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[e-med] Chine - développement durable et investissements dans la santé
- From: remed@remed.org
- Date: Thu, 19 Dec 2002 05:57:04 -0500 (EST)
E-MED: Chine - développement durable et investissements dans la santé
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[Modérateur: ne ratez pas l'analyse à la fin de cet article de l'OMS!CB]
La Chine va étudier le lien entre le développement durable et les
investissements dans la santé
http://www.who.int/mediacentre/releases/pr96/fr/
18 décembre 2002|BEIJING -- Les conclusions de la Commission Macroéconomie
et Santé (CMH), mise en place par la l'Organisation mondiale de la Santé
(OMS), et leurs conséquences pour les réformes économiques et sociales en
Chine vont être présentées aux autorités chinoises. Selon ces conclusions,
les investissements dans la santé contribuent fortement à la croissance
économique et à un développement équitable.
L?OMS et le professeur Jeffrey Sachs, Président de la Commission, ont
présenté aujourd?hui le rapport de la Commission au gouvernement chinois,
lors d?un séminaire à Beijing, organisé conjointement par la Commission d?
Etat pour la Planification du Développement, le Ministère des Finances, le
Ministère de la Santé et l?OMS. Le rapport final comportant les conclusions
de la Commission a été traduit en chinois.
En 1999, le Directeur général de l?OMS, le docteur Gro Harlem Brundtland, a
invité le docteur Sachs à présider une commission comptant 18 membres, tous
d?éminents économistes et experts de la santé publique. Ils ont alors
consacré deux ans à la préparation du rapport, avec l?aide de six groupes de
travail qui ont mené près de 200 études.
Le Rapport révèle que les liens entre la santé, la réduction de la pauvreté
et la croissance économique sont bien plus forts qu?on ne le pensait en
général. Les membres de la Commission réfutent l?argument classique selon
lequel la croissance économique a automatiquement pour résultat une
amélioration de la santé. Ils montrent au contraire que c?est l?inverse qui
se produit en réalité : l?amélioration de la santé est une condition
indispensable pour le développement économique des pays pauvres. Selon l?une
des principales recommandations de la Commission, les pays à revenu faible
ou intermédiaire doivent, en partenariat avec les pays à revenu élevé,
généraliser l?accès aux services de santé essentiels. Ils doivent mettre l?
accent sur les mesures spécifiques pour combattre les maladies les plus
meurtrières et les plus débilitantes.
A l?échelle mondiale, une augmentation des investissements dans la santé de
US $ 66 milliards par an, en plus des sommes déjà dépensées, permettrait d?
ici 2010 de sauver 8 millions de vies par an et pourrait rapporter au moins
US $360 milliards par an en terme de croissance économique supplémentaire en
2015 - 2020, selon la Commission.
Actuellement, un cinquième de la population mondiale vit en Chine où l?on
observe un septième de la charge mondiale de morbidité, en années de vie
ajustées sur l'incapacité.
Le séminaire d?aujourd?hui représente le début d?un processus visant à
adapter les conclusions de la CMH à la réalité chinoise. Leur impact sera
maximal si les investissements donnent la priorité aux interventions d?un
bon rapport coût-efficacité sur les principaux facteurs de risque en Chine :
diminution du tabagisme, prévention des maladies cardio-vasculaires, des
cancers et d?autres maladies non transmissibles, promotion de modes de vie
plus sains. Il faudra également consentir de gros efforts pour abaisser les
risques de maladies transmissibles, notamment le VIH/SIDA, et améliorer le
traitement de la tuberculose.
Au cours des vingt dernières années, le niveau de vie, la réduction de la
pauvreté, les indicateurs de santé et la croissance économique ont progressé
à pas de géant en Chine. Mais de grandes disparités subsistent encore dans
la couverture des services de santé et dans l?état sanitaire des populations
entre les zones urbaines et rurales comme entre les provinces de la côte et
celles de l?intérieur. Des millions de personnes pauvres ne peuvent se
traiter en raison du coût des soins à leur charge. Il en résulte souvent une
pauvreté accrue ou, lorsqu?elles se retrouvent dans l?incapacité de payer,
un risque plus grand d?incapacité, voire de décès.
