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[e-med] pour une meilleure prise en charge des malades


  • From: remed@remed.org
  • Date: Wed, 4 Dec 2002 05:57:01 -0500 (EST)

E-MED: pour une meilleure prise en charge des malades
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[Modérateur: à l'occasion du 1er décembre 2002, journée mondial du sida
l'OMS vient de publier le "rapport annuel sur l'épidémie de Sida et ses
dernières évolution". Il disponible en français à cette adresse :
http://www.who.int/hiv/pub/epidemiology/epi2002/en/ . CB]


Centre de traitement ambulatoire: pour une meilleure prise en charge des
malades

Le Soleil (Dakar)
3 Décembre 2002
Publié sur le web le 3 Décembre 2002
http://fr.allafrica.com/stories/200212030432.html
MaÏmouna Gueye

Le Centre de Traitement Ambulatoire (CTA) est une structure du service des
maladies infectieuses du CHU Fann qui compte parmi ses patients des
personnes vivant avec le VIH (PVVIH). Et le CTA s'occupe en l'occurrence des
pathologies chroniques comme l'infection à VIH, la tuberculose Inauguré en
juin 1998, le CTA a commencé à être fonctionnel à partir du mois d'août de
la même
année.

Selon le docteur Ndèye Fatou Ngom Guèye, directrice du CTA, on y assure une
prise en charge globale des malades. Notamment celle des Personnes Vivant
avec le VIH (PVVIH). La prise en charge touche principalement trois volets :
médical, psycho-social et nutritionnel.

L'aspect médical concerne selon Ndèye Fatou Ngom Guèye surtout les
infections opportunistes, le suivi des maladies antirétrovirales.
S'agissant du suivi des patients sous ARV, le docteur Louis Martin Diouf,
médecin-adjoint au CTA souligne qu'avant qu'on ne mette les PVVIH sous
traitement, on renforce le conseil, on leur explique l'importance de la
prise des ARV, celle du suivi biologique régulier qui doit avoir lieu une
fois tous les six mois. En effet, toutes ces dimensions permettent de : "
témoigner de l'efficacité des ARV ", insiste-t-il. C'est dans ce cadre que
certains patients ont participé à l'essai thérapeutique consistant à tester
des molécules qui ont montré leur efficacité dans d'autres pays avant de les
adopter définitivement.

Le volet médical implique également les consultations psychiatriques qui ont
lieu tous les 15 jours. " Si on sent que le patient en a vraiment besoin, on
le met en rapport avec le spécialiste qui a pour rôle de renforcer le
counselling qui est un aspect très important voire fondamental dans la prise
en charge des PVVIH. Dr Martin Diouf ne manque pas de souligner
l'hospitalisation de jour qui est de courte durée et dont bénéficient
certains patients.

" Sur place, on leur fait de la réhydratation, de la transfusion ainsi que
les premiers soins d'urgence en attendant, par exemple, que le patient soit
admis dans un centre spécialisé, informe Martin Diouf qui ajoute que pendant
ces hospitalisations de jour, on donne aux malades le repas et dès fois le
transport au cas où le patient n'en aurait pas les moyens. " C'est pour les
encourager à revenir ", dit-il.

VISITES A DOMICILE

Au niveau de la prise en charge psycho-sociale, on note la présence d'un
psychologue dans la période de consultation. Le spécialiste observe aussi
bien les patients que les soignants. Son observation est importante, car
elle peut, par exemple, permettre de détecter les éventuels signes
d'épuisement, de fatigue qui peuvent affecter le soignant. Aussi permet-elle
de déterminer si celui-ci est à même de continuer à suivre ou non le
patient.

Par la suite, le psychologue coordonne une réunion en rapport avec les
médecins à qui il expose les améliorations qu'il y a lieu d'apporter dans
leurs relations avec les patients. Pour ces derniers, le psychologue les
voit en aparté afin d'étudier ensemble les problèmes qu'ils ne peuvent pas
exposer en public, lors des groupes de parole.

Autre aspect important du volet psycho-social : les visites à domicile
faites par un assistant pour s'enquérir le plus souvent de la situation du
patient qui ne vient plus à ses consultations. Soit parce qu'il est décédé,
soit parce qu'il est asymptomatique, car ne présentant aucun signe clinique.
Et le docteur Martin Diouf insiste beaucoup sur ces cas qui peuvent être
très dangereux pour la société. " Si on ne les conseille pas, ils peuvent
faire des rapports sexuels non protégés. Ce qui serait catastrophique ",
avertit-il. Un patient peut également ne plus sentir la nécessité de se
présenter dans une structure hospitalière, pour la raison qu'il manque de
moyens ou simplement parce qu'il a pris l'option de suivre un traitement
traditionnel.

GROUPES DE PAROLES, ECOUTE-CONSEIL

Quelles que soient les raisons, les visites à domicile permettent à
l'assistant de voir l'ambiance dans laquelle baigne le malade. Elles peuvent
permettre de voir si oui ou non la PVVIH a partagé l'information, si elle
est bien soutenue par sa famille. Les visites intra-hospitalières
s'inscrivent dans le même cadre. Cette fois-ci, l'assistant tente de voir si
les médecins s'occupent bien des PVVIH et si on leur achète leurs
médicaments.

Il y a aussi les groupes de paroles qui jouent un rôle essentiel dans la
prise en charge. Ils permettent aux PVVIH de discuter entre elles,
d'échanger en présence de facilitateurs, de médecins, de psychologues,
sociologues : " qui sont là pour canaliser le débat ", précise Dr Martin
Diouf. Dans les groupes de paroles, les patients proposent des thèmes comme
le désir d'enfants, la prise des ARV, l'actualité thérapeutique sur
l'infection à VIH, le port du préservatif Autant de thèmes sur lesquels
planchent les PVVIH qui tentent elles-mêmes d'apporter des solutions à
travers leurs échanges. Et, au sortir de ces groupes de parole : " il y a
beaucoup de patients qui sont soulagés et qui demandent à monter une
association ", note Martin Diouf.

Le centre de traitement ambulatoire fait beaucoup d'effort dans la prise en
charge des PVVIH. Mais, " l'idéal serait d'avoir d'autres structures
pareilles dans le pays ", indique Louis Martin Diouf.
Poursuivant, il affirme que le CTA prévoit de faire de l'écoute-conseil afin
de permettre aux personnes qui le désirent de poser des questions sur les
sujets qui les préoccupent par rapport à l'infection à VIH. Au téléphone,
les spécialistes pourront répondre aux différentes sollicitations relatives,
par exemple, aux " accidents " du sexe, comme un préservatif qui éclate au
cours du rapport sexuel. Il y a aussi les problèmes de lévirat ou de sororat
qui inquiètent beaucoup de personnes, la nécessité de faire un bilan
prénuptial ... Autant d'aspects qui pourront directement trouver réponse
dans le cadre du service écoute-conseil que projette de monter le CTA.

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