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[e-med] Politique pharmaceutique au Sénégal


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  • Date: Mon, 16 Dec 2002 05:29:15 -0500 (EST)

E-MED: Politique pharmaceutique au Sénégal
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Pharmacopée tradionnelle: un cadre réglementaire en chantier

Sud Quotidien (Dakar)
14 Décembre 2002
Publié sur le web le 15 Décembre 2002
http://fr.allafrica.com/stories/200212150009.html
Ismaïla Sarre

Pour permettre la disponibilité de médicaments à base de plantes de qualité
c'est-à-dire des médicaments efficaces, surs à des prix abordables, des
universitaires et des tradipraticiens se réunissent depuis hier, vendredi 13
décembre et ce pour deux jours au Novotel de Dakar. Cet atelier de consensus
sur la pharmacopée traditionnelle organisé grâce à l'Organisation mondiale
de la santé (Oms), va se pencher également sur le cadre réglementaire
pharmaceutique au Sénégal.

L'objectif de cet atelier est de faire un large inventaire des possibilités
qu'offre la flore sénégalaise au département de la santé pour l'aider à
résoudre les problèmes d'accessibilité des populations démunies aux
médicaments. En effet, révèle le Professeur Mamadou Keith Badiane, directeur
de la direction de la pharmacie et du médicament, " depuis la dévaluation du
franc Cfa en 1994, la majorité des Sénégalais n'arrivent pas à se soigner
correctement parce dans toutes les structures sanitaires, après le
diagnostic, le médecin prescrit une ordonnance souvent très coûteuse ". La
cherté de ces médicaments s'explique selon lui, parce que souvent ce sont
des spécialités pharmaceutiques qui sont protégées par des brevets de
laboratoires fabriquants pour une période de 20 ans. Cette protection fait
qu'on prend en compte les frais de recherche à savoir la recherche
fondamentale et la recherche opérationnelle. Et de faire remarquer que ceci
est dû au fait qu'on a constaté dans l'industrie pharmaceutique qu'on peut
partir de 200 000 molécules mais que c'est seulement 1000 molécules qui
seront candidates au médicament et au finish, c'est une seule molécule qui
sera transformée en médicament. C'est dire que les laboratoires dépensent
beaucoup pour la recherche, et s'ils veulent rentabiliser le médicament mis
sur le marché, ils sont obligés de le vendre à un certain prix pendant les
20 années d'exploitation. Cependant fait savoir le Pr. Badiane, " au-delà de
cette période d'exploitation de 20 ans, le médicament devient un générique
c'est-à-dire qu'il tombe dans le domaine public et par conséquent il peut
être fabriqué par n'importe qui et n'importe où ". Mais comme le nouveau
fabriquant n'a pas à récupérer ce qu'il a dépensé pour la recherche, ce
médicament coûte 30 à 50 fois moins cher que la spécialité.

Le directeur de la direction de la pharmacie et du médicament estime que le
volet des génériques a fait des pas-de-géant depuis l'arrivée du Pr. Eva
Marie Coll Seck à la tête du département de la santé. En effet,
souligne-t-il, " grâce au partenariat entre son ministère et toutes les
organisations professionnelles, il y a un arrêté inter-ministériel qui est
en circulation pour être signé par les ministres de la santé, du commerce et
des finances ". Cet arrêté fixe, selon lui, les marges bénéficiaires pour
chacun des acteurs intervenant dans la chaîne de distribution des
médicaments de manière à ce que le consommateur ne soit pas pénalisé au
profit des comités de santé ou des pharmaciens d'officine.

En ce sens que dorénavant, ajoute le Pr. Badiane " les génériques seront
importés par la Pharmacie nationale d'approvisionnement (Pna) pour être
cédés aux grossistes privés qui grâce à leur logistique vont les vendre aux
pharmaciens d'officine ". Et de préciser qu'il y a des marges entre la Pna,
les grossistes privés et les officines qui seront précisées lorsque l'arrêté
sera signé. Selon le responsable de la direction de la pharmacie et du
médicament, les génériques concernés par cet arrêté ont été retenus et que
la Pna a déjà lancé la commande par appel d'offre international. Ceci va
permettre aux pharmaciens d'officine de créer dans leur pharmacie des
comptoirs génériques rendant ainsi plus grande l'accessibilité des
génériques aux populations.

L'Organisation mondiale de la santé (Oms) recommande en effet à tous les
états africains surtout ceux de la zone franc Cfa de se lancer dans la mise
au point de médicaments traditionnels améliorés (Mta) c'est-à-dire des
médicaments à base médicinale. " Chaque pays fera ainsi l'inventaire de sa
flore nationale et retiendra les plantes qui lui paraissent plus
intéressantes parce que efficaces dans le traitement des pathologies
prioritaires " ont fait remarquer les spécialistes. Il s'agira donc de
sélectionner ces pathologies prioritaires, de prendre en compte le
peuplement du Sénégal de ces différentes espèces médicinales pour retenir
une première liste de plantes pouvant être exploitées en vue de la mise au
point de ces médicaments traditionnels améliorés. Ce qui suppose une
réglementation devant permettre au ministère de la santé à travers la
direction de la pharmacie et du médicament d'accorder à tous les fabriquants
de Mta qui auront déposé un dossier, un visa d'exploitation.

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