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[e-med] Revue de presse sur le sida
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 18 Dec 2002 04:15:03 -0500 (EST)
E-MED: Revue de presse sur le sida
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* La nouvelle coalition internationale entend développer l'accès aux
traitements contre le VIH/SIDA dans le monde
* Des ONG arabes se liguent contre le sida
* Le PM rwandais promet une baisse du prix des antirétroviraux
* Sida : des véhicules-laboratoires pour le Burkina
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La nouvelle coalition internationale entend développer l'accès aux
traitements contre le VIH/SIDA dans le monde
12 décembre 2002|GENEVE/DAKAR -- Une nouvelle alliance internationale, the
International HIV Treatment Access Coalition (ITAC : Coalition
internationale pour l'accès aux traitements contre le VIH), a vu le jour
aujourd'hui à Genève et à Dakar et elle entend stimuler les efforts pour
généraliser l'accès aux médicaments antirétroviraux dont a besoin le nombre
croissant de personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays à revenu faible
ou intermédiaire.
Selon les estimations OMS/ONUSIDA présentées dans le nouveau rapport publié
par la coalition aujourd'hui, des millions de personnes vivant avec le
VIH/SIDA dans les pays à revenu faible ou intermédiaire périront dans les
années à venir s'ils n'ont pas accès à ces médicaments indispensables.
Bien qu'ils n'assurent pas la guérison, les médicaments antirétroviraux
(ARV) inhibent la réplication du VIH, le virus à l'origine du SIDA, et
stimulent le système immunitaire pour combattre les infections. Dans tous
les pays où les personnes vivant avec le VIH/SIDA ont largement accès aux
ARV depuis 1996, on a observé une diminution spectaculaire de la morbidité
et de la mortalité en relation avec le VIH. Sur les 42 millions de personnes
infectées selon les estimations, 95 % vivent dans les pays à revenu faible
ou intermédiaire où l'on a enregistré 99 % des 3,1 millions de décès dus au
SIDA cette année. L'OMS estime que seuls 300 000 personnes vivant avec le
VIH/SIDA dans ces pays utilisent actuellement les ARV, ce qui ne représente
que 5 % de ceux qui en ont besoin.
Le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de l'OMS, a déclaré :
Est-il juste de condamner à une mort certaine ceux qui n ont pas les moyens
de se procurer des traitements qui coûtent moins de 2 dollars par jour ? La
vie humaine compte-t-elle si peu ? Des familles entières doivent-elles se
retrouver dans le dénuement ? Doit-on laisser les enfants devenir des
orphelins ? A toutes ces questions, il n'y a qu une seule réponse : non,
non, non et non.
La coalition rassemble actuellement plus d'une cinquantaine de partenaires,
ONG, donateurs et gouvernements, personnes vivant avec le VIH/SIDA et leurs
défenseurs, secteur privé, instituts d'enseignement et de recherche,
organisations internationales, tous travaillant ensemble pour relever les
défis inhérents au développement de l'accès aux ARV, notamment la
communication plus efficace des informations et des renseignements
techniques sur ce qui fonctionne bien dans les programmes fructueux et la
formation des personnels de santé. Ce groupe vise également à galvaniser et
à coordonner l'action des donateurs et à fournir l'assistance technique qui
manque cruellement aux programmes nationaux de traitement du VIH. Une petite
structure au Siège de l'OMS à Genève lui servira de secrétariat.
Ces médicaments ont sauvé des centaines de milliers de vies en Europe et aux
Etats-Unis et pourraient en sauver des millions d'autres dans les pays en
développement, déclare le docteur Joep Lange, Président de l'International
AIDS Society. Alors qu'on réussit à fournir du Coca Cola et de la bière
réfrigérés dans le moindre recoin d Afrique, il ne devrait pas être
impossible d'en faire autant pour des médicaments.
Avec un nombre croissant de donateurs dans l'Alliance et de plus en plus de
pays s engageant à fournir les ARV, l'enjeu consiste désormais à étendre les
programmes pilotes qui ont fait leur preuve.
Les gouvernements, les donateurs, le secteur privé, les ONG et d'autres
groupes ont entrepris un grand nombre d'actions dans différents pays,
déclare Stu Flavell, Coordonnateur international du Global Network of People
Living with HIV/AIDS, l'un des membres de la coalition. Il faut également
que ces acteurs mettent en commun leurs connaissances et travaillent
ensemble. C'est le seul moyen pour arriver à traiter des centaines de
milliers de personnes dans un pays au lieu d'une cinquantaine ou d'une
centaine dans un village.