Un effort spécial devra être consenti pour assurer les services de santé à
proximité des populations pauvres, notamment dans les régions où les
résultats des systèmes de santé et le développement économique sont très en
retard par rapport à la moyenne nationale.
Le gouvernement chinois cherche à établir des normes nationales de santé
publique, alors que ce sont les autorités provinciales et locales qui, dans
une large mesure, assument la responsabilité des soins. De plus, les lois du
marché influencent la conception et le fonctionnement des systèmes locaux de
santé à différents niveaux. Il va devoir déterminer les mesures et les
dispositions à prendre pour développer la santé publique et obtenir des
résultats sanitaires uniformes pour l?ensemble de la population.
Le Bangladesh, le Cambodge, les Caraïbes, l?Ethiopie, le Ghana, l?Indonésie,
l?Iran, la Jordanie, les Maldives, le Mexique, le Mozambique, le Myanmar, le
Népal, Sri Lanka et la Thaïlande ont déjà entrepris des actions nationales
pour appliquer les conclusions de la CMH. Douze autres pays prévoient d?en
faire autant dans un proche avenir.
Déclarations :
Dr Shigeru Omi, Directeur régional de l?OMS pour le Pacifique occidental :
?Il est clair que la Chine joue un rôle central dans les interactions
mondiales entre la santé, la pauvreté et le développement décrites par le
rapport de la CMH. L?OMS espère que ce document permettra de comprendre le
rôle de la santé dans le développement de la Chine et contribuera à la mise
en place d?un système de santé plus équitable. L?Organisation s?est engagée
à travailler avec les autorités pour la réalisation de ces objectifs.?
Dr Jeffrey Sachs, Directeur du Earth Institute à l?Université Columbia et
Président de la CMH : ?Le rapport de la CMH montre que l?amélioration de la
santé des populations est déterminante pour la réduction de la pauvreté et
le succès de tous les efforts de développement économique et social. Les
investissements dans la santé, s?ils sont correctement conduits, peuvent
avoir des résultats extraordinaires en termes de vies sauvées et de
productivité économique.?
Dr David Nabarro, Directeur exécutif de Développement durable et milieux
favorables à la santé au Siège de l?OMS à Genève : ?Le processus de la CMH
et les initiatives qui ont suivi dans de nombreux pays montrent comment le
partenariat entre l?Université Columbia, la Fondation Gates et l?OMS aide
les autorités nationales à raisonner sur de nouvelles bases et à prendre des
mesures. Les gouvernements, les établissements d?enseignement, la société
civile et des groupes privés travaillent désormais sur la possibilité d?
utiliser les interventions sanitaires pour garantir la sécurité et la
prospérité de tous les peuples de notre planète à l?avenir.?
Pour plus d'informations:
Gregory Hartl - Conseiller en communication
Développement durable et milieux favorables à la santé
OMS, Genève
Téléphone: (+41 22) 791 4458
Tél. portable: (+41 22) 79 203 6715
Email: hartlg@who.int
Dr. Agnès Leotsakos
OMS
GENEVE
Téléphone: +41 22 791 2567
[Affirmer que "la réduction de la pauvreté passe par le dévelopmenent
économique et une amélioration de l'état de santé des populations",
apparaissait déjà depuis les années 1950 comme une vérité de base des écoles
de pensée de santé publique (c'est ce qu'ont analysé les divers courants de
la santé publique anglaise sur la base de l'étude de la société industrielle
anglaise du XIXème et début du XXème siècle en particulier). La mise en
place dans les années 1980, par le FMI et la Banque Mondiale, des programmes
d'ajustement structurel en Afrique et Amérique Latine nous en a démontré par
l'absurde l'évidence: l'essentiel de la fragilité des structures sanitaires
actuelles - acutisée par l'irruption du Sida, est liée à cette période.
Qu'il faille encore attendre le début du XXIème siècle et la mise en scène
de l'OMS par le biais de la "Commission Macroéconomie et Santé" pour "a
priori" en tirer les conclusions logiques en terme de politique de santé
publique est assez surprenant et relève d'une étonnante cécité. Néanmoins,
mieux vaut tard que jamais ! et la morale de cette fâcheuse histoire
pourrait-être que la forme est souvent plus importante que le fond du
problème. Patrice Trouiller]
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