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[e-med] Découverte d'une mutation de protéine ralentissant le paludisme


  • From: remed@remed.org
  • Date: Mon, 9 Dec 2002 10:11:56 -0500 (EST)

E-MED: Découverte d'une mutation de protéine ralentissant le paludisme
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Découverte d'une mutation de protéine ralentissant le paludisme

SYDNEY, 9 déc (AFP) - 3h37 - Des scientifiques ont identifié une mutation
d'une protéine dans le sang d'habitants du Pacifique qui leur permet de
résister au paludisme, une découverte prometteuse pour l'élaboration d'un
vaccin contre cette maladie qui tue plus d'un millions de personnes par an.

Selon une étude internationale menée par deux chercheurs de l'Institut
Walter and Eliza Hall de Melbourne, en Australie, Alan Cowman et Alex Maier,
45% des Mélanésiens dans les zones affectées ont hérité génétiquement de
cette mutation, rapporte lundi l'agence australienne AAP.

D'après l'étude, qui doit être publiée dans l'édition de janvier de la revue
Nature Medicine, la mutation de la protéine, qui bloque une voie d'accès
essentielle utilisée par le parasite du paludisme, s'est répandue dans la
population mélanésienne de Papouasie-Nouvelle Guinée et aux alentours par
sélection naturelle.

Le paludisme, maladie transmise par des moustiques, affecte au moins 300
millions de personnes par an et en tue entre 1,5 million et 2,7 millions,
dont environ 90% en Afrique subsaharienne, principalement de jeunes enfants.

Comme l'a expliqué M. Cowman à l'AAP, les individus bénéficiant de cette
mutation survivent aux attaques de paludisme pendant l'enfance et peuvent
ainsi la transmettre à leur progéniture.

"Le paludisme tue généralement les enfants de moins de cinq ans et si vous
ne survivez pas jusqu'à l'âge adulte, vous ne transmettez pas vos gènes",
a-t-il souligné.

"Par conséquent, si vous avez une mutation qui vous permet de survivre
jusqu'à l'âge adulte, vous transmettez vos gènes et cette mutation continue
à être sélectionnée au fil du temps", a-t-il poursuivi, ajoutant: "C'est ce
qui s'est passé ici".

L'étude précise que la mutation, qui implique une protéine à la surface des
globules rouges, n'immunise pas ses porteurs, étant donné que le parasite
peut pénétrer dans ces globules par d'autres voies, mais rend les
contaminations moins graves.

Cette découverte a montré aux scientifiques qu'un vaccin devrait empêcher le
parasite d'envahir les globules rouges en plusieurs points, a relevé M.
Cowman.

"A présent, nous avons identifié cette molécule et nous en avons d'autres,
(...) nous devrions pouvoir mettre au point un médicament qui bloque toutes
les voies d'accès", a-t-il estimé.

L'étude est le résultat de deux ans et demi de recherches menées par
l'équipe de Melbourne en partenariat avec des scientifiques basés en
Papouasie-Nouvelle Guinée et dans l'Ohio (centre des Etats-unis).

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