La création de la coalition survient à un moment de crise et de
possibilités. Dans les pays les plus touchés, plus d'un tiers de la
population est désormais infectée par le VIH. Bien que le nombre des
patients sous ARV ait augmenté de deux tiers en Afrique subsaharienne en
2002, seul 1 % des 4,1 millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA et
nécessitant le traitement dans cette région peuvent actuellement se procurer
les ARV. Mais, en Afrique comme ailleurs, on observe une volonté croissante
de donner l'accès à ces médicaments par le biais du secteur public. Le
Botswana, le Sénégal, le Nigéria, Costa Rica, Cuba et la Thaïlande se sont
récemment fixé des objectifs ambitieux dans ce domaine. De nombreux
gouvernements ont diminué les droits et les taxes sur les importations de
médicaments et de produits en rapport avec le VIH.
Le développement de l accès aux traitements antirétroviraux indispensables
est un devoir moral, politique et économique, estime le docteur Peter Piot,
Directeur exécutif de l ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur
le VIH/SIDA. Nous savons que, techniquement parlant, ces médicaments peuvent
sauver des vies même dans les milieux les plus démunis. Il nous reste à
canaliser les volontés politiques, les ressources et les infrastructures
pour réaliser ce potentiel.
Pour de plus amples informations sur la coalition, veuillez consulter le
site :www.itacoalition.org
Pour plus d'informations:
Chris Powell - Chargé de l'Information
Santé familiale et communautaire
OMS, Genève
Téléphone: (+41 22) 791 2888
Tél. portable: (+41) 79 217 3425
Email: powellc@who.int
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Des ONG arabes se liguent contre le sida
Libération (Casablanca)
17 Décembre 2002
Publié sur le web le 18 Décembre 2002
"Soyons unis, soyons vigilants: le sida ne reconnaît pas de frontières", tel
était le message martelé durant cinq jours à la première rencontre arabe sur
la sida qui s'est tenue du 9 au 13 décembre à Tunis sous l'égide de l'ONU,
notamment de son programme de développement (PNUD).
Le premier objectif de la rencontre était de créer un réseau régional de la
"société civile" pour coordonner les efforts déployés çà et là à l'échelle
de chaque pays.
Ce réseau, dont la mise en place a été confiée pour un an à l'Association
tunisienne de lutte contre le sida et les maladies sexuellement
transmissibles (ATLMST/SIDA), est décrit comme une "nécessité absolue" dans
la déclaration finale des représentants de 14 pays arabes d'Afrique du nord
et Moyen-Orient.
"Il est urgent d'apprendre à agir ensemble. Certains de nos pays connaissent
actuellement un virage épidémiologique, le sida défiant les frontières", a
déclaré en marge du séminaire, le Pr. Ridha Kamoun, président de
l'ATLMST/SIDA.
Avec quelque 500.000 personnes atteintes du sida ou du virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) dans tous les pays arabes et 83.000
nouveaux cas recensés en 2002, la région peut paraître relativement
épargnée.
Mais les experts parlent de "progression cachée" et redoutent un effet "feu
de brousse".
Pour Walid Badawi, responsable en charge du Sida au bureau régional du PNUD
à New York, les chiffres communiqués à l'ONU sont "largement sous-estimés et
peu fiables" à cause notamment d'un "manque de visibilité" de la maladie.
Cette opacité sur la prévalence réelle du sida et les difficultés de mener
une prévention efficace relèvent des mêmes tabous et interdits culturels et
religieux, a relevé Anour Moalla, expert tunisien ayant statut de
représentant régional d'ONG auprès de l'Union africaine.
"La région arabe paraît de faible prévalence, mais il serait suicidaire de
dormir sur des lauriers, le risque étant de manier une bombe à retardement",
a-t-il poursuivi.
Selon lui, la Libye est un cas symptomatique de cette situation: du jour au
lendemain ce pays vient de découvrir 7.000 cas de sida après avoir toujours
présenté des déclarations négatives depuis l'apparition de la maladie. Les
Libyens sont nombreux à se rendre en Tunisie voisine pour des dépistages ou
des soins.
