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[e-med] (2) Vaccination dans le monde
- From: remed@remed.org
- Date: Wed, 20 Nov 2002 11:38:38 -0500 (EST)
E-MED: (2) Vaccination dans le monde
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La santé dans le monde menacée par la faiblesse des investissements dans la
vaccination
La vaccination sauve 3 millions de vies chaque année mais pourrait en sauver
3 millions de plus
http://www.who.int/mediacentre/releases/pr87/fr/
20 novembre 2002 -- ? Le Rapport Vaccins et vaccination, la situation
mondiale, publié aujourd? hui prévient que, si des mesures stratégiques ne
sont pas prises d?urgence pour combler les lacunes en matière de
financement, de recherche et de couverture mondiale de la vaccination, le
monde verra la réapparition de vieilles maladies et l?émergence de nouvelles
infections. La parution officielle du rapport aura lieu à Dakar, lors de la
deuxième réunion des partenaires de l?Alliance mondiale pour les vaccins et
la vaccination.
Produit conjointement par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l?
UNICEF et la Banque mondiale, ce document met en lumière les progrès
remarquables de la vaccination au cours des dernières décennies et attire l?
attention sur les défis à relever à l?avenir.
Il rappelle que, bien que les vaccins aient sauvé des milliards de vie au
cours du vingtième siècle et restent le moyen le moins cher de lutter contre
la propagation des maladies infectieuses, les populations qui en ont le plus
besoin sont aussi celles qui n?y ont pas accès.
Comme l?affirme Carol Bellamy, Directeur exécutif de l?UNICEF et Présidente
de l?Alliance : « la vaccination fait partie des interventions de santé
publique les plus efficaces et les moins coûteuses.
De nos jours, aucun enfant ne devrait plus mourir d?une maladie évitable par
la vaccination. Il nous faut investir davantage, et plus rationnellement,
pour améliorer la couverture, stimuler la recherche et veiller à ce que les
vaccins soient accessibles partout sur la planète. »
Actuellement, les vaccins essentiels couvrent près de trois quarts des
enfants dans le monde, mais il existe de grandes variations entre le Nord et
le Sud, ainsi que dans les régions elles-mêmes.
Dans les pays développés, on administre désormais aux enfants de nouveaux
vaccins plus onéreux pour les protéger des grandes maladies de l?enfance,
dont l?hépatite et l?infection à Haemophilus influenzae. Mais en Afrique
subsaharienne, la moitié des enfants seulement sont couverts par les
vaccinations de base contre les maladies courantes que sont la tuberculose,
la rougeole, le tétanos ou la coqueluche, par exemple. Dans les régions
pauvres et isolées des pays en développement, moins d?un enfant sur vingt
est vacciné.
Comme le rappelle le docteur Gro Harlem Brundtland, Directeur général de
l'OMS : « Nous avons tendance dans les pays riches à tenir pour acquise la
disparition de certaines maladies.
Mais, dans de nombreuses régions du monde, il est habituel, et non pas
exceptionnel, que des enfants meurent de maladies courantes comme la
rougeole qui, à elle seule, est responsable de 700 000 décès par an. Nous
devons agir rapidement et efficacement pour garantir partout, aux enfants
comme aux adultes, l?accès aux vaccins indispensables. A l?échelle de la
planète, c?est le seul moyen d?éviter de grandes épidémies d?anciennes et de
nouvelles maladies. »
Le rapport évoque la faiblesse des investissements des donateurs comme l?une
des principales raisons de la couverture insuffisante. L?aide extérieure
apportée aux pays en développement pour la vaccination se monte actuellement
à environ US $1,56 milliard par an. Avec 250 millions supplémentaires chaque
année, on pourrait administrer les vaccins de base à au moins dix millions d
?enfants de plus. Si on ajoutait encore 100 millions, on pourrait assumer le
coût de nouveaux vaccins, comme ceux contre l?hépatite B ou Haemophilus
influenzae b (Hib). On estime que, chaque année, l?hépatite B est à l?
origine de 520 000 décès et que le Hib provoque la mort de 450 000 enfants
dans les pays en développement.
La faiblesse des investissements dans la vaccination par les pays en
développement eux-mêmes est un autre facteur expliquant l'insuffisance de
la couverture vaccinale. Par exemple, les pays à faible revenu ne dépensent
pas plus de 6 dollars des Etats-Unis par habitant et par an pour la santé,
vaccination comprise. La couverture ne pourra pas se développer dans ces
pays sans améliorer les services de santé, les infrastructures, la
prestation des soins et les capacités de gestion.
