des millions d'indigents, contrairement au Nord porté
par l'Amérique qui a réussi à imposer un champs d'application plus strict.

Malgré la pression des pays pauvres, les Etats-Unis sont restés intraitables
pour deux raisons, dit-on : la première puissance mondiale craint que les
pays industrialisés profitent de l'accord pour importer des génériques
"illégaux" et que les génériques autorisés au Sud reviennent au Nord.

Les pays membres de l'OMC, au nombre de 144, menaient déjà des négociations
pour autoriser les pays sous développés ne disposant pas d'une industrie
pharmaceutique digne de ce nom d'importer des médicaments génériques
d'autres pays du Sud comme le Brésil ou l'Inde...

L'intransigeance de l'Oncle Sam n'est pas dénuée de sens, car aussi bien le
Nord que certains pays du Sud mieux lotis en matière d'industrie
pharmaceutique veulent dominer le marché des génériques. D'ailleurs, Ranbaxy
de l'Inde est le numéro un mondial des génériques, avec des prix défiant
toute concurrence, mettant en mal des industries occidentales comme Novartis
ou Roche.

Cependant, dans cette concurrence qui se mène sur la tête des malades qui
n'ont pas pris place à la discussion, un fonctionnaire du Groupe Africain
déclare : "Nous nous battrons, lors de la réunion prévue en janvier et
pendant le Conseil général programmé pour le 13 février de l'an prochain...
Rien n'est encore joué, tout peut changer.
Mais la position africaine est claire, nous ne voulons ni faire l'affaire de
certains producteurs de génériques du Sud ni rester les bras croisés face à
ce coup de force des pays industrialisés.

L'Afrique souhaite une libre circulation des médicaments et la mise sur
place d'une véritable industrie pharmaceutique tout en tenant en compte la
dimension régionale. La CEDEAO ou l'UEMOA pourraient être ainsi des
interlocutrices privilégiées". Dans cette guerre des mots que mènent les
fonctionnaires à Genève entre un Sud défavorisé et un Nord insensible et
même moqueur de ses propres déclarations (où sont passées toutes ces
intentions ou autres promesses exprimées à Doha et ailleurs après le 11
septembre ?), des millions d'Africains et d'autres peuples meurent chaque
jour, faute d'accéder aux médicaments. Ne sont-ils pas morts "assassinés"
pour reprendre le Suisse Jean Ziégler à propos de la famine ?

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