"La construction d'un réseau géré dans la transparence et la démocratie est
une avancée en soi à l'échelle arabe. Lutter ensemble contre le sida est une
nécessité stratégique", a estimé le Pr Kamoun.
En plus de coordination et d'échanges, les ONG arabes sont appelées àun
effort de créativité pour adapter leurs messages et actions de prévention
aux exigences de la culture musulmane.
Selon M. Moalla, il est surtout "urgent" de corriger une croyance selon
laquelle la religion suffit à protéger du sida. "Nous devons être créatifs
pour trouver le moyen de parler de sexualité et faire face au moyen d'une
prévention de proximité", a-t-il dit.
Il indique que la ligne de conduite des ONG face à la propagation de la
maladie est de revendiquer dans tous les pays arabes confidentialité,
gratuité et anonymat du dépistage. "Nous en sommes loin, mais ce sera notre
point de mire", a-t-il promis.
Ont participé à la rencontre des délégués d'Algérie, Arabie Saoudite,
Bahrein, Djibouti, Egypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc,
Syrie, Tunisie et du Yémen. Somalie, Soudan et Emirats sont concernés mais
absents.
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Le PM rwandais promet une baisse du prix des antirétroviraux
Kigali, Rwanda (PANA) - Le prix du traitement aux antirétroviraux
au Rwanda vaut actuellement 6 fois moins que ce qui l'était en janvier 1999,
et des négociations sont en cours pour faire baisser davantage ce prix, a
déclaré dimanche le Premier ministre rwandais Bernard Makuza.
S'exprimant lors des cérémonies officielles marquant la Journée mondiale
contre le SIDA, qui ont eu lieu dans Kigali-Ngali, la province rwandaise la
plus touchée par la pandémie, M. Makuuza a indiqué que le névirapine est
actuellement offert gratuitement aux femmes enceintes sidéennes, et que le
diphricane le sera bientôt à tous les sidéens pour combattre les maladies
opportunistes, notamment la méningite.
Avant janvier 1999, il fallait 400.000 frw soit 1.000 dollars par mois pour
être traité aux antirétroviraux. Avec l'importation de ces médicaments par
l'Etat rwandais, leur coût est tombé de moitié.
Le traitement aux antirétroviraux vaut actuellement 30.000 frw [environ 500
FF probablement par mois] soit 60 dollars, grâce au soutien de nombreux
organismes qui aident le gouvernement rwandais dans la lutte contre la
pandémie.
Ce coût demeure cependant élevé pour la majorité des 400.000 sidéens que
compte le Rwanda, d'où de négociations avec de grandes firmes
pharmaceutiques qui sont toujours en cours pour faire baisser davantage ce
prix.
Dans Kigali-Ngali, 14 pour cent de la population sont porteurs du VIH/SIDA
alors que la moyenne nationale est de 11 pour cent.
Les causes ayant été à la base de la propagation de la maladie au Rwanda
sont le génocide de 1994, les nombreux déplacements de la population tant à
l'intérieur que vers l'extérieur du pays à cause de la guerre depuis 1990,
et la promiscuité dans les camps de réfugiés à l'extérieur du pays entre
1994 et 1997, a affirmé le Premier ministre rwandais.
Il a également mis en cause le phénomène grandissant d'abus sexuel sur les
petites filles ainsi que celui de viol de femmes.
Le message principal, en rapport avec le thème retenu au niveau mondial pour
cette journée "Vivre et laisser vivre", était d'appeler tous les Rwandais à
ne pas rejeter les malades du SIDA.
Ce message avait fait l'objet d'une vaste campagne dans les médias nationaux
durant la semaine qui a précédé les cérémonies officielles de ce 1er
décembre.
La journée a été célébrée localement dans toutes les autres provinces du
pays par des marches, des discours officiels et des nombreux témoignages des
personnes vivant avec le VIH.
Kigali - 01/12/2002
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in : http://www.quotimed.com/information
Sida : des véhicules-laboratoires pour le Burkina
La fondation Jacqueline Beytout s'est associée aux équipes du Pr Marc
Gentilini pour élaborer des véhicules-laboratoires de suivi thérapeutique
destinés aux malades atteints du VIH au Burkina. L'opération se déroule dans
le cadre de l'action de lutte contre le sida en Afrique de la Croix-Rouge
française et de l'OPALS (Organisation panafricaine de lutte contre le sida).
Le Burkina, avec une séroprévalence du VIH entre 7 et 8 %, est le deuxième
pays le plus touché d'Afrique. Ce taux connaît depuis plusieurs années une
croissance inquiétante. Le traitement des patients est aujourd'hui un axe
prioritaire de la lutte contre la pandémie. Une meilleure accessibilité aux
médicaments est indispensable, mais l'objectif ne saurait être atteint sans
l'appui de systèmes de santé et de distribution efficaces.
L'action de la Croix-Rouge et de l'OPALS s'inscrit dans cette logique.
Depuis 1998, ces deux organismes ont signé une convention-cadre dans
l'objectif d'optimiser leurs interventions en Afrique. Ils ont élaboré un
instrument commun : le centre de traitement ambulatoire (CAT), structure
souple animée par des professionnels locaux et modélisée à partir d'une
connaissance des réalités sanitaires et sociales africaines. Aujourd'hui, il
en existe huit en Afrique, dont deux au Burkina : le premier, à Ouagadougou,
a été créé il y a plus de deux ans, le second a été inauguré en décembre
2002.
Près de 25 % des patients concernés
Ces centres burkinabé ont bénéficié du financement de la fondation
Jacqueline Beytout, engagée depuis deux ans et demi dans ce pays.
Aujourd'hui, le CTA de Ouagadougou, conçu pour 600 à 800 patients, compte
une file d'attente de 2 000 patients. Stéphane Mantion, conseiller technique
de la Croix-Rouge, explique au « Quotidien » : « Il fallait résoudre ce
problème de l'engorgement des centres. Près de 25 % des patients reviennent
au centre pour un renouvellement d'ordonnance ou pour un problème qui aurait
pu être résolu rapidement en dehors du centre. » « Lorsque l'on a soumis le
problème à Jacqueline Beytout, sa réponse a été immédiate : il faut faire de
l'ambulatoire ambulant », ajoute-t-il.
Le concept était défini, il ne restait plus qu'à imaginer un outil
suffisamment efficace pour assurer la même qualité de prestation.
Le projet prend la forme de 2 véhicules-laboratoires (4x4 Kangoo express)
modulables et simples pour chacun des deux centres. « Nous allons procéder à
une expérimentation grandeur nature, assure Stéphane Mantion. Chaque
équipement est un peu différent. Au bout de huit mois, nous choisirons la
solution la plus adaptée. » L'une des voitures est équipée de panneaux
solaires, alors que l'autre bénéficie d'une batterie supplémentaire. De
même, les techniques de production du froid ou d'alimentation en eau sont
différentes d'un 4x4 à l'autre.
Mais l'innovation majeure tient à l'aménagement arrière équipé en un
laboratoire mobile, avec un microscope binoculaire pour le diagnostic de
paludisme et un compteur lymphocytaire pour les CD4.
Ce compteur présente l'avantage de ne pas nécessiter de chaîne de froid et
d'être moins coûteux que les compteurs utilisés jusqu'ici dans les CTA
(2 euros, contre 20 euros). Un logisticien (assistant sanitaire) et un
psychologue ou un infirmier seront chargés, en collaboration avec les CTA,
de sillonner les villages avoisinants.
Jacqueline Beytout, qui a fondé le centre Viggo-Petersen à Lariboisière il y
a quelques années, affirme son engagement auprès des malades : « Seul le
malade compte. A Lariboisière, les patients devaient faire deux ou trois
fois le même trajet avant d'avoir un diagnostic. » Aller vers le patient,
afin de lui assurer un meilleur confort et augmenter le nombre de patients
nouveaux pris en charge par le CAT, tel est le sens de son nouveau projet.
Si elle reste discrète sur les raisons de son engagement au Burkina, elle
affirme : « A propos de l'Afrique, on entend souvent parler de ce que l'on
va faire. Nous avons décidé, avec le Pr Gentilini, d'agir et de faire ce que
nous pouvons faire et le plus vite possible. »
Si l'expérience marche, elle pourra s'étendre aux autres CTA en Afrique, au
Congo (2), en Côte d'Ivoire, au Sénégal, au Gabon et au Maroc.
Dr Lydia ARCHIMÈDE
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