Selon le rapport, l?inégalité d?accès aux nouveaux vaccins s?est aggravée au
cours des vingt dernières années et la plupart des pays à faible revenu n?
ont pas les moyens de se procurer les nouveaux vaccins indispensables contre
l?hépatite B, le Hib, la fièvre jaune ou la rubéole.
La pénétration insuffisante des vaccins dans les pays en développement a
elle-même des répercussions sur la recherche. La faiblesse du marché n?
incite guère en effet les laboratoires à investir dans le développement de
vaccins contre des maladies affectant principalement les populations
pauvres. Cela concerne des maladies comme les dysenteries à Shigella, la
dengue, l? encéphalite japonaise, la leishmaniose, la schistosomiase et le
choléra.
La situation du marché dans les pays en développement a également des
conséquences pour l? adaptation des vaccins aux souches locales en ce qui
concerne les maladies répandues dans le monde entier. Par exemple, alors qu?
on entrevoit désormais la possibilité de fabriquer un vaccin relativement
efficace contre le VIH/SIDA dans les dix prochaines années, un seul essai
clinique a été conduit en Afrique, le continent qui concentre 70 % de la
charge mondiale du VIH. Or, un vaccin efficace contre le VIH en Europe, en
Amérique du Nord ou en Asie, pourrait ne pas convenir à la population
africaine.
Le rapport souligne le besoin urgent d?un vaccin antipaludique et d?un
nouveau vaccin contre la tuberculose. De nos jours, le paludisme tue chaque
année environ un million de personnes, en majorité des enfants africains.
Fait encore plus grave, la plupart des médicaments courants et les plus
accessibles sont devenus inefficaces avec le développement des résistances
dans les populations.
La tuberculose, un ancien fléau que l?on croyait maîtrisé, réapparaît de nos
jours, sous l?impulsion du nombre croissant de cas de co-infections avec le
VIH (notamment en Afrique) et de la résistance grandissante aux médicaments
antituberculeux. Entre 1997 et 2000, on a observé une augmentation de 9 %
du nombre des cas de tuberculose. En 2000, 1,7 million de personnes sont
mortes de cette maladie. Sur les 8 millions de nouveaux cas survenant chaque
année, 130 000 se produisent dans les pays industrialisés. Nous avons besoin
d?un vaccin plus efficace car celui dont nous disposons, le BCG, n?immunise
au mieux que jusqu?à l?adolescence et en aucun cas pour la vie entière.
« Alors que les initiatives pour lutter contre les maladies meurtrières
abondent, c?est l?argent qui manque, reconnaît le docteur Daniel Tarantola,
Directeur à l?OMS de Vaccins et produits biologiques. La campagne mondiale
pour l?accès aux médicaments et aux vaccins doit s?appuyer sur une volonté
politique et des engagements financiers si nous voulons aller au-delà des
mots et apporter un réel changement au niveau des populations. »
En conclusion, le rapport propose des solutions et des stratégies simples
pour combler les lacunes :
Faire des efforts pour garantir une juste rétribution aux investissements
dans la recherche, le développement et la production de vaccins et permettre
ainsi l?existence d?une industrie mondiale des vaccins sur des bases solides
et saines.
Renforcer la qualité de la fabrication dans les pays en développement
producteurs et améliorer les contrôles réglementaires nationaux.
Améliorer les compétences et les infrastructures dans les pays pour mieux
prévoir et planifier les besoins en vaccins sur le long terme, optimiser l?
impact des vaccinations et réduire les gaspillages.
Mettre en place des dispositifs de financements créatifs et durables pour
renforcer la sécurité vaccinale ? la fourniture ininterrompue et durable de
vaccins abordables dans les pays en développement.
Plaider pour un accès plus équitable aux vaccins prioritaires, nouveaux et
anciens, au bénéfice des enfants et des adolescents qui en ont le plus
besoin.
LE TEXTE INTéGRAL DU RAPPORT ET LE DOSSIER DE PRESSE SONT ACCESSIBLES SUR:
- Parution du Rapport Vaccins et vaccination : la situation mondiale
- www.unicef.org
L?UNICEF peut fournir du matériel audiovisuel (B roll) sur les vaccins et la
vaccination
Pour plus d'informations:
Ms Daniela Bagozzi - Attachee de presse
OMS
Téléphone: +41 22 791 4544
Tél. portable: +41 79 4755490
Email: bagozzid@who.int
Mohammad Jalloh
UNICEF, New York
New York
Téléphone: (+1 212) 326-7516
Email: mjalloh@unicef.